{"id":5989,"date":"2013-01-18T19:03:22","date_gmt":"2013-01-18T19:03:22","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5989"},"modified":"2013-01-18T19:03:22","modified_gmt":"2013-01-18T19:03:22","slug":"tunisie-quels-sont-les-ennemis-de-la-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-quels-sont-les-ennemis-de-la-revolution\/","title":{"rendered":"Tunisie : quels sont les ennemis de la r\u00e9volution ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunisie : quels sont les ennemis de la r&eacute;volution ?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tDeux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, les conditions de vie difficiles &agrave; l&rsquo;origine de son d&eacute;clenchement continuent de se d&eacute;grader. Tous les clignotants sont au rouge et tout le monde en est conscient sauf les gens de la tro&iuml;ka au pouvoir qui semblent souffrir de daltonisme. Le gouvernement en place &agrave; &eacute;chou&eacute; &agrave; apporter la moindre solution aux probl&egrave;mes du pays, et quiconque fait ce constat est trait&eacute; d&rsquo;orphelin du r&eacute;gime d&eacute;chu, de bless&eacute; des &eacute;lections, de repr&eacute;sentant de l&rsquo;information de la honte, quand il n&rsquo;est pas tout simplement accus&eacute; de comploter contre &laquo;&nbsp;le pouvoir l&eacute;gitime&nbsp;&raquo;, ou contre &laquo;&nbsp;le meilleur gouvernement de l&rsquo;histoire&nbsp;de la Tunisie&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe gouvernement en place a &eacute;chou&eacute; &agrave; apporter la moindre solution aux probl&egrave;mes du pays, et la seule chose dans laquelle il fait preuve d&rsquo;une extraordinaire comp&eacute;tence est la fuite en avant. Voil&agrave; sept ou huit mois maintenant depuis que ce gouvernement parle d&rsquo;un remaniement qui tendrait &agrave; &eacute;carter les ministres dont le rendement est nul et les remplacer par des personnes plus comp&eacute;tentes. Cela confine &agrave; la mascarade, mais le c&oelig;ur n&rsquo;est plus &agrave; en rire, car cela confirme le peu de cas que les gouvernants actuels font de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national. Ce qui les int&eacute;resse, c&rsquo;est leurs int&eacute;r&ecirc;ts propres, l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de leurs partis et de leurs proches.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAvec une &eacute;conomie sinistr&eacute;e et un taux de ch&ocirc;mage et de pauvret&eacute; qui b&acirc;t tous les records, les gouvernants actuels continuent d&rsquo;ignorer l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national. La preuve en est qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; incapables de surmonter leurs divergences sur la mani&egrave;re de redistribuer les postes minist&eacute;riels, dont les titulaires doivent &ecirc;tre chang&eacute;s, non pas en fonction des comp&eacute;tences dont le pays en a un besoin imp&eacute;rieux, mais en fonction des int&eacute;r&ecirc;ts partisans et personnels des uns et des autres.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSi les gouvernants actuels n&rsquo;avaient en t&ecirc;te que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national, ils n&rsquo;auraient pas perdu de longs mois dans des tractations st&eacute;riles au sein de la tro&iuml;ka, mais se seraient tourn&eacute;s vers l&rsquo;universit&eacute; et la soci&eacute;t&eacute; civile tunisiennes qui grouillent de comp&eacute;tences pour y puiser les personnalit&eacute;s dou&eacute;es, capables de tirer le pays du marasme. Mais force est de constater que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national est le dernier de leur souci.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDeux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, les signes d&rsquo;espoirs sont d&rsquo;une raret&eacute; d&eacute;primante. Quinze mois apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection d&rsquo;une Assembl&eacute;e constituante, cens&eacute;e pr&eacute;parer une Constitution en un an, nous n&rsquo;avons encore ni Constitution, ni loi &eacute;lectorale, ni instance sup&eacute;rieure ind&eacute;pendante pour la pr&eacute;paration des &eacute;lections, ni instance sup&eacute;rieure ind&eacute;pendante pour prendre en charge le secteur de l&rsquo;information, ni un Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature pour g&eacute;rer la justice de mani&egrave;re ind&eacute;pendante du pouvoir ex&eacute;cutif, et la liste des d&eacute;faillances est interminable.