{"id":6113,"date":"2016-02-12T01:56:18","date_gmt":"2016-02-12T01:56:18","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6113"},"modified":"2016-02-12T01:31:40","modified_gmt":"2016-02-12T01:31:40","slug":"la-famille-borgel-de-tunis-par-jacques-taieb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-famille-borgel-de-tunis-par-jacques-taieb\/","title":{"rendered":"LA FAMILLE BORGEL DE TUNIS, par Jacques Ta\u00efeb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLA FAMILLE BORGEL DE TUNIS, par&nbsp;Jacques Ta&iuml;eb<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLA FAMILLE BORGEL DE TUNIS, par&nbsp;Jacques Ta&iuml;eb<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;objet de la pr&eacute;sente note est de rectifier certaines erreurs circulant sur internet ou ailleurs sur ce th&egrave;me. Le ph&eacute;nom&egrave;ne est d&rsquo;ailleurs plus global et int&eacute;resse l&rsquo;histoire des Juifs du Maghreb dans son ensemble. Notre propos s&rsquo;articulera selon deux axes. Il contera d&rsquo;abord l&rsquo;histoire de cette famille de notables et de lettr&eacute;s. Il tentera ensuite de cerner son r&ocirc;le et sa place dans la vie de la communaut&eacute; juive de Tunis, voire dans l&rsquo;histoire g&eacute;n&eacute;rale du pays.<\/p>\n<p>\n\tPour ce travail, nous avons mis &agrave; contribution des sources &eacute;crites (voir bibliographie en fin de texte) et &eacute;galement des archives orales de nature familiale ou autre. Nous remercions en particulier M. Claude Nataf, Pr&eacute;sident de la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;histoire des Juifs de Tunisie, qui nous a fourni de pr&eacute;cieux renseignements pour lesquels nous le remercions.<\/p>\n<p>\n\tAU FIL DU TEMPS, UNE SAGA FAMILIALE<\/p>\n<p>\n\tLa famille se r&eacute;clame d&rsquo;une ascendance portugaise. Etablie ensuite au Maroc, apr&egrave;s l&rsquo;expulsion des Juifs du pays en 1496 ou plus tardivement, elle aurait migr&eacute; vers Tunis. Tout cela n&rsquo;est en rien irrecevable et le d&eacute;part vers la Tunisie s&rsquo;inscrit parfaitement dans la marche vers l&rsquo;est, depuis le Maroc, des lettr&eacute;s d&rsquo;origine ib&eacute;rique (XVI&egrave;me-XVIII&egrave;me si&egrave;cles). D&rsquo;autre part, le patronyme Borgel (&ldquo;l&rsquo;homme &agrave; la jambe&rdquo; en arabe) ou son doublon Abergel, sont port&eacute;s par des Juifs d&rsquo;ascendance marocaine jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\n\tEnfin, des &eacute;l&eacute;ments int&eacute;ressants vont encore dans ce sens. Descendant, nous-m&ecirc;me, en ligne maternelle, de la famille, nous y avons souvent entendu des expressions arabes que les Juifs tunisiens n&rsquo;employaient pas. Nous nous sommes aper&ccedil;u, plus tard, apr&egrave;s notre installation en France, que ces expressions &eacute;taient courantes chez les Juifs du Maroc, dont le fameux bez&acirc;f (&ldquo;en abondance&rdquo; en arabe).<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Encyclopedia Juda&iuml;ca nous dit qu&rsquo;Abraham Borgel, l&rsquo;anc&ecirc;tre, ou l&rsquo;un des anc&ecirc;tres, de la famille qui vivait &agrave; Livourne au XVII&egrave;me si&egrave;cle (sans plus de pr&eacute;cisions) retourna &agrave; Tunis fortune faite. Le premier lettr&eacute; connu fut Nathan Borgel I (pour le diff&eacute;rencier de son descendant et homonyme), n&eacute; vraisemblablement &agrave; Tunis au d&eacute;but du XVIII&egrave;me si&egrave;cle, et mort &agrave; J&eacute;rusalem en 1791, trois ann&eacute;es apr&egrave;s son accession, en 1788, au poste d&rsquo;av du bet dinde Tunis, la pr&eacute;sidence du tribunal rabbinique et l&rsquo;autorit&eacute; supr&ecirc;me en mati&egrave;re spirituelle.<\/p>\n<p>\n\tIl travailla avec les lettr&eacute;s de son temps comme Abraham Ta&iuml;eb dit B&acirc;b&acirc; s&icirc;d&icirc; (en arabe &ldquo;Monsieur mon p&egrave;re&rdquo;), expression d&eacute;signant parfois le grand-p&egrave;re. Personnage consid&eacute;rable, B&acirc;b&acirc; s&icirc;d&icirc; signa en 1741 (il mourut &agrave; Tunis la m&ecirc;me ann&eacute;e) l&rsquo;accord avalisant la s&eacute;paration de la communaut&eacute; de Tunis en deux entit&eacute;s, celle des autochtones ou Tw&acirc;nsa, &agrave; laquelle il appartenait, et celle des Gr&acirc;na (&ldquo;Livournais&rdquo; en arabe), dont le signataire fut Isaac Lumbroso (mort en 1752 &agrave; Tunis). Ces deux lettr&eacute;s furent probablement ses ma&icirc;tres. Il est &agrave; noter que les actes officiels du Gr&acirc;na