{"id":6761,"date":"2014-06-06T02:59:14","date_gmt":"2014-06-06T02:59:14","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6761"},"modified":"2014-06-06T01:17:27","modified_gmt":"2014-06-06T01:17:27","slug":"les-marranes-400-ans-dangoisse-et-de-terreur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-marranes-400-ans-dangoisse-et-de-terreur\/","title":{"rendered":"Les marranes : 400 ans d&rsquo;angoisse et de terreur !"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<span>Les marranes : 400 ans d&#39;angoisse et de terreur !<\/span><\/p>\n<div>\n<article id=\"flexicontent\">\n<header>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tMaryse Choukroun-Historienne<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<div>\n<div>\n<div id=\"fwslider156\">\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tLe marranisme est un ph&eacute;nom&egrave;ne unique par son ampleur et sa dur&eacute;e dans toute l&#39;histoire du juda&iuml;sme.<br \/>\n\t\t\t\tIl est l&#39;aboutissement d&#39;une suite d&#39;&eacute;v&eacute;nements et de situations inh&eacute;rentes &agrave; l&#39;histoire du juda&iuml;sme ib&eacute;rique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tArriv&eacute;s au Ier si&egrave;cle comme esclaves &agrave; la suite des arm&eacute;es romaines, apr&egrave;s la chute de J&eacute;rusalem, les Juifs sont affranchis en l&#39;an 212 par l&#39;empereur Caracalla.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu IV&egrave;me si&egrave;cle, les Wisigoths envahissent la r&eacute;gion. Lors de la conversion de leur Roi Recared au catholicisme, au VII&egrave;me si&egrave;cle, toute la population est somm&eacute;e d&#39;embrasser la foi chr&eacute;tienne. Les Juifs ayant refus&eacute;, ils connaissent les premi&egrave;res grandes pers&eacute;cutions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMenac&eacute;s d&#39;avoir les deux yeux crev&eacute;s, (symbole de leur aveuglement devant la v&eacute;rit&eacute; de la croyance chr&eacute;tienne), les historiens estiment &agrave;&nbsp;90.000&nbsp;le nombre de ceux qui auraient accept&eacute; la conversion. Les autres se r&eacute;fugient dans les montagnes jusqu&#39;&agrave; l&#39;invasion des Maures au VIII&egrave;me si&egrave;cle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tA partir du IX&egrave;me si&egrave;cle, l&#39;Empereur Charlemagne, entreprend la conqu&ecirc;te syst&eacute;matique de la P&eacute;ninsule. Les Juifs se retrouvent &agrave; nouveau en pays chr&eacute;tien. Durant les trois si&egrave;cles suivants, on peut dire que leur situation est vivable. La philosophie, la po&eacute;sie, les sciences s&#39;&eacute;panouissent.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tC&#39;est ce que certains historiens ont qualifi&eacute; &laquo; l&#39;&acirc;ge d&#39;or du juda&iuml;sme espagnol &raquo;. On retrouve tout naturellement des Juifs &agrave; des postes &eacute;lev&eacute;s dans des charges publiques et honorifiques, ce qui ne va pas sans susciter des envies, et des jalousies aig&uuml;es.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tMais cette situation va changer du tout au tout avec l&#39;arriv&eacute;e du nouveau pape Innocent III. En 1215, il r&eacute;unit un Concile &agrave; Latran et promulgue&nbsp;pour tout le monde chr&eacute;tien&nbsp;les plus virulents dogmes antijuifs :<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t1) Les Juifs devront vivre dans des quartiers s&eacute;par&eacute;s ferm&eacute;s par de hauts murs. (ghettos, juiveries, juderias ou calls suivant les pays).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t2) D&egrave;s que les juifs sortent de leur quartier, ils sont oblig&eacute;s de porter des signes distinctifs qui les font reconnaitre des chr&eacute;tiens : un chapeau pointu en Europe de l&#39;Est, ou en Espagne, une longue cape de bure appel&eacute;e gramelle avec cousue sur la poitrine, une rouelle (rond jaune sur fond rouge, m&eacute;lange du jaune infamant et du rouge &eacute;voquant le sang de J&eacute;sus).