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe probl&egrave;me est que les responsables de ces d&eacute;faillances ne tol&egrave;rent pas qu&rsquo;on en parle. Ils n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; traiter d&rsquo;ennemis de la r&eacute;volution les journalistes qui mettent en avant les &eacute;checs, et ils sont nombreux, de l&rsquo;&eacute;quipe au pouvoir. Et ici une question se pose et s&rsquo;impose: quels sont les ennemis de la r&eacute;volution? Ceux qui n&rsquo;ont r&eacute;alis&eacute; pratiquement aucun de ses objectifs et qui passent leurs int&eacute;r&ecirc;ts partisans et personnels avant l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national, ou ceux qui alertent l&rsquo;opinion pour souligner les d&eacute;faillances et les &eacute;checs?<\/p>\n<p>\n\t\t\tDeux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, un seul acquis et un seulement est perceptible concr&egrave;tement&nbsp;: la libert&eacute; de la presse. Et ici on revient &agrave; la question qui se pose et s&rsquo;impose: quels sont les ennemis de la r&eacute;volution? Ceux qui d&eacute;fendent bec et ongles cet acquis unique, ou ceux qui ont tout fait et qui continuent de tout faire pour l&rsquo;&eacute;touffer?<\/p>\n<p>\n\t\t\tA la chute de la dictature novembriste, tous les verrous ont saut&eacute;. Les journalistes sont sortis de la cage dans laquelle ils &eacute;taient enferm&eacute;s durant de longues d&eacute;cennies. Ils refusent de regagner la cage comme le d&eacute;sirent ardemment les gouvernants actuels, ignorant les app&acirc;ts, les menaces et les promesses.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes juges n&rsquo;ont pas eu cette chance, et n&rsquo;ont pas exploit&eacute; l&rsquo;instant d&eacute;cisif o&ugrave; les verrous ont saut&eacute; pour sortir de la cage dans laquelle ils sont enferm&eacute;s par le pouvoir ex&eacute;cutif avant et apr&egrave;s la r&eacute;volution. D&eacute;s lors, il n&rsquo;est gu&egrave;re &eacute;tonnant que des juges et des instances repr&eacute;sentatives de la magistrature assise estiment que &laquo;&nbsp;la situation de la justice aujourd&rsquo;hui est pire que celle qui pr&eacute;valait au temps de Ben Ali&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tRevenons encore une fois &agrave; la question qui se pose et s&rsquo;impose: quels sont les ennemis de la r&eacute;volution? Ceux qui d&eacute;fendent la libert&eacute; de la presse, ou ceux qui sont en train de remuer ciel et terre pour encager de nouveau les journalistes? Ceux qui r&eacute;clament chaque jour une justice ind&eacute;pendante du pouvoir ex&eacute;cutif ou ceux qui ont remis en place avec un z&egrave;le ahurissant et une d&eacute;termination effrayante le verrou qui a saut&eacute; le 14 janvier 2011 pour maintenir les juges dans leur &eacute;tat d&rsquo;assujettissement au pouvoir ex&eacute;cutif?<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl est path&eacute;tique de voir et d&rsquo;entendre pratiquement tous les jours des repr&eacute;sentants du pouvoir prendre &agrave; partie les journalistes dont le tort est de s&rsquo;ent&ecirc;ter &agrave; pr&eacute;server et &agrave; d&eacute;fendre le seul et unique acquis que le pays a pu avoir: la libert&eacute; de la presse.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCette libert&eacute; de la presse est devenue un v&eacute;ritable cauchemar pour les gens d&rsquo;Ennahdha, et en particulier pour leur pr&eacute;sident, Rached Ghannouchi, qui ne rate pas une occasion pour s&rsquo;en prendre &agrave; &laquo;&nbsp;l&rsquo;information de la honte&nbsp;&raquo; et aux &laquo;&nbsp;journalistes contre-r&eacute;volutionnaires&nbsp;&raquo;.