{"id":5923,"date":"2013-01-09T23:29:10","date_gmt":"2013-01-09T23:29:10","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5923"},"modified":"2013-01-09T23:29:10","modified_gmt":"2013-01-09T23:29:10","slug":"egypte-invitation-prematuree-au-retour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/egypte-invitation-prematuree-au-retour\/","title":{"rendered":"Egypte : Invitation pr\u00e9matur\u00e9e au retour"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"ctl00_ContentPlaceHolder1_hd\">\n\tPol&eacute;mique: Invitation pr&eacute;matur&eacute;e<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOmar Kamil<\/p>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes d&eacute;clarations de Essam Al-Eriane, un leader des Fr&egrave;res musulmans, invitant les juifs d&rsquo;origine &eacute;gyptienne &agrave; revenir en Egypte ont &eacute;t&eacute; accueillies avec beaucoup de m&eacute;contentement aussi bien par la rue &eacute;gyptienne que dans les milieux politiques &#8230; mais pour des raisons diff&eacute;rentes. La rue &eacute;gyptienne a &eacute;t&eacute; gagn&eacute;e par un sentiment d&rsquo;aversion, motiv&eacute;e en premier lieu non par la r&eacute;ouverture de ce dossier, mais surtout par le moment inappropri&eacute;. Vivant dans un pays &agrave; peine sorti d&rsquo;une bataille soci&eacute;tale autour d&rsquo;une Constitution loin de faire l&rsquo;unanimit&eacute;, un pays qui se noie dans les probl&egrave;mes &eacute;conomiques et de surcro&icirc;t divis&eacute; entre partisans et opposants du r&eacute;gime des Fr&egrave;res sous le pr&eacute;sident Morsi, la majorit&eacute; des Egyptiens estiment qu&rsquo;il existe des priorit&eacute;s plus pressantes que la question du retour des juifs. Du c&ocirc;t&eacute; des intellectuels, les r&eacute;actions se sont imbriqu&eacute;es dans le sch&eacute;ma politique dominant o&ugrave; se disputent un courant islamiste et un autre la&iuml;que. Certains ont remis en question la cr&eacute;dibilit&eacute; d&rsquo;Essam Al-Eriane, consid&eacute;rant ses propos comme une tentative de courtiser les Etats-Unis &laquo; par la porte juive &raquo;. On lui a &eacute;galement rappel&eacute; la responsabilit&eacute; historique envers les juifs d&rsquo;Egypte, non seulement du pr&eacute;sident d&eacute;funt Gamal Abdel-Nasser, mais aussi des Fr&egrave;res musulmans. Ceux-ci ont particip&eacute; &agrave; des activit&eacute;s hostiles aux juifs dans les ann&eacute;es 1940 et 1950 et ont retourn&eacute; l&rsquo;opinion publique contre eux, ce qui a aid&eacute; &agrave; leur &eacute;viction du pays et l&#39;a acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e. On peut accepter ou rejeter l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des arguments. Mais ce qui est &eacute;tabli c&rsquo;est l&rsquo;importance des d&eacute;clarations qui remettent sur le tapis la question du retour des juifs &eacute;gyptiens. Monsieur Al-Eriane occupe une position-cl&eacute; au sein de la confr&eacute;rie des Fr&egrave;res musulmans. Il est &eacute;galement conseiller du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Et bien que la confr&eacute;rie, aussi bien que la pr&eacute;sidence, aient pris leurs distances quant aux d&eacute;clarations de l&rsquo;un de leurs responsables, ce dernier persiste et signe. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;un lapsus mais d&rsquo;une id&eacute;e pr&eacute;sente dans les coulisses de la confr&eacute;rie et de la cuisine politique de la pr&eacute;sidence &eacute;gyptienne. D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;importance de prendre au s&eacute;rieux les d&eacute;clarations en question. Mais quelle importance ? Sont-elles importantes du fait qu&rsquo;elles appartiennent &agrave; un haut responsable ? Ou plut&ocirc;t parce qu&rsquo;elles ont &eacute;tabli un lien entre le retour des juifs &eacute;gyptiens et la cause palestinienne ? En fait, ce n&rsquo;est ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre. Avant la r&eacute;volution du 25 janvier 2011, il n&rsquo;y avait aucune volont&eacute; politique en Egypte de discuter de cette question : les juifs &eacute;gyptiens &eacute;taient simplement un sujet tabou. Oui, les Egyptiens se rappellent tel com&eacute;dien juif ou telle chanteuse juive, et se souviennent encore de cha&icirc;nes de magasins juives comme Ben Zion, mais les juifs en tant que partie int&eacute;grante de la soci&eacute;t&eacute; &eacute;gyptienne ont disparu, ou ont &eacute;t&eacute; plut&ocirc;t effac&eacute;s de la m&eacute;moire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Aspect dominant<\/strong><\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;&eacute;tait le cas avant ce 25 janvier. Depuis, les choses ont chang&eacute;. Ceux qui suivent de pr&egrave;s l&rsquo;actualit&eacute; &eacute;gyptienne peuvent n&rsquo;y voir que des querelles entre des partis et courants politiques, des d&eacute;bats autour de la Constitution et des pr&eacute;parations pour des &eacute;lections l&eacute;gislatives. C&rsquo;est peut &ecirc;tre l&rsquo;aspect dominant, mais il serait erron&eacute; de r&eacute;duire la r&eacute;volution &agrave; une bataille politique, parce