{"id":6847,"date":"2016-09-23T15:07:09","date_gmt":"2016-09-23T15:07:09","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6847"},"modified":"2016-09-23T00:03:53","modified_gmt":"2016-09-23T00:03:53","slug":"veille-de-lundi-a-tunis-par-jose-boublil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/veille-de-lundi-a-tunis-par-jose-boublil\/","title":{"rendered":"Veille de lundi \u00e0 Tunis, par Jose Boublil"},"content":{"rendered":"<p>\n\tVeille de lundi &agrave; Tunis, par Jose Boublil<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tDans tous les pays du monde en dehors d&#39;Israel la semaine de travail d&eacute;marre le lundi.<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s la succession du vendredi apr&egrave;s-midi pour quelques kifs simple, genre glace chez Bebert, ou choux au fromage&nbsp;chez gervais ou chez Paparone, on abordait le samedi. Ce jour magique chez les religieux, chose que j&#39;ai comprise bien plus tard,&nbsp;pour nous c&#39;&eacute;tait &eacute;galement le bonheur simple, une bouff&eacute;e de nirvana tunisois, une amas de graisse assur&eacute;.<\/p>\n<p>\tLe programme &eacute;tait souvent calibr&eacute;, et reproduit chaque semaine &agrave; l&#39;identique, pour &eacute;viter tout d&eacute;rapage anti-conformiste:&nbsp;le matin, jusqu&agrave; 11heures certains allaient &agrave; la synagogue; les gens de la tradition. Nous, nous &eacute;tions moins habitu&eacute;s &agrave; ces lieux qu&#39;on r&eacute;servait&nbsp;plut&ocirc;t &agrave; kippour entre 16h et 17h, ou au jour de notre bar mitsvah. Probablement pour y prendre plus de plaisir, sentiment&nbsp;que l&#39;ont ressent pour les choses rares ou nouvelles. Vers midi ou midi trente, malgr&eacute; le rythme assez peu contraignant chez mes&nbsp;grand-parents, mon &quot;p&eacute;p&eacute;&quot; z&quot;l entamait le kiddouch devant deux pains italiens recouvert d&#39;une serviette de table de la s&eacute;rie de&nbsp;celles qui &eacute;taient align&eacute;es pour les convives. Pr&egrave;s de lui &eacute;galement, un bouquet de myrthe achet&eacute; aupr&egrave;s d&#39;un gentil n&eacute;cessiteux&nbsp;aupr&egrave;s de qui toute la ville se fournissait. Pauvre de lui, cela ne le rendait pas riche pour autant, mais lui permettait de se nourrir.<\/p>\n<p>\tAutour de cette table, je pouvais me r&eacute;jouir d&#39;avoir ceux que j&#39;aimais le plus au monde: mes parents, mon fr&egrave;re et ma soeur,&nbsp;mes grands-parents maternels, mes oncles, dont certains encore jeunes. Parfois la famille d&#39;un des oncles.<\/p>\n<p>\tLa table &eacute;tait dress&eacute;e sur une nappe &agrave; carreaux vert bouteille et rouge. Et ma grand-m&egrave;re avait pos&eacute; une bonne dizaine de salades de toutes sortes:&nbsp;makbouba, larendj, maghmouma, artichauds crus, artichauds cuits, fenouils coup&eacute;s en quatre, ajlouk, poivrons grill&eacute;s, etc&#8230;<\/p>\n<p>\tEt pour compl&eacute;ter ce qui devait lui para&icirc;tre par trop frugal, elle ajoutait des mets achet&eacute;s chez le marchand de kifs divers: salaisons bien acides, kakis&nbsp;de toutes formes-carr&eacute;s, longs, tress&eacute;s &#8211; pistaches, amandes, anchois baign&eacute;s dans une huile Olida -premi&egrave;re pression &agrave; froid,&nbsp;d&eacute;licatement fruit&eacute;e-, parfois des oeufs de hareng (mon grand-p&egrave;re &eacute;tait friand de tout ce qu&#39;il y avait de plus sal&eacute; sur terre).