{"id":6421,"date":"2015-06-11T00:51:53","date_gmt":"2015-06-11T00:51:53","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6421"},"modified":"2015-06-11T02:59:56","modified_gmt":"2015-06-11T02:59:56","slug":"qui-decouvert-la-penicilline","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/qui-decouvert-la-penicilline\/","title":{"rendered":"Qui a d\u00e9couvert la p\u00e9nicilline?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"main-content-header\">\n<p>\n\t\tQui a d&eacute;couvert la p&eacute;nicilline?<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"content\">\n<div id=\"article-37629\">\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;histoire de la d&eacute;couverte de la p&eacute;nicilline a des aspects mythiques. L&rsquo;image de moisissures flottant &agrave; travers la fen&ecirc;tre ouverte d&rsquo;Alexandre Fleming et qui contaminent accidentellement une culture de microbes est certainement accrocheuse, mais pas conforme &agrave; la r&eacute;alit&eacute;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tEn fait, on doit la p&eacute;nicilline non seulement &agrave; Alexandre Fleming qui, contrairement &agrave; ce que l&rsquo;on pense, ne l&rsquo;a pas &laquo;d&eacute;couverte&raquo; mais &agrave; la suite d&rsquo;heureux concours de circonstances, accompagn&eacute; de beaucoup d&#39;efforts et d&rsquo;ann&eacute;es de recherche effectu&eacute;e par de nombreux scientifiques, des deux c&ocirc;t&eacute;s de l&#39;Atlantique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;histoire commence en novembre 1921 dans le laboratoire d&rsquo;Alexandre Fleming, &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital St. Mary&rsquo;s de Londres. Fleming, qui a alors un rhume, contamine accidentellement, avec une goutte de son nez, les colonies de bact&eacute;ries qu&rsquo;il &eacute;tudiait.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&Agrave; sa surprise, il constate qu&rsquo;au contact de son mucus, les bact&eacute;ries ont perdu leur paroi cellulaire et se sont dissoutes. Il r&eacute;p&egrave;te l&rsquo;exp&eacute;rience avec des larmes et obtient le m&ecirc;me r&eacute;sultat. Il en conclut que les s&eacute;cr&eacute;tions nasales et les larmes contiennent un compos&eacute; antibact&eacute;rien qu&rsquo;il appelle lysozyme. Malheureusement, il d&eacute;couvre que le lysozyme, un enzyme, est d&rsquo;une efficacit&eacute; limit&eacute;e comme agent antibact&eacute;rien. Fleming d&eacute;cide alors de centrer ses recherches sur les moyens que le corps utilise pour organiser son propre syst&egrave;me de d&eacute;fense contre les bact&eacute;ries. Il se tourne vers la mise au point de vaccins.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tNous sommes maintenant &agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; de 1928. Fleming travaille sur des cultures de staphylocoques, une bact&eacute;rie particuli&egrave;rement virulente. Avec le retour des beaux jours, il d&eacute;cide de prendre des vacances. La chance voulut qu&rsquo;avant son d&eacute;part, il oublie de nettoyer les bo&icirc;tes de Petri contenant les bact&eacute;ries. &Agrave; son retour, il remarque que l&rsquo;une des bo&icirc;tes de culture de staphylocoques qui s&rsquo;y trouvait avait &eacute;t&eacute; contamin&eacute;e par une moisissure. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une occurrence fr&eacute;quente. Mais ce qui &eacute;tait inattendu, c&#39;est qu&#39;au contact de la moisissure, les bact&eacute;ries de staphylococcus avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;truites. Il s&rsquo;agit du m&ecirc;me effet observ&eacute; avec que le lysozyme, cette fois, sur des bact&eacute;ries pathog&egrave;nes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tContrairement &agrave; la l&eacute;gende, la moisissure, identifi&eacute;e comme faisant partie de la vari&eacute;t&eacute;&nbsp;penicillium notatum, ne venait pas de l&rsquo;ext&eacute;rieur. &Agrave; l&rsquo;&eacute;tage d&rsquo;en dessous se trouvait un laboratoire de mycologie poursuivant des &eacute;tudes sur les effets allerg&egrave;nes de cette moisissure. La chance voulut que des spores de&nbsp;penicillium notatum&nbsp;s&rsquo;en soient &eacute;chapp&eacute;es pour s&#39;infiltrer dans le laboratoire de Fleming en passant par la cage d&rsquo;escalier. Fleming remarque que des extraits de&nbsp;penicillium notatum&nbsp;agissent&nbsp;in vitro&nbsp;pour contrer une vari&eacute;t&eacute; de bact&eacute;ries. Ces extraits d&eacute;truisent non seulement les staphylocoques, mais aussi les pathog&egrave;nes responsables de la scarlatine, de la pneumonie, de la m&eacute;ningite et de la dipht&eacute;rie. Malheureusement, Fleming n&rsquo;a pas alors les moyens et les connaissances pour extraire l&rsquo;ingr&eacute;dient actif, la mol&eacute;cule, responsable de l&rsquo;activit&eacute; de la moisissure. Fleming laisse tomber ses recherches sur le&nbsp;penicillium notatum&nbsp;et retourne &agrave; ses travaux sur les vaccins.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tC&#39;est seulement dix ans plus tard, en 1938, que deux autres scientifiques, Howard Florey, qui dirigent le laboratoire de pathologie de l&#39;Universit&eacute; d&#39;Oxford, et Ernst Chain, un jeune biochimiste d&#39;origine juive, qui a fui l&#39;Allemagne nazie, d&eacute;cident de s&#39;attaquer de nouveau au probl&egrave;me. Apr&egrave;s trois ans d&#39;efforts, ils isolent assez de p&eacute;nicilline relativement pure pour les premiers essais humains. Albert Alexander, un policier de 43 ans d&#39;Oxford aux portes de la mort &agrave; cause d&#39;une septic&eacute;mie bact&eacute;rienne, est le premier &agrave; en b&eacute;n&eacute;ficier. Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; inject&eacute; avec la petite quantit&eacute; de p&eacute;nicilline disponible, son &eacute;tat s&#39;am&eacute;liore de mani&egrave;re radicale. Mais cela a n&eacute;cessit&eacute; l&#39;utilisation de toute la p&eacute;nicilline disponible. Quand l&#39;&eacute;tat du policier s&#39;aggrave &agrave; nouveau, les chercheurs extraient de l&rsquo;urine du policier la p&eacute;nicilline non m&eacute;tabolis&eacute;e, la purifient et la r&eacute;injectent au patient. Encore une fois, son &eacute;tat s&rsquo;am&eacute;liore mais, &eacute;ventuellement, cela ne suffit pas et Albert Alexander meurt.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tFlorey et son &eacute;quipe se rendent compte que c&rsquo;est seulement aux &Eacute;tats-Unis qu&rsquo;ils auront les moyens de mettre en &oelig;uvre la production de la p&eacute;nicilline &agrave; grande &eacute;chelle. En juin 1941, Florey, accompagn&eacute; d&#39;un autre biochimiste de talent, Norman Heatley, s&rsquo;envole pour les &Eacute;tats-Unis avec des &eacute;chantillons de&nbsp;penicillium notatum. Ils &eacute;tablissent leur recherche &agrave; Peoria, dans l&#39;Illinois, dans un laboratoire du minist&egrave;re de l&#39;Agriculture sp&eacute;cialis&eacute; dans les processus de fermentation. En quelques semaines, le laboratoire, sous la direction d&#39;Andrew Moyer, introduit un nombre de techniques qui am&eacute;liorent de mani&egrave;re consid&eacute;rable les rendements de la p&eacute;nicilline. Moyer d&eacute;cide notamment d&#39;utiliser, pour la fermentation, de &laquo;l&#39;eau de ma&iuml;s&raquo;, un sous-produit de la pr&eacute;paration de l&#39;amidon. Il remplace aussi la culture en surface de l&#39;&eacute;quipe d&#39;Oxford par la culture en milieu submerg&eacute;, beaucoup plus efficace. Mais Moyer se rend compte que ce dont il a vraiment besoin, c&#39;est d&#39;une souche de p&eacute;nicilline plus performante. Il fait venir des &eacute;chantillons du monde entier, mais, ironiquement, c&#39;est Peoria qui lui fournit la souche recherch&eacute;e. Une secr&eacute;taire du laboratoire &agrave; son heure de lunch remarque un melon moisi au march&eacute; aux fruits de Peoria. Sachant l&#39;int&eacute;r&ecirc;t des chercheurs pour les moisissures, elle le ram&egrave;ne au laboratoire. La moisissure est identifi&eacute;e comme &eacute;tant du&nbsp;penicillium chrysogenum. Et les chercheurs d&eacute;couvrent qu&#39;elle a la facult&eacute; de produire 200 fois plus de p&eacute;nicilline que le&nbsp;penicillium notatum. &Agrave; la suite de sa d&eacute;couverte, les chercheurs baptisent la secr&eacute;taire, Mary Hunt, &laquo;Moldy Mary&raquo; (Mary la moisissure).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIl devient d&egrave;s alors possible de produire la p&eacute;nicilline &agrave; l&#39;&eacute;chelle industrielle. Merck, Pfizer, Abbott et Squibb font partie d&#39;un groupe de 21 laboratoires pharmaceutiques qui se partagent la t&acirc;che. En l&#39;espace de quelques ann&eacute;es, la production de p&eacute;nicilline passe de bouteilles individuelles d&#39;un litre et &agrave; des rendements de 0,0001% &agrave; des cuves de 50 000 litres et &agrave; des rendements de 90%. D&#39;abord r&eacute;serv&eacute;e &agrave; l&#39;effort militaire, la p&eacute;nicilline devient disponible &agrave; grande &eacute;chelle &agrave; la fin des ann&eacute;es 1940.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDepuis, la p&eacute;nicilline &ndash;et ses d&eacute;riv&eacute;s&ndash; a sauv&eacute; la vie de millions de personnes. C&rsquo;est gr&acirc;ce, bien s&ucirc;r, &agrave; Alexandre Fleming, mais aussi &agrave; Howard Florey, Ernst Chain, Norman Heatley, Andrews Moyer, Mary Hunt et d&#39;innombrables chercheurs en Grande-Bretagne et aux &Eacute;tats-Unis<span>.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tProfesseur Ariel Fenster<br \/>\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.mcgill.ca\/oss\/\">Organisation pour la science et la soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;Universit&eacute; McGill<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Qui a d&eacute;couvert la p&eacute;nicilline? &nbsp; &nbsp; L&rsquo;histoire de la d&eacute;couverte de la p&eacute;nicilline a des aspects mythiques. L&rsquo;image de moisissures flottant &agrave; travers la fen&ecirc;tre ouverte d&rsquo;Alexandre Fleming et qui contaminent accidentellement une culture de microbes est certainement accrocheuse, mais pas conforme &agrave; la r&eacute;alit&eacute;. En fait, on doit la p&eacute;nicilline non seulement&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16866,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[18,52,423,1],"tags":[],"class_list":["post-6421","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire","category-londres","category-oxford","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6421","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6421"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6421\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16866"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6421"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6421"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6421"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}