parlaient de communaut&eacute; portugaise, car les premiers venus &agrave; Tunis, au d&eacute;but du XVII&egrave;me si&egrave;cle, &eacute;taient d&rsquo;ascendance lusitanienne. Il connut et sans doute collabora avec Mes&rsquo;&ucirc;d Rapha&euml;l Elfassi, originaire de Fez, auteur d&rsquo;un trait&eacute; talmudique en aram&eacute;en intitul&eacute; Mich\u1e25a deribb&ucirc;t&acirc;(&ldquo;le lumignon des rabbins&rdquo;), en poste &agrave; la t&ecirc;te du tribunal rabbinique en 1773-74, et qui s&rsquo;&eacute;teignit &agrave; Tunis en 1775. Plus tard, &agrave; la fin de sa vie, il para&icirc;t avoir collabor&eacute; avec Ouziel Elha&iuml;k auteur entre autres du Michk&eacute;n&ocirc;t haro&rsquo;&icirc;m (&ldquo;les demeures des bergers&rdquo; en h&eacute;breu) ouvrage juridique apportant sur la vie de la communaut&eacute; juive de la capitale tunisienne au XVIII&egrave;me si&egrave;cle de consid&eacute;rables renseignements. Il &eacute;crivit surtout le hoq Nathan<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/Downloads\/La-Famille-BORGEL-de-Tunis.doc#_ftn1\" name=\"_ftnref1\" title=\"\">[1]<\/a> (&ldquo;la loi de Nathan&rdquo; en h&eacute;breu), publi&eacute;e en 1776, de son vivant, trait&eacute; talmudique majeur, fortement appuy&eacute; sur les r&eacute;flexions de Ma&iuml;monide, extr&ecirc;mement clair et fort utilis&eacute; en Europe orientale.<\/p>\n<p>\n\tSon fils, Elie Hay ou vita, n&eacute; &agrave; Tunis en 1760, publia en 1777-78 le Magden&ocirc;t Nathan (en h&eacute;breu &ldquo;les cadeaux de Nathan&rdquo;). La premi&egrave;re partie de l&rsquo;ouvrage regroupe des travaux de son p&egrave;re, la seconde est de son cru. Il s&rsquo;agit, l&agrave; encore, d&rsquo;un trait&eacute; talmudique. On pensait jusqu&rsquo;alors, &agrave; partir des conclusions de l&rsquo;article de Rodolphe Arditti, par ailleurs estimable, qu&rsquo;il &eacute;tait mort &agrave; Tunis en 1798. En fait, Ouziel Elha&iuml;k reproduit, dans son livre d&eacute;j&agrave; cit&eacute;, une haskama ou approbation rabbinique, de 1803, o&ugrave; figure son nom. Peut-&ecirc;tre l&rsquo;avait-il &eacute;crite avant 1798, mais Yossef Cohen-Tanugi, une voix autoris&eacute;e, signale dans son livre S&eacute;fer T&ocirc;ld&ocirc;t \u1e24akhm&eacute; T&ucirc;n&icirc;s, qu&rsquo;il mourut en 1817 &agrave; Tunis. C&rsquo;est &agrave; cette date qu&rsquo;Isaac Ta&iuml;eb, autre sommit&eacute;, lui succ&eacute;da &agrave; la t&ecirc;te du tribunal rabbinique et non en 1798. Ce fut Elie I qui introduisit &agrave; Tunis l&rsquo;usage de prononcer des pri&egrave;res &agrave; la m&eacute;moire des rabbins fameux (Gr&acirc;na ou Tw&acirc;nsa) de la cit&eacute;, &agrave; la veille du Yom Kipp&ucirc;r, selon un ordre g&eacute;n&eacute;ralement chronologique, le premier dans l&rsquo;ordre &eacute;tant Tsema\u1e25 Sarfati, d&eacute;cisionnaire c&eacute;l&egrave;bre. Les trois fils d&rsquo;Elie eurent &eacute;galement des carri&egrave;res rabbiniques et communautaires fort honorables enfin.<\/p>\n<p>\n\tMo&iuml;se, l&rsquo;a&icirc;n&eacute; probablement, naquit &agrave; Tunis vers 1780. Il mourut dans cette m&ecirc;me ville en 1850. Il portait le titre de Sar (&ldquo;prince&rdquo; ou &ldquo;gouverneur&rdquo; en h&eacute;breu). Sans doute &eacute;tait-il un ca&iuml;d-adjoint au chef de la communaut&eacute; (le ca&iuml;d, vraisemblablement Joseph Scemama vers 1830-40, Joseph Bella&iuml;che vers 1850), tr&eacute;sorier-ca&iuml;d au service du Beylik (l&rsquo;administration beylicale et l&rsquo;Etat beylical), et chef de la communaut&eacute; juive de Tunis cumulait deux fonctions. Il ne faut pas s&rsquo;&eacute;tonner de la multiplicit&eacute; des ca&iuml;ds. Lorsqu&rsquo;en 1773-74 le rabbin-&eacute;missaire de Hevron, le \u1e24ida, Ha&iuml;m Joseph David Azoulay, visita Tunis, il y&nbsp; trouva trois ca&iuml;ds, Josu&eacute; Cohen-Tanugi qui occupait la magistrature supr&ecirc;me, Abraham Sitbon et Salomon Nataf, qui l&rsquo;assistaient au service du tr&eacute;sor et de la communaut&eacute;, portant aussi le titre de ca&iuml;d.<\/p>\n<p>\n\tJoseph I, n&eacute; &agrave; Tunis en 1792, mort dans cette m&ecirc;me ville en 1857, philanthrope connu et directeur d&rsquo;une Yech&icirc;va, &eacute;crivit surtout un ouvrage totalement atypique sur lequel nous reviendrons. Il y associa son fr&egrave;re Mo&iuml;se.