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t3) Et plus grave que tout ce Concile d&eacute;cr&egrave;te que les Juifs sont un peuple d&eacute;icide, phrase r&eacute;p&eacute;t&eacute;e dans les &eacute;glises r&eacute;guli&egrave;rement. Cette proclamation ne fut annul&eacute;e que lors de Vatican II en&nbsp;1965.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu milieu de toutes ces brimades et humiliations, les Juifs vivent et survivent. Au milieu du XIV&egrave;me si&egrave;cle trois &eacute;pid&eacute;mies de peste se d&eacute;clarent &agrave; partir de 1348. L&#39;Europe enti&egrave;re est touch&eacute;e. Les morts se comptent par dizaines et par centaines de milliers.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe fait que les Juifs vivant dans des quartiers s&eacute;par&eacute;s avec leurs propres puits, en observant les r&egrave;gles d&#39;hygi&egrave;ne (mikwe, netilat Yadaim) et la cacherout ont fait que les premiers mois, ils furent moins atteints que les autres habitants.<br \/>\n\t\t\t\tDe l&agrave; &agrave; penser qu&#39;ils avaient empoisonn&eacute; les puits des Chr&eacute;tiens, il n&#39;y eut qu&#39;un seul pas qui fut tr&egrave;s vite franchi.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes pestes avaient fait de tr&egrave;s nombreux morts et la d&eacute;mographie de la P&eacute;ninsule &eacute;tait tomb&eacute;e en chute libre, d&#39;o&ugrave; un manque de bras dans toutes les branches artisanales, et plus particuli&egrave;rement dans l&#39;agriculture.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tA ce probl&egrave;me se surajouta des ann&eacute;es de tr&egrave;s grand froid qui d&eacute;truisirent les r&eacute;coltes et la famine s&eacute;vit en Espagne durant plus de dix ans.<br \/>\n\t\t\t\tLa r&eacute;volte grondait dans les campagnes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDes moines tout sp&eacute;cialement form&eacute;s allaient de villages en villages pour d&eacute;tourner le m&eacute;contentement des paysans contre le gouvernement, et le diriger contre les Juifs ceux par qui tous leurs malheurs arrivaient.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIl fallait &eacute;radiquer l&#39;Espagne de tous ses juifs, non pas en les tuant, mais en les convertissant. Seul, un refus total devait provoquer leur mort.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe courroux grandissait, s&#39;enflait, et &agrave; la fin du mois de mars 1391, une vague incontr&ocirc;l&eacute;e de massacres s&#39;abattit sur la P&eacute;ninsule, d&eacute;truisant tout sur son passage, du sud vers le nord.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAdmirablement orchestr&eacute;e au d&eacute;part par l&#39;&eacute;v&ecirc;que de S&eacute;ville, ces pogroms avaient pour but soit, en ayant m&ecirc;me recours &agrave; la force, de convertir les Juifs, soit de les supprimer. C&#39;est donc aux cris de &quot; &agrave; feu et &agrave; sang &quot; et &quot; la conversion ou la mort&quot; que la foule d&eacute;cha&icirc;n&eacute;e envahit tous les quartiers juifs.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans la r&eacute;gion de S&eacute;ville,&nbsp;4000&nbsp;Juifs furent tu&eacute;s en quelques jours, &agrave; Cordoue, tout le quartier fut r&eacute;duit en cendres. Les juiveries de Barcelone, de Majorque, de L&eacute;rida, Saragosse et bien d&#39;autres plus petites, furent ray&eacute;es de la carte.Les Juifs qui refusaient d&#39;embrasser la foi chr&eacute;tienne furent brul&eacute;s sur des buchers improvis&eacute;s ou pass&eacute;s au fil de l&#39;&eacute;p&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDes t&eacute;moignages parlent du sang d&eacute;valant les ruelles, des hurlements d&#39;hyst&eacute;rie de la populace d&eacute;chain&eacute;e, des Juifs tir&eacute;s par les cheveux jusqu&#39;&agrave; des fonts baptismaux dans lesquels ils &eacute;taient plong&eacute;s par la force pour &ecirc;tre convertis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDevant le d&eacute;cha&icirc;nement de la foule en furie, nombreux furent les Juifs qui pens&egrave;rent que le seul moyen de s&#39;en sortir et de survivre &eacute;tait d&#39;accepter une conversion, persuad&eacute;s que l&#39;ordre allait bient&ocirc;t &ecirc;tre r&eacute;tabli, et qu&#39;ils pourraient reprendre le cours normal de leur vie d&#39;ici quelque temps.