{"id":5897,"date":"2013-01-06T19:52:44","date_gmt":"2013-01-06T19:52:44","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5897"},"modified":"2013-01-06T19:52:44","modified_gmt":"2013-01-06T19:52:44","slug":"bahi-ladgham-le-grand-miltant-nationaliste-et-lun-des-batisseurs-de-la-tunisie-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/bahi-ladgham-le-grand-miltant-nationaliste-et-lun-des-batisseurs-de-la-tunisie-moderne\/","title":{"rendered":"Bahi Ladgham : Le grand miltant nationaliste et l&rsquo;un des b\u00e2tisseurs de la Tunisie moderne"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\tBahi Ladgham : Le grand miltant nationaliste et l&#39;un des b&acirc;tisseurs de la Tunisie moderne<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tLa Tunisie c&eacute;l&egrave;bre ce 10 janvier le centenaire de Bahi Ladgham, militant nationaliste de grande envergure qui a &eacute;t&eacute;, d&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance en 1957, le v&eacute;ritable N&deg;2 du r&eacute;gime, Destourien et dauphin de Bourguiba, jusqu&rsquo;en 1970. Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du parti destourien, il continuera &agrave; occuper ce poste jusqu&rsquo;en 1971. En tant que secr&eacute;taire d&rsquo;Etat &agrave; la Pr&eacute;sidence (selon le syst&egrave;me am&eacute;ricain), il avait dirig&eacute; le gouvernement, compos&eacute; par de grands t&eacute;nors comme Taieb Mehiri, Mongi Slim, Ahmed Ben Salah et autres H&eacute;di Khefacha, et longtemps conserv&eacute; sous son autorit&eacute; directe le minist&egrave;re de la D&eacute;fense nationale.<\/p>\n<p>\t\tEn premi&egrave;re position aux c&ocirc;t&eacute;s de Bourguiba, il avait &eacute;t&eacute; l&rsquo;un des b&acirc;tisseurs de la Tunisie moderne, fondateur de l&rsquo;arm&eacute;e nationale et de la tunisification de l&rsquo;administration. Il est connu pour son militantisme, sa loyaut&eacute; &agrave; la patrie et sa discr&eacute;tion, son int&eacute;grit&eacute;, sa rectitude, son respect de la chose publique et son sens de l&rsquo;&Eacute;tat. Bourguiba a dit de lui : &laquo;Son seul d&eacute;faut est son humilit&eacute;&raquo;. Fin n&eacute;gociateur, il fut l&rsquo;homme des missions difficiles : n&eacute;gociations franco-tunisiennes pour l&rsquo;ind&eacute;pendance, diff&eacute;rend tuniso-&eacute;gyptien, crise de Bizerte, crise de la nationalisation des terres&nbsp; appartenant aux colons, r&egrave;glement du contentieux frontalier avec l&rsquo;Alg&eacute;rie et la crise jordano-palestinienne de 1970.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tD&egrave;s 1971, il entrera en brouille avec Bourguiba et les retrouvailles n&rsquo;ont pu se r&eacute;aliser que dix ans apr&egrave;s, reprenant avec la m&ecirc;me fid&eacute;lit&eacute;. Mais Bahi Ladgham avait d&eacute;j&agrave; pris ses distances avec l&rsquo;action politique pour ne plus revenir sur la sc&egrave;ne . Maintes fois sollicit&eacute; par Ben Ali, il avait toujours d&eacute;clin&eacute; ses approches, invitant ses pairs &agrave; refuser toute compromission avec lui. Retour sur un parcours militant qui se croise avec une partie charni&egrave;re de l&rsquo;histoire contemporaine de la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\tBahi Ladgham (\u0627\u0644\u0628\u0627\u0647\u064a \u0627\u0644\u0623\u062f\u063a\u0645) est n&eacute; le 10 janvier 1913 &agrave; Tunis et d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 13 avril 1998 &agrave; Paris.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tIssu d&rsquo;un milieu modeste, son p&egrave;re Ahmed&nbsp; dit Muftah, fils d&rsquo;un immigrant libyen, Haj Omar Ladgham de Musrata install&eacute; en Tunisie depuis le milieu du XIX&egrave;me si&egrave;cle &agrave; la suite d&rsquo;une r&eacute;volte locale contre la pr&eacute;sence turque, et d&rsquo;une Tunisienne de la famille Kachoukh du Sahel, d&eacute;tenait un petit commerce d&rsquo;&eacute;picerie fine et de journaux &agrave; la rue Bab Sa&acirc;doun ; sa m&egrave;re Zohra Ben Aouda, fille d&rsquo;immigrants alg&eacute;riens de M&eacute;d&eacute;a, descendants de Sidi Ahmed Ben Aouda, connu pour ses dons de dompteur de lions, qui ont fui&nbsp; la r&eacute;pression fran&ccedil;aise des adeptes de l&rsquo;&eacute;mir Abdelkader, est morte quand il avait 8 ans et demi.