{"id":67301,"date":"2022-09-04T17:44:34","date_gmt":"2022-09-04T17:44:34","guid":{"rendered":""},"modified":"2022-09-04T17:44:34","modified_gmt":"2022-09-04T17:44:34","slug":"minorites-en-tunisie-le-cimetiere-de-borgel-une-memoire-en-perdition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/minorites-en-tunisie-le-cimetiere-de-borgel-une-memoire-en-perdition\/","title":{"rendered":"Minorit\u00e9s en Tunisie : Le cimeti\u00e8re de Borgel, une m\u00e9moire en perdition"},"content":{"rendered":"<p>Minorit\u00e9s en Tunisie : Le cimeti\u00e8re de Borgel, une m\u00e9moire en perdition<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Borgel est la derni\u00e8re demeure de grands noms de la chanson tunisienne, comme Habiba Msika et Cheikh El Afrit. Divis\u00e9 en une partie d\u00e9di\u00e9e aux juifs et une autre aux chr\u00e9tiens, le cimeti\u00e8re abrite aussi les d\u00e9pouilles de personnalit\u00e9s la\u00efques, cantonn\u00e9es dans un carr\u00e9 s\u00e9par\u00e9. Et ces hauts lieux de la m\u00e9moire tunisienne attestent de l\u2019\u00e9volution de la pr\u00e9sence des minorit\u00e9s en Tunisie.<\/p>\n<p>Le cimeti\u00e8re de Borgel est \u00aben p\u00e9ril\u00bb, ont d\u00e9clar\u00e9 diff\u00e9rents intervenants de \u00abDjerba Cult\u2019\u00bb. Lors de l\u2019\u00e9v\u00e9nement tenu du 16 au 18 mai, en marge du p\u00e8lerinage de la synagogue de la Ghriba. Un appel a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour sauvegarder le patrimoine juif tunisien, dont Borgel fait partie int\u00e9grante. Quelques jours auparavant, une figure d\u2019origine juive, Leila Adda avait \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9e dans ce m\u00eame cimeti\u00e8re, situ\u00e9 sur l\u2019avenue Kheireddine Pacha \u00e0 Tunis. Une occasion de red\u00e9couvrir ces lieux ayant surv\u00e9cu aux vicissitudes de l\u2019histoire. En fait, le cimeti\u00e8re abrite deux parties distinctes : l\u2019une d\u00e9di\u00e9e aux chr\u00e9tiens et l\u2019autre aux juifs. Et pour visiter le carr\u00e9 \u00ab des libres penseurs \u00bb, il faut passer par le cimeti\u00e8re chr\u00e9tien.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Des libres penseurs \u00bb \u00e0 la marge<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9nomination du carr\u00e9 \u00ab des libres penseurs \u00bb du Borgel pourrait laisser imaginer une sorte de Panth\u00e9on des minorit\u00e9s \u00e0 l\u2019image du carr\u00e9 des martyrs du Djellaz. Une place r\u00e9serv\u00e9e justement aux esprits libres qui ont marqu\u00e9 la vie intellectuelle et politique tunisienne, \u00e0 l\u2019instar de Leila Adda, Gilbert Naccache, Georges Adda, etc. Sauf que ce carr\u00e9 n\u2019a absolument rien de comparable avec la splendeur du Panth\u00e9on, ni m\u00eame \u00e0 celle du carr\u00e9 des martyrs du Djellaz.<\/p>\n<p><strong>Une fois arriv\u00e9 au cimeti\u00e8re municipal dit \u00ab chr\u00e9tien \u00bb du Borgel, il faut traverser une longue art\u00e8re pour acc\u00e9der \u00e0 ce carr\u00e9. Un travailleur dans ce lieu nous indique l\u2019endroit en grommelant d\u2019un ton insolent : C\u2019est la partie r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 ceux qui ne croient en rien.<\/strong><\/p>\n<p>Les tombes du carr\u00e9 sont align\u00e9es horizontalement. Rien ne renvoie \u00e0 l\u2019appellation du \u00ab carr\u00e9 des libres penseurs \u00bb, hormis les noms des personnalit\u00e9s grav\u00e9s sur le marbre des pierres tombales. Mais pour les lire, il faut arracher les touffes d\u2019herbe qui recouvrent parfois les \u00e9pitaphes. Quelques rosiers mal soign\u00e9s envahissent le mur \u00e0 c\u00f4t\u00e9, ajoutant comme par m\u00e9garde, des touches de beaut\u00e9 au lieu.<\/p>\n<p>Aux alentours, des gravats attestent des enterrements r\u00e9cents. Un peu plus loin, une vaste terre pr\u00eate \u00e0 les accueillir. Juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, une fosse commune regroupe les ossements des corps transport\u00e9s de l\u2019ancien cimeti\u00e8re du Belv\u00e9d\u00e8re vers Borgel. Seules une croix et une plaque en marbre l\u2019indiquent. La mauvaise herbe a conquis le terrain. On y trouve une solitaire bouteille d\u2019eau en plastique convertie en vase o\u00f9 gisent quelques roses en guise d\u2019hommage \u00e0 ces morts.