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tEn l&#39;espace de cinq mois, temps durant lequel ces massacres firent rage, on estime &agrave;&nbsp;50.000le nombre des Juifs morts en Espagne, et &agrave;&nbsp;250.000&nbsp;celui des convertis.<br \/>\n\t\t\t\tC&#39;est un ph&eacute;nom&egrave;ne unique dans toute l&#39;histoire du juda&iuml;sme.<br \/>\n\t\t\t\tMais il ne s&#39;arr&ecirc;ta pas avec la fin de ces exactions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes hauts dignitaires de l&#39;Eglise se montr&egrave;rent fort d&eacute;&ccedil;us par les r&eacute;sultats. Ils avaient esp&eacute;r&eacute; une arriv&eacute;e en masse pour ne pas dire totale des Juifs dans le giron du catholicisme. Voyant qu&#39;ils n&#39;avaient pas obtenu par la force les r&eacute;sultats escompt&eacute;s, ils d&eacute;cid&egrave;rent d&#39;essayer la persuasion.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tD&egrave;s 1401, il fut d&eacute;cid&eacute; que tous les Juifs d&egrave;s l&#39;&acirc;ge de 7 ans, devaient &ecirc;tre amen&eacute;s, si besoin &eacute;tait, par la force, deux fois par semaine dans les &eacute;glises pour &eacute;couter les sermons virulents des Fr&egrave;res Pr&ecirc;cheurs, Dominicains et les Franciscains.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe plus c&eacute;l&egrave;bre d&#39;entre ces moines, mais aussi le plus fanatique fut le Fr&egrave;re Vincent Ferrier, qui, par des discours enflamm&eacute;s d&eacute;truisait syst&eacute;matiquement les arguments du Talmud.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn&nbsp;1411, il entra dans la grande synagogue de Tol&egrave;de, en plein office de Shabbat, brandissant une immense croix, et la transforma imm&eacute;diatement en &eacute;glise Santa Maria la Bianca.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPour convaincre un peu plus les h&eacute;sitants, on interdit aux Juifs la plupart des m&eacute;tiers, c&#39;est &agrave; partir de cette &eacute;poque qu&#39;ils furent r&eacute;duits &agrave; pratiquer l&#39;usure, alors qu&#39;en m&ecirc;me temps on promettait monts et merveilles &agrave; ceux qui se convertissaient.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDurant tous ces &eacute;v&eacute;nements tr&egrave;s nombreux furent les Juifs qui virent dans la conversion une &eacute;chappatoire plus ou moins provisoire &agrave; tous leurs malheurs. Mais la r&eacute;alit&eacute;, h&eacute;las, fut toute autre.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes convertis se divisaient en trois groupes :<br \/>\n\t\t\t\t&#8211; Ceux qui d&eacute;cid&egrave;rent de changer de vie totalement et qui, oubliant leurs origines devinrent de bons et sinc&egrave;res chr&eacute;tiens.<br \/>\n\t\t\t\t&#8211; Ceux qui, craignant qu&#39;on mette en doute leur nouvelle foi, ou, pour &eacute;viter des repr&eacute;sailles, firent du z&egrave;le et devinrent les plus grands et les plus dangereux antijuifs.<br \/>\n\t\t\t\t&#8211; Enfin les autres, les plus nombreux, qui, croyant que la crise n&#39;&eacute;tait que passag&egrave;re, voulurent, en cachette, rester fid&egrave;les &agrave; la foi de leurs anc&ecirc;tres, et continuer &agrave; pratiquer, en se cachant, le juda&iuml;sme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIls furent appel&eacute;s les Marranes, ou plut&ocirc;t, comme on le dit maintenant, les crypto-juifs (ceux qui pratiquent le juda&iuml;sme en secret).