<\/p>\n<p>\t\tLa famille&nbsp; a toujours habit&eacute; le quartier populaire de Bab El Akouas, situ&eacute; entre Bab Souika et Bab Sa&acirc;doun et la rue Ezzaouia Bokria. Le jeune Bahi a v&eacute;cu une atmosph&egrave;re culturelle polymorphe o&ugrave; se m&ecirc;lent des Tunisiens d&rsquo;origines diverses (Arabes, Andalous, Turcs..) mais aussi Italiens, Corses, Maltais&nbsp; de condition modeste ou plus bourgeoise telle la famille Slim ou M&eacute;hiri. Pr&eacute;destin&eacute; &agrave; des &eacute;tudes religieuses &agrave; la grande mosqu&eacute;e de la Zitouna, lorsqu&rsquo;au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e scolaire 1921\/22 &agrave; 8 ans et 9 mois apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es au Kottab du quartier, un des amis de son p&egrave;re Hassen Chedli (p&egrave;re du Pr Amor Chedli, devenu m&eacute;decin personnel du Pr&eacute;sident Bourguiba) insista&nbsp; aupr&egrave;s de son ami pour inscrire son fils &agrave; l&rsquo;annexe primaire du coll&egrave;ge Sadiki. Ce qui fut fait, le jeune &eacute;l&egrave;ve a tr&egrave;s vite appris : langues, histoire , g&eacute;ographie, calcul. Ses &eacute;tudes secondaires lui ont permis d&rsquo;&ecirc;tre plus brillant, puisqu&rsquo;il a accumul&eacute; prix, bonnes notes et appr&eacute;ciations de ses ma&icirc;tres et professeurs : n&rsquo;a-t-il pas prononc&eacute; un discours d&rsquo;adieu &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 17 ans au d&eacute;part de l&rsquo;un de ses professeurs fran&ccedil;ais, M. Lescat, qui a suscit&eacute; l&rsquo;admiration du directeur, M. Meyrat,&nbsp;&nbsp;qui a dit, en remettant le prix d&rsquo;excellence &agrave; son &eacute;l&egrave;ve : &laquo;Ce jeune m&rsquo;a particuli&egrave;rement impressionn&eacute; &hellip;et &agrave; l&rsquo;entendre j&rsquo;ai per&ccedil;u l&rsquo;&oelig;uvre civilisatrice de la France et la reconnaissance de la Tunisie&raquo;. Ce qui a fait regretter au jeune Bahi son discours pour ne pas &ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; un &laquo; bon &raquo; Tunisien reconnaissant.&nbsp;&nbsp; L&rsquo;arri&egrave;re-boutique de son p&egrave;re, un homme pieux et ouvert, a constitu&eacute; un lieu privil&eacute;gi&eacute; de r&eacute;unions et de discussions autour de th&egrave;mes politiques et culturels&nbsp; de l&rsquo;&eacute;poque apr&egrave;s la Premi&egrave;re Guerre mondiale, la r&eacute;volution turque ou la dislocation de l&rsquo;empire austro-hongrois et bien entendu la situation en Tunisie avec le Destour fond&eacute; par Abdelaziz Thaalbi. Ces discussions &eacute;taient anim&eacute;es par certains intellectuels de l&rsquo;&eacute;poque.<\/p>\n<p>\t\tAinsi s&rsquo;est form&eacute;e la personnalit&eacute; de Bahi Ladgham, dans une atmosph&egrave;re de saga de l&rsquo;&eacute;mir marocain&nbsp; Abdelkrim El Khattabi et ses victoires dans la guerre du Rif, des informations sur la situation en Libye et sa lutte anti-italienne o&ugrave; son p&egrave;re a gard&eacute; quelques contacts avec sa famille d&rsquo;origine, de la chute de l&rsquo;Empire ottoman avec des sentiments mitig&eacute;s pour la r&eacute;volution turque et contre la &laquo;d&eacute;sislamistation outranci&egrave;re&raquo; d&rsquo;Atat&uuml;rk&nbsp; et sa rupture avec le califat. Dans cette atmosph&egrave;re intellectuelle, le jeune Bahi a ingurgit&eacute; tout ce qui lui tombe sous la main comme journaux ou livres en arabe ou en fran&ccedil;ais, pr&ecirc;t&eacute;s parfois par des amis corses de parents bonapartistes habitant le quartier.&nbsp; Cette ambiance de fr&eacute;quentation, de lecture et&nbsp; aussi de formation religieuse, culturelle et historique au sein du prestigieux coll&egrave;ge Sadiki, sous la houlette de professeurs fran&ccedil;ais et de Tunisiens de renomm&eacute;e tels les Cheikhs Tahar Ben Achour, Laziz Ja&iuml;t&nbsp; et Mohamed Salah Mzali , au moment de la crise de naturalisation et du congr&egrave;s eucharistique de Carthage de 1930, a accentu&eacute; chez lui une prise de conscience et ce sentiment de r&eacute;volte contre l&rsquo;occupant fran&ccedil;ais et la volont&eacute; d&rsquo;affranchissement du colonialisme, sans nier l&rsquo;apport objectif de la culture des lumi&egrave;res.