<\/p>\n<p>\n\tNathan II<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/Downloads\/La-Famille-BORGEL-de-Tunis.doc#_ftn2\" name=\"_ftnref2\" title=\"\">[2]<\/a>, n&eacute; &agrave; Tunis en 1784 et mort &agrave; Tunis en 1873, succ&eacute;da &agrave; la t&ecirc;te du tribunal rabbinique de Tunis &agrave; Samuel Sfez en 1867. En fait, de par son &acirc;ge et sa place au sein du tribunal, il aurait d&ucirc; succ&eacute;der &agrave; Josu&eacute; Bessis d&egrave;s 1860, puis &agrave; Abraham Cohen-Itshaqi, pr&eacute;sident de 1860 &agrave; 1864, puis &agrave; Samuel Sfez, pr&eacute;sident de 1864 &agrave; 1867, mais il s&rsquo;effa&ccedil;a, leur reconnaissant de vastes comp&eacute;tences.<\/p>\n<p>\n\tLa visite, en 1853, d&rsquo;un voyageur juif du nom de J.J. Benjamin II apporte une petite moisson de renseignements. On y apprend l&rsquo;existence d&rsquo;un Salomon Bursil (Borgel) administrateur de la communaut&eacute;, d&rsquo;un Nathan Bursil (Borgel) &ldquo;Grand rabbin&rdquo; de la ville de Sousse, d&rsquo;un Salomon Bursil (Borgel) &agrave; Tozeur, rabbin de la ville, peut-&ecirc;tre &eacute;tabli &agrave; titre transitoire. La chronique confirme donc la pr&eacute;sence d&rsquo;une branche de la famille Borgel &agrave; Sousse, pr&eacute;sence maintenue jusqu&rsquo;au XX&egrave;me si&egrave;cle, mais nous ignorons la date de son installation &agrave; partir de Tunis. Autre branche &eacute;tablie &agrave; Sk&icirc;kda, Alg&eacute;rie Orientale et &lsquo;Annaba (Alg&eacute;rie orientale &eacute;galement) et fond&eacute;e par un fr&egrave;re d&rsquo;Elie II (un des fils de Mo&iuml;se) &agrave; la veille du Protectorat fran&ccedil;ais sur la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\tMentionnons, avant le Protectorat fran&ccedil;ais en 1881, les noms de Juda Borgel de Tunis (fin des ann&eacute;es 1860), de Nathan Borgel de Sousse dit Nathan III (vers 1870), de David Borgel, milieu du XIX&egrave;me si&egrave;cle, auteur du Kiss&eacute; David (en h&eacute;breu la &ldquo;chaise de David&rdquo;) qui descendrait d&rsquo;un fr&egrave;re cadet d&rsquo;Elie I appel&eacute; Abraham Ha&iuml;m. Au d&eacute;but du Protectorat, retenons Abraham Borgel mort &agrave; Tunis vers 1894, &eacute;rudit et parent d&rsquo;Elie II, et Abraham Ha&iuml;m Borgel, peut-&ecirc;tre descendant de son homonyme des XVIII&egrave;me et XIX&egrave;me si&egrave;cles, et qui &eacute;crivit le Hoq&eacute; \u1e24a&iuml;m (en h&eacute;breu &ldquo;les lois de Ha&iuml;m&rdquo;). Nous avons soup&ccedil;on, mais sans certitude, qu&rsquo;Abraham et Abraham Ha&iuml;m ne formaient qu&rsquo;une seule et m&ecirc;me personne, descendant de David Borgel.<\/p>\n<p>\n\tLa p&eacute;riode du Protectorat fut avant tout, pour la famille et la communaut&eacute; juive, marqu&eacute;e par la forte personnalit&eacute; d&rsquo;Elie Hay Borgel II, fils de Mo&iuml;se, le fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; de Nathan II et de Joseph I, qui naquit probablement &agrave; Tunis au d&eacute;but du XIX&egrave;me si&egrave;cle, peut-&ecirc;tre autour de 1810, et mourut dans cette m&ecirc;me ville en d&eacute;cembre 1898. Il cumula trois titres, celui de Grand rabbin de Tunisie, celui de ca&iuml;d des Juifs, charg&eacute; d&rsquo;administrer la communaut&eacute; de Tunis, comme aux temps des Beys, et celui de \u1e24akham B&acirc;ch&icirc; (titre turc), Grand rabbin, titre fran&ccedil;ais du chef spirituel des Isra&eacute;lites, charg&eacute; &eacute;galement d&rsquo;administrer le culte<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/Downloads\/La-Famille-BORGEL-de-Tunis.doc#_ftn3\" name=\"_ftnref3\" title=\"\">[3]<\/a>. En novembre 1898, quelques semaines avant la mort d&rsquo;Elie Hay Borgel, on r&eacute;forma le tribunal rabbinique d&eacute;sormais pr&eacute;sid&eacute; de facto par le coadjuteur du Grand rabbin. Ca&iuml;d des Juifs, fonction tr&egrave;s ancienne, maintenue par le Protectorat mais, dans les faits, la suppression du poste de tr&eacute;sorier exerc&eacute; par le ca&iuml;d, charg&eacute;, en tant que tr&eacute;sorier, de percevoir la taxe de capitation pay&eacute;e par les Juifs de Tunis et de la verser aux autorit&eacute;s beylicales, faisait dispara&icirc;tre une des fonctions du ca&iuml;d. Aussi, apr&egrave;s la mort d&rsquo;Elie Hay Borgel, le poste disparut, les Juifs, en mati&egrave;re fiscale, &eacute;tant d&eacute;sormais dans le droit commun. Le titre de \u1e24akham B&acirc;ch&icirc;, enfin, &eacute;tait purement honorifique (il signifie en turc &ldquo;le savant supr&ecirc;me&rdquo;), et marquait l&rsquo;appartenance formelle de la R&eacute;gence de Tunis &agrave; l&rsquo;empire ottoman. Dans le Levant