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe mot marrane est tr&egrave;s p&eacute;joratif. Il signifie, dans le patois castillan &quot; porc &quot;, ou plut&ocirc;t &quot; cochon &quot;. Il fut donn&eacute; par les Espagnols aux nouveaux convertis, d&#39;une part en signe de m&eacute;pris, et d&#39;autre part, parce que certains de ces nouveaux convertis, pour montrer qu&#39;ils s&#39;&eacute;taient bien int&eacute;gr&eacute;s mettaient des morceaux de porc &agrave; s&eacute;cher &agrave; leurs fen&ecirc;tres.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn se convertissant, obligation leur &eacute;tait faite de changer d&#39;identit&eacute;.<br \/>\n\t\t\t\t&#8211; Soit ils choisissaient la traduction de leur pr&eacute;nom h&eacute;breu : ainsi Ha&iuml;m devint Vidal, Mazel Tov se transforma en Astruc ou Bonastruc, Sitruk et Yom-Tov en Bonjorn.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&#8211; Soit ils gardaient la premi&egrave;re lettre symbolique pour pr&eacute;server le souvenir de leur pr&eacute;nom juif : Abraham donna Arnaud, Andres, Barouh, se transforma en Bendit, Benedict. Isaac donna Ignace ou Isidore, et Jacob devint Jacques ou Jaime, etc&#8230;<br \/>\n\t\t\t\tComme nom de famille,<br \/>\n\t\t\t\t&#8211; Soit ils prenaient leur m&eacute;tier : Nous connaissons tous les Sastre, les Herrero, les Ferrer, ou Sapatero.- Soit ils se contentaient de leurs origines g&eacute;ographiques: les Catala, les Zwili, les Catalayud, les Gueron, Sarragosse, Rossellini etc&#8230;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&#8211; Parfois m&ecirc;me, oblig&eacute;s avant de se convertir &agrave; vivre dans des espaces restreints ou dans une m&ecirc;me rue, ils finirent par s&#39;appeler, Delaporte, Sasporta ( en Catalogne ) , De la Calle, les Carrer ou les Carrera etc&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&#8211; Ceux qui manquaient d&#39;imagination dans ces moments d&#39;&eacute;pouvante, prenaient ce que le religieux qui les convertissait leur sugg&eacute;rait, &agrave; savoir, le pr&eacute;nom du saint du jour, mais surtout le nom du Roi. Combien sont devenus des Martinez, Sanchez, Fernandez ou Perez.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t-Enfin, les derniers, ceux qui voulaient faire du z&egrave;le et choisissaient des noms de famille tels que &quot; Santa Maria &quot;, &quot; Dos Santos &quot;, Igl&eacute;sias&quot;, Santa Cruz, Delacruz, Delacroix etc&#8230; D&egrave;s qu&#39;ils &eacute;taient convertis, ces nouveaux chr&eacute;tiens, &eacute;taient s&eacute;par&eacute;s de leurs anciens coreligionnaires.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDurant une p&eacute;riode de deux ans ils &eacute;taient pris en charge par les dominicains &eacute;duqu&eacute;s &agrave; cette intention. Entass&eacute;s dans des lieux isol&eacute;s, nomm&eacute;s, &agrave; Barcelone, la place des &quot; Ren&eacute;gats &quot;, ou dans d&#39;autres villes simplement &quot; rue de la conversion &quot; (comme &agrave; Perpignan par exemple), on leur enseignait leur nouvelle religion.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOblig&eacute;s de suivre tous les offices quotidiens, d&#39;&eacute;couter les le&ccedil;ons, les discours et les sermons, d&#39;aller &agrave; confesse r&eacute;guli&egrave;rement, la base de l&#39;enseignement consistait &agrave; leur inculquer la crainte du mensonge en les mena&ccedil;ant des affres de l&#39;enfer, peu &agrave; peu ces nouveaux convertis, devinrent des fid&egrave;les comme les autres ou tout du moins la majorit&eacute; d&#39;entre-eux paraissait l&#39;&ecirc;tre.