<\/p>\n<p>\t\tCet &eacute;v&eacute;nement charni&egrave;re a permis l&rsquo;&eacute;closion d&rsquo;une jeunesse qui passe d&rsquo;&eacute;coliers meneurs de manifestations anticoloniales &agrave; de vrais leaders politiques pour devenir plus tard les b&acirc;tisseurs de la Tunisie moderne.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tDans cette ambiance de stagnation politique,&nbsp; l&rsquo;Eglise catholique a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;organiser son congr&egrave;s eucharistique mondial &agrave; Carthage en mai 1930, &agrave; l&rsquo;occasion du centenaire de l&rsquo;occupation fran&ccedil;aise en Alg&eacute;rie c&eacute;l&eacute;br&eacute; en grande pompe &agrave; Alger en pr&eacute;sence du pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Gaston Doumergue&nbsp; et du cinquantenaire du protectorat fran&ccedil;ais en Tunisie. Signant ainsi l&rsquo;implication de l&rsquo;Eglise catholique dans le processus colonialiste sur le th&egrave;me de l&rsquo;ancienne &eacute;glise catholique d&rsquo;Afrique de l&rsquo;&eacute;poque romaine et le mythe des saintes F&eacute;licit&eacute; et Perp&eacute;tue livr&eacute;es aux fauves apr&egrave;s leur martyr et &agrave; une &eacute;poque plus r&eacute;cente la mort de Louis IX, roi de France, appel&eacute; Saint Louis, empest&eacute; &agrave; Carthage en 1270 lors des derni&egrave;res croisades, sans compter la pr&eacute;sence du cardinal Lavigerie que certains appelaient Primat d&rsquo;Afrique &agrave; l&rsquo;instar de primat des Gaulles avec les troupes fran&ccedil;aises en 1881 lors de la campagne de &laquo; pacification &raquo; de la Tunisie, sa statue est rest&eacute;e en face de Bab Bhar (Porte de France) jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tAinsi la&nbsp; pr&eacute;sence aux festivit&eacute;s du cardinal fran&ccedil;ais Alexis-Henri-Marie Lepicier, L&eacute;gat du pape Pie IX, est &agrave; cet &eacute;gard significative de l&rsquo;autre face de la m&ecirc;me pi&egrave;ce du colonialisme: le ministre fran&ccedil;ais des Affaires &eacute;trang&egrave;res Aristide Briand n&rsquo;a-t-il pas r&eacute;pondu&nbsp; &agrave; la question de l&rsquo;implication de la France dans ce processus purement religieux : &laquo; La France est la&iuml;que &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;Hexagone&nbsp; et catholique en dehors &raquo;.<\/p>\n<p>\t\tPour eux, la Tunisie&nbsp; a &eacute;t&eacute;&nbsp; une fois chr&eacute;tienne et elle l&rsquo;est redevenue par la foi et fran&ccedil;aise par l&rsquo;administration, la pr&eacute;sence arabo-musulmane n&rsquo;a &eacute;t&eacute; que&nbsp; de courte dur&eacute;e.<\/p>\n<p>\t\tC&ocirc;t&eacute; tunisien, le bey, le parti (le Cheikh Thaalbi &eacute;tant exil&eacute;) et les hommes de religion ont d&eacute;montr&eacute; leur irresponsabilit&eacute; par l&rsquo;immobilisme pour les uns et leur implication comme Ahmed Bey comme pr&eacute;sident du comit&eacute; d&rsquo;organisation, et ses filles (les princesses) ont veill&eacute; &agrave; broder une &eacute;charpe offerte au pape. La jeunesse a alors pris ses responsabilit&eacute;s, c&rsquo;est ainsi que des manifestations de grande ampleur ont eu lieu &agrave; Tunis organis&eacute;es par les &eacute;l&egrave;ves de tous les lyc&eacute;es et coll&egrave;ges et les &eacute;coles religieuses telle la Zitouna, sous la houlette d&rsquo;un groupe de jeunes dirig&eacute;s par Bahi Ladgham, dont Abdelaziz M&eacute;hiri, H&eacute;di Chennoufi, Khema&iuml;s Hajri de Sadiki, Ta&iuml;eb Slim du lyc&eacute;e Carnot et bien d&rsquo;autres du coll&egrave;ge Alaoui et de la Zitouna.<\/p>\n<p>\t\tIl s&rsquo;en est suivi une vague d&rsquo;arrestations et d&rsquo;exclusions dont le jeune Bahi, r&eacute;int&eacute;gr&eacute; ensuite avec d&rsquo;autres de ses camarades apr&egrave;s des n&eacute;gociations laborieuses avec la direction, il s&rsquo;agissait des &eacute;l&egrave;ves les plus brillants du coll&egrave;ge.