ottoman, en revanche, le \u1e24akham B&acirc;ch&icirc;, &eacute;tait devenu, au XIX&egrave;me si&egrave;cle, chef supr&ecirc;me des Juifs, comme le patriarche orthodoxe l&rsquo;&eacute;tait pour les Grecs, etc. Le cumul des postes de ca&iuml;d, de Grand rabbin, et de \u1e24akham B&acirc;ch&icirc; fut un ph&eacute;nom&egrave;ne exceptionnel et sans post&eacute;rit&eacute;. Notons enfin que le titre de \u1e24akham B&acirc;ch&icirc;, qui n&rsquo;avait plus aucune signification sous le Protectorat, disparut aussi &agrave; la mort du Grand Rabbin. Avec la mort d&rsquo;Elie II Borgel disparut donc un chevauchement historique et culturel typique de la p&eacute;riode transitoire des d&eacute;buts du Protectorat.<\/p>\n<p>\n\tElie Hay Borgel eut six enfants dont quatre gar&ccedil;ons. L&rsquo;a&icirc;n&eacute;, Abraham, fut chef de la comptabilit&eacute; indig&egrave;ne &agrave; la Recette g&eacute;n&eacute;rale des finances. Il fonda aussi une &nbsp;Yech&icirc;va &agrave; Tunis, assura l&rsquo;int&eacute;rim du Grand rabbinat &agrave; la mort de son p&egrave;re, fut pr&eacute;sident de la Caisse de bienfaisance isra&eacute;lite de Tunis en 1898-99, organisme charg&eacute; aussi d&rsquo;administrer le culte. Il fut &eacute;galement, en 1926, Grand rabbin de Tunis, titre purement honorifique. Il est &agrave; noter qu&rsquo;il r&eacute;pugna &agrave; se porter candidat au poste de Grand rabbin &agrave; la mort de son p&egrave;re car il s&rsquo;estimait handicap&eacute; par son ignorance du fran&ccedil;ais. Ce en quoi il avait tort, car tous les Grands rabbins qui se succ&eacute;d&egrave;rent jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays (mars 1956), voire au-del&agrave;, n&rsquo;&eacute;taient pas francophones. Il mourut &agrave; Tunis en 1928.<\/p>\n<p>\n\tDeux autres fils, Isaac et Salomon, n&rsquo;eurent que des filles et moururent jeunes, faisant tomber leurs familles &agrave; la charge du Grand rabbin Joseph II, enfin, notre grand-p&egrave;re, fut enseignant-rabbin. Il exer&ccedil;a en particulier dans la Yech&icirc;va dirig&eacute;e par son fr&egrave;re Abraham. Il eut aussi une activit&eacute; fournie dans le domaine des ch&eacute;&ecirc;lot &ucirc;t&eacute;ch&ucirc;v&ocirc;t (questions-r&eacute;ponses en h&eacute;breu), c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;il r&eacute;pondait &agrave; des questions d&rsquo;ordre juridique pos&eacute;es par d&rsquo;autres rabbins.<\/p>\n<p>\n\tLa g&eacute;n&eacute;ration suivante ne disparut pas de la sph&egrave;re publique, loin de l&agrave;. Mo&iuml;se en particulier, fils d&rsquo;Abraham, fut pr&eacute;sident du Conseil de la communaut&eacute; isra&eacute;lite de Tunis avant 1940. Il occupa surtout ce m&ecirc;me poste durant la seconde guerre mondiale, fonction particuli&egrave;rement expos&eacute;e durant l&rsquo;occupation allemande, de novembre 1942 &agrave; mai 1943, et qu&rsquo;il assuma courageusement. Mo&iuml;se, comme son p&egrave;re, fut un haut fonctionnaire (chef de service &agrave; la Tr&eacute;sorerie g&eacute;n&eacute;rale). Il eut deux fr&egrave;res dont nous parlerons plus loin.<\/p>\n<p>\n\tElie, fils a&icirc;n&eacute; de Joseph II, n&eacute; en 1890 &agrave; Tunis, mourut &agrave; Alexandrie (Egypte) en 1940, et dirigea une agence bancaire dans cette ville&nbsp;; L&eacute;on, n&eacute; toujours &agrave; Tunis, en 1894, mort dans cette ville en 1963, occupa de 1940 au d&eacute;but des ann&eacute;es 1950, un poste de Conseiller municipal du village-banlieue d&rsquo;El Ariana pr&egrave;s de Tunis&nbsp;; Etienne-Nathan, enfin, eut une nombreuse famille qui vit actuellement en Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAU &ndash;DELA DE LA GENEALOGIE, LES HOMMES DANS LEUR TEMPS<\/p>\n<p>\n\tD&egrave;s le d&eacute;but du XVII&egrave;me si&egrave;cle Livourne inonda Tunis de livres h&eacute;bra&iuml;ques contribuant &agrave; la hausse g&eacute;n&eacute;rale du niveau des &eacute;tudes talmudiques et autres. Au milieu du si&egrave;cle, ou peut-&ecirc;tre un peu avant, des rabbins talentueux vivaient sans doute dans la cit&eacute;, mais c&rsquo;est &agrave; la fin du XVII&egrave;me si&egrave;cle et aux XVIII&egrave;me et XIX&egrave;me si&egrave;cles que se situa la v&eacute;ritable renaissance.