{"id":6609,"date":"2013-05-01T03:57:15","date_gmt":"2013-05-01T03:57:15","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6609"},"modified":"2013-05-01T03:57:15","modified_gmt":"2013-05-01T03:57:15","slug":"ghriba-un-rituel-bien-ancre-et-immuable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ghriba-un-rituel-bien-ancre-et-immuable\/","title":{"rendered":"Ghriba : Un rituel bien ancr\u00e9 et immuable"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n\t\t\t\t\tUn rituel bien ancr&eacute; et immuable<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;av&egrave;nement du p&egrave;lerinage de la Ghriba est un rituel annuel qui marque de son empreinte l&rsquo;&icirc;le de Djerba et le v&eacute;cu quotidien du Djerbien. Avant l&rsquo;apparition des premiers p&egrave;lerins juifs venus d&rsquo;ailleurs, vite remarqu&eacute;e dans les souks de la capitale Houmt-Souk dont la visite constitue pour beaucoup<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\tune occasion pour renouer avec des rep&egrave;res depuis longtemps perdus des yeux, une demeure, une &eacute;cole, un magasin, pour saluer des connaissances de longue date,&nbsp; pour s&rsquo;approvisionner en denr&eacute;es culinaires du terroir ou en produits&nbsp; cosm&eacute;tiques qui raniment de vieux souvenirs,&nbsp; un remue-m&eacute;nage s&eacute;curitaire est souvent palpable, vite remarqu&eacute; au renforcement des fouilles au niveau de tous les passages donnant acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;&icirc;le, puis, &agrave; mesure que l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance se rapproche, les mesures s&eacute;curitaires se g&eacute;n&eacute;ralisent pour couvrir toute l&rsquo;&icirc;le, notamment au niveau de la zone touristique lieu de r&eacute;sidence de la plupart des p&egrave;lerins et aux alentours du village d&rsquo;Erriadh abritant le sanctuaire. Cette ann&eacute;e encore, on n&rsquo;a pas d&eacute;vi&eacute; de la r&egrave;gle&nbsp;: le service de s&eacute;curit&eacute; mis en place &eacute;tait sans faille, impressionnant, omni pr&eacute;sent,&nbsp; veillant au moindre d&eacute;tail, op&eacute;rant quasi discr&egrave;tement, mais efficacement&nbsp; sans avoir &agrave; irriter la population, ni &agrave; lui compliquer son v&eacute;cu quotidien ou &agrave; compromettre ses affaires courantes quotidiennes, comme c&rsquo;&eacute;tait le cas de triste souvenir, quand lors de telles occasions, l&rsquo;&icirc;le finissait par &ecirc;tre assi&eacute;g&eacute;e, ses habitants presqu&rsquo;interdits de libre circulation et certains lieux par &ecirc;tre r&eacute;quisitionn&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe p&egrave;lerinage de la Ghriba, est un rituel annuel f&ecirc;t&eacute; en grande pompe autour de cette tr&egrave;s vieille synagogue composant avec les deux caravans&eacute;rails limitrophes le site. Comme toutes les f&ecirc;tes juives, et en d&eacute;pit de l&rsquo;allure folklorique que prennent certaines pratiques, cette c&eacute;r&eacute;monie est &agrave; comprendre comme un rappel de faits marquants de l&rsquo;histoire du juda&iuml;sme et un retour vers la m&eacute;moire. Le rituel de la Ghriba correspond donc au 33&egrave;me jour apr&egrave;s Pessah, f&ecirc;t&eacute; en comm&eacute;moration de la&nbsp; mort de deux &eacute;minents rabbins kabbalistes : Rabbi Meyer Baal Bail Heness, homme de miracles, et Rabbi Shim&eacute;on Bar Yohai, consid&eacute;r&eacute; par les juifs d&rsquo;Afrique du Nord comme le commentateur, l&rsquo;inspirateur ou l&rsquo;auteur du S&eacute;pher du&nbsp;Zohar, le livre des Splendeurs, et l&rsquo;un des grands ouvrages de la mystique juive.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;affluence, cette ann&eacute;e, n&rsquo;est pas des grands jours, 400 p&egrave;lerins ou presque, certes tr&egrave;s en de&ccedil;&agrave; des quelques milliers&nbsp; enregistr&eacute;s au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, mais l&eacute;g&egrave;rement en hausse par rapport &agrave; l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Qu&rsquo;il pleuve ou qu&rsquo;il vente, les inconditionnels sont toujours pr&eacute;sents, en g&eacute;n&eacute;ral des familles install&eacute;es en France, ou dans d&rsquo;autres villes du pays, ne ratant aucun p&egrave;lerinage dont ils profitent de l&rsquo;occasion pour retrouver des personnes de leurs connaissances perdues de vue depuis longtemps, pour venir plonger