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAdmis alors dans la soci&eacute;t&eacute; chr&eacute;tienne, ils essayaient de s&#39;int&eacute;grer et de se fondre pour se faire oublier. Lorsque leur fortune, &agrave; nouveau refaite, le leur permettait, ils essayaient de s&#39;acheter une identit&eacute;, c&#39;est-&agrave;-dire de s&#39;allier &agrave; des Chr&eacute;tiens bien vus dans la soci&eacute;t&eacute;, mais sans ressource, ce qui &eacute;tait tr&egrave;s fr&eacute;quent dans la petite noblesse. Ceux-ci n&#39;h&eacute;sitaient pas &agrave; se m&eacute;sallier pour redorer leur blason.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tEt c&#39;est dans un de ces cas l&agrave; que le marranisme va &ecirc;tre d&eacute;couvert.<br \/>\n\t\t\t\tUn ancien juif, fort riche, converti, vivait depuis peu au milieu des Chr&eacute;tiens. Il avait une jolie fille promise &agrave; un jeune noble espagnol.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOr, un soir, alors que ce dernier s&#39;&eacute;tait rendu en cachette dans sa chambre, la m&egrave;re frappa &agrave; la porte. Affol&eacute;e, la jeune fille cacha son amoureux dans l&#39;immense chemin&eacute;e. Comme presque partout dans les demeures, les chemin&eacute;es &eacute;taient superpos&eacute;es, et le son montait facilement.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOr par malheur, c&#39;&eacute;tait la veille de Pessah, et ce jeune homme fut le t&eacute;moin auditif d&#39;une sc&egrave;ne qui le laissa sans voix. Stup&eacute;fait, il alla sur le champ tout rapporter &agrave; son confesseur. La d&eacute;couverte de la persistance de la religion juive chez les convertis, provoqua une &eacute;motion intense au sein de l&#39;Eglise.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIl fallait extraire au plus t&ocirc;t cette gangr&egrave;ne de leur &acirc;me, et pour cela, il fallait d&eacute;couvrir les coupables, les faire avouer et les ch&acirc;tier d&#39;une fa&ccedil;on exemplaire en public pour provoquer la peur et m&ecirc;me l&#39;effroi chez ceux qui auraient voulu les imiter.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes &eacute;v&ecirc;ques de tout le pays persuad&egrave;rent les souverains d&#39;installer l&#39;Inquisition. L&#39;Inquisition &eacute;tait un tribunal religieux qui cherchait, arr&ecirc;tait, &laquo; questionnait &raquo; (euph&eacute;misme pour ne pas dire torturait), condamnait et ex&eacute;cutait elle-m&ecirc;me les sentences. Cette institution &eacute;tait totalement ind&eacute;pendante du pouvoir royal.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa principale source de renseignements ne pouvait &ecirc;tre que la d&eacute;lation provoqu&eacute;e par la jalousie, ou la crainte de l&#39;enfer. Tous les convertis furent soup&ccedil;onn&eacute;s. Le moindre faux pas pouvait les mener aux buchers.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCes b&ucirc;chers ou auto-da-fe dress&eacute;s sur les places publiques et allum&eacute;s dans une mise en sc&egrave;ne spectaculaire dont le but &eacute;tait de frapper les esprits.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t&quot; La terreur doit provoquer la d&eacute;nonciation pour certains, et pour les autres, le retour d&eacute;finitif et sinc&egrave;re au catholicisme &quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa terreur r&eacute;gnait dans les villes et les villages, s&#39;engouffrait dans les rues et les ruelles, envahissait les demeures. Chaque voisin, chaque membre du personnel, chaque jeune enfant m&ecirc;me pouvait sans le vouloir, &agrave; n&#39;importe quel moment, d&eacute;noncer ces crypto-juda&iuml;sant lors des s&eacute;ances de confesse qui &eacute;taient r&eacute;guli&egrave;rement impos&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLors de ces s&eacute;ances, les cur&eacute;s avaient une liste de questions pr&eacute;cises &agrave; poser, et il suffisait que quelqu&#39;un r&eacute;ponde par la positive ou m&ecirc;me h&eacute;siter avant de r&eacute;pondre pour envoyer sans d&eacute;lai le suspect ou plut&ocirc;t le pr&eacute;sum&eacute; suspect en prison, avec toutes les cons&eacute;quences que cela impliquait, c&#39;est-&agrave;-dire la &laquo; question &raquo; faible mot pour d&eacute;signer la torture. La torture menait aux aveux, les aveux condamnaient au b&ucirc;cher.