{"id":6313,"date":"2013-03-08T23:45:45","date_gmt":"2013-03-08T23:45:45","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6313"},"modified":"2013-03-08T21:54:12","modified_gmt":"2013-03-08T21:54:12","slug":"les-droits-de-la-femme-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-droits-de-la-femme-en-tunisie\/","title":{"rendered":"Les droits de la femme en Tunisie"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes droits de la femme en Tunisie<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a pr&egrave;s de 60 ans, la Tunisie accordait des droits consid&eacute;rables aux femmes et devenait un pays pionnier dans la r&eacute;gion. Qu&rsquo;en est-il aujourd&rsquo;hui, deux ans apr&egrave;s le printemps arabe ? A l&rsquo;occasion de la Journ&eacute;e internationale de la Femme, Audrey Tilve est all&eacute;e &agrave; la rencontre des Tunisiennes.<\/p>\n<p>\n\tAbolition de la polygamie et de la r&eacute;pudiation, droit de divorcer et un peu plus tard d&rsquo;avorter&hellip; Ce sont quelques-uns de ces acquis engrang&eacute;s d&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays. Mais depuis, les avanc&eacute;es sont rares et beaucoup de Tunisennes craignent que le parti islamiste qui domine d&eacute;sormais le paysage politique ne revienne en arri&egrave;re. Latifa Habachi est une des 42 femmes &eacute;lues &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale constituante sous les couleurs de ce parti, Ennhadha.<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; Lors de la campagne &eacute;lectorale, on a dit : si Ennhadha gagne les &eacute;lections, elle va permettre la polygamie, elle va laisser les femmes &agrave; la maison, mais voil&agrave; que Ennhadha est au pouvoir et rien de &ccedil;a ne s&rsquo;est r&eacute;alis&eacute; &ldquo; , assure-t-elle.<\/p>\n<p>\n\tAutre son de cloche dans le cabinet de l&rsquo;avocate Bochra Belhaj Hmida. Depuis les &eacute;lections d&rsquo;octobre 2011 et la mont&eacute;e en puissance du salafisme, elle dit voir &eacute;merger de nouvelles formes de discriminations et de violences.<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; Plusieurs femmes ont subi des violences verbales, physiques, de la part des flics le soir. Et c&rsquo;est le m&ecirc;me profil de femmes, c&rsquo;est-&agrave;-dire des femmes modernes, des femmes ind&eacute;pendantes &eacute;conomiquement &ldquo; , nous dit-elle. &ldquo; Je viens d&rsquo;avoir un cas vraiment dramatique. C&rsquo;est une petite fille que son p&egrave;re a oblig&eacute;e &agrave; se voiler. Il l&rsquo;a voil&eacute;e, il l&rsquo;a oblig&eacute;e, elle a 7 ans, elle porte le voile et il la viole. Elle r&eacute;sume pratiquement toutes les violences que peut vivre une fille. &ldquo;<\/p>\n<p>\n\tRemodeler la soci&eacute;t&eacute; selon une vision tr&egrave;s traditionnaliste. C&rsquo;est ce que pr&ocirc;ne ouverturement la frange la plus conservatrice des islamistes tunisiens. L&rsquo;Association tunisienne des femmes d&eacute;mocrates se veut un rempart contre cette lente mutation. Alors que l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante est cens&eacute;e donner au pays une nouvelle loi fondamentale, l&rsquo;association appelle &agrave; combler les failles dans les droits des femmes :<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; Attribuer la tutelle des enfants aux hommes seulement, c&rsquo;est une discrimination. L&rsquo;in&eacute;galit&eacute; dans l&rsquo;h&eacute;ritage, c&rsquo;est une discrimination. Le fait qu&rsquo;il existe dans des circulaires une restriction &agrave; la libert&eacute; de choisir son conjoint&hellip; Et pour pallier &agrave; ces manques, &agrave; ces lacunes, nous voulons carr&eacute;ment que soit constitutionnalis&eacute;e l&lsquo;&eacute;galit&eacute; dans notre future constitution &ldquo; , explique H&eacute;dia Jrad, une des fondatrices de l&rsquo;association.