<\/p>\n<p>Il faut mettre le paquet pour embellir les tombes, nous raconte le jardinier. Des familles le font encore. \u00ab Il y a m\u00eame des gens qui envoient de l\u2019argent de l\u2019\u00e9tranger \u00bb, confie-t-il. Oubli\u00e9es de leurs familles, les autres s\u00e9pultures sont livr\u00e9es au mauvais temps. La municipalit\u00e9 effectue quelques fois des op\u00e9rations de d\u00e9sherbage, nous raconte l\u2019ouvrier.<\/p>\n<p>Ce cimeti\u00e8re dit\u00ab chr\u00e9tien \u00bb a notamment remplac\u00e9 celui du Belv\u00e9d\u00e8re situ\u00e9 \u00e0 Bab El Khadra. Ferm\u00e9 en 1979, il regroupait d\u00e9j\u00e0 9000 concessions. 295 d\u2019entre elles pour les \u00e9vang\u00e9liques et 325 \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la section la\u00efque. Des personnalit\u00e9s de la mouvance lib\u00e9rale, des francs-ma\u00e7ons, des socialistes et des communistes y \u00e9taient inhum\u00e9es, \u00e9crit l\u2019universitaire Habib Kazdaghli en renvoyant aux travaux de l\u2019historien Pierre Soumille.<\/p>\n<p>Il a fallu toute une campagne de presse et la lutte d\u2019un ancien communard install\u00e9 en Tunisie, Jules Montels, pour pousser la municipalit\u00e9 \u00e0 am\u00e9nager un espace d\u00e9di\u00e9 aux \u00ab protestants \u00bb et aux \u00absans cultes\u00bb, appel\u00e9 plus tard le \u00abcarr\u00e9 la\u00efc\u00bb. La premi\u00e8re inhumation y a eu lieu le 3 mai 1886. Les trois cimeti\u00e8res \u00e9taient s\u00e9par\u00e9s par des murs mais cohabitaient sur le m\u00eame site de Bab El Khadra.<\/p>\n<p>Avec le transfert des d\u00e9pouilles \u00e0 Borgel, le carr\u00e9 la\u00efc a cess\u00e9 d\u2019exister. Il a fallu attendre le d\u00e9c\u00e8s de la militante f\u00e9ministe, Gladys Adda en 1995 pour le faire resurgir. Le 28 novembre 1996, la municipalit\u00e9 de Tunis signe un contrat de vente d\u2019un terrain avec la famille Adda pour permettre son enterrement dans un carr\u00e9 d\u00e9di\u00e9 aux libres penseurs. Depuis, d\u2019autres inhumations ont eu lieu. Les corps de Gladys, Georges et leur fille Leila Adda y reposent. D\u2019autres tombes sont align\u00e9es sur le m\u00eame site formant un carr\u00e9 d\u2019un peu plus d\u2019une dizaine de s\u00e9pultures.<\/p>\n<p>Selon l\u2019anthropologue Margaux Fitoussi, on ne dispose pas de chiffre exact concernant les corps inhum\u00e9s. Mais, ils seraient en effet plus d\u2019une dizaine. Travaillant sur la juda\u00efcit\u00e9 en Tunisie, la chercheuse a \u00e9tudi\u00e9 \u00able caract\u00e8re la\u00efque du carr\u00e9 des libres penseurs et les raisons pour lesquelles des personnes n\u00e9es dans des familles d\u2019origines juives et chr\u00e9tiennes ont choisi d\u2019\u00eatre enterr\u00e9es sans les rites de leurs origines\u00bb, souligne-t-elle \u00e0 Nawaat. Et de pr\u00e9ciser que plusieurs parmi eux appartenaient \u00e0 l\u2019ancien parti communiste.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9tat ab\u00eem\u00e9 du Borgel des juifs<\/strong><\/p>\n<p>Le mur s\u00e9parant le carr\u00e9 \u00ab des libres penseurs \u00bb des tombes des chr\u00e9tiens n\u2019existe plus. En revanche, un mur distingue le Borgel des chr\u00e9tiens du Borgel limitrophe des juifs. Il faut sortir du premier pour acc\u00e9der, \u00e0 travers une porte, au deuxi\u00e8me.<\/p>\n<p>Les deux cimenti\u00e8res ne se distinguent pas uniquement par la religion de leurs pensionnaires. L\u2019architecture des tombes est bien s\u00fbr clairement diff\u00e9rente, d\u2019un lieu \u00e0 l\u2019autre. Les plus anciennes d\u2019entre elles se singularisent par leur simplicit\u00e9. Le monument fun\u00e9raire est compos\u00e9 d\u2019une pierre tombale, en l\u2019occurrence la partie horizontale recouvrant la s\u00e9pulture. D\u2019autres pierres tombales sont en revanche compos\u00e9es \u00e9galement d\u2019une st\u00e8le destin\u00e9e \u00e0 recevoir les ornements sur laquelle est inscrit le nom fran\u00e7ais et h\u00e9breu du d\u00e9funt. Sur ces pierres, on trouve g\u00e9n\u00e9ralement des gravures, une ou plusieurs \u00e9toiles de David ainsi qu\u2019une \u00e9pitaphe.