{"id":6465,"date":"2015-06-17T03:55:49","date_gmt":"2015-06-17T03:55:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6465"},"modified":"2015-06-17T00:21:10","modified_gmt":"2015-06-17T00:21:10","slug":"quand-georges-adda-adjurait-ben-ali-de-rendre-la-liberte-a-bourguiba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/quand-georges-adda-adjurait-ben-ali-de-rendre-la-liberte-a-bourguiba\/","title":{"rendered":"Quand Georges Adda adjurait Ben Ali de rendre la libert\u00e9 \u00e0 Bourguiba"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuand&nbsp;Georges Adda adjurait Ben Ali de rendre la libert&eacute; &agrave; Bourguiba<\/p>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tGrand militant respect&eacute; du Parti Communiste, de la cause nationaliste tunisienne sous l&rsquo;occupation et des droits de l&rsquo;Homme, apr&egrave;s l&rsquo;Ind&eacute;pendance, George Adda (1916-2008), ne pouvait accepter de voir Bourguiba, son &laquo;compagnon de gamelle de prisonniers&raquo;, devenir, presque centenaire, dans son pays qu&rsquo;il a lib&eacute;r&eacute;, &laquo; le plus vieux interdit de libert&eacute; du monde. &raquo; Dans une &eacute;mouvante lettre dat&eacute;e du 4 novembre 1997, il adjurait Ben Ali de rendre &agrave; Bourguiba &laquo;sa pleine et enti&egrave;re libert&eacute; de se d&eacute;placer et de recevoir.&raquo;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tLa r&eacute;v&eacute;lation de ce document,&nbsp;Leaders&nbsp;la doit &agrave; Hamed Zeghal qui nous pr&eacute;cise : &laquo; J&rsquo;ai connu Georges Adda en prison en 1953. J&rsquo;&eacute;tais alors un simple &eacute;tudiant n&eacute;o-destourien, et il &eacute;tait un dirigeant bien connu du Parti Communiste Tunisien. Nous avons sympathis&eacute;. Nos rencontres apr&egrave;s notre lib&eacute;ration &eacute;taient cependant intermittentes mais toujours amicales. Au mois de novembre 1997, Georges m&rsquo;a remis une copie de la lettre qu&rsquo;il venait d&rsquo;adresser &agrave; Ben Ali, et dans laquelle il plaidait pour la lib&eacute;ration de Bourguiba. La lettre de Adda &eacute;tait &eacute;mouvante. Elle traduisait&nbsp; la fid&eacute;lit&eacute; de ce&nbsp; grand patriote &agrave; l&rsquo;homme qui a conduit la lutte du peuple pour l&rsquo;ind&eacute;pendance, et qui a pr&eacute;sid&eacute; par la suite &agrave; l&rsquo;&eacute;dification de l&rsquo;Etat. Il n&rsquo;est pas superflu, &agrave; l&rsquo;occasion du onzi&egrave;me anniversaire du d&eacute;c&egrave;s de notre h&eacute;ros national, de publier le texte de Georges Adda. &raquo; Dont acte.<\/p>\n<p>\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tTunis, le 4 novembre 1997<\/p>\n<p>\t\tMonsieur le Pr&eacute;sident Zine El Abidine Ben Ali<br \/>\n\t\tCarthage<\/p>\n<p>\t\tMonsieur le Pr&eacute;sident,<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est parce que je suis convaincu que vous accepterez sans d&eacute;plaisir qu&rsquo;un simple citoyen comme moi vous entretienne directement d&rsquo;un probl&egrave;me qui lui tient &agrave; c&oelig;ur, que je me permets de vous &eacute;crire.<br \/>\n\t\tApr&egrave;s de multiples h&eacute;sitations, je m&rsquo;adresse &agrave; vous, parce que je suis pr&eacute;occup&eacute; de tout ce qui peut porter ombrage &agrave; notre pays que nous ch&eacute;rissons et pla&ccedil;ons au dessus de tout et de tous.<\/p>\n<p>\t\tPour aller sans d&eacute;tour au sujet qui me rend tous les jours plus soucieux, je vous prie, Monsieur le Pr&eacute;sident, de rendre la pleine et enti&egrave;re libert&eacute; de se d&eacute;placer et de recevoir &agrave; celui qui a conduit notre peuple &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance nationale, &agrave; celui qui fut, durant trente ans, le premier pr&eacute;sident de notre R&eacute;publique, &agrave; celui qui , entre 1934 et 1955, a pass&eacute; dix ans de sa vie en prison, en camp de concentration ou en d&eacute;portation, et qui, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, vit actuellement presque centenaire, interdit de libert&eacute; dans notre Tunisie ind&eacute;pendante, suite &agrave; des vicissitudes politiques dont certes il porte une grande responsabilit&eacute;.