<\/p>\n<p>\n\tOutre les noms d&eacute;j&agrave; cit&eacute;s dans le fil de notre r&eacute;cit, il faut noter Abraham Cohen dit B&acirc;b&acirc; rebb&icirc; (en arabe &ldquo;notre p&egrave;re le rabbin&rdquo;), mort &agrave; Tunis en 1715, et Tsema\u1e25 Sarfati, venu de Fez ou de Damas. C&rsquo;est lui qui codifia &agrave; Tunis en 1705 le droit de \u1e24azaqa (&ldquo;possession&rdquo; en h&eacute;breu) qui interdisait &agrave; un Juif de surench&eacute;rir sur un loyer pay&eacute; par un coreligonnaire pour l&rsquo;&eacute;vincer. Il mourut en 1715 &agrave; J&eacute;rusalem. Mais, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ces pr&eacute;curseurs, notons les noms de Neheoray Jarmon, originaire de Tripoli (de Barbarie), mort &agrave; Tunis en 1760, Joseph Cohen-Tanugi qui vivait &agrave; Tunis autour de 1700, Mo&iuml;se Darmon (XVIII&egrave;me si&egrave;cle) et Mordekhay Barukh Carvalho ((XVIII&egrave;me si&egrave;cle), l&rsquo;un et l&rsquo;autre Livournais, tout comme Isaac Bonan, auteur f&eacute;cond, Abraham Cohen-Itshaqi, mort &agrave; Tunis en 1864, &eacute;rudit et auteur prolixe, et bien d&rsquo;autres encore.<\/p>\n<p>\n\tLes &eacute;tudes dans la capitale tunisienne rev&ecirc;tirent un certain nombre de sp&eacute;cificit&eacute;s dont nous donnons ici un r&eacute;sum&eacute; tr&egrave;s cursif. Premier point, l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t tout particulier port&eacute; aux &eacute;tudes talmudiques, avec un souci du droit pratique indispensable aux rabbins-juges. Second point, la place relativement modeste r&eacute;serv&eacute;e aux &eacute;tudes bibliques. Troisi&egrave;me point, l&rsquo;&eacute;tude des T&ocirc;ssaf&ocirc;t (&ldquo;gloses&rdquo; ou &ldquo;ajouts&rdquo; en h&eacute;breu), commentaires post-talmudiques tardifs, initi&eacute;s par le rabbin Rachi de Troyes en Champagne (1040-1105) et ses disciples. Contrairement &agrave; d&rsquo;autres villes du Maghreb, la kabbale, sans &ecirc;tre en rien ignor&eacute;e, n&rsquo;occupait pas une place centrale. Le pilp&ucirc;l (&ldquo;grain de poivre&rdquo; en h&eacute;breu), tr&egrave;s en honneur en Europe orientale, &eacute;tait ignor&eacute;. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un exercice stimulant et artificiel consistant &agrave; soutenir avec vigueur deux th&egrave;ses radicalement oppos&eacute;es. Surtout, l&rsquo;approche m&eacute;thodologique des textes avait son originalit&eacute; dite &lsquo;iy&ucirc;n T&ucirc;nis (&ldquo;&eacute;tude&rdquo; de Tunis ou &ldquo;r&eacute;flexion&rdquo; de Tunis en h&eacute;breu).<\/p>\n<p>\n\tDans le cadre de cette renaissance des &eacute;tudes, sans &ecirc;tre monopolistique, le r&ocirc;le de la famille Borgel fut, nous venons de le voir, fondamental. En dehors de cette facture classique, l&rsquo;&oelig;uvre de Joseph I tranche quelque peu. Il publia certes un trait&eacute; traditionnel intitul&eacute; Zera&rsquo; d&eacute;yossef (en aram&eacute;en la &ldquo;semence de Joseph&rdquo;), mais comme Josu&eacute; Bessis plus tardivement, il para&icirc;t s&rsquo;&ecirc;tre int&eacute;ress&eacute; &agrave; la kabbale. Un autre ouvrage, Vay&eacute;qar Yossef (en h&eacute;breu &ldquo;et Joseph rendit hommage&rdquo;&nbsp;?), loin de la vie quotidienne du XIX&egrave;me si&egrave;cle, se penche sur les droits et devoirs des Cohen et des L&eacute;vy aux temps bibliques, sur le service du Temple et sur les sacrifices.<\/p>\n<p>\n\tFinalement, la figure de proue de la famille en mati&egrave;re de production litt&eacute;raire para&icirc;t bien &ecirc;tre l&rsquo;anc&ecirc;tre du XVIII&egrave;me si&egrave;cle, Nathan I. Il est possible, cependant, que ses descendants aient &eacute;crit des ouvrages jamais publi&eacute;s. Expliquons-nous. &Agrave; partir de 1759, les rabbins de Tunis r&eacute;ussirent, avec beaucoup de difficult&eacute;s, surtout financi&egrave;res, &agrave; faire publier leurs ouvrages. De cette date &agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle, cent livres furent imprim&eacute;s presque tous &agrave; Livourne, mais une centaine de manuscrits existent aujourd&rsquo;hui de par le vaste monde. Peut-&ecirc;tre parmi eux compte-t-on des textes de Nathan II, d&rsquo;Elie II, d&rsquo;Abraham (XX&egrave;me si&egrave;cle) et de son fr&egrave;re Joseph II. Notons enfin le r&ocirc;le probable de tous ces savants dans la chronique historique orale. Notre m&egrave;re (Aziza, Alice), fille de Joseph II, se faisait l&rsquo;&eacute;cho d&rsquo;une tradition familiale issue de Nathan I et d&rsquo;Elie I, selon laquelle la grande synagogue de la \u1e24&acirc;rade Tunis aurait &eacute;t&eacute; construite avant le temps des Beys (XVII&egrave;me si&egrave;cle). Or, un article r&eacute;cent de notre ami Avraham Attal prouve que ce temple daterait de l&rsquo;ann&eacute;e 5125 du calendrier h&eacute;bra&iuml;que, soit l&rsquo;an 1365 du calendrier gr&eacute;gorien, bien avant la pr&eacute;sence ottomane.