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tLes marranes devaient donc agir dans le plus grand secret. Ils se r&eacute;unissaient la nuit, dans des caves am&eacute;nag&eacute;es sous leurs demeures. Ils devaient se m&eacute;fier de tout et de tous. Ils attendaient que les fils aient 16 ans pour leur r&eacute;v&eacute;ler leur secret et les initier.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tPriv&eacute;s de tous les livres religieux, coup&eacute;s de toutes les pratiques, il ne leur restait, pour rester fid&egrave;les &agrave; la foi de leurs anc&ecirc;tres que l&#39;&eacute;tude plus approfondie de l&#39;Ancien Testament, &eacute;ventuellement, la r&eacute;citation du Shema, et les je&ucirc;nes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes je&ucirc;nes finirent par devenir la pratique la plus courante car la moins dangereuse, ainsi que le respect des morts, m&ecirc;me si l&#39;enterrement avait &eacute;t&eacute; catholique, ils je&ucirc;naient pour les huit jours, ils je&ucirc;naient pour le mois etc&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes m&egrave;res, elles, initiaient leurs filles juste avant leur mariage. Comptaient surtout, le pr&eacute;l&egrave;vement de la Hala, l&#39;allumage d&#39;une bougie pour Shabbath, qu&#39;elles mettaient dans fond d&#39;une jarre que l&#39;on fermait, et le respect, au maximum de cette journ&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes cur&eacute;s avaient donc une liste fort longue, liste &eacute;tablie par le cur&eacute; de Los Palacios, de questions tr&egrave;s pr&eacute;cises sur les habitudes ou les d&eacute;tails de la vie quotidienne qui pouvaient r&eacute;v&eacute;ler une appartenance au juda&iuml;sme. Ces questions &eacute;taient pos&eacute;es r&eacute;guli&egrave;rement lors des confessions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tElle avait &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e au d&eacute;but pour trahir les juda&iuml;sants, or par effet de boomerang, elle servit bien plus &agrave; initier des marranes qui auraient eu tendance &agrave; m&eacute;conna&icirc;tre certaines coutumes. Et donc, involontairement, elle a servi &agrave; la continuit&eacute; du marranisme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tQuelques exemples de questions :<br \/>\n\t\t\t\tCuisinaient-ils le vendredi pour le samedi ? puis ensuite mangeaient-ils ce qu&#39;ils cuisaient le samedi ?<br \/>\n\t\t\t\tLa m&egrave;re de famille jetait-elle un peu de p&acirc;te dans le feu en p&eacute;trissant?<br \/>\n\t\t\t\tTrempaient-ils la viande avant de la faire cuire ?<br \/>\n\t\t\t\tChangeaient-ils de linge de corps le samedi ou le dimanche ?<br \/>\n\t\t\t\tMangeaient-ils &agrave; la p&eacute;riode de P&acirc;que, du pain non lev&eacute; ?<br \/>\n\t\t\t\tEtouffaient-ils les volailles ou les &eacute;gorgeaient-ils avec un couteau sp&eacute;cial?<br \/>\n\t\t\t\tLe p&egrave;re b&eacute;nissait-il son fils en lui mettant la main sur la t&ecirc;te ou en lui faisant le signe de croix sur le front ?<br \/>\n\t\t\t\tSe lavaient-ils le visage en rentrant de la messe ? (apr&egrave;s qu&#39;on leur e&ucirc;t fait le signe de croix sur leur front).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAutant de faits et gestes qui pourraient para&icirc;tre anodins, mais qui pouvaient envoyer quelqu&#39;un sur le b&ucirc;cher.<br \/>\n\t\t\t\tLa vie des marranes, au cours des si&egrave;cles fut faite de craintes, de peur, de suspicion.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tFallait-il que leur foi premi&egrave;re fut profonde pour r&eacute;sister au temps, &agrave; l&#39;oubli, aux subterfuges, aux simulacres.