<\/p>\n<p>\tEnfin, notre caviar local , que seuls les vrais tunisiens sont capables de d&eacute;guster avec un palais adapt&eacute; et connaisseur, la boutargue.<\/p>\n<p>\tCertains disent &quot;poutargue&quot;. Ils sont tr&egrave;s lourd, et aucun int&eacute;r&ecirc;t de discuter avec ces snobs. En fait, la diff&eacute;rence entre le &quot;P&quot; et le &quot;B&quot;&nbsp;est d&ucirc;, simplement, &agrave; l&#39;incapacit&eacute; pour les arabes de dire le &quot;P&quot;&#8230;Pour nous, qui avons tant &eacute;chang&eacute; avec la civilisation arabe, et parl&eacute; cette langue tant de g&eacute;n&eacute;rations,&nbsp;il ne peut exister un autre mot. En g&eacute;n&eacute;ral, nous pr&eacute;f&eacute;rions, comme la plupart des vrais amateurs, la boutargue de mulet, m&ecirc;me si celle de Thon est&nbsp;int&eacute;ressante. Par ailleurs, pour ceux qui pensent qu&#39;ils connaissent la boutargue &agrave; Paris, je voudrais leur confirmer &agrave; quel point celle&nbsp;des grands boulevards est d&eacute;licate et agr&eacute;able avec une lamp&eacute;e de boukha ou de vodka. En revanche celle que nous consommions&nbsp;alors pouvait narguer tranquilement le Beluga de la meilleure cuv&eacute;e, ou m&ecirc;me le caviar blanc. Comprenez-vous, les mulets l&agrave;-bas&nbsp;quand ils pondent leurs oeufs, ils se mettent en &eacute;tat de concentration maximum pour apporter du plaisir uniquement aux gens du cru.<\/p>\n<p>\tPuis, &quot;on&quot; (souvent une cuisinire ) servait le plat principal. En fait, il y en avait deux. Pourtant, il n&#39;y avait ni salle de sport , ni piscine&nbsp;pour permettre de garder la ligne&#8230;.Et personne n&#39;&eacute;tait grassouillet! Premier plat , install&eacute; chaque chabbat au centre de la table: nikitouche,&nbsp;ces petites p&acirc;tes ovales, jaunies par les oeufs , baign&eacute;es dans un bouillon de poulet bien gras. Celui de ma m&eacute;m&eacute; avait le niveau&nbsp;des cuistots de La Tour d&#39;Argent et leur c&eacute;l&egrave;bre canard au sang num&eacute;rot&eacute;. Comme les fameux Mars, tout cela fondait dans la bouche.<\/p>\n<p>\tLe deuxi&egrave;me plat, lui, &eacute;tait dans les figures libres du concours. Au choix: pka&iuml;la, mloukhia, akoud (la vache folle &eacute;tait inconnue; on ne connaissait que la vache qui rit!),&nbsp;gnaouia, camounia, psal ou loubia. Enfin, m&eacute;m&eacute; Yvonne avait une botte secr&egrave;te, genre d&#39;Artagnan, un plat in&eacute;dit, jamais vu chez personne,&nbsp;et ph&eacute;nom&eacute;nal: la mesi&acirc;n&acirc;! Une sorte de ragourt d&#39;une rare finesse, fait &agrave; base de cardon et d&#39;&eacute;pinard frais&#8230;Pour danser la samba en mangeant!Mon grand-p&egrave;re &eacute;tait un homme pas tr&egrave;s grand mais d&#39;une grande beaut&eacute; avec son nez fin et ses yeux tr&egrave;s bleux. Et sa gentillesse&nbsp;avait fait le tour de Tunis depuis la guerre o&ugrave; il abritait &agrave; chaque alerte presque tout le quartier dans son immense cave du 7 rue de Corinthe.<\/p>\n<p>\tMais aussi, il &eacute;tait l&#39;homme avis&eacute;, d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;, qui donnait des conseils &agrave; tous, et dans tous les domaines. Il avait soutenu tant d&#39;entrepreneurs en difficult&eacute;,&nbsp;tant de gens dans la d&eacute;tresse, arrang&eacute; tant de mariages. Et attendri tant de centaines d&#39;enfants avec ses kilogs de bonbons toujours&nbsp;&agrave; quelques centim&egrave;tres de sa main. Cet homme &eacute;tait un prince, par son &eacute;l&eacute;gance et sa douceur; mais aussi par son intelligence&nbsp;fulgurante, comme son charisme &eacute;tonnant, lui qui venait d&#39;un milieu si modeste, orphelin de p&egrave;re tr&egrave;s jeune. Ce p&eacute;p&eacute; gateau, qui s&#39;&eacute;tait&nbsp;impos&eacute; de m&#39;acheter un cadeau &agrave; chaque fois que j&#39;allais chez lui, &eacute;tait le soutien depuis l&#39;&acirc;ge de 11 ou 12 ans de toute sa famille: sa m&egrave;re et ses trois fr&egrave;res, puis&nbsp;ses trois demi-soeurs aussi, qu&#39;il aimait sans aucun doute autant que les premiers.