<\/p>\n<p>\t\tVous savez, Monsieur le Pr&eacute;sident, que je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; dans le parti de Bourguiba et que je n&rsquo;ai jamais profit&eacute;&nbsp; ni qu&eacute;mand&eacute;&nbsp; ses largesses. Il a m&ecirc;me fait, injustement, interdire mon parti en janvier 1963 et il m&rsquo;a fait, durant des mois, envoyer devant le juge d&rsquo;instruction, ainsi que beaucoup de responsables et militants de mon parti et le tr&egrave;s honorable et toujours regrett&eacute; le Dr Slimane Ben Slimane.<\/p>\n<p>\t\tD&egrave;s la fin des ann&eacute;es 70, je lui souhaitais un digne d&eacute;part et une retraite m&eacute;rit&eacute;e accompagn&eacute;e pour notre pays de l&rsquo;instauration d&rsquo;une compl&egrave;te et r&eacute;elle libert&eacute; et d&rsquo;une vraie et durable d&eacute;mocratie. Il aurait d&ucirc; partir alors avec panache pour laisser, malgr&eacute; ses grandes erreurs et le d&eacute;but des d&eacute;rives de son pouvoir, l&rsquo;image d&rsquo;un grand homme d&rsquo;Etat.<\/p>\n<p>\t\tAujourd&rsquo;hui, je suis afflig&eacute;, lorsque je vois dans mon pays un de mes vieux compagnons de camp de concentration &ecirc;tre le plus vieux interdit de libert&eacute; du monde. Je suis attrist&eacute; de voir que le grand dirigeant qu&rsquo;il fut ne vive pas libre &agrave; Tunis ou dans sa banlieue, pr&egrave;s de sa famille et au milieu de ses petits-enfants et arri&egrave;res petits-enfants.<\/p>\n<p>\t\tJe vous prie, Monsieur le Pr&eacute;sident, de rendre pleine et enti&egrave;re libert&eacute; &agrave; Habib Bourguiba. Vous rendrez ainsi un grand service &agrave; la Tunisie qui n&rsquo;aura plus alors le privil&egrave;ge d&rsquo;&ecirc;tre le pays o&ugrave; vit le plus vieux interdit de libert&eacute;.<\/p>\n<p>\t\tJe suis convaincu, Monsieur le Pr&eacute;sident, que vous comprendrez ma double motivation : d&rsquo;une part, l&rsquo;aspiration de voir mon pays sans t&acirc;che et sans reproche et, d&rsquo;autre part, remplir un devoir de solidarit&eacute; avec celui dont la dimension ne peut &ecirc;tre diminu&eacute;e et avec lequel j&rsquo;ai partag&eacute; la gamelle des prisonniers de l&rsquo;occupant &eacute;tranger.<\/p>\n<p>\t\tJe suis convaincu que vous r&eacute;pondrez favorablement &agrave; l&rsquo;homme que je suis et qui termine son chemin et approche de la fin, qui, d&rsquo;avance, vous remercie vivement et sinc&egrave;rement.<\/p>\n<p>\t\tJe vous prie de croire, Monsieur le Pr&eacute;sident, en ma parfaite et haute consid&eacute;ration.<\/p>\n<p>\n\t\tGeorges Adda<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/quand-georges-adda-adjurait-ben-ali-de-rendre-la-liberte-a-bourguiba?id=4697\">Quand&nbsp;Georges Adda adjurait Ben Ali de rendre la libert&eacute; &agrave; Bourguiba<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Quand&nbsp;Georges Adda adjurait Ben Ali de rendre la libert&eacute; &agrave; Bourguiba &nbsp; &nbsp; &nbsp; Grand militant respect&eacute; du Parti Communiste, de la cause nationaliste tunisienne sous l&rsquo;occupation et des droits de l&rsquo;Homme, apr&egrave;s l&rsquo;Ind&eacute;pendance, George Adda (1916-2008), ne pouvait accepter de voir Bourguiba, son &laquo;compagnon de gamelle de prisonniers&raquo;, devenir, presque centenaire, dans son&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17912,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[24,69,18,13,1],"tags":[],"class_list":["post-6465","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ben-ali","category-habib-bourguiba","category-histoire","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6465","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6465"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6465\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17912"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6465"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6465"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6465"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}