<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong> Ces pierres tombales d\u00e9notent de l\u2019influence des formes fun\u00e9raires chr\u00e9tiennes sur les juifs. Avant, ces derniers ne construisaient pas les tombes. Ce n\u2019est plus le cas sous l\u2019influence r\u00e9cente de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, explique Habib Kazdaghli \u00e0 Nawaat.<\/strong><\/p>\n<p>La partie juive du Borgel est plus ancienne. Le terrain servant \u00e0 l\u2019enterrement des juifs a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 en 1889. Inaugur\u00e9 par le rabbin Elie Borgel, ce dernier lui a donn\u00e9 son nom, pr\u00e9cise l\u2019historien. 75% des tombes appartiennent aux juifs tunisiens et le reste aux juifs dit granas. Ces derniers sont d\u2019origine italienne. Ils se sont install\u00e9s dans la r\u00e9gence \u00e0 partir du 18\u00e8mesi\u00e8cle, poursuit-il. Et de d\u00e9plorer le fait que \u00ab l\u2019ensemble soit dans un \u00e9tat d\u00e9labr\u00e9 \u00bb. Le nombre exact des tombes demeure \u00e9galement m\u00e9connu.<\/p>\n<p><strong>En effet, le travail de recensement des pierres tombales pi\u00e9tine encore. On estime que le cimeti\u00e8re abrite entre 15 mille et 20 mille tombes,<\/strong><strong> d\u00e9clare Moch\u00e9 Uzan, grand Rabbin de Tunis, \u00e0 Nawaat.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est seulement le nombre des tombes identifi\u00e9es. Habib Kazdaghli avance un chiffre beaucoup plus important, avoisinant 70 mille tombes. Appartenant \u00e0 la communaut\u00e9 juive de Tunis, le cimeti\u00e8re est g\u00e9r\u00e9 par elle. Et c\u2019est Henda Hadad qui en est devenue la m\u00e9moire. Alors que le nombre des enterrements avoisinait plus d\u2019une dizaine chaque ann\u00e9e dans les ann\u00e9es 50, aujourd\u2019hui, on ne compte qu\u2019une seule inhumation par an. Les personnes enterr\u00e9es r\u00e9cemment r\u00e9sidaient dans des maisons de retraite. Elles n\u2019ont plus de familles en Tunisie, raconte la conservatrice du lieu.<\/p>\n<p>S\u2019occupant de la conservation du lieu, elle a h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re ce travail entam\u00e9 depuis les ann\u00e9es 50. Elle a pris la rel\u00e8ve de son p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es. Habitant avec sa famille dans une maisonnette situ\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du cimeti\u00e8re, elle a grandi dans cet endroit et connait parfaitement tous ses recoins. \u00ab Je suis passionn\u00e9e par la port\u00e9e historique du lieu d\u2019o\u00f9 mon int\u00e9r\u00eat pour mon travail \u00bb, raconte-t-elle \u00e0 Nawaat. Les personnes cherchant \u00e0 retrouver les tombes de membres de leurs familles se dirigent vers elle. Et ils sont de plus en plus nombreux \u00e0 le faire, confie-t-elle. \u00ab Des juifs de passage \u00e0 Borgel apr\u00e8s leur p\u00e8lerinage de la Ghriba mais aussi des personnes venues en vacances d\u2019\u00e9t\u00e9. La plupart cherche les tombes de leurs arri\u00e8res grands-parents. Certains tentent de les restaurer\u00bb, fait-elle savoir.<\/p>\n<p>Car c\u2019est aux familles de restaurer les pierres tombales de leurs proches. La municipalit\u00e9 et la communaut\u00e9 juive ne s\u2019occupent que des tombes des grands rabbins et des all\u00e9es, pr\u00e9cise Moch\u00e9 Uzan. L\u2019\u00e9tat en p\u00e9ril de nombreuses tombes refl\u00e8te ainsi l\u2019abandon des familles. Un ph\u00e9nom\u00e8ne expliqu\u00e9 par Kazdaghli par d\u2019exode des juifs : \u00ab La plupart des juifs tunisiens ont quitt\u00e9 le pays dans des conditions malheureuses. Ils ont sacrifi\u00e9 leurs biens mais aussi d\u00fb renoncer \u00e0 cette partie de leur histoire familiale grav\u00e9e dans ces tombes\u00bb.