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSeule, et pour cause, la circoncision n&#39;&eacute;tait pas pratiqu&eacute;e. Mais s&#39;il leur arrivait, un jour, de pouvoir quitter la P&eacute;ninsule ib&eacute;rique si inhospitali&egrave;re, leur premier acte &eacute;tait de se faire circoncire, et nombreux sont les t&eacute;moignages des XVII&egrave;me et XVIII&egrave;me si&egrave;cles sur ce point, et particuli&egrave;rement en Hollande ou dans les &icirc;les des Cara&iuml;bes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tC&#39;est aux Bal&eacute;ares que le marranisme a &eacute;t&eacute; le plus fort. L&agrave;-bas, on ne les appellait pas les marranes mais les Xuetes terme peut-&ecirc;tre plus infamant encore dans le patois local. Le seul fait de vivre dans des &icirc;les rendait leur situation intenable.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tApr&egrave;s les sanglants massacres de 1391, il ne resta plus aucun juif aux Bal&eacute;ares; Tr&egrave;s peu nombreux furent ceux qui purent s&#39;enfuir vers Alger ou ils fond&egrave;rent la premi&egrave;re communaut&eacute; juive. Tous les autres, pris au pi&egrave;ge furent oblig&eacute;s de se convertir et nombreux furent ceux qui juda&iuml;s&egrave;rent en secret.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&#39;Inquisition majorquine se montra des plus implacables. Les descendants des nouveaux chr&eacute;tiens devaient vivre dans des rues d&eacute;termin&eacute;es et actuellement, six si&egrave;cles plus tard, on nomme encore leurs descendants: &quot; ceux de la rue &quot; &laquo; los de la calle &quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIls vivent encore entre eux, se marient entre eux, on les montre encore du doigt. Jusqu&#39;&agrave; ces derni&egrave;res ann&eacute;es, les descendants de ces Xuetes, ceux que la populace appelle encore comme cela, racontent que le vendredi soir ils &eacute;vitent de lever les yeux vers le ciel pour ne pas &ecirc;tre accus&eacute;s de compter les trois &eacute;toiles qui leur permettraient de r&eacute;citer un &laquo; Shema &raquo;, ou le samedi de craquer une allumette!<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJusqu&#39;&agrave; l&#39;arriv&eacute;e du roi Juan-Carlos, ils &eacute;taient inscrits dans les registres d&#39;&eacute;tat civil, comme &quot;descendant de juif converti &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tA l&#39;&eacute;poque de Pessah, ces Xuertes donc cuisinaient une p&acirc;te sans levain, qu&#39;ils &eacute;talaient, en la d&eacute;coupant en cercle qu&#39;ils farcissaient avec de l&#39;agneau, des &eacute;pices, des fruits secs, et du persil.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe tout &eacute;tait hach&eacute;, le g&acirc;teau referm&eacute; et cuit au four. Ainsi, le c&eacute;r&eacute;monial entier de Pessah &eacute;tait respect&eacute;. Les mallorquins juda&iuml;sant appelaient cela une &laquo; coca &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tCe qui est extraordinaire dans le marranisme, c&#39;est cette fid&eacute;lit&eacute; na&iuml;ve et sinc&egrave;re au juda&iuml;sme, qui a travers&eacute; le temps, les g&eacute;n&eacute;rations, les espaces.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tApprise dans la crainte et le plus grand secret, pass&eacute;e de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration, la pratique d&#39;une religion s&#39;est transform&eacute;e en traditions culinaires, en coutumes familiales, en habitudes personnelles et parfois presque en superstitions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPourquoi certaines espagnoles au-dessus de tout soup&ccedil;on de judaisme cuisinent-elles des beignets une semaine avant Noel ?<br \/>\n\t\t\t\tPourquoi d&#39;autres trempent-ils le doigt dans du vin renvers&eacute; sur une nappe le samedi soir, et pourquoi ajoutent-ils &quot; cela porte bonheur ?