&nbsp; C&rsquo;est &agrave; cette occasion qu&rsquo;il a rencontr&eacute; personnellement ma&icirc;tre Habib Bourguiba, qu&rsquo;il avait d&eacute;j&agrave; vu lors de r&eacute;unions publiques dans les locaux du Destour. Le jeune &eacute;l&egrave;ve a demand&eacute; &agrave; l&rsquo;avocat de d&eacute;fendre ses camarades emprisonn&eacute;s lors des troubles, ce que le futur leader a accept&eacute; avec ferveur et conviction, et encourag&eacute; le jeune militant de continuer &agrave; s&rsquo;organiser.<\/p>\n<p>\t\tBahi Ladgham pense, et l&rsquo;a d&eacute;clar&eacute; plus tard, que les &eacute;v&eacute;nements du congr&egrave;s eucharistique et la d&eacute;fense des d&eacute;tenus ont sign&eacute; l&rsquo;engagement direct de Bourguiba dans la lutte nationale et la scission du Destour de 1934.<\/p>\n<p>\t\tCette premi&egrave;re action a &eacute;t&eacute; suivie d&rsquo;autres, telle la cr&eacute;ation&nbsp; en 1932&nbsp; de la jeunesse scolaire, chapeaut&eacute;e par l&rsquo;association des anciens de Sadiki. Il a &eacute;t&eacute; son premier secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral&nbsp; et r&eacute;dacteur en chef de sa revue, et Habib Mebarek son premier pr&eacute;sident. Cette association avait une grande activit&eacute; culturelle, de formation politique et d&rsquo;encadrement, et a constitu&eacute; un creuset id&eacute;ologique du nationalisme tunisien des temps modernes ; et en septembre 1934, l&rsquo;association la Rachidia dont il est membre fondateur, a &eacute;t&eacute; la&nbsp; r&eacute;sultante de l&rsquo;activit&eacute; de la jeunesse scolaire, issue &agrave; son tour du Comit&eacute; dirigeant des manifestations de 1930.<\/p>\n<p>\t\tA particip&eacute; pour la premi&egrave;re fois en tant que d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &eacute;lu au congr&egrave;s du N&eacute;o-D&eacute;stour en 1937, alors qu&rsquo;il &eacute;tait pr&eacute;sent &agrave; ceux de 1933,34 et 35. La maladie puis la mort de son p&egrave;re en 1936 ont &eacute;t&eacute; un moment charni&egrave;re dans sa vie, qui l&rsquo;a emp&ecirc;ch&eacute; de continuer ses &eacute;tudes en France et a &eacute;t&eacute; recrut&eacute; en tant que fonctionnaire &agrave; la direction des affaires r&eacute;gionales et communales au minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur o&ugrave; il a travaill&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de&nbsp; Charles Saumagne (un avocat f&eacute;ru d&rsquo;arch&eacute;ologie et d&rsquo;histoire, n&eacute; &agrave; Sousse et mort &agrave; Tunis en 1972). Ensuite, il a &eacute;t&eacute; re&ccedil;u au concours des finances o&ugrave; il a travaill&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; son incarc&eacute;ration en 1939. Les deux personnes s&rsquo;appr&eacute;ciaient au point que Charles Saumagne intervint en sa faveur &agrave; deux reprises pour faire lib&eacute;rer son collaborateur en 1938 des mains de la police apr&egrave;s les &eacute;v&eacute;nement du 9 avril 1938, ensuite sans succ&egrave;s en 1939 &agrave; la suite d&rsquo;affaires plus complexes dites du cinqui&egrave;me bureau politique&nbsp; clandestin du N&eacute;o-Destour, et sa condamnation en 1940 &agrave; 15 ans de travaux forc&eacute;s et 15&nbsp; ans d&rsquo;interdiction de s&eacute;jour pour incitation &agrave; la haine raciale et la d&eacute;sob&eacute;issance civile et militaire. Il a &eacute;chapp&eacute; &agrave; la peine de mort lors du m&ecirc;me proc&egrave;s par manque de preuves au sujet d&rsquo;un attentat &agrave; la bombe qu&rsquo;il a organis&eacute; contre le mur d&rsquo;enceinte de la caserne militaire de la Kasbah &agrave; Tunis, sans faire de victime.<\/p>\n<p>\t\tIl s&rsquo;en est suivi quatre longues ann&eacute;es de bagne, avec 46 de ses camarades &agrave; El Harrach pr&egrave;s d&rsquo;Alger et Tazoult (La maison du diable de Lamb&egrave;ze) pr&egrave;s de Batna. Le froid, la faim, les privations de la guerre, les maladies, le manque de soins et la violence ont eu raison de 23 d&eacute;tenus sur 46 au d&eacute;part de Tunis. Bahi Ladgham gu&eacute;rit miraculeusement d&rsquo;une dysenterie amibienne contract&eacute;e &agrave; cause du manque d&rsquo;hygi&egrave;ne alimentaire. Ces ann&eacute;es lui ont permis de faire la connaissance de personnalit&eacute;s prestigieuses incarc&eacute;r&eacute;es, tels les nationalistes alg&eacute;riens Messali Haj et Mohamed Khidher, le communiste italien Maurizio Valenzi, militant antifasciste devenu plus tard s&eacute;nateur-maire de Naples, et bien d&rsquo;autres, r&eacute;publicains espagnols, gaullistes et m&ecirc;me espions fran&ccedil;ais pro-allemands paradoxalement jug&eacute;s par le r&eacute;gime de Vichy.