{"id":6289,"date":"2016-02-08T00:43:30","date_gmt":"2016-02-08T00:43:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6289"},"modified":"2016-02-07T22:13:50","modified_gmt":"2016-02-07T22:13:50","slug":"le-malouf-ou-la-musique-arabo-andalouse-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-malouf-ou-la-musique-arabo-andalouse-en-tunisie\/","title":{"rendered":"Le Malouf ou la musique Arabo-Andalouse en Tunisie"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Malouf ou la musique Arabo-Andalouse en Tunisie<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"bodyContent\">\n<div id=\"contentSub\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\tExpression majeure de la musique classique tunisienne, le Malouf pr&eacute;serve le raffinement d&#39;un h&eacute;ritage pluri-s&eacute;culaire qui s&#39;est forg&eacute; au carrefour des traditions andalouse et ottomane.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Malouf ou la musique Arabo-Andalouse en Tunisie<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"bodyContent\">\n<div id=\"contentSub\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\tExpression majeure de la musique classique tunisienne, le Malouf pr&eacute;serve le raffinement d&#39;un h&eacute;ritage pluri-s&eacute;culaire qui s&#39;est forg&eacute; au carrefour des traditions andalouse et ottomane.<\/p>\n<p>\n\t\tGenre lyrique d&#39;origine andalouse propre &agrave; certaines r&eacute;gions d&#39;Afrique du Nord, le malouf tente, en Tunisie, de r&eacute;sister tant bien que mal &agrave; la chanson arabe moderne, notamment &agrave; la d&eacute;ferlante moyen-orientale. Le malouf en Tunisie, n&eacute; au 13&egrave;me si&egrave;cle, co&iuml;ncidant avec l&#39;&egrave;re hafside, s&#39;est d&eacute;velopp&eacute; au 15&egrave;me si&egrave;cle avec la chute de Grenade et l&#39;arriv&eacute;e de dizaines de milliers de migrants fuyant la pers&eacute;cution en Andalousie. Ils allaient trouver refuge au Maghreb et y influencer un riche patrimoine, po&eacute;tique et lyrique d&eacute;j&agrave; existant et dont Ziriab, de retour du Machrek, avait institu&eacute; les bases d&egrave;s le 8&egrave;me si&egrave;cle.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;histoire du malouf tunisien se r&eacute;sume comme &eacute;tant un patrimoine musical classique qui s&#39;&eacute;tait d&eacute;velopp&eacute; dans les villes &agrave; forte concentration d&#39;immigrants andalous, &agrave; l&#39;instar de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.wikitunisie.org\/wiki\/Testour\" title=\"Testour\">Testour<\/a>,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.wikitunisie.org\/wiki\/Portail:Tunis\" title=\"Tunis\">Tunis<\/a>,&nbsp;Soleimane,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.wikitunisie.org\/wiki\/Portail:Bizerte\" title=\"Bizerte\">Bizerte<\/a>,<a href=\"http:\/\/www.wikitunisie.org\/wiki\/Portail:Kef\" title=\"Kef\">El Kef<\/a>&nbsp;et&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.wikitunisie.org\/wiki\/Portail:Kairouan\" title=\"Kairouan\">Kairouan<\/a>. Constituant un &laquo;bouillon de cultures&raquo; arabe, turque et andalouse, il se pr&eacute;sente sous deux formes distinctes&nbsp;: &laquo;al djed&raquo; (de connotation spirituelle, soufie et religieuse) et &laquo;al hezl&raquo; (de connotation existentielle), et se structure en 13 noubas (genres constituant le corpus principal).<\/p>\n<p>\n\t\tCes noubas &eacute;taient interpr&eacute;t&eacute;es en Tunisie en 13 maqqam (composition musicale) d&eacute;sign&eacute;s ainsi par cheikh Mohamed Dhrif (mort en 1374)&nbsp;: al rehaoui, al dill, al reml, al asbahan, al sikka, al mehaier, al mezmoum, al arak, al h&#39;ssein, al noua, rasset al dill, al meya et al asba&iuml;ne.<\/p>\n<p>\n\t\tLes origines du malouf (au vu de la similitude d&#39;une bonne partie des textes et de l&#39;architecture de la quasi-totalit&eacute; des noubas) sont les m&ecirc;mes, que ce soit en Alg&eacute;rie, o&ugrave; il s&#39;est fortement ancr&eacute; dans le Constantinois, &agrave; un degr&eacute; relativement moindre en Tunisie, ou beaucoup plus tard en Libye.<\/p>\n<p>\n\t\tElles remontent &agrave; la p&eacute;riode andalouse qui a aussi influenc&eacute; d&#39;autres courants et &eacute;coles de musique arabe classique, connus dans le Centre alg&eacute;rien du nom de sanaa ou dans l&#39;Ouest de celui d&#39;al ghernata. Chaque pays lui a, alors, apport&eacute; une touche sp&eacute;cifique et un cachet distinctif dans le mode d&#39;interpr&eacute;tation.<\/p>\n<p>\n\t\tle malouf en Tunisie continue de faire l&#39;objet d&#39;une prise en main par les pouvoirs publics pour le maintenir en vie autant que possible &agrave; travers notamment le syst&egrave;me &eacute;ducatif, l&#39;organisation d&#39;un festival annuel &agrave; Testour (80 km &agrave; l&#39;ouest de Tunis), et sa vulgarisation dans les centres culturels du pays. Authentifi&eacute;, enregistr&eacute;, et donc pr&eacute;serv&eacute;, gr&acirc;ce &agrave; l&#39;apport de nombreuses personnalit&eacute;s tunisiennes qui en sont devenues les symboles, &agrave; l&#39;exemple des regrett&eacute;s cheikhs Mohamed El Ouafi, Khemais Ternane, Abderrahmane et Salah El Mehdi, et, aujourd&#39;hui, Tahar et&nbsp;Zied Ghersa.