{"id":6499,"date":"2013-04-08T17:00:52","date_gmt":"2013-04-08T17:00:52","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6499"},"modified":"2013-04-08T17:00:52","modified_gmt":"2013-04-08T17:00:52","slug":"antisemitisme-entre-les-lignes-chroniques-du-racisme-ordinaire-le-livre-noir-de-la-litteratu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/antisemitisme-entre-les-lignes-chroniques-du-racisme-ordinaire-le-livre-noir-de-la-litteratu\/","title":{"rendered":"Antisemitisme &#8211; Entre les Lignes: \u00ab\u00a0Chroniques du racisme ordinaire, le livre noir de la litt\u00e9rature du XIX\u00e8me si\u00e8cle.\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEntre les Lignes: &quot;Chroniques du racisme ordinaire, le livre noir de la litt&eacute;rature du XIX&egrave;me si&egrave;cle.&quot;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVoici un livre sous l&rsquo;&eacute;cho duquel bien des statues de commandeurs vont trembler. Voici un livre courageux qui &eacute;branle les idoles mais aussi les certitudes endormies. Alexandre Hurel, directeur des &eacute;ditions Pimientos, s&rsquo;en explique dans sa pr&eacute;face : &laquo; Je publiais des textes n&eacute;glig&eacute;s de grands &eacute;crivains du XIX&egrave;me si&egrave;cle, dans une collection d&eacute;di&eacute;e aux voyages, quand je d&eacute;cidais de travailler sur deux nouveaux albums, l&rsquo;un consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;Andalousie, l&rsquo;autre &agrave; J&eacute;rusalem. Comme par un fait expr&egrave;s, c&rsquo;est &agrave; J&eacute;rusalem que &ccedil;a a commenc&eacute;. Le texte de Loti &eacute;tait immonde. &raquo; L&rsquo;&eacute;diteur choisit alors d&rsquo;&eacute;dulcorer les &eacute;crits de Loti, &laquo; la plus mauvaise des solutions &raquo; avoue-t-il. &laquo; J&rsquo;entreprends aujourd&rsquo;hui de r&eacute;aliser le volume dont j&rsquo;eus l&rsquo;id&eacute;e &agrave; ce moment l&agrave; : traquer dans la litt&eacute;rature, celle des &laquo; grands &eacute;crivains &raquo;, ceux- l&agrave; m&ecirc;me qui ont laiss&eacute; des textes inoubliables, devenus avec le temps des &laquo; classiques &raquo;, traquer donc la propension &agrave; juger l&rsquo;autre en fonction non de ses actes, mais de sa naissance, non de sa geste, mais de son sang &raquo;. Derri&egrave;re l&rsquo;image d&rsquo;Epinal de ces grands mod&egrave;les appara&icirc;t la face sombre de l&rsquo;homme dans ce qu&rsquo;il a h&eacute;las de moins exceptionnel : la facilit&eacute; d&rsquo;un jugement englu&eacute; dans le plus mal odorant des lieux communs, celui qui fait que toute diff&eacute;rence induit une hi&eacute;rarchie. Mise en lumi&egrave;re de traces d&rsquo;ombres oubli&eacute;es et pourtant &eacute;crites de main de grand homme, noir sur blanc.<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp;Petit, malingre, les yeux vifs mais faux, le nez busqu&eacute;, la barbiche jaun&acirc;tre, la chevelure inculte, les pieds grands, les mains longues et crochues, il offrait ce type inconnu du juif allemand, reconnaissable entre tous.&nbsp;&raquo; &eacute;crit Jules Verne. Le m&ecirc;me pr&eacute;cise&nbsp;: &laquo;&nbsp;M&ecirc;me &agrave; l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;homme, combien de ces noirs ne poss&egrave;dent pas les notions premi&egrave;res d&rsquo;un enfant de cinq &agrave; six ans&nbsp;&raquo;. Question de contexte colonisateur&nbsp;?