&nbsp; Il ne rate pas une occasion pour leur demander de renoncer &agrave; la voie de la &laquo;&nbsp;contre-r&eacute;volution&nbsp;&raquo; et de suivre la bonne voie, c&rsquo;est-&agrave;-dire celle de la cage qui &eacute;tait la leur avant le 14 janvier 2011.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn fait, et pour parler en toute franchise, ce qui met&nbsp; Ghannouchi hors de lui, c&rsquo;est que les journalistes refusent obstin&eacute;ment de t&eacute;moigner la m&ecirc;me d&eacute;f&eacute;rence qu&rsquo;ils t&eacute;moignaient &agrave; Bourguiba et au PSD avant novembre 1987 et &agrave; Ben Ali et au RCD apr&egrave;s cette date. La raison est simple. Depuis le 20 mars 1956 jusqu&rsquo;au 14 janvier 2011, il n&rsquo;y a jamais eu de r&eacute;volution, et donc aucune opportunit&eacute; n&rsquo;a &eacute;t&eacute; offerte aux journalistes avant cette date pour pouvoir se lib&eacute;rer de la chape de plomb que leur imposait le pouvoir ex&eacute;cutif.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEnnahdha et son pr&eacute;sident commettent deux erreurs. Tout d&rsquo;abord celle de croire qu&rsquo;apr&egrave;s un assujettissement humiliant qui a dur&eacute; plusieurs d&eacute;cennies, les journalistes peuvent &ecirc;tre de nouveau encag&eacute;s. La seconde erreur est de croire ou pr&eacute;tendre croire que si les journalistes sont contre Ennahdha, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils sont un ramassis de gauchistes, de la&iuml;ques, de RCDistes et autres adjectifs &agrave; l&rsquo;emporte-pi&egrave;ce. Pourtant la v&eacute;rit&eacute; est simple et peut&nbsp; &ecirc;tre dite en deux mots&nbsp;: les journalistes sont contre Ennahdha, parce que ce parti n&rsquo;a rien fait de bon.<\/p>\n<p>\n\t\t\tImaginons un seul instant qu&rsquo;Ennahdha se soit conform&eacute;e tout simplement &agrave; ses promesses &eacute;lectorales. Imaginons, en tant que vrai d&eacute;tenteur du pouvoir, que le parti islamiste ait remis l&rsquo;&eacute;conomie sur les rails, dot&eacute; le pays d&rsquo;une Constitution qui lui fait honneur, r&eacute;ussi la transition d&eacute;mocratique, lib&eacute;r&eacute; la justice du carcan hideux qui l&rsquo;attache au pouvoir ex&eacute;cutif, bref, imaginons un seul instant qu&rsquo;Ennahda ait mis le pays sur la voie emprunt&eacute;e avec succ&egrave;s par la Turquie? Quel journaliste dirait qu&rsquo;Ennahdha est une catastrophe pour le pays? Et si quelqu&rsquo;un le disait, quel citoyen le croirait?<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe malheur est que le parti islamiste au pouvoir a non seulement tourn&eacute; le dos &agrave; ses promesses et aux int&eacute;r&ecirc;ts sup&eacute;rieurs du pays, mais, depuis son accession au pouvoir, il n&rsquo;a cess&eacute; de man&oelig;uvrer pour imposer aux Tunisiens sa version de l&rsquo;Islam et sa version de l&rsquo;Etat. Car qu&rsquo;on le dise clairement, ce qui int&eacute;resse Ghannouchi et &laquo;&nbsp;l&rsquo;aile dure&nbsp;&raquo; d&rsquo;Ennahdha, c&rsquo;est d&rsquo;extirper la culture &laquo;&nbsp;peu islamique&nbsp;&raquo; et l&rsquo;h&eacute;ritage bouguibiste qui pr&eacute;valent dans ce pays, et les remplacer par une autre culture &laquo;&nbsp;v&eacute;ritablement islamique&nbsp;&raquo; et, en prime, l&rsquo;h&eacute;ritage wahabiste, d&eacute;j&agrave; refus&eacute; par nos anc&ecirc;tres il y a plus de deux si&egrave;cles. Mais l&agrave;, Ghannouchi risque de se retrouver dans la m&ecirc;me situation que Sisyphe qui s&rsquo;obstine contre toute &eacute;vidence &agrave; vouloir atteindre un objectif inatteignable.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"5VmCJIfl9S\"><p><a href=\"https:\/\/www.leconomistemaghrebin.com\/\">Accueil<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Accueil\u00a0\u00bb \u2014 Leconomiste Maghrebin\" src=\"https:\/\/www.leconomistemaghrebin.com\/embed\/#?secret=YBcXmBwGRf#?secret=5VmCJIfl9S\" data-secret=\"5VmCJIfl9S\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie : quels sont les ennemis de la r&eacute;volution ? &nbsp; &nbsp; Deux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, les conditions de vie difficiles &agrave; l&rsquo;origine de son d&eacute;clenchement continuent de se d&eacute;grader. 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