{"id":6333,"date":"2015-01-23T00:43:38","date_gmt":"2015-01-23T00:43:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6333"},"modified":"2015-01-23T01:18:09","modified_gmt":"2015-01-23T01:18:09","slug":"reinette-loranaise-la-grande-reine-de-la-musique-judeo-arabe-ressuscite-sur-le-net","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/reinette-loranaise-la-grande-reine-de-la-musique-judeo-arabe-ressuscite-sur-le-net\/","title":{"rendered":"Reinette l&rsquo;Oranaise. La grande reine de la musique jud\u00e9o-arabe ressuscite sur le Net"},"content":{"rendered":"<p>\n\tReinette l&#39;Oranaise. La grande reine de la musique jud&eacute;o-arabe ressuscite sur le Net<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tReinette l&#39;Oranaise. La grande reine de la musique jud&eacute;o-arabe ressuscite sur le Net<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"font-family: Georgia; background-color: rgb(255, 255, 255);\">Qu&#39;est-ce que la &quot;musique jud&eacute;o-arabe&quot;? C&#39;est un genre musical, ancr&eacute; dans la tradition de la musique arabe classique (aussi appel&eacute;e arabo-andalouse car son &acirc;ge d&#39;or fut l&#39;&eacute;poque andalouse), qui fut modernis&eacute; au XX&deg; si&egrave;cle, et dont les plus grands ma&icirc;tres furent des artistes juifs du Maghreb. En effet, jusqu&#39;aux Ind&eacute;pendances, ces derniers jouaient un r&ocirc;le-cl&eacute; dans la vie musicale de ces pays: ainsi au Maroc, relate le musicologue Christian Poch&eacute;, &quot;lorsque Delacroix s&#39;enquiert de musiciens &agrave; dessiner, il est envoy&eacute; vers la communaut&eacute; isra&eacute;lite&quot;<\/span><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&#39;album &quot;Reinette l&#39;Oranaise&quot; fait ainsi revivre pour nous celle qui fut la plus grande interpr&egrave;te f&eacute;minine d&#39;un genre qui, s&#39;il n&#39;excluait pas les artistes f&eacute;minines, comptait surtout des hommes: Lili Boniche, Blond-Blond, Line Monty, Luc Cherki, pour l&#39;Alg&eacute;rie; Raymonde pour le Maroc; Raoul Journo, Habiba Msika ou El Kahlaoui Tounsi pour la Tunisie.&nbsp;<\/p>\n<p>\tReinette, d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 1998 en France &ndash; elle s&#39;y &eacute;tait r&eacute;fugi&eacute;e, comme 100.000 de ses coreligionnaires, &agrave; l&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;Alg&eacute;rie en 1962 &#8211; &eacute;tait n&eacute;e en 1915 &agrave; Tiaret, pr&egrave;s d&#39;Oran. Devenue aveugle &agrave; l&#39;&acirc;ge de 2 ans, &agrave; la suite d&#39;une variole, sa m&egrave;re, qui lui avait dit &quot;je veux que tu aies un m&eacute;tier qui t&#39;&eacute;gaye tout en &eacute;gayant les autres&quot;, lui fait passer une audition, &agrave; 16 ans, avec le grand musicien Saoud M&eacute;dioni, dit Saoud l&#39;Oranais, violoniste et chanteur.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAupr&egrave;s du ma&icirc;tre, la jeune fille apprend d&#39;abord le chant, &eacute;picentre de la musique arabe, quand la musique classique occidentale est d&#39;abord instrumentale. Elle apprend aussi la derbouka, pour comprendre la rythmique (&quot;miz&acirc;n&quot;). Dans le caf&eacute; que Saoud l&#39;Oranais poss&egrave;de dans le Darb, le quartier juif d&#39;Oran, et o&ugrave; jouent de nombreux artistes, la jeune fille commence &agrave; se produire, d&#39;abord au chant, et prend son nom de sc&egrave;ne: Reinette, &quot;petite reine&quot;, comme l&#39;appelait affectueusement son professeur. Tous deux enregistrent un 78 tours en duo, et se produisent sur diverses sc&egrave;nes.