{"id":6041,"date":"2013-01-25T18:00:56","date_gmt":"2013-01-25T18:00:56","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6041"},"modified":"2013-01-25T18:00:56","modified_gmt":"2013-01-25T18:00:56","slug":"cri-du-coeur-pour-tunis-ma-ville-qui-se-meurt-par-hatem-bourial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/cri-du-coeur-pour-tunis-ma-ville-qui-se-meurt-par-hatem-bourial\/","title":{"rendered":"Cri du c\u0153ur pour Tunis, ma ville qui se meurt\u2026 par Hatem Bourial"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCri du c&oelig;ur pour Tunis, ma ville qui se meurt&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPubli&eacute; par Hatem Bourial&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tPourquoi cacher le malaise que je vis au quotidien dans les rues de Tunis. Mes lecteurs me pardonneront d&rsquo;employer un terme excessif mais ce qui se passe sur la voie publique est &agrave; maints &eacute;gards scandaleux, pornographique (au sens &eacute;tymologique du terme).<\/p>\n<p>\n\t\tDes enfants qui lancent des pierres sur les passants, des d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;s qui boivent ostensiblement leur litre de rouge, des lyc&eacute;ens qui se comportent comme des hordes imb&eacute;ciles, des filles oblig&eacute;es de se v&ecirc;tir d&rsquo;accoutrements de style afghan pour &eacute;chapper ne serait-ce qu&rsquo;aux violences verbales, d&rsquo;autres filles qu&rsquo;on dirait tout droit sorties de bordels tha&iuml;landais, des bars o&ugrave; l&rsquo;on boit comme dans l&rsquo;Assommoir de Zola, des ivrognes qui pissent sans se soucier o&ugrave; et devant qui, des voleurs dans tous les recoins, des caf&eacute;s bond&eacute;s d&rsquo;oisifs &agrave; perte de vue, des voitures gar&eacute;es partout, des voitures qui roulent partout, des voitures qui acc&eacute;l&egrave;rent l&agrave; o&ugrave; il ne faut pas, des mendiants qui essaient de tirer leur &eacute;pingle du jeu, de faux aveugles et de vrais myopes, du verbe obsc&egrave;ne partout, partout, partout et &agrave; longueur de journ&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tSous nos regards coupables, nos rues sont devenues pornographiques, suintent de violence, se vautrent dans l&rsquo;incivilit&eacute;. O&ugrave; sommes-nous ? Que sont nos valeurs devenues ? Que vont nos villes devenir ?<br \/>\n\t\tAu d&eacute;but des ann&eacute;es soixante-dix, les sociologues parlaient de la ruralisation des villes. Je ne sais de quoi ils parleraient aujourd&rsquo;hui. De fait, je ne d&eacute;sire pas entrer dans cette discussion car j&rsquo;ai non seulement un respect t&ecirc;tu pour le monde rural (o&ugrave; nous avons tous nos racines quelque part) mais aussi la profonde conviction que tous les Tunisiens ont droit &agrave; leur capitale et aux grandes villes du pays.<\/p>\n<p>\n\t\tPar contre, ce sont les modes de vie dans les grandes villes qui posent probl&egrave;me. Et dans cette optique, le passif continue &agrave; s&rsquo;amplifier. Nous avons d&rsquo;abord connu la d&eacute;figuration des acc&egrave;s de pratiquement toutes nos villes au point o&ugrave; l&rsquo;anomalie est devenue une r&egrave;gle incontournable dans notre paysage. Entrer &agrave; Zaghouan, &agrave; Kasserine ou ailleurs implique le passage in&eacute;vitable devant le spectacle d&rsquo;immeubles provisoires et de garages polluants &eacute;quitablement r&eacute;partis des deux c&ocirc;t&eacute;s de la chauss&eacute;e avec cette alternance hideuse du rouge brique avec le gris cendre du ciment.<\/p>\n<p>\n\t\tLes ceintures vertes, n&rsquo;en parlons plus ! Irr&eacute;m&eacute;diablement bouff&eacute;es par les constructions souvent anarchiques qui n&rsquo;h&eacute;sitent plus &agrave; s&rsquo;installer dans le lit des rivi&egrave;res.<br \/>\n\t\tNous avons connu l&rsquo;oukalisation et son contraire, les march&eacute;s modernis&eacute;s puis le retour aux souks hebdomadaires, l&rsquo;ouverture puis l&rsquo;authenticit&eacute;, puis l&rsquo;authenticit&eacute; sans ouverture et vice-versa.<br \/>\n\t\tQue mes lecteurs me pardonnent certains mots qu&rsquo;ils pourraient juger excessifs. Mais souvent, la r&eacute;alit&eacute; est plus excessive encore. Et puis qu&rsquo;on prenne ce coup de gueule pour ce qu&rsquo;il est : un simple cri du c&oelig;ur, l&rsquo;appel d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; de quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;en peut plus, l&rsquo;expression d&rsquo;un ras-le-bol longtemps contenu.<\/p>\n<p>\n\t\tCette r&eacute;alit&eacute; brutale de nos rues me donne des crises d&rsquo;asthme. Ces petits d&eacute;linquants et ces terribles chauffards, je le sais, ne sont qu&rsquo;une minorit&eacute; bruyante mais elle occupe le haut du pav&eacute; et rend souvent le reste invisible.<br \/>\n\t\tJe sais aussi l&rsquo;amertume de ces propos mais si je les tiens devant vous, c&rsquo;est bien parce que je suis convaincu qu&rsquo;il est encore possible d&rsquo;inverser cette malheureuse tendance qui &laquo;pornographise&raquo; le r&eacute;el, le v&eacute;cu et la vertu.<\/p>\n<p>\n\t\thttp:\/\/www.webdo.tn<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Cri du c&oelig;ur pour Tunis, ma ville qui se meurt&hellip; &nbsp; Publi&eacute; par Hatem Bourial&nbsp; &nbsp; Pourquoi cacher le malaise que je vis au quotidien dans les rues de Tunis. Mes lecteurs me pardonneront d&rsquo;employer un terme excessif mais ce qui se passe sur la voie publique est &agrave; maints &eacute;gards scandaleux, pornographique (au&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17717,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[218,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-6041","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-hatem-bourial","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6041","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6041"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6041\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17717"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6041"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6041"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6041"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}