&nbsp; A propos d&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;un peuple sauvage et pourri que nous civilisons&nbsp;&raquo; comme le proclame Daudet &agrave; propos de l&rsquo;Alg&eacute;rie.&nbsp; Pas seulement, et Alexandre Hurel cite, en contre-exemples, d&rsquo;autres grands tels que Chateaubriand, Lamartine, Flaubert ou G&eacute;rard de Nerval, prouvant la possibilit&eacute; d&rsquo;un autre regard, de la part de fr&egrave;res &eacute;crivains n&eacute;s et ayant grandi pourtant dans le m&ecirc;me contexte. Alors quoi&nbsp;? Que penser&nbsp;? Qu&rsquo;&ecirc;tre un grand &eacute;crivain n&rsquo;est pas la garantie d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; toute force un grand humaniste. Que l&rsquo;homme qui nourrit l&rsquo;esprit garde son paradoxe, qui peut &ecirc;tre graduellement et en fonction de chacun, condescendance, m&eacute;pris, haine. La parole s&rsquo;envole dit-on, les &eacute;crits restent. L&agrave; est sans doute le propos de ce livre, l&rsquo;importance, la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une constante vigilance. De ne pas se laisser aveugler par la brillance qui peut, aussi, s&rsquo;entacher de salissures.<\/p>\n<p>\n\tCar ce qui fait froid dans le dos c&rsquo;est de constater, au travers de ces &eacute;crits, le cheminement d&rsquo;une pens&eacute;e commune. C&rsquo;est de trouver l&agrave;, sous la plume de Jules Verne, de Loti ou de Daudet, les &eacute;chos des haines voraces et cannibales d&rsquo;&eacute;poques plus proches de la n&ocirc;tre. Les &eacute;crits restent&hellip; on fr&eacute;mit de terreur en imaginant&nbsp; que certains des grands monstres du XX&egrave;me si&egrave;cle avaient sans doute eux aussi des lettres. Quand Maupassant &eacute;crit, en 1879, que &laquo;&nbsp;la race juive se r&eacute;v&egrave;le sous un aspect hideux qui fait comprendre la haine f&eacute;roce de certains peuples contre ces gens, et m&ecirc;me les massacres r&eacute;cents&nbsp;&raquo; on comprend aussi, avec effroi, que le mal n&rsquo;est pas une g&eacute;n&eacute;ration spontan&eacute;e, que la haine germe depuis longtemps dans d&rsquo;anciens ferments.<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp;La plupart de ces textes seraient impubliables aujourd&rsquo;hui, tombant sous le coup de la loi pour incitation &agrave; la haine raciale&nbsp;&raquo; pr&eacute;cise Alexandre Hurel. On respire&nbsp;: nous, hommes et femmes du XXI&egrave;me si&egrave;cle savons enfin nous diriger vers la bonne lumi&egrave;re. &laquo;&nbsp;Ils sont pourtant largement diffus&eacute;s, comme&nbsp;Nanette Salomon, trouv&eacute; en livre de poche.&nbsp;&raquo; Un souffle voile soudain notre respiration, et la lumi&egrave;re d&rsquo;un coup s&rsquo;assombrit. N&eacute;cessit&eacute; de vigilance, toujours. Ces &laquo;&nbsp;Chroniques du racisme ordinaire&nbsp;&raquo; feront grincer des dents c&rsquo;est certain, mais&nbsp; c&rsquo;est un livre militant, courageux et essentiel. A lire et &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir.<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/editionspimientos.com\/\">http:\/\/editionspimientos.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Entre les Lignes: &quot;Chroniques du racisme ordinaire, le livre noir de la litt&eacute;rature du XIX&egrave;me si&egrave;cle.&quot;&nbsp; &nbsp; Voici un livre sous l&rsquo;&eacute;cho duquel bien des statues de commandeurs vont trembler. Voici un livre courageux qui &eacute;branle les idoles mais aussi les certitudes endormies. 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