<\/p>\n<p>Moch\u00e9 Uzan explique, quant \u00e0 lui, ce laisser-aller des familles par \u00ab la psychose\u00bb engendr\u00e9e parla d\u00e9saffectation de l\u2019ancien cimeti\u00e8re du Passage, d\u00e9cid\u00e9e en 1957. Dans le cadre du r\u00e9am\u00e9nagement de la ville, les juifs ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 transf\u00e9rer les d\u00e9pouilles de leurs familles vers Borgel. La d\u00e9saffectation a aussi englob\u00e9 des cimeti\u00e8res de chr\u00e9tiens et des musulmans mais \u00ab les juifs l\u2019ont particuli\u00e8rement mal v\u00e9cue surtout que cette affaire a eu lieu dans le sillage d\u2019une p\u00e9riode mouvement\u00e9e dans la vie des juifs en Tunisie\u00bb, rench\u00e9rit l\u2019historien. Et d\u2019ajouter : \u00ab Ils ont senti qu\u2019ils \u00e9taient cibl\u00e9s \u00bb.Pour le rabbin, le d\u00e9placement des d\u00e9pouilles \u00e9tait v\u00e9cu comme \u00ab un sacril\u00e8ge \u00bb, vu les pr\u00e9ceptes de la religion juive. Les juifs croient en la r\u00e9surrection des morts. Les d\u00e9pouilles rev\u00eatent un caract\u00e8re sacr\u00e9.<\/p>\n<p>La conversion de l\u2019ancien cimenti\u00e8re en un jardin public, connu actuellement sous le nom du jardin Habib Thameur avait attis\u00e9 la col\u00e8re de la communaut\u00e9 juive. \u00ab Les juifs n\u2019entrent pas dans ce jardin. Pour eux, on est en train de marcher sur leurs morts \u00bb, rench\u00e9rit Uzan.<\/p>\n<p>Depuis, beaucoup sont revenus pour chercher les tombes de leurs anc\u00eatres. Mais le recensement et la r\u00e9habilitation des tombes n\u00e9cessitent davantage de moyens financiers et techniques dont ne disposent ni l\u2019Etat ni le grand rabbinat, rel\u00e8ve Moch\u00e9 Uzan. Il plaide pour une meilleure organisation de la communaut\u00e9 juive et appelle \u00e0 l\u2019all\u00e8gement des proc\u00e9dures administratives afin de pouvoir photographier les tombes et de mettre leurs photos en libre acc\u00e8s. Le but \u00e9tant de permettre ainsi leur identification par les familles, et par ricochet, aboutir \u00e0 leur restauration.<\/p>\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le cimeti\u00e8re n\u2019est pas uniquement un lieu de m\u00e9moire mais un moyen pour que les juifs gardent un lien avec leurs anc\u00eatres, et \u00e0 travers eux, avec la Tunisie natale,&nbsp; esp\u00e8re le grand rabbin.<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019autant plus que Borgel est un lieu de p\u00e8lerinage pour beaucoup de juifs. Ils viennent chaque ann\u00e9e se recueillir sur la tombe du rabbin Hai Taieb. Au carr\u00e9 des grands rabbins, on trouve les traces de bougies allum\u00e9es \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leurs tombes. Une bouteille de Boukha vid\u00e9e orne \u00e9galement le lieu. A proximit\u00e9, des st\u00e8les sont dress\u00e9es \u00e0 la m\u00e9moire des juifs morts sous l\u2019occupation de la Tunisie par les troupes de l\u2019Axe. Un autre m\u00e9morial rappelle la disparition des \u00ab enfants d\u2019Oslo \u00bb le 20 novembre 1949. Une autre plaque en marbre rend hommage au boxeur Young Perez abattu dans le camp d\u2019Auschwitz en 1945. Borgel abrite les d\u00e9pouilles de grands noms de la chanson tunisienne, en l\u2019occurrence la chanteuse Habiba Msika, n\u00e9e Marguerite Msika et Cheikh El Afrit, n\u00e9 Issim Isra\u00ebl Rozzio.<\/p>\n<p>D\u00e9poussi\u00e9rer les tombes de Borgel c\u2019est aussi lever le voile sur une parcelle de l\u2019Histoire du pays et de la vie comme de la mort de ses minorit\u00e9s.<\/p>\n<p>Rihab Boukhayatia &#8211; Nawaat<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Minorit\u00e9s en Tunisie : Le cimeti\u00e8re de Borgel, une m\u00e9moire en perdition &nbsp; Borgel est la derni\u00e8re demeure de grands noms de la chanson tunisienne, comme Habiba Msika et Cheikh El Afrit. 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