<\/p>\n<p>\n\tLa r&eacute;volution du jasmin a en tout cas lib&eacute;r&eacute; la parole et parfois m&ecirc;me suscit&eacute; des vocations. Ca &eacute;t&eacute; le cas pour Nadia Khiari. C&rsquo;est la dessinatrice qui monte en Tunisie. Nadia Khiari commente l&rsquo;actualit&eacute; dans son pays &agrave; travers son avatar, Willis le chat. Elle raconte comment elle s&rsquo;est lanc&eacute;e dans le dessin satirique un jour de janvier 2011 :<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; La veille du d&eacute;part de Ben Ali, il pronon&ccedil;ait un discours, son dernier discours, o&ugrave; il disait qu&rsquo;il nous avait compris etc, et il nous promettait la libert&eacute; d&rsquo;expression, la lev&eacute;e de la censure sur internet et dans les journaux. Donc je l&rsquo;ai pris au mot et j&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; dessiner, et c&lsquo;&eacute;tait destin&eacute; &agrave; mon entourage proche au d&eacute;part. J&rsquo;ai cr&eacute;&eacute; un profil sur Facebook et au bout d&rsquo;une semaine, il y avait &eacute;norm&eacute;ment de &ldquo;Partage&rdquo;, et j&rsquo;ai continu&eacute; &agrave; dessiner donc, selon l&rsquo;actualit&eacute;, avec ce chat. &ldquo;<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; Mon but, c&rsquo;est pas d&lsquo;&ecirc;tre l&agrave; &agrave; provoquer tout le temps les m&ecirc;mes. On est tous dans le m&ecirc;me bateau, donc il faut mettre en avant tout ce qui ne va pas. On a une expression tunisienne qui dit : quand il y a beaucoup de malheur on rigole. C&rsquo;est comme une sorte de fou-rire pendant un enterrement. J&rsquo;utilise l&rsquo;humour, et des fois l&rsquo;humour noir &ndash; peut-&ecirc;tre un peu agressif entre guillemets &ndash; mais l&rsquo;humour, c&rsquo;est toujours une main tendue vers le dialogue parce que quand on arrive &agrave; faire sourire quelqu&rsquo;un, on casse des barri&egrave;res et on arrive mieux &agrave; discuter. &ldquo;<\/p>\n<p>\n\tUn sursaut brutal a pourtant marqu&eacute; la p&eacute;riode post-r&eacute;volutionnaire : la mort le 6 f&eacute;vrier dernier de l&rsquo;opposant Chokri Bela&iuml;d, qui allait entrainer la chute du gouvernement.<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; Ce dessin, je l&rsquo;ai fait lorsque Chokri Bela&iuml;d a &eacute;t&eacute; assasin&eacute;. Donc un assassinat politique, c&rsquo;est pas anodin, c&rsquo;est atroce, c&rsquo;est grave, et oui, l&agrave;, j&rsquo;avais pas envie de rire, j&rsquo;avais pas envie de faire un dessin d&rsquo;humour. C&rsquo;est un &eacute;lectrochoc pour &eacute;norm&eacute;ment de monde. On en est arriv&eacute; &agrave; assassiner des gens. &ldquo;<\/p>\n<p>\n\tEt puis il y a le provisoire qui s&lsquo;&eacute;ternise et dont les Tunisiens s&rsquo;accommodent depuis les &eacute;lections d&rsquo;octobre 2011, cens&eacute;es &ecirc;tre une &eacute;tape transitoire avant de nouvelles &eacute;lections.<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; On est &agrave; la limite du somnanbulisme ou dans l&rsquo;auto-persuasion que c&rsquo;est provisoire, que &ccedil;a va passer. Moi quand j&rsquo;ai vot&eacute;, j&rsquo;ai vot&eacute; pour la r&eacute;daction d&rsquo;une constitution. J&rsquo;ai pas vot&eacute; pour un pr&eacute;sident, j&rsquo;ai pas vot&eacute; pour des ministres, j&rsquo;ai pas vot&eacute; pour des remaniements, j&rsquo;ai pas vot&eacute; pour tout &ccedil;a. J&rsquo;ai vot&eacute; pour une constitution, qu&rsquo;elle soit r&eacute;dig&eacute;e, qu&rsquo;on puisse enfin avoir une d&eacute;mocratie. Ca fait 16 mois qu&rsquo;on attend et je comprends pas tout ce remue-m&eacute;nage, des hauts postes qui sont occup&eacute;s de mani&egrave;re partisane, je comprends pas. &ldquo;<\/p>\n<p>\n\t&ldquo; Je gribouille&hellip; Je m&rsquo;exprime avec les moyens que j&rsquo;ai, le dessin. Et je suis une citoyenne qui donne son avis de mani&egrave;re satirique par le biais du dessin. &ldquo;<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<a href=\"http:\/\/www.cartooningforpeace.org\/\" rel=\"external\">Willis From Tunis &ndash; Cartooning for Peace<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les droits de la femme en Tunisie &nbsp; Il y a pr&egrave;s de 60 ans, la Tunisie accordait des droits consid&eacute;rables aux femmes et devenait un pays pionnier dans la r&eacute;gion. Qu&rsquo;en est-il aujourd&rsquo;hui, deux ans apr&egrave;s le printemps arabe ? 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