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;entr&eacute;e en modernit&eacute; avec l&rsquo;instauration du Protectorat ou un peu avant, transforma profond&eacute;ment la vie et les activit&eacute;s de la famille sans les bouleverser de fond en comble.<\/p>\n<p>\n\tLes autorit&eacute;s, d&eacute;sireuses d&rsquo;affaiblir l&rsquo;influence transalpine en Tunisie, dont la communaut&eacute; des Gr&acirc;na &eacute;tait un des fleurons, ne remplac&egrave;rent pas le Grand rabbin livournais, Abraham Tapia, &agrave; sa mort en 1894. Les Livournais pass&egrave;rent alors sous l&rsquo;autorit&eacute; du Grand rabbin autochtone. On supprima aussi le tribunal rabbinique livournais int&eacute;gr&eacute; &agrave; celui des indig&egrave;nes sous forme officielle de fusion. En 1888 on proclama enfin la fusion des deux communaut&eacute;s. Mais les Livournais s&rsquo;arcbout&egrave;rent et les dirigeants de Tw&acirc;nsa tol&eacute;r&egrave;rent l&rsquo;existence d&rsquo;une section &ldquo;portugaise&rdquo; disposant de 15 % des recettes communautaires. Arriv&eacute; au poste de ca&iuml;d, le Grand rabbin Elie Hay tenta, sans succ&egrave;s, de fusionner les deux entit&eacute;s. Et curieusement, alors que sa position allait dans le sens des int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais, les autorit&eacute;s n&rsquo;exerc&egrave;rent aucune pression sur les Livournais (sur ce th&egrave;me voir notre ouvrage Soci&eacute;t&eacute;s juives du Maghreb moderne, pp. 57-58). Bien que leurs rabbins s&rsquo;entendissent fort bien, les deux communaut&eacute;s entretenaient souvent des rapports tendus. Il n&rsquo;y avait donc dans ce conflit apparemment rien de nouveau. En fait, des innovations se faisaient jour, &agrave; savoir l&rsquo;intervention d&rsquo;autorit&eacute;s non juives dans la querelle et la volont&eacute; jacobine, encore que partielle, de ces autorit&eacute;s, le tout dans un contexte de rivalit&eacute;s coloniales.<\/p>\n<p>\n\tAutre innovation, la p&eacute;n&eacute;tration, encore que tr&egrave;s modeste, au sein de l&rsquo;administration. Dans l&rsquo;ensemble, et c&rsquo;est peut-&ecirc;tre le ph&eacute;nom&egrave;ne majeur, les clercs de la famille la&iuml;cis&egrave;rent leurs activit&eacute;s intellectuelles en conservant par ailleurs des postes de responsables communautaires.<\/p>\n<p>\n\tDeux cas sont significatifs, celui de Jacob-Jacques Borgel, fr&egrave;re de Mo&iuml;se (le petit-fils d&rsquo;Elie II), qui tr&egrave;s t&ocirc;t s&rsquo;expatria en France et y demeura, et celui d&rsquo;Elie, un autre fr&egrave;re, qui lui aussi, avant 1914-18, s&rsquo;expatria (Am&eacute;rique latine et France)&nbsp;; f&eacute;ru de math&eacute;matiques, centralien, chercheur, il fut techniquement &agrave; l&rsquo;origine de la construction de l&rsquo;hippodrome d&rsquo;Auteuil et &agrave; Tunis du palais consulaire, vaste b&acirc;timent situ&eacute; en plein c&oelig;ur de la vile. Outre la nouveaut&eacute; des activit&eacute;s, notons aussi l&rsquo;&eacute;largissement des horizons g&eacute;ographiques.<\/p>\n<p>\n\tDans le cadre de ces assauts modernistes, enfin, notons encore qu&rsquo;en 1878, lorsque l&rsquo;Alliance Isra&eacute;lite Universelle fonda son &eacute;cole de Tunis, les deux communaut&eacute;s de la ville, celle des Tw&acirc;nsa et celle de Gr&acirc;na lui conc&eacute;d&egrave;rent une partie des recettes communautaires, conscients qu&rsquo;ils &eacute;taient qu&rsquo;un enseignement moderne &eacute;tait une n&eacute;cessit&eacute;. Au sein des signataires Tw&acirc;nsa figurait le pr&eacute;sident du tribunal rabbinique, Abraham Haggege, mais aussi Elie Borgel II. Il n&rsquo;est pas interdit de penser que l&rsquo;approche relativement rationaliste des rabbins, avant m&ecirc;me le XIX&egrave;me si&egrave;cle, ait facilit&eacute; une certaine r&eacute;ceptivit&eacute; &agrave; la modernit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tDans la galaxie des familles patriciennes (Tw&acirc;nsa) de la cit&eacute;, largement inscrites dans la dur&eacute;e, celle des Borgel occupe une place importante avec &eacute;galement certains caract&egrave;res particuliers. Tr&egrave;s grossi&egrave;rement, ces familles &eacute;taient au nombre de huit&nbsp;: Les Attal (XVIII&egrave;me-XIX&egrave;me si&egrave;cles) uniquement li&eacute;s au monde des affaires, tout comme les Cohen-Boulakia, originaires du Levant ottoman, et peut-&ecirc;tre venus &agrave; Tunis au XVIII&egrave;me si&egrave;cle&nbsp;; notons aussi les Cohen-Solal (originaires d&rsquo;Alg&eacute;rie&nbsp;?), et plus anciennement encore, des Bal&eacute;ares. Ils fournirent des ca&iuml;ds et des responsables communautaires aux XIX&egrave;me et XX&egrave;me si&egrave;cles. Cinq familles surtout jou&egrave;rent un r&ocirc;le cl&eacute; au sein des instances communautaires, voire dans la vie du pays.