{"id":6285,"date":"2013-03-05T02:16:05","date_gmt":"2013-03-05T02:16:05","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6285"},"modified":"2013-03-05T02:29:36","modified_gmt":"2013-03-05T02:29:36","slug":"le-siecle-de-chagall","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-siecle-de-chagall\/","title":{"rendered":"Le si\u00e8cle de Chagall"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe si&egrave;cle de Chagall<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl a travers&eacute; une r&eacute;volution et deux guerres mondiales, le temps de presque un si&egrave;cle. Chagall, &laquo; r&ecirc;veur conscient &raquo;, &eacute;tait aussi un t&eacute;moin de son &eacute;poque.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe si&egrave;cle de Chagall<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl a travers&eacute; une r&eacute;volution et deux guerres mondiales, le temps de presque un si&egrave;cle. Chagall, &laquo; r&ecirc;veur conscient &raquo;, &eacute;tait aussi un t&eacute;moin de son &eacute;poque.<\/p>\n<p>\n\tNew York, 1943. Marc Chagall a quitt&eacute; la France, o&ugrave; la fameuse botte nazie &eacute;crase tout, les libert&eacute;s et les hommes. Dans son exil am&eacute;ricain, le peintre &eacute;coute la rumeur, laisse monter en lui les images des exodes et des massacres, ceux qui balafrent l&rsquo;Europe bien s&ucirc;r, mais aussi tous les autres, depuis que le monde est monde. Y compris ceux qui ont marqu&eacute; la longue histoire du peuple juif. Alors il peint. Sur la toile, le ciel gronde dans un fondu de bleu et de jaune. Au premier plan, un chariot attel&eacute; d&eacute;verse un flot rouge sang, le cheval se cabre. Prot&eacute;geant son enfant, une m&egrave;re &agrave; la chevelure enflamm&eacute;e fuit sur un tra&icirc;neau envol&eacute;. Ailleurs, c&rsquo;est la silhouette d&rsquo;un vagabond qui sort du cadre, repr&eacute;sentation probable du juif errant, son baluchon sur l&rsquo;&eacute;paule. Peut-&ecirc;tre Chagall lui-m&ecirc;me. La d&eacute;solation r&egrave;gne dans les rues d&rsquo;un village qui ressemble au Vitebsk de l&rsquo;enfance. Le tableau s&rsquo;intitulera La Guerre.<\/p>\n<p>\n\t&laquo; L&rsquo;exposition entend montrer comment les &eacute;v&eacute;nements historiques se refl&egrave;tent dans le travail de Chagall. Le modernisme a voulu &eacute;vacuer la subjectivit&eacute;, mais lui t&eacute;moigne. &raquo; Commissaire de l&rsquo;exposition qui ouvre ses portes au mus&eacute;e du Luxembourg, Julia Garimorth-Foray donne la cl&eacute; d&rsquo;un rendez-vous majeur de ce d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e. Disparu en 1985, le peintre a manqu&eacute; de peu la timbale. Deux ans de plus, et il franchissait le cap du si&egrave;cle, en v&eacute;n&eacute;rable centenaire aur&eacute;ol&eacute; de gloire. Durant tout ce temps, l&rsquo;Europe n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; avare de tumultes. Une r&eacute;volution russe, deux guerres mondiales. Autant de d&eacute;flagrations qui ont &eacute;branl&eacute; l&rsquo;Europe, secou&eacute; la vie de Chagall.<\/p>\n<p>\n\tIl est en Russie quand &eacute;clate la Premi&egrave;re Guerre mondiale. C&rsquo;est de l&rsquo;int&eacute;rieur qu&rsquo;il vit ensuite le grand chambardement de 1917. Plus tard, il est &agrave; Paris quand montent la grande vague antis&eacute;mite et les sales lois qui l&rsquo;accompagnent. Il d&eacute;cide alors de franchir pr&eacute;cipitamment l&rsquo;Atlantique. Sans avoir &eacute;t&eacute; confront&eacute; physiquement aux &eacute;v&eacute;nements, Chagall les a regard&eacute;s, ressentis au plus profond de son &ecirc;tre et de son inspiration. La centaine d&rsquo;&oelig;uvres, pr&eacute;sent&eacute;es &agrave; Paris, de ce Chagall &quot;entre guerre et paix&quot; vibre au diapason du si&egrave;cle, au diapason aussi des &eacute;preuves intimes, des deuils qui l&rsquo;ont affect&eacute;. Le cheminement sera chronologique, avec des haltes &agrave; chaque &eacute;tape marquante.