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEn 1938, Saoud d&eacute;cide de s&#39;installer &agrave; Marseille, o&ugrave; il ouvre un caf&eacute; musical oriental. Arr&ecirc;t&eacute; en 1943, il mourra en d&eacute;portation, dans le camp de Sobibor en Pologne &#8211; Reinette lui rendra hommage &agrave; travers une chanson, &quot;Nechkar el karim&quot; (Nous remercions l&#39;ami tr&egrave;s cher). Dans les ann&eacute;es 40, elle part s&#39;installer &agrave; Alger. L&agrave;, Mohamed Belhocine devient son nouveau ma&icirc;tre, puis elle int&egrave;gre l&#39;orchestre du Hadj M&#39;hamed El Anka, fondateur de la musique ch&acirc;abii, qui est la musique arabe &quot;alg&eacute;rianis&eacute;e&quot; (on chante en dialectal) et modernis&eacute;e (avec banjo, piano, voire rythmes de rumba ou tango).&nbsp;<\/p>\n<p>\tTous les mardis, Reinette se produit comme soliste de &#39;oud dans l&#39;Orchestre de Radio Alger dirig&eacute; par ce dernier, dans une &eacute;mission &eacute;cout&eacute;e dans tout le pays, et qui fait entendre les meilleurs artistes andalous et cha&acirc;bis du moment. Parall&egrave;lement, elle apprend l&#39;arabe litt&eacute;raire, pour chanter le r&eacute;pertoire classique arabo-andalou, et, surtout, entreprend de sauver de l&#39;oubli des centaines de chansons du r&eacute;pertoire, classique et populaire, qui sont de tradition orale, en les transcrivant &hellip; en braille! Les ann&eacute;es 50 sont ses ann&eacute;es de gloire, avec plusieurs 45 et 33 tours.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEtablie en France depuis 1962, en banlieue parisienne, Reinette &eacute;tait tomb&eacute;e peu &agrave; peu dans l&#39;oubli, ne se produisant plus gu&egrave;re que dans les mariages et bar-mitsvas. Au milieu des ann&eacute;es 80, les m&eacute;dias &ndash; Radio Beur et Lib&eacute;ration &#8211; la ressuscitent. Puis les ann&eacute;es 90 voient na&icirc;tre, parmi les enfants d&#39;&eacute;migr&eacute;s, juifs et musulmans, un int&eacute;r&ecirc;t pour ce patrimoine musical commun, et le public fran&ccedil;ais d&eacute;couvre ces grands artistes jud&eacute;o-arabes dans les bandes-sons de films tels que &quot;M&eacute;moires d&#39;immigr&eacute;s&quot;, &quot;La v&eacute;rit&eacute; si je mens&quot;, &quot;Le grand pardon&quot;, etc&hellip;&nbsp;<\/p>\n<p>\t&quot;Reinette &eacute;tait un vrai personnage. Elle ne m&acirc;chait pas ses mots&quot;, se souvient le critique musical Rabah Mezouane, &eacute;mu.&quot;Elle &eacute;tait toujours de bonne humeur, taquine. Et elle avait d&eacute;pass&eacute; son handicap d&#39;aveugle: par exemple, chez elle elle faisait la cuisine!&quot;.&nbsp;A son d&eacute;c&egrave;s, un hommage lui fut rendu au Centre culturel alg&eacute;rien, &agrave; Paris, reconnaissance officieuse par le gouvernement alg&eacute;rien. La France l&#39;avait d&eacute;j&agrave; honor&eacute;e, de son vivant, de Commandeur des Arts et de Lettres (1989), et elle avait &eacute;galement re&ccedil;u le Prix Charles Cros, en 1995, pour son album &quot;M&eacute;moires&quot;.&nbsp;<\/p>\n<p>\tCelle dont &quot;le bonheur de jouer irradiait&quot;, chantera encore, &eacute;ternellement, gr&acirc;ce au disque, ces chansons du patrimoine alg&eacute;rien dont tous les Alg&eacute;riens, jeunes et vieux, connaissent les paroles par c&oelig;ur: &quot;Aachki Fezine Ensaha&quot; &laquo;Mon amour est vraiment sinc&egrave;re&raquo; ou &laquo;Selli homomec&raquo;(Oublie tes soucis).&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNadia Khouri-Dagher&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"480\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/Tgoh9JSwEf4\" style=\"font-size: 1.2em; line-height: 1.7em;\" width=\"640\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Reinette l&#39;Oranaise. 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