&nbsp; A la fin de la guerre, il b&eacute;n&eacute;ficia d&rsquo;une gr&acirc;ce amnistiante accord&eacute;e par le g&eacute;n&eacute;ral De Gaulle, il rentre avec ses camarades &agrave; Tunis le 7 mai 1944, le jour de la visite du g&eacute;n&eacute;ral. Pendant la p&eacute;riode 1944 &agrave; 1946, le parti destourien s&rsquo;est r&eacute;organis&eacute;, tous ses leaders &eacute;taient libres de leurs mouvements sans pour autant avancer en mati&egrave;re d&rsquo;acquis, la France restant sourde &agrave; ses revendication jusqu&rsquo;au congr&egrave;s national de l&rsquo;ind&eacute;pendance de la nuit du Destin d&rsquo;ao&ucirc;t 1946. Il s&rsquo;en est suivi une vague d&rsquo;arrestations dans tous les milieux : destourien, moncefiste (le Premier ministre Mhamed Chenik), zeitounien (Cheikh Fadhel Ben Achour). Bahi Ladgham &eacute;tait parmi eux. Lib&eacute;r&eacute; quelques mois plus tard, il se marie et devint le nouveau directeur de la Chambre de commerce de Tunis &agrave; la mort de son ami Slaheddine Bouchoucha. Cette nouvelle fonction lui conf&egrave;re une certaine immunit&eacute;, une libert&eacute; de mouvement et la possibilit&eacute; d&rsquo;&eacute;tudier les dossiers &eacute;conomiques et sociaux de l&rsquo;&eacute;poque dont dispose la chambre. Il a mis &agrave; profit&nbsp; cette nouvelle situation pour accomplir plusieurs missions en France, et surtout en Alg&eacute;rie o&ugrave; il a repris langue avec les milieux nationalistes sans grand succ&egrave;s, mais c&rsquo;est surtout au Maroc, gr&acirc;ce &agrave; de bonnes adresses, qu&rsquo;il a pu entrer en contact avec le parti Istiqlal et les proches du roi Mohammed V, qui l&rsquo;a re&ccedil;u lors de la c&eacute;r&eacute;monie de la f&ecirc;te du Tr&ocirc;ne et s&rsquo;est inspir&eacute; de son discours pour r&eacute;diger plus tard celui du Bey Lamine.<\/p>\n<p>\t\tCette c&eacute;r&eacute;monie purement marocaine a particuli&egrave;rement marqu&eacute; Bahi Ladgham qui a&nbsp; remarqu&eacute; la diff&eacute;rence nette entre cette c&eacute;r&eacute;monie o&ugrave; l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment marocain &eacute;tait pr&eacute;pond&eacute;rant et le discours du monarque particuli&egrave;rement orient&eacute; vers les demandes l&eacute;gitimes du peuple marocain, et celle&nbsp; organis&eacute;e en Tunisie o&ugrave; la symbolique de la pr&eacute;sence tunisienne etait quasi inexistante. Cette symbiose existait d&eacute;j&agrave; au Maroc, mais pas encore en Tunisie. Pendant cette p&eacute;riode, il a particip&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;organisations nationales (UGTT, UNAT, UTICA), mais il a surtout cr&eacute;&eacute; l&rsquo;Ecole des cadres, institution qui&nbsp; avait vocation de former les futurs cadres politiques du N&eacute;o-Destour qui sont devenus par la suite les responsables de la Tunisie ind&eacute;pendante tels Taieb Mehiri et B&eacute;ji Ca&iuml;d Essebsi.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tIl a assist&eacute; en tant que seul haut responsable du N&eacute;o-Destour en&nbsp; septembre 1948 aux c&eacute;r&eacute;monies d&rsquo;inhumation de Moncef Bey.<\/p>\n<p>\t\tIl a contribu&eacute; depuis 1948 &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration du journal Mission dont il a &eacute;t&eacute; le r&eacute;dacteur en chef o&ugrave; il &eacute;crit sous le pseudonyme Le Kroumir, H&eacute;di Nouira &eacute;tant le directeur. Ce journal a &eacute;t&eacute; une tribune politique et un organe de conscientisation des jeunes &eacute;lites.<\/p>\n<p>\t\tApres le retour de Bourguiba d&rsquo;Egypte en 1949 et suite au discours de Robert Schuman &agrave; Thionville reconnaissant &agrave; la Tunisie le droit &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance, a &eacute;t&eacute; constitu&eacute; le&nbsp; gouvernement Chenik en 1950. Le nouveau gouvernement a &eacute;t&eacute; rapidement contr&eacute; par les Fran&ccedil;ais qui ont tergivers&eacute; pendant un an, jusqu&rsquo;aux n&eacute;gociations de l&rsquo;automne 1951 auxquelles Bahi Ladgham participa en tant que conseiller du gouvernement.