<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;abord celle des Cohen-Tanugi dont la fortune para&icirc;t bien dater du XVI&egrave;me si&egrave;cle, qui compte des ca&iuml;ds, des responsables communautaires, des lettr&eacute;s et des hommes d&rsquo;affaires. En second lieu, celle des Scemama qui fournirent, surtout au XIX&egrave;me si&egrave;cle, des tr&eacute;soriers-ca&iuml;ds au Beylik, mais dont la fortune et le prestige dataient sans doute de la fin du XVIII&egrave;me si&egrave;cle. En troisi&egrave;me lieu celle des Nataf (ca&iuml;ds et responsables communautaires au XVIII&egrave;me et au XIX&egrave;me si&egrave;cles. En quatri&egrave;me lieu, celle des Bessis, &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence plus tardive (XIX&egrave;me si&egrave;cle) &agrave; l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique soutenue et qui, au XX&egrave;me si&egrave;cle, prit des responsabilit&eacute;s au sein de la communaut&eacute;. Les Borgel de leur c&ocirc;t&eacute;, nous l&rsquo;avons vu, furent essentiellement des lettr&eacute;s et des chefs de communaut&eacute;. Ils paraissent bien s&rsquo;&ecirc;tre relativement appauvris d&egrave;s le XIX&egrave;me si&egrave;cle, sans abandonner leurs responsabilit&eacute;s, appauvrissement sans doute li&eacute; &agrave; l&rsquo;abandon presque total de lucratives activit&eacute;s commerciales et financi&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\tPour la petite histoire, notons aux XIX&egrave;me et XX&egrave;me si&egrave;cles la multiplicit&eacute; des mariages entre les Nataf et les Borgel. Le Grand rabbin Elie II &eacute;pousa Miryam Nataf, ses deux filles furent unies &agrave; des Nataf. Deux des s&oelig;urs de Mo&iuml;se Borgel (le petit-fils d&rsquo;Elie II) &eacute;pous&egrave;rent elles aussi des Nataf. Le fils de l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, Maya, Elie Nataf, fut une personnalit&eacute; marquante de la communaut&eacute;. Pr&eacute;sident du Conseil de la communaut&eacute; isra&eacute;lite de Tunis en 1934-38 et en 1947-51. Il fut aussi b&acirc;tonnier de l&rsquo;ordre des avocats de novembre 1938 &agrave; 1945, sauf durant le statut des Juifs (novembre 1940-mai 1943). Il occupa enfin le poste de pr&eacute;sident de l&rsquo;ORT-Tunisie dans les ann&eacute;es 1950. L&rsquo;ORT (Organisation, Reconstruction, Travail) mit &agrave; la disposition des Juifs de Tunis et du reste du pays un r&eacute;seau d&rsquo;&eacute;coles professionnelles de 1950 &agrave; 1974. Finalement, ce rapprochement avec les Nataf fut, semble-t-il, plus li&eacute; &agrave; une proximit&eacute; psychologique qu&rsquo;&agrave; des raisons &eacute;troitement &eacute;conomiques.<\/p>\n<p>\n\tLe dernier, mais pas forc&eacute;ment le moindre, une autre s&oelig;ur de Mo&iuml;se Borgel (petit-fils d&rsquo;Elie II) fut unie &agrave; Lucien Bonan, un Livournais, B&acirc;tonnier de l&rsquo;Ordre des avocats de 1954 &agrave; 1956, pr&eacute;sident de l&rsquo;UST, Union sportive tunisienne, une &eacute;quipe de football juive qui, entre les deux guerres, multiplia les succ&egrave;s. Cette union avec un Livournais n&rsquo;&eacute;tait pas un ph&eacute;nom&egrave;ne anodin. Les unions, en effet, entre membres des deux entit&eacute;s furent rares jusqu&rsquo;&agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s 1910-14 qu&rsquo;elles se multipli&egrave;rent. En la mati&egrave;re, la famille Borgel colle donc &agrave; la tendance de fond.<\/p>\n<p>\n\t*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; *<\/p>\n<p>\n\t*<\/p>\n<p>\n\t&Agrave; la t&ecirc;te des communaut&eacute;s et des tribunaux rabbiniques, durant de longues g&eacute;n&eacute;rations, comme d&rsquo;autres familles patriciennes de Tunis ou d&rsquo;ailleurs (par exemple Mekn&egrave;s au Maroc), les Borgel furent incontestablement un paradigme en mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;volution socio-historique impliqu&eacute;s qu&rsquo;ils &eacute;taient dans la trame &eacute;v&eacute;nementielle.