&quot;<br \/>\n\t\t\t\tPourquoi certaines vieilles femmes ne coudraient ou ne broderaient pour rien au monde le samedi ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCette vie d&#39;angoisse, de peur, de crainte, a dur&eacute; des g&eacute;n&eacute;rations, s&#39;est &eacute;tendue sur des si&egrave;cles. L&#39;inquisition r&eacute;ussissait &agrave; d&eacute;tecter des dizaines d&#39;ann&eacute;es, des si&egrave;cles apr&egrave;s le d&eacute;part des Juifs, des lambeaux de juda&iuml;sme ancr&eacute;s dans la m&eacute;moire de certains.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&#39;inquisition cessa effectivement d&#39;exister en&nbsp;1834.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPr&egrave;s&nbsp;400&nbsp;ans d&#39;angoisse et de terreur,400&nbsp;ans durant lesquels ces hommes et ces femmes risqu&egrave;rent quotidiennement leur vie pour que perdure la fid&eacute;lit&eacute; de l&#39;appartenance de leurs anc&ecirc;tres au juda&iuml;sme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMaryse CHOUKROUN.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBibliographie non exhaustive:<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Amados de los Rios. Historia de los Judios de Espana 1848<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Garau Frances, la Fe triunfante 1984<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Garau Frances, Encyclopedia catalane<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Graetz Henri Histoire des Juifs T.III &laquo; peste noire et Marranes &raquo;<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Isaacs Lionel, Jews of Majorca 1936<br \/>\n\t\t\t\t-Kriegel Maurice, Le marranisme. 2002<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Leroy Beatrice, l&#39;Espagne des Torquemada. 1995<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Marco i Dachs Lluis, los jueus i nosaltres, 1985<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Mechoulam Henri. Histoire d&#39;une diaspora 1992<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Muntaner Sobres els jueus i conversos dels Baleares 1999.<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Roth Cecil, Historia de los Marranos. 1946<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Revah J,S, Des Marranes &agrave; Spinoza 1995<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Roth Norman, Conversos, Inquisition and expulsion of jews from Spain.<br \/>\n\t\t\t\t&#8211;Vallicrosa J.M. . Documents hebraics dels jueus catalanes Barcelone 1927<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tArchives de Palma de Majorque<br \/>\n\t\t\t\tRevues des Etudes Juives.<br \/>\n\t\t\t\tSefarad<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les marranes : 400 ans d&#39;angoisse et de terreur ! &nbsp; &nbsp; Maryse Choukroun-Historienne &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le marranisme est un ph&eacute;nom&egrave;ne unique par son ampleur et sa dur&eacute;e dans toute l&#39;histoire du juda&iuml;sme. Il est l&#39;aboutissement d&#39;une suite d&#39;&eacute;v&eacute;nements et de situations inh&eacute;rentes &agrave; l&#39;histoire du juda&iuml;sme ib&eacute;rique. Arriv&eacute;s au Ier si&egrave;cle comme&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18049,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[325,38,19,18,1],"tags":[],"class_list":["post-6761","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-barcelone","category-espagne","category-europe","category-histoire","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6761","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6761"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6761\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18049"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6761"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6761"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6761"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}