{"id":6575,"date":"2013-04-21T19:22:38","date_gmt":"2013-04-21T19:22:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6575"},"modified":"2013-04-21T19:22:38","modified_gmt":"2013-04-21T19:22:38","slug":"la-descendance-du-createur-du-drapeau-disrael-est-arabe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-descendance-du-createur-du-drapeau-disrael-est-arabe\/","title":{"rendered":"La descendance du cr\u00e9ateur du drapeau d\u2019Isra\u00ebl est\u2026 arabe"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><u>La descendance du cr&eacute;ateur du drapeau d&rsquo;Isra&euml;l est&hellip; arabe<\/u><\/strong><u>(info # 011904\/13) <\/u><u>[Enqu&ecirc;te]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar Sandra Ores <strong>&copy;<\/strong><strong>Me<\/strong><strong>tula <\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews <\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est une histoire du peuple juif. Le r&eacute;cit de membres d&rsquo;une famille, &eacute;parpill&eacute;s &agrave; travers le monde, de destins s&eacute;par&eacute;s qui se retrouvent. C&rsquo;est une histoire d&rsquo;Isra&euml;l ; de liens familiaux primant sur les tensions religieuses et politiques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est une vie de s&eacute;paration entre Rishon-LeZion et Nazareth ; d&rsquo;ignorance de l&rsquo;existence d&rsquo;un proche, portant toute sa vie la croix d&rsquo;un lien cr&ucirc;ment interrompu. Un enfant d&eacute;pos&eacute; sur les marches d&rsquo;une &eacute;glise, dont une seule lettre du nom, mal transcrite, l&rsquo;a confin&eacute; derri&egrave;re un vide impassable.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tS&ucirc;rement s&rsquo;&eacute;taient-ils crois&eacute;s alors qu&rsquo;ils habitaient, pendant huit ans, le m&ecirc;me quartier <em>Alef<\/em> de Be&rsquo;er Sheva ; Youssouf Shoufani, arabe et chr&eacute;tien, travaillant &agrave; l&rsquo;usine de potasse de la mer Morte, et son cousin Naaman Belkind, ing&eacute;nieur en m&eacute;canique &agrave; la centrale nucl&eacute;aire de Dimona, dans le N&eacute;guev.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa famille Belkind s&rsquo;inscrit parmi les grands architectes d&rsquo;Isra&euml;l. Dans la Russie de 1861, na&icirc;t Isra&euml;l Belkind ; il fonde <em>Bilou<\/em>, un mouvement sioniste dont les principes sont le renouveau politico-&eacute;conomique national et spirituel du peuple h&eacute;breu en Syrie et en Terre d&rsquo;Isra&euml;l, la renaissance de l&rsquo;h&eacute;breu et la r&eacute;alisation personnelle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn 1882, un premier groupe de quatorze personnes part pour la Palestine. Isra&euml;l Belkind est l&rsquo;un des fondateurs de Rishon-Le Zion, &quot;les premiers &agrave; Sion&quot;, et le dessinateur (avec Fanny Meirovitch, jeune pionni&egrave;re comme lui) du drapeau du futur pays.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSon neveu, Naaman Belkind (oncle du premier Naaman cit&eacute; plus haut) est l&rsquo;un des membres fondateur du <em>Nili<\/em>. Ce r&eacute;seau d&rsquo;espionnage qui fut constitu&eacute; dans le but de fournir des informations aux Britanniques pour les soutenir dans leur combat contre les Turcs qui occupaient alors la Palestine.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn 1915, en d&eacute;pit de l&rsquo;opposition farouche du <em>Yishouv<\/em> (le foyer juif de Palestine avant la cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l), les membres de <em>Nili<\/em> aident les Anglais, en tablant qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;issue de la guerre, leur soutien les m&egrave;nera &agrave; obtenir de ces derniers leur part de la Palestine. Le r&eacute;seau est cependant d&eacute;couvert par l&rsquo;occupant, suite &agrave; la capture d&rsquo;un pigeon voyageur muni d&rsquo;un message secret &agrave; l&rsquo;intention des Britanniques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNaaman Belkind, son fr&egrave;re Eitan et Yossef Lishansky (d&rsquo;ailleurs &eacute;lev&eacute; &agrave; M&eacute;tula) sont faits prisonniers par les Turcs qui les exp&eacute;dient &agrave; Damas. Naaman et Yossef y sont pendus sur la place publique. Eitan parvient quant &agrave; lui &agrave; s&rsquo;enfuir durant son transfert vers la potence et &agrave; regagner Rishon-Le Zion. Sa fratrie, originellement compos&eacute;e de trois filles et de quatre gar&ccedil;ons, ainsi que ses parents, accueillent son retour sans son fr&egrave;re avec des sentiments mitig&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn 1929, un enfant est d&eacute;pos&eacute; sur les marches d&rsquo;une &eacute;glise de Nazareth. Le cur&eacute; l&rsquo;enregistre sous le nom latin de Josephum Belkund &ndash; ce qu&rsquo;il lit par erreur sur le billet qui accompagne le b&eacute;b&eacute; -, et le confie aux soins d&rsquo;une ma&icirc;tresse d&rsquo;&eacute;cole, c&eacute;libataire et sans enfant.