qu&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; en r&eacute;volution est avant tout une soci&eacute;t&eacute; qui se cherche, qui se d&eacute;couvre et qui se recr&eacute;e. Et c&rsquo;est bien dans cet espace r&eacute;volutionnaire que les tabous sont bris&eacute;s et que les id&eacute;es sur les composantes culturelles et historiques de la nation se battent en duel. C&rsquo;est dans ce contexte que les d&eacute;clarations d&rsquo;Essam Al-Eriane prennent leur importance, dans la mesure o&ugrave; elles rouvrent le d&eacute;bat sur la composante juive de la nation &eacute;gyptienne. Mais est-ce que la nation &eacute;gyptienne de l&rsquo;apr&egrave;s 25 janvier 2011 est pr&ecirc;te &agrave; consid&eacute;rer la perte, vieille d&rsquo;un demi-si&egrave;cle, de sa composante juive ? La r&eacute;ponse ne saurait &ecirc;tre tranch&eacute;e, mais demandera de relever deux d&eacute;fis majeurs. Le premier r&eacute;side dans l&rsquo;amalgame de la cause palestinienne et de la question des juifs &eacute;gyptiens. L&rsquo;Histoire depuis 1948 montre clairement que les deux parties, &eacute;gyptienne et isra&eacute;lienne, ont fait expr&egrave;s de lier ces deux probl&eacute;matiques. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs clair dans les d&eacute;clarations m&ecirc;me d&rsquo;Essam<\/p>\n<p>\n\tAl-Eriane : selon lui, les juifs doivent rentrer en Egypte pour faire de la place aux Palestiniens. Le discours nass&eacute;rien n&rsquo;&eacute;tait en rien diff&eacute;rent : on ne trouvait aucun probl&egrave;me &agrave; chasser les juifs hors du pays, comme si c&rsquo;&eacute;tait une contrepartie de la souffrance palestinienne. C&ocirc;t&eacute; isra&eacute;lien, le discours nationaliste voit les choses sous le m&ecirc;me angle, mais pour servir d&rsquo;autres desseins. L&agrave;, les juifs &eacute;gyptiens se retrouvent sur un pied d&rsquo;&eacute;galit&eacute; avec les Palestiniens : tant que ces derniers revendiquent le droit de retour et des d&eacute;dommagements, Isra&euml;l ne cessera pas de revendiquer les biens des juifs, en Egypte comme partout &agrave; travers le monde arabe.<\/p>\n<p>\n\tDans quelle mesure ces deux questions peuvent-elles &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;es ? Voil&agrave; le d&eacute;fi auquel il est difficile de r&eacute;pondre. Cela dit, une chose est claire : lier la souffrance des Palestiniens et celle des juifs d&rsquo;Egypte n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; fructueux, bien au contraire, cela n&rsquo;a servi qu&rsquo;&agrave; compliquer les choses. Le deuxi&egrave;me d&eacute;fi concerne la probl&eacute;matique essentielle qui ressort des d&eacute;clarations d&rsquo;Al- Eriane, mais qui s&rsquo;est perdue dans la pol&eacute;mique. Combien de temps faudra-t-il &agrave; la nation &eacute;gyptienne pour &ecirc;tre capable de rouvrir le dossier de l&rsquo;expulsion de ses juifs ? La r&eacute;ponse &agrave; cette question nous ram&egrave;ne aux objectifs de la r&eacute;volution. Les Egyptiens se sont r&eacute;volt&eacute;s contre Hosni Moubarak pour retrouver leur libert&eacute; et se lib&eacute;rer de la dictature militaire fond&eacute;e en 1952. Ils se sont r&eacute;volt&eacute;s pour passer du statut de sujet &agrave; celui de citoyen, d&rsquo;un r&eacute;gime militaire &agrave; un Etat de droit. Lorsque ces objectifs se concr&eacute;tiseront, lorsque l&rsquo;Egypte deviendra un Etat pour tous ses citoyens, nous pourrons &agrave; ce moment-l&agrave; nous pencher sur notre histoire pour en redresser les torts, et red&eacute;couvrir la richesse de sa soci&eacute;t&eacute;, dont sa composante juive. Il est certain qu&rsquo;un jour nous consid&eacute;rerons le juif &eacute;gyptien comme un &eacute;l&eacute;ment essentiel de l&rsquo;histoire et de la culture de notre pays. Mais le chemin est encore long.<\/p>\n<p>\n\tAuteur de Der Holocaust im arabischen Ged&auml;chtnis (l&rsquo;holocauste dans la m&eacute;moire arabe).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Pol&eacute;mique: Invitation pr&eacute;matur&eacute;e &nbsp; &nbsp; &nbsp; Omar Kamil &nbsp; &nbsp; Les d&eacute;clarations de Essam Al-Eriane, un leader des Fr&egrave;res musulmans, invitant les juifs d&rsquo;origine &eacute;gyptienne &agrave; revenir en Egypte ont &eacute;t&eacute; accueillies avec beaucoup de m&eacute;contentement aussi bien par la rue &eacute;gyptienne que dans les milieux politiques &#8230; mais pour des raisons diff&eacute;rentes.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17661,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[30,21,11,1],"tags":[],"class_list":["post-5923","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-egypte","category-etats-unis","category-moyen-orient","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5923","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5923"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5923\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17661"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5923"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5923"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5923"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}