{"id":6087,"date":"2013-10-13T00:24:46","date_gmt":"2013-10-13T00:24:46","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6087"},"modified":"2013-10-13T04:36:32","modified_gmt":"2013-10-13T04:36:32","slug":"tunis-et-les-tunisiens-au-19eme-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunis-et-les-tunisiens-au-19eme-siecle\/","title":{"rendered":"Tunis et les Tunisiens au 19eme siecle"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"header\">\n<p>\n\t\tTunis et les Tunisiens au 19eme siecle<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"gauche\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div id=\"centre\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tLe Beylik, vulgairement dit la r&eacute;gence de Tunis, est born&eacute; au nord et &agrave; l&#39;est par la M&eacute;diterren&eacute;e, au sud-est par le pachalik de Tripoli, au sud par le Sahara et &agrave; l&#39;ouest par l&#39;Alg&eacute;rie. Il occupe une superficie d&#39;environ six mille lieues carr&eacute;es, et son sol est d&#39;une &eacute;tonnante fertilit&eacute;. Tunis, sa capitale, est situ&eacute;e &agrave; l&#39;extr&eacute;mit&eacute; d&#39;une lagune peu profonde qui communique avec la mer par un &eacute;troit canal nomm&eacute; la Goulette.<br \/>\n\t\tD&egrave;s que surgit aux regards son amphith&eacute;&acirc;tre de maisons &eacute;clatantes, qui semblent de loin une carri&egrave;re &agrave; pl&acirc;tre, on comprend aussit&ocirc;t la justesse du surnom que les anciens m&ecirc;me lui avaient donn&eacute; : Tunis la Blanche. Ses nombreux minarets, qui d&eacute;coupent vivement le bleu pur du ciel, lui donnent la physionomie la plus pittoresque. Qu&#39;on ne s&#39;attende point &agrave; trouver l&agrave; nos boulevards et nos squares. Tunis est une vraie ville arabe. Les rues, extr&ecirc;mement &eacute;troites et bord&eacute;es de maisons dont les toits interceptent les rayons d&#39;un ardent soleil, sont encore prot&eacute;g&eacute;es assez souvent par des vo&ucirc;tes contre la chaleur et la pluie. Les maisons, en forme de d&eacute;, n&#39;ont gu&egrave;re plus d&#39;un &eacute;tage. Les appartements ouvrent sur une cour int&eacute;rieure avec galerie au premier &eacute;tage donnant acc&egrave;s &agrave; une terrasse qui surmonte ordinairement la construction.<br \/>\n\t\tApres la vue ext&eacute;rieure de la ville, il n&#39;en est pas de plus curieuse que celle des rues, que parcourt sans cesse une foule bruyante et bariol&eacute;e. On a d&#39;un coup d&#39;&oelig;il l&#39;&eacute;chantillon des diverses races qui peuplent Tunis. Un voyageur a ainsi r&eacute;parti les quatre-vingt mille habitants qu&#39;il accorde &agrave; la ville : 50,000 Maures, 20,000 Juifs, 5,000 Malais 3,000 Italiens; 800 Grecs, 4,500 Fran&ccedil;ais, Espagnols et Anglais. On voit, d&#39;apr&egrave;s ce relev&eacute;, que les Maures, et apr&egrave;s eux les juifs composent la partie la plus importante de la population. Ce sont donc surtout ces deux types que le dessinateur s&#39;est attach&eacute; &agrave; reproduire dans la planche ci-jointe.<br \/>\n\t\tOn en a deux &eacute;chantillons bien reconnaissables dans les deux m&eacute;daillons qui surmontent une petite vue de la ville, m&eacute;daillons dont l&#39;un repr&eacute;sente un riche rentier de Tunis, l&#39;autre un vieux domestique juif. Autour d&#39;eux on a r&eacute;uni, d&#39;apr&egrave;s des photographies, divers autres types et costumes tunisiens : personnages parmi lesquels on remarque a gauche, un jeune employ&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&#39;une porteuse juive, et, &agrave; droite, deux fianc&eacute;s la main dans la main. Au dessous, une porteuse d&#39;eau mauresque se tient aupr&egrave;s d&#39;un Malais du port, et, dans le compartiment voisin, une femme juive est assise dans la pose ordinaire du pays, un des pieds reposant sur le genou de la jambe oppos&eacute;e.