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe pr&eacute;nom Joseph deviendra Youssouf en arabe. L&rsquo;homme fait sa vie, travaille dur pour nourrir ses sept enfants ; et surtout, ne cesse de porter &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de son &ecirc;tre la douleur de l&rsquo;absence d&rsquo;une famille &agrave; laquelle il se sent appartenir, mais qu&rsquo;il ne sait o&ugrave; trouver.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&quot;Un sentiment tragique&quot;, note sa petite fille, Hanan.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMichel, l&rsquo;oncle de Hanan, le fils de Youssouf, a les yeux bleus &#8211; une caract&eacute;ristique rare sur les collines de Galil&eacute;e connues pour avoir accueilli J&eacute;sus Christ &#8211; qui lui donnent le sentiment d&rsquo;&ecirc;tre quelque peu &eacute;tranger dans sa cit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tHanan et Michel sont &eacute;branl&eacute;s en percevant l&rsquo;immuable solitude de leur grand-p&egrave;re lorsque celui-ci d&eacute;cide, &agrave; plus de 60 ans, de passer un avis de recherche dans le cadre d&rsquo;une &eacute;mission t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPas d&rsquo;appel, aucune r&eacute;action, pas de r&eacute;ponse aux interrogations de l&rsquo;orphelin. Youssouf meurt. Inapais&eacute;s, Hanan et Michel entreprennent alors des recherches s&eacute;rieuses.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa jeune fille aux cheveux blonds qu&rsquo;est Hanan fait preuve de perspicacit&eacute; en supposant que le cur&eacute; avait pu faire une erreur en retranscrivant le nom de son grand-p&egrave;re sur l&rsquo;acte de naissance. Au lieu de Belkund, ne renvoyant aucun r&eacute;sultat sur Internet, au hasard, elle tape, dans le moteur de recherche, &quot;Belkind&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt tombe sur l&rsquo;histoire de la famille des pionniers ; scrute leur arbre g&eacute;n&eacute;alogique, avant de voir appara&icirc;tre le portrait crach&eacute; de son grand-p&egrave;re parmi les visages r&eacute;pertori&eacute;s. Il s&rsquo;agit d&rsquo;Isha&iuml; Belkind : la ressemblance est frappante, c&rsquo;est exactement le m&ecirc;me visage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tHanan contacte Tamar Eshel, membre de la famille Belkind, ancienne ambassadrice d&rsquo;Isra&euml;l aupr&egrave;s des Nations Unies et ancienne d&eacute;put&eacute;e &agrave; la Knesset. Socialement, politiquement, l&rsquo;&eacute;cart est immense entre la jeune fille de Nazareth et la figure de proue de l&rsquo;establishment isra&eacute;lien. &quot;Moi, arabe, m&rsquo;adresser &agrave; une grande famille sioniste !&quot; se souvient Hanan. La jeune chr&eacute;tienne souhaite cependant rencontrer Tamar ; elle lui explique au t&eacute;l&eacute;phone la raison de son appel.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTamar Eshel, qui n&rsquo;a jamais entendu parler de l&rsquo;existence d&rsquo;un enfant abandonn&eacute; dans sa famille, accepte toutefois de l&rsquo;&eacute;couter et l&rsquo;invite &agrave; la retrouver dans son appartement, sur les hauteurs de Ha&iuml;fa.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa jeune femme se rend au rendez-vous munie de la photographie de son grand-p&egrave;re. Tamar est instantan&eacute;ment troubl&eacute;e. Elle devine qu&rsquo;il ne peut s&rsquo;agir que de l&rsquo;enfant du cousin de sa m&egrave;re, Isha&iuml;. Elle n&rsquo;&eacute;bruite pas encore l&rsquo;affaire parmi les siens ; Isha&iuml; avait &eacute;t&eacute; mari&eacute;, mais n&rsquo;avait pas eu d&rsquo;enfant de sa femme, st&eacute;rile.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTamar s&rsquo;ouvre discr&egrave;tement &agrave; son cousin Naaman, (le fils d&rsquo;Eitan Belkind) ; ils d&eacute;cident que ce dernier et Michel (le fils de Youssouf) effectueront un test ADN afin d&rsquo;identifier un &eacute;ventuel lien de parent&eacute;. L&rsquo;examen, portant sur le chromosome Y, est confi&eacute; &agrave; l&rsquo;un des plus grands laboratoires de g&eacute;n&eacute;tique am&eacute;ricains.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDeux semaines plus tard, Hanan re&ccedil;oit un coup de t&eacute;l&eacute;phone &agrave; six heures du matin. Bouillonnement plus que surprise : les deux &eacute;chantillons proviennent, au-del&agrave; de tout doute sens&eacute;, &agrave; deux membres proches de la m&ecirc;me famille !