<\/p>\n<p><\/p>\n<h2>\n\t\tNouba<\/h2>\n<p>\n\t\tSelon al-Tifashi al-Gafsi (XIIIe si&egrave;cle), la nouba se compose des pi&egrave;ces suivantes&nbsp;: le nash&icirc;d (r&eacute;citatif), l&#39;istihl&acirc;l (ouverture), le &lsquo;amal (chant sur un rythme lourd), le muharrak (chant sur un rythme l&eacute;ger), le muwashshah et le zadjal. Si l&#39;on se r&eacute;f&egrave;re au cheikh Muhammad al-Dharif (XIVe si&egrave;cle), les noubas encha&icirc;naient autrefois treize modes musicaux diff&eacute;rents&nbsp;: sikah, dh&icirc;l, rmal, asbah&acirc;n, raml al maya, mazm&ucirc;m, &lsquo;ir&acirc;q, hs&icirc;n, naw&acirc;, rasd al-dh&icirc;l, m&acirc;ya, rasd et asba&lsquo;ayn. C&#39;est &agrave; Rachid Bey, m&eacute;lomane, oudiste et violoniste, que l&#39;on doit d&#39;avoir remani&eacute; et fix&eacute; le r&eacute;pertoire des noubas tunisiennes&nbsp;: il en arrange les diff&eacute;rentes parties et y ajoute des pi&egrave;ces instrumentales d&#39;inspiration turque. On lui attribue &eacute;galement la composition de la majeure partie des pi&egrave;ces instrumentales des noubas, &agrave; savoir les ouvertures (istift&acirc;h et msaddar) et les interm&egrave;des (t&ucirc;shiya et f&acirc;righa).<\/p>\n<p>\n\t\tDe nos jours, la nouba se pr&eacute;sente comme une composition musicale construite sur un mode principal dont elle prend le nom et form&eacute;e d&#39;une suite de pi&egrave;ces vocales et instrumentales ex&eacute;cut&eacute;es selon un ordre convenu. La structure de la nouba tunisienne met ainsi en &eacute;vidence divers effets de contraste et de sym&eacute;trie qui se manifestent entre ses parties ou au sein de chacune d&#39;entre elles. Ainsi, la premi&egrave;re partie privil&eacute;gie les rythme binaires et la seconde les rythmes ternaires. Chaque partie commence sur des rythmes lents pour se terminer sur des rythmes vifs. De m&ecirc;me, cette alternance de rythmes lents et all&egrave;gres peut se reproduire au sein des pi&egrave;ces elles-m&ecirc;mes.<\/p>\n<p>\n\t\tLes noubas puisent dans les formes po&eacute;tiques du genre classique (qasideh) ou post-classique (muwashshah et zadjal). Les abyat par lesquels commence la nouba, g&eacute;n&eacute;ralement au nombre de deux, sont en arabe litt&eacute;ral. Les autres parties chant&eacute;es sont en dialecte tunisien. Les th&egrave;mes de pr&eacute;dilection de ces po&egrave;mes sont l&#39;amour, la nature, le vin ainsi que d&#39;autres th&egrave;mes ayant trait &agrave; la vie mondaine. Certains khatm abordent cependant des sujets religieux, pr&ocirc;nant la pi&eacute;t&eacute; et implorant la cl&eacute;mence divine. Les textes des noubas sont anonymes pour la plupart.<\/p>\n<p>\n\t\tLes noubas sont habituellement ex&eacute;cut&eacute;es par de petites formations musicales comprenant des instruments &agrave; cordes dont les principaux sont l&#39;oud tunisien qui diff&egrave;re du luth oriental par sa forme plus allong&eacute;e et son nombre de cordes, la rebec &agrave; deux cordes en boyau mont&eacute;es sur une caisse monoxyle, le violon introduit d&egrave;s le XVIIIe si&egrave;cle et enfin le qan&ucirc;n. Les orchestres comprennent &eacute;galement un instrument &agrave; vent, le ney, et des instruments &agrave; percussion&nbsp;: t&acirc;r, darbouka et nagharas. Les petites formations tendent &agrave; dispara&icirc;tre, c&eacute;dant la place &agrave; des orchestres plus massifs comprenant une quinzaine d&#39;instrumentistes et une dizaine de choristes. L&#39;utilisation des instruments &agrave; cordes d&#39;origine europ&eacute;enne &agrave; c&ocirc;t&eacute; des instruments traditionnels et la notation de la musique, n&eacute;cessaire aux grandes formations, ont conf&eacute;r&eacute; &agrave; l&#39;interpr&eacute;tation du malouf une &acirc;me et une dimension nouvelles. Les noubas, pi&egrave;ces ma&icirc;tresses du patrimoine traditionnel, sont toujours ex&eacute;cut&eacute;es dans les concerts publics et &agrave; l&#39;occasion des f&ecirc;tes familiales, plus particuli&egrave;rement en milieu urbain. Des villes ayant connu une concentration de r&eacute;fugi&eacute;s andalous (comme Testour ou Soliman) perp&eacute;tuent cette tradition.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le Malouf ou la musique Arabo-Andalouse en Tunisie &nbsp; &nbsp; Expression majeure de la musique classique tunisienne, le Malouf pr&eacute;serve le raffinement d&#39;un h&eacute;ritage pluri-s&eacute;culaire qui s&#39;est forg&eacute; au carrefour des traditions andalouse et ottomane.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17831,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[39,36,22,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-6289","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique-du-nord","category-libye","category-musique","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6289","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6289"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6289\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17831"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6289"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6289"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6289"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}