<br \/>\n\t\tLa race mauresque est g&eacute;n&eacute;ralement belle. Une vie sobre et tranquille la pr&eacute;serve d&#39;un grand nombre de maladies. Les femmes ont le teint blanc et mat comme du lait, les yeux grands, bien fendus et expressifs, et la taille assez forte. On n&#39;ignore pas que l&#39;embonpoint est, pour les elles une des conditions essentielles de la beaut&eacute;. Une de leurs recettes pour devenir grasses consiste &agrave; manger de jeunes chiens. Ce que c&#39;est que la coquetterie! Elles passent leur journ&eacute;e &agrave; s&#39;&eacute;piler, &agrave; se peindre les paupi&egrave;res, les sourcils, la paume des mains et la plante des pieds, ainsi qu&#39;&agrave; peigner leurs cheveux, qui sont d&#39;un beau noir bleu&acirc;tre et qu&#39;elles laissent flotter sur leurs &eacute;paules. L&#39;&eacute;pilation se fait tous les mois &agrave; l&#39;aide d&#39;une pommade sp&eacute;cialement fabriqu&eacute;e par elles. Quant &agrave; la mani&egrave;re de peindre les diverses parties du corps susmentionn&eacute;es, chacun sait qu&#39;elles se servent pour l&#39;&eacute;paisseur des paupi&egrave;res de khol, qui se met au moyen d&#39;une allumette arrondie, qu&#39;elles se peignent les sourcils avec un pinceau tremp&eacute; d&#39;encre de Chine, et donnent &agrave; leurs ongles, &agrave; la paume de leurs mains et &agrave; la plante de leurs pieds une couleur brune au moyen du hennah.<br \/>\n\t\tOn ne les rencontre dans les rues qu&#39;envelopp&eacute;es de la t&ecirc;te aux pieds dans les plis d&#39;un grand ha&iuml;k ou ch&acirc;le blanc qui leur cache en partie le visage. Sous ce ha&iuml;k, les femmes de qualit&eacute; portent des habits et des pantalons de soie o&ugrave; le rouge, le vert et le jaune dominent. Le pantalon descend seulement jusqu&#39;au genou; un bas qui s&#39;arr&ecirc;te &agrave; la cheville couvre la jambe, et le pied nu est chauss&eacute; de larges babouches. Toutes les Mauresques ont un go&ucirc;t tr&egrave;s prononc&eacute; pour les bijoux. Suivant leur fortune, elles se couvrent la t&ecirc;te, les bras et les jambes d&#39;ornements d&#39;or, d&#39;argent ou de cuivre, quelquefois de simples verroteries ou de fleurs enfil&eacute;es. Si dans leurs v&ecirc;tements de c&eacute;r&eacute;monie les Maures paraissent partager le go&ucirc;t de leurs femmes pour les vives couleurs, le costume des juifs est plus sombre, g&eacute;n&eacute;ralement bleu ou gris. C&#39;est un reste des anciennes restrictions qui nagu&egrave;re encore pesaient sur eux dans les pays mahom&eacute;tans. Ils n&#39;avaient pas le droit de porter le turban blanc, vert ou multicolore des musulmans, ni leur fez rouge &agrave; floche noire ou bleue, et aujourd&#39;hui encore ils le remplacent par un turban noir.<\/p>\n<p>\t\tL. de Morangez<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunis et les Tunisiens au 19eme siecle &nbsp; &nbsp; Le Beylik, vulgairement dit la r&eacute;gence de Tunis, est born&eacute; au nord et &agrave; l&#39;est par la M&eacute;diterren&eacute;e, au sud-est par le pachalik de Tripoli, au sud par le Sahara et &agrave; l&#39;ouest par l&#39;Alg&eacute;rie. 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