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tMais &laquo;la fin de non-recevoir&raquo; du gouvernement fran&ccedil;ais par la lettre du 15 d&eacute;cembre 1951 a pouss&eacute; le gouvernement et le Destour &agrave; internationaliser le conflit et d&eacute;poser une plainte devant le Conseil de s&eacute;curit&eacute; des Nations unies &agrave; Paris ensuite &agrave; New York parrain&eacute;e par les pays arabes et surtout le Pakistan qui en assumait la pr&eacute;sidence&nbsp; pendant le mois d&rsquo;avril 1952. Bahi Ladgham s&rsquo;acquitta de cette t&acirc;che pour faire conna&icirc;tre la question tunisienne et la faire reconna&icirc;tre par une majorit&eacute; d&rsquo;&Eacute;tats et de la presse am&eacute;ricaine et internationale.<\/p>\n<p>\t\tIl retourne au pays le 9 octobre 1955, &agrave; la fin de sa mission et &agrave; la reconnaissance de l&rsquo;autonomie interne &agrave; la Tunisie par la France et le retour de Bourguiba le 1er juin &agrave; Tunis, accueilli dans une liesse populaire. Mais le leader silencieux, tel qu&rsquo;on l&rsquo;appelle, se trouve devant une situation grave o&ugrave; Bourguiba venait de faire exclure Salah Ben Youssef du parti pour avoir refus&eacute; les accords d&rsquo;autonomie. Pourtant, les deux hommes &eacute;taient &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport d&rsquo;El Aouina pour l&rsquo;accueillir.<\/p>\n<p>\t\tAlert&eacute; par Ahmed Ben Salah et Ahmed Tlili, il tenta une m&eacute;diation entre les deux leaders, mais il n&rsquo;arriva pas &agrave; les r&eacute;concilier, le d&eacute;saccord &eacute;tant trop profond entre les deux ego. Bahi Ladgham, pouss&eacute; par les deux hommes &agrave; entrer au gouvernement Tahar Ben Ammar, accepta dans l&rsquo;unique but de faire &eacute;voluer l&rsquo;autonomie interne vers l&rsquo;ind&eacute;pendance totale. Ce qui fut accompli le 20 mars 1956, cinq mois apr&egrave;s. Mais malheureusement, la guerre civile entre les fr&egrave;res ennemis a commenc&eacute; surtout apr&egrave;s le congr&egrave;s de Sfax, Ben Youssef a quitt&eacute; le pays, ayant eu peur pour sa vie. Il fut assassin&eacute; en ao&ucirc;t 1961 en pleine crise de Bizerte par des &eacute;l&eacute;ments bourguibiens sous la tutelle de B&eacute;chir Zarg Layoun.<\/p>\n<p>\t\tC&rsquo;est dans cette ambiance que Bahi Ladgham&nbsp; a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; ministre d&rsquo;&Eacute;tat, vice-Premier ministre, il a entam&eacute; aussit&ocirc;t les n&eacute;gociations o&ugrave; il a &eacute;t&eacute; le principal n&eacute;gociateur, Bourguiba &eacute;tant &agrave; Paris mais ne faisant pas partie de la d&eacute;l&eacute;gation officielle, mais toujours l&agrave; pour d&eacute;samorcer les blocages.&nbsp; A l&rsquo;ind&eacute;pendance, il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; vice-pr&eacute;sident du conseil (vice-Premier ministre) au gouvernement Bourguiba, et&nbsp; &eacute;lu d&eacute;put&eacute; de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale constituante. Fondateur de l&rsquo;arm&eacute;e nationale et de la tunisification de l&rsquo;administration, il s&rsquo;en acquitta avec abn&eacute;gation et fid&eacute;lit&eacute; &agrave; ses principes : humilit&eacute;, int&eacute;grit&eacute; et amour de la patrie.<\/p>\n<p>\t\tApr&egrave;s l&rsquo;av&egrave;nement de la r&eacute;publique en juillet 1957, il est de fait num&eacute;ro 2 du r&eacute;gime, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du parti destourien pendant 15 ans, occupant de facto les fonctions de chef du gouvernement comme&nbsp; secr&eacute;taire d&rsquo;Etat &agrave; la pr&eacute;sidence et &agrave; la d&eacute;fense nationale. Puis Premier ministre entre 1969 et 1970, &agrave; la suite de la maladie de Bourguiba, apr&egrave;s le coup d&rsquo;arr&ecirc;t de la politique de collectivisation &laquo; forcen&eacute;e &raquo; initi&eacute;e par Ahmed Ben Salah. Il a &eacute;t&eacute; pendant cette p&eacute;riode un pr&eacute;sident par int&eacute;rim.