<\/p>\n<p>\n\tLe premier s&eacute;jour de Chagall en France aurait pu &ecirc;tre le bon. Les d&eacute;s de l&rsquo;Histoire vont en d&eacute;cider autrement. Il a d&eacute;j&agrave; fait ses gammes dans sa ville de Vitebsk quand il arrive &agrave; Paris. Nous sommes en 1911, trois ans plus tard il se montre au Salon des Ind&eacute;pendants, avant de vite foncer vers Berlin o&ugrave; a lieu sa premi&egrave;re exposition personnelle. L&rsquo;occasion est belle d&rsquo;effectuer alors un crochet par Vitebsk o&ugrave; l&rsquo;impatience de sa fianc&eacute;e Bella va croissant. &laquo; Je suis entr&eacute; dans une maison nouvelle, j&rsquo;en suis ins&eacute;para ble &raquo;, dit-il en parlant d&rsquo;elle. Et c&rsquo;est la d&eacute;claration de guerre. Voici Chagall bloqu&eacute; en Russie, il y restera huit ans, et sa production d&lsquo;alors, m&eacute;connue, est bien int&eacute;ressante. Il se marie en 1915, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;il est mobilis&eacute;. Le voici &quot;planqu&eacute;&quot; dans l&rsquo;intendance, &agrave; Saint-P&eacute;tersbourg. D&rsquo;une certaine mani&egrave;re, il va d&egrave;s lors raconter. La vie de garnison ( Le Salut ), les soldats bless&eacute;s qui errent dans rues, les civils d&eacute;sorient&eacute;s fuyant les combats. Il rapporte l&agrave;, presque &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;un chroniqueur, &laquo; l&rsquo;odeur du front, l&rsquo;haleine forte du tabac, les puces &raquo;.<\/p>\n<p>\n\tEn m&ecirc;me temps, Chagall fixe son vocabulaire, cette s&eacute;rie d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments symboliques qui peupleront d&eacute;sormais ses toiles : couple de mari&eacute;s, repr&eacute;sentations animales &ndash; &acirc;ne, coq ou ch&egrave;vre &ndash; ou ce Luftmensch , cet &quot;homme de l&rsquo;air&quot; d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute;, qui plane Au-dessus de Vitebsk. Aux cimaises du Luxembourg, la toile impr&eacute;gn&eacute;e de cubisme n&rsquo;en finit plus de s&eacute;duire.<\/p>\n<p>\n\tEt l&rsquo;exposition va, rythm&eacute;e par les &eacute;v&eacute;nements. &Agrave; New York, pendant que la guerre fait rage, Chagall peint des Crucifixions , poursuit l&rsquo;extraordinaire triptyque R&eacute;sistance , R&eacute;surrection , Lib&eacute;ration &ndash; ce dernier panneau contenant tout l&rsquo;espoir du peintre. Le s&eacute;jour am&eacute;ricain correspond aussi &agrave; la disparition de Bella, emport&eacute;e par la maladie en 1944. Chagall s&rsquo;arr&ecirc;te de peindre durant une ann&eacute;e enti&egrave;re, avant de retrouver le go&ucirc;t des couleurs et de rendre hommage &agrave; sa muse ( Le cheval rouge , A ma femme ). Le retour en France, en 1948, marque le temps de la grande s&eacute;r&eacute;nit&eacute; et des imposantes s&eacute;ries. Le peintre chante les monuments de Paris, puis, &eacute;bloui par la lumi&egrave;re du Midi, se laisse aller &agrave; des &oelig;uvres enivr&eacute;es. Toute la po&eacute;sie fluide et tourbillonnante de Chagall explose dans La Danse , par exemple. Chagall &eacute;tonnant magicien, homme de tout un si&egrave;cle, et qui disait de lui : &laquo; Ne m&rsquo;appelez pas fantasque ! Au contraire, je suis r&eacute;aliste, j&rsquo;aime la terre &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMichel GENSON<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le si&egrave;cle de Chagall &nbsp; &nbsp; Il a travers&eacute; une r&eacute;volution et deux guerres mondiales, le temps de presque un si&egrave;cle. 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