dans l&rsquo;atmosph&egrave;re mythique de la Ghriba, avec ses vieux rouleaux de la Thora, ses ex-votos en or et en argent, portant les noms de familles juives et d&eacute;di&eacute;s &agrave; la m&eacute;moire d&rsquo;un &ecirc;tre cher perdu ou pour la b&eacute;n&eacute;diction d&rsquo;une descendance, ou encore pour m&eacute;diter devant la petite grotte o&ugrave; l&rsquo;on vient d&eacute;poser des &oelig;ufs pour une fertilit&eacute; souhait&eacute;e qui tarde, ou en qu&ecirc;te d&rsquo;un &eacute;poux &agrave; une fille qui commence &agrave; avancer en &acirc;ge ou d&rsquo;une descendance m&acirc;le bien d&eacute;sir&eacute;e, etc&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa Mnara, ou l&rsquo;&nbsp;&laquo;Aroussa&raquo;,&nbsp;e rituel de la procession<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tDimanche 28 avril, &eacute;tait le jour pr&eacute;vu de la Ziara&nbsp;; le moment &eacute;tait tr&egrave;s attendu&nbsp;: t&ocirc;t dans l&rsquo;apr&egrave;s-midi, les p&egrave;lerins &eacute;taient tous r&eacute;unis dans&nbsp;l&rsquo;oukala, le caravens&eacute;rail en face de la synagogue, am&eacute;nag&eacute; le temps des festivit&eacute;s en un espace de contact et de consommation de victuailles de toutes sortes, grillades, briks, g&acirc;teaux, boissons, etc&#8230; . Dans les diff&eacute;rentes cours du caravans&eacute;rail et dans les couloirs, on buvait, on mangeait, on chantait et on dansait, dans une ambiance de ferveur et de liesse, comme le veut la tradition, comme le stipulent les r&egrave;gles r&eacute;gissant le rituel. Une foule h&eacute;t&eacute;roclite remplissait les patios du caravans&eacute;rail et l&rsquo;int&eacute;rieur de la synagogue&nbsp;; on remarquait vite la diff&eacute;rence entre les juifs autochtones et ceux venus d&rsquo;ailleurs pour f&ecirc;ter ce jour de Lag Baomer, ostentatoirement v&ecirc;tus, Des Tunisiennes et des Tunisiens de confession musulmane &eacute;taient aussi de la partie et suivaient avec int&eacute;r&ecirc;t le c&eacute;r&eacute;monial changeant au fil des minutes et des heures. A 17 heures, la Mnara, une pyramide hexagonale en argent dans laquelle sont inscrits les noms des douze tribus d&rsquo;Isra&euml;l et ceux des rabbins renomm&eacute;s de Tunisie, quittait la cour du caravans&eacute;rail, d&eacute;cor&eacute;e de foulards vendus aux ench&egrave;res, semblable &agrave; la jeune fille sur le point d&rsquo;&ecirc;tre conduite &agrave; son &eacute;poux. Conduite en procession pour un petit tour, &eacute;court&eacute; cette ann&eacute;e par rapport au parcours traditionnel qui pr&eacute;voit le passage &agrave; travers les ruelles du village de Hara Sghira pour s&rsquo;arr&ecirc;ter devant l&rsquo;autre synagogue et revenir, elle &eacute;tait pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e de l&rsquo;orchestre local, par&eacute;e de tous les soins, suivie et entour&eacute;e&nbsp; de toutes et de tous, entonnant en ch&oelig;ur durant tout le parcours des chants et des refrains connus repris dans le r&eacute;pertoire local.&nbsp; Au retour de sa promenade rituelle, la Mnara, avant de regagner la seconde grande salle de la synagogue pour y retrouver la place qui lui revient, a &eacute;t&eacute; plac&eacute;e face &agrave; la porte d&rsquo;entr&eacute;e de la synagogue faisant face au portail du caravans&eacute;rail, en attendant l&rsquo;arriv&eacute;e des officiles. Vers 18&nbsp;:30, M. jamel Gamra, Ministre du Tourisme, accompagn&eacute; de M.Fran&ccedil;ois Gouyette, Ambassadeur de France, du Grand Rabbin de Tunis, du gouverneur de M&eacute;denine et des membres du Comit&eacute; de la Ghriba, a fait son apparition ; place &eacute;tait alors aux discours protocolaires de bienvenue, de f&eacute;licitations, d&rsquo;hommages, de reconnaissances, de gloire &agrave; la Tunisie et &agrave; sa R&eacute;volution, re&ccedil;us par des applaudissements nourris et enthousiasm&eacute;s de l&rsquo;assistance et suivis, en guise de cl&ocirc;ture de la Ziara, par l&rsquo;hymne national entonn&eacute; en ch&oelig;ur par la foule.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tNaceur Bouabid<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Un rituel bien ancr&eacute; et immuable &nbsp; L&rsquo;av&egrave;nement du p&egrave;lerinage de la Ghriba est un rituel annuel qui marque de son empreinte l&rsquo;&icirc;le de Djerba et le v&eacute;cu quotidien du Djerbien. 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