<br \/>\n\t\tPolitique mais fin diplomate, il a particip&eacute; &agrave; plusieurs missions &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger : rencontre &agrave; plusieurs reprises avec :<\/p>\n<p>\t\t&bull; Nasser, lors de sommets arabes (1956, 1964, 1967 et 1970). Ces rencontres ont permis de raffermir les relations entre les deux pays et tisser une amiti&eacute; et un respect profond entre les deux hommes<\/p>\n<p>\t\t&bull; John Kennedy en ao&ucirc;t 1961 &agrave; la suite de la crise de Bizerte, le pr&eacute;sident am&eacute;ricain l&rsquo;assura du soutien am&eacute;ricain pour la s&eacute;curit&eacute; de la Tunisie.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t&bull; Le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle &agrave; deux reprises, en juillet 1962, pour d&eacute;nouer la crise de Bizerte o&ugrave; le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais lui annon&ccedil;a l&rsquo;intention de quitter la base &laquo;sans contrepartie ni esprit de retour&raquo; ; et en octobre 1968 pour reprendre les relations tendues entre les deux pays apr&egrave;s la nationalisation des terres agricoles de 1964.<br \/>\n\t\tEt enfin la crise de septembre noir, en septembre 1970, charg&eacute; par le sommet arabe pour pr&eacute;sider le haut comit&eacute; arabe inter-palestino-jordanien pour mettre en application l&rsquo;accord du Caire. Il organisera particuli&egrave;rement la sortie de Yasser Arafat de son refuge &agrave; Amman et son transfert par avion vers la capitale &eacute;gyptienne. Cette mission de pacification a &eacute;t&eacute; fortement appr&eacute;ci&eacute;e aussi bien par les Jordaniens que les Palestiniens.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tMais auparavant, les relations avec le Pr&eacute;sident Bourguiba se sont d&eacute;grad&eacute;es &agrave; la suite du retour de celui-ci apr&egrave;s un s&eacute;jour &agrave; Paris pour des soins. Bahi Ladgham a pendant cette p&eacute;riode &oelig;uvr&eacute; pour consolider la coh&eacute;sion nationale et le redressement &eacute;conomique apr&egrave;s la p&eacute;riode socialiste. Apres une r&eacute;union houleuse avec Bourguiba, il pr&eacute;senta sa d&eacute;mission le 26 juillet 1970. Celui-ci la refusa et demanda &agrave; son second de rester quelque temps pour permettre &agrave; son successeur H&eacute;di Nouira de prendre la rel&egrave;ve le 2 novembre 1970, vint la mission en Jordanie comme pour sauver la situation.<\/p>\n<p>\t\tBourguiba poussa le bouchon quand son ancien dauphin gagna les &eacute;lections du comit&eacute; central du parti destourien du congr&egrave;s de Monastir d&rsquo;octobre 1971, o&ugrave; il a &eacute;t&eacute; ovationn&eacute; par les congressistes. Ahmed Mestiri suivant au classement des &eacute;lus a &eacute;t&eacute; exclu du parti quelques jours plus tard.<\/p>\n<p>\t\tLa brouille entre les deux hommes a dur&eacute;&nbsp; 10 ans, jusqu&rsquo;&agrave; juin 1981 o&ugrave; Mohamed Mzali a jou&eacute; un r&ocirc;le pour les r&eacute;concilier. Bourguiba ayant pr&eacute;sent&eacute; ses excuses en &eacute;voquant les fameux vers de Samawaal (po&egrave;te arabe d&rsquo;origine juive, ayant v&eacute;cu pendant la jahilya, et connu pour sa loyaut&eacute;)<\/p>\n<p>\n\t\t\u0641\u0640\u0640\u0643\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0644 \u0631\u062f\u0627\u0621 \u064a\u0640\u0640\u0640\u0631\u062a\u0640\u0640\u062f\u064a\u0640\u0640\u0647 \u062c\u0640\u0645\u0640\u0640\u064a\u0640\u0640\u0640\u0640\u0644 &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; \u0625\u0630\u0627 \u0627\u0644\u0645\u0640\u0640\u0631\u0621 \u0644\u0645 \u064a\u062f\u0646\u0633 \u0645\u0646 \u0627\u0644\u0644\u0640\u0624\u0645 \u0639\u0640\u0640\u0631\u0636\u0640\u0647<br \/>\n\t\t\u0641\u0644\u064a\u0640\u0640\u0640\u0640\u0633 \u0644\u0640\u0640\u0640\u0647 \u0625\u0644\u0649 \u062d\u0633\u0640\u0646 \u0627\u0644\u062b\u0646\u0640\u0640\u0627\u0621 \u0633\u0628\u064a\u0640\u0644&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u0648\u0625\u0646 \u0647\u0648 \u0644\u0645 \u064a\u062d\u0645\u0644 \u0639\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0646\u0641\u0633 \u0636\u064a\u0645\u0647\u0640\u0640\u0627<br \/>\n\t\t\u0641\u0642\u0644\u0640\u0640\u062a \u0644\u0647\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627 \u0625\u0646 \u0627\u0644\u0643\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0631\u0627\u0645 \u0642\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0644\u0640\u064a\u0640\u0640\u0644&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u062a\u0639\u064a\u0640\u0640\u0640\u0640\u0631\u0646\u0640\u0640\u0640\u0627 \u0623\u0646\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627 \u0642\u0644\u0640\u0640\u064a\u0640\u0640\u0640\u0640\u0644 \u0639\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u062f\u064a\u0640\u0640\u062f\u0646\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627<br \/>\n\t\t\u0639\u0640\u0640\u0632\u064a\u0640\u0640\u0640\u0640\u0632 \u0648\u062c\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0623\u0643\u062b\u0640\u0640\u0640\u0640\u0631\u064a\u0640\u0640\u0646 \u0630\u0644\u0640\u0640\u0640\u064a\u0640\u0640\u0640\u0644 &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;\u0648\u0645\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627 \u0636\u0640\u0631\u0646\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627 \u0623\u0646\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627 \u0642\u0644\u0640\u0640\u0640\u064a\u0640\u0640\u0640\u0644 \u0648\u062c\u0640\u0640\u0627\u0631\u0646\u0640\u0640\u0640\u0640\u0627<\/p>\n<p>\t\t(Si l&rsquo;honneur d&rsquo;un homme n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; souill&eacute; par la bassesse, tout habit qu&rsquo;il portera ne sera que magnifique). Cette allusion a permis aux deux anciens amis de se r&eacute;concilier. Mais les rencontres se sont faites rares, surtout apr&egrave;s le d&eacute;part de Mzali et la crise de 1987. Bien que conscient de la d&eacute;rive du pouvoir bourguibien, il n&rsquo;a jamais accept&eacute; l&rsquo;av&egrave;nement de Ben Ali au pouvoir, connaissant le personnage, son pass&eacute; et ses connaissances.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tN&rsquo;a-t-il pas dit, exc&eacute;d&eacute; par les louanges au futur dictateur, un jour de juin 1988, en public devant une pr&eacute;sence m&eacute;dus&eacute;e : &laquo;Arr&ecirc;tez &ccedil;a, un jour il vous dressera des potences &agrave; Bab Souika&raquo;. Il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; loin de cette pr&eacute;diction.<\/p>\n<p>\t\tApr&egrave;s la d&eacute;position de Bourguiba, Bahi Ladgham a repris ses visites &agrave; Monastir une fois par an jusqu&rsquo;&agrave; 1996. Il d&eacute;c&eacute;da &agrave; Paris le 13 avril 1998.Il a eu des fun&eacute;railles officielles mais non nationales, le cort&egrave;ge ayant pris le Boulevard du 9 Avril au lieu de passer par le centre-ville, initialement pr&eacute;vu, le d&eacute;chu ne supportant pas de tels honneurs. Bahi Ladgham a laiss&eacute; une &eacute;pouse, un fils, Abderrahman (professeur de m&eacute;decine) devenu ministre charg&eacute; de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption dans le gouvernement Jebali, 3 filles (un cadre bancaire, une diplomate de carri&egrave;re et une m&egrave;re de famille), 9 petits -enfants et 4 arri&egrave;re-petits-enfants.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/bahi-ladgham-le-grand-miltant-nationaliste-et-l-un-des-batisseurs-de-la-tunisie-moderne?id=10354\" style=\"color: rgb(102, 102, 102); text-decoration: underline; outline: none; font-size: 14px; line-height: 24.46666717529297px;\">Bahi Ladgham : Le grand miltant nationaliste et l&#39;un des b&acirc;tisseurs de la Tunisie moderne<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Bahi Ladgham : Le grand miltant nationaliste et l&#39;un des b&acirc;tisseurs de la Tunisie moderne &nbsp; &nbsp; La Tunisie c&eacute;l&egrave;bre ce 10 janvier le centenaire de Bahi Ladgham, militant nationaliste de grande envergure qui a &eacute;t&eacute;, d&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance en 1957, le v&eacute;ritable N&deg;2 du r&eacute;gime, Destourien et dauphin de Bourguiba, jusqu&rsquo;en 1970. 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