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTamar Eshel, autant qu&rsquo;Olga Alroy, la s&oelig;ur de Naaman, sont boulevers&eacute;es &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que cet enfant ait grandi, abandonn&eacute; et loin de la famille, sans qu&rsquo;aucun de ses membres n&rsquo;en connaisse l&rsquo;existence.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOlga affirme, &quot;Si Isha&iuml; avait su, il l&rsquo;aurait cherch&eacute;, il adorait les enfants&quot;. Elle sort de ses placards une photographie de son oncle, celle sur laquelle il appara&icirc;t au bras d&rsquo;une jolie jeune fille. &quot;C&rsquo;&eacute;tait un coureur&quot;, confie-t-elle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;enfant avait-il &eacute;t&eacute; con&ccedil;u avant ou apr&egrave;s le mariage d&rsquo;Isha&iuml; ? Et qui &eacute;tait la m&egrave;re ? Isha&iuml; se consacrait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque &agrave; l&rsquo;apiculture avant de rejoindre sa famille &agrave; Rishon et de s&rsquo;occuper de l&rsquo;ouverture de son premier cin&eacute;ma.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa famille Belkind ne compte que peu de descendants, se sentant, pour la plupart d&rsquo;entre eux, oppress&eacute;s par le poids de leur identit&eacute; g&eacute;n&eacute;alogique. Nili Belkind (pr&eacute;nomm&eacute;e en &eacute;cho &agrave; l&rsquo;organisation fond&eacute;e deux g&eacute;n&eacute;rations avant elle), la fille de Naaman, a m&ecirc;me quitt&eacute; Isra&euml;l apr&egrave;s son service militaire pour faire sa vie &agrave; New York. &quot;Je ne voulais pas &ecirc;tre un drapeau&quot;, confie-t-elle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMichel, c&rsquo;est son petit cousin !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Belkind accueillent toute la nouvelle branche de leur famille les bras ouverts, sans aucune r&eacute;ticence. R&eacute;unis autour d&rsquo;un barbecue traditionnel dans le jardin de la maison de l&rsquo;un des fils de Youssouf, &agrave; Nazareth, les cousins arabes et juifs, m&eacute;lang&eacute;s et heureux, attestent ressentir une fibre commune. &quot;Quelque chose de chaud&quot;, d&eacute;crit Olga.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMichel s&rsquo;ouvre. &quot;Cette rencontre a chang&eacute; ma vision des Juifs ; jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;estimais qu&rsquo;ils &eacute;taient venus d&rsquo;Europe voler des terres arabes. A pr&eacute;sent, je comprends qu&rsquo;ils souhaitaient acheter des terrains pour construire leurs maisons&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&quot;Semblables&quot;, ainsi que le d&eacute;crit Olga, une m&eacute;saventure du destin a conduit les membres des deux branches de la famille sur des chemins parall&egrave;les. Aujourd&rsquo;hui r&eacute;unis, ils continuent leur chemin ensemble, en d&eacute;pit des foss&eacute;s et des id&eacute;es re&ccedil;ues entre leurs deux communaut&eacute;s. La famille de pionniers, dont le pass&eacute; est profond&eacute;ment ancr&eacute; dans l&rsquo;aile r&eacute;visionniste (droite) du mouvement sioniste, et leurs cousins germains de Nazareth. Du m&ecirc;me sang.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLeur histoire n&rsquo;est pas uniquement &eacute;mouvante. A les voir ensemble &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;une de leurs nombreuses r&eacute;unions familiales, il est quasiment impossible de diff&eacute;rencier les membres de la tribu retrouv&eacute;e. Rien ne les s&eacute;pare ; &agrave; croire que les murs les plus hauts du Moyen-Orient, qui paraissaient insurmontables, ne sont que des paravents de papier. Je parle, pour m&eacute;moire, de piliers de la cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l et d&rsquo;Arabes palestiniens de Nazareth.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe fatum a couch&eacute; les paravents artificiels d&rsquo;un seul souffle, se riant des complots des hommes pour faire refleurir l&rsquo;espoir. En regardant les deux ailes de la famille Belkind se partager les steaks, qui peut encore s&eacute;rieusement dire qu&rsquo;il est impossible de vivre ensemble ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La descendance du cr&eacute;ateur du drapeau d&rsquo;Isra&euml;l est&hellip; arabe(info # 011904\/13) [Enqu&ecirc;te] Par Sandra Ores &copy;Metula News Agency &nbsp; C&rsquo;est une histoire du peuple juif. Le r&eacute;cit de membres d&rsquo;une famille, &eacute;parpill&eacute;s &agrave; travers le monde, de destins s&eacute;par&eacute;s qui se retrouvent. 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