<\/p>\n<p>\n\tPour conclure, signalons que parfois, curieusement, la famille Borgel est pr&eacute;sent&eacute;e, contre toute &eacute;vidence, comme appartenant &agrave; la communaut&eacute; livournaise. Peut-&ecirc;tre le long s&eacute;jour de l&rsquo;anc&ecirc;tre de la famille, Abraham, dans le port toscan, explique-t-il l&rsquo;erreur sans la justifier.<\/p>\n<p>\n\t*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; *<\/p>\n<p>\n\t*<\/p>\n<p>\n\tBIBLIOGRAPHIE<\/p>\n<p>\n\tArditti Rodolphe, Les &eacute;pitaphes rabbiniques de l&rsquo;ancien cimeti&egrave;re isra&eacute;lite de Tunis, Revue tunisienne, 1931-32.<\/p>\n<p>\n\tAttal Avraham, Bat&egrave; ken&eacute;siy&ocirc;tbet&ucirc;nis bechana 1956 (en h&eacute;breu), Les synagogues de Tunis dans l&rsquo;ann&eacute;e 1956, in Tarch&icirc;ch (Carthage en h&eacute;breu), direction Ephra&iuml;m Hazan, Ha&iuml;m Saadoun, Ramat Gan (Isra&euml;l), Universit&eacute; Bar Ilan 2007 (&nbsp;?).<\/p>\n<p>\n\tAvraham Itshaq, Qehilat Portuguesim bet&ucirc;nis upinqasah (en h&eacute;breu), La communaut&eacute; portugaise de Tunis et son m&eacute;morial, Ramat Gan (Isra&euml;l), Universit&eacute; Bar Ilan, 1982, Tome I.<\/p>\n<p>\n\tBoulu Gilles, Recherches sur les Scemama ou Samama de Tunis, Paris, 2001.<\/p>\n<p>\n\tCaz&egrave;s David, Notes bibliographiques sur la litt&eacute;rature juive tunisienne, Tunis, Imprimerie internationale, 1893.<\/p>\n<p>\n\tCohen Benjamin-Rapha&euml;l, Malkh&eacute; Tarch&icirc;ch (en h&eacute;breu), Les rois de Carthage, N&eacute;tivot, Isra&euml;l, pas de mention d&rsquo;&eacute;diteur, 1984 ou 1985 du calendrier gr&eacute;gorien.<\/p>\n<p>\n\tCohen-Tannoudji Denis, Les enfants d&rsquo;Yishma&euml;l, itin&eacute;raires s&eacute;pharades maghr&eacute;bins du Moyen-&Acirc;ge &agrave; nos jours, Paris, Herman, 2010.<\/p>\n<p>\n\tCohen-Tanuji Yossef, Sefer Toldot hakhm&eacute; T&ucirc;n&icirc;s (en h&eacute;breu), Livre de l&rsquo;histoire des savants de Tunis, Bne Brak (Isra&euml;l), Makhon harav Masliah, &nbsp;1988 (2&egrave;me &eacute;dition).<\/p>\n<p>\n\tSaadoun Ha&iuml;m (direction), T&ucirc;n&icirc;sya (en h&eacute;breu), Tunisie, Tel Aviv, Ben Zvi Institute, 2005.<\/p>\n<p>\n\tSebag Paul, Les Juifs de Tunisie au XIX&egrave;me si&egrave;cle d&rsquo;apr&egrave;s J.J. Benjamin II, Cahiers de Tunisie, n&deg;&nbsp;28, 4&egrave;me trimestre 1959.<\/p>\n<p>\n\tTa&iuml;eb Jacques, Soci&eacute;t&eacute;s juives du Maghreb moderne (1500-1900), un monde en mouvement, Paris, Maisonneuve et Larose, 2000.<\/p>\n<div>\n\t<br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/Downloads\/La-Famille-BORGEL-de-Tunis.doc#_ftnref1\" name=\"_ftn1\" title=\"\">[1]<\/a>La vox populi attribua &agrave; Nathan Borgel I un surnom, curieusement celui de son livre, agr&eacute;ment&eacute; parfois d&rsquo;une variante arabe, haqq Nathan, avec le sens, dans les deux cas, de &ldquo;Nathan le juste&rdquo;, construction grammaticalement incorrecte, dans les deux langues, empressons-nous d&rsquo;ajouter.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/Downloads\/La-Famille-BORGEL-de-Tunis.doc#_ftnref2\" name=\"_ftn2\" title=\"\">[2]<\/a>C&rsquo;est &agrave; tort que l&rsquo;article de Rodolphe Arditti (voir bibliographie) le pr&eacute;sente comme l&rsquo;arri&egrave;re petit-neveu de Nathan I-<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/Downloads\/La-Famille-BORGEL-de-Tunis.doc#_ftnref3\" name=\"_ftn3\" title=\"\">[3]<\/a>Sous le Protectorat fran&ccedil;ais, les actes officiels en arabe d&eacute;signaient le Grand rabbin par l&rsquo;expression Ra&iuml;s el a\u1e25b&acirc;r, mot &agrave; mot le &ldquo;chef des savants&rdquo;. Peut-&ecirc;tre, mais nous ne jurons de rien, le terme &eacute;tait-il d&eacute;j&agrave; employ&eacute; pour nommer le pr&eacute;sident du tribunal rabbinique de Tunis avant la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; LA FAMILLE BORGEL DE TUNIS, par&nbsp;Jacques Ta&iuml;eb &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17749,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[192,485,10,18,180,28,96,9,1],"tags":[],"class_list":["post-6113","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-avant","category-claude-nataf","category-france","category-histoire","category-levant","category-maroc","category-salomon","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6113"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6113\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17749"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}