<\/p>\n<p>\tMa grand-m&egrave;re c&#39;&eacute;tait une autre histoire. Je l&#39;ai connu d&eacute;j&agrave; &acirc;g&eacute;e, comme mon grand-p&egrave;re, sauf que certaines injustices font que les hommes sont encore&nbsp;beaux &agrave; 65 ans. Les femmes de l&#39;&eacute;poque moins facilement. Ma &quot;m&eacute;m&eacute;&quot; avait un regard p&eacute;tillant tout noir , rayonnant avec une longue chevelure noir jeai,&nbsp;qui commen&ccedil;ait &agrave; blanchir. Son visage formait une ogive parfaite, celle que Da Vinci aurait pu dessiner. Toujours v&ecirc;tue d&#39;une robe de chambre immacul&eacute;e,&nbsp;elle avait une gr&acirc;ce infinie &agrave; mes yeux, malgr&eacute; les premiers kilogs superflus, et les tourments de sa vie qui donnait toute l&#39;ambiguit&eacute; &agrave; cette Reine.<\/p>\n<p>\tAu-del&agrave; du physique, je crois que depuis son d&eacute;part de ce monde, je n&#39;ai jamais retrouv&eacute; une telle douceur, jamais crois&eacute; une personne aussi positive avec les autres,&nbsp;jamais ressenti une telle tendresse. La seule femme au monde qui me donnait envie de tomber l&eacute;g&egrave;rement malade. Je me souviens que, dans ce cas, alors&nbsp;qu&#39;il faisait tr&egrave;s froid dehors, elle me pr&eacute;parait deux couches &eacute;paisses de couvertures , et me faisait gisser dedans. Puis, elle sortait de ses armoires des cr&egrave;mes sp&eacute;ciales,&nbsp;mais surtout un grand flacon d&#39;eau de Cologne Roger et Gallet avec lequel elle me frictionnait la poitrine et le dos. Jusqu&#39;&agrave; ce jour je n&#39;ai jamais v&eacute;rifi&eacute;&nbsp;l&#39;efficacit&eacute; th&eacute;orique de ce traitement; mais, en ce qui concerne l&#39;effet placebo, j&#39;en suis absolument convaincu car j&#39;&eacute;tait toujours d&#39;aplomb quelques heures plus tard.<\/p>\n<p>\tIl faut dire que ces massages &eacute;taient accompagn&eacute;s de baisers particuli&egrave;rement tendres, et sp&eacute;cialement curatifs.<\/p>\n<p>\t15h30. C&#39;est l&#39;heure de sortir, vite, pour la s&eacute;ance de cin&eacute;ma de 16h. P&eacute;p&eacute; Maurice se pr&eacute;pare en deux temps trois mouvements, et je le suis, parfois avec mon fr&egrave;re,&nbsp;pour le deuxi&egrave;me grand plaisir de la journ&eacute;e . A l&#39;&eacute;poque, les films nouveaux passaient dans les quatre grands cin&eacute;mas de la ville : le Colis&eacute;e, le Palmarium,&nbsp;l&#39;ABC, le Paris&#8230;Puis il y avait les petites salles: Marivaux, Kl&eacute;ber, Studio 38, qui passaient plut&ocirc;t des reprises.<\/p>\n<p>\tAvant de rentrer , les gens se munissaient d&#39;une quantit&eacute; consid&eacute;rable de &quot;glibettes&quot; (ou p&eacute;pites chez les gens distingu&eacute;s qui ne savent pas les ouvrir).<\/p>\n<p>\tEn fait, ils pr&eacute;paraient la b&eacute;r&eacute;zina du cinoche, ou plut&ocirc;t la d&eacute;pression avanc&eacute;e du balayeur de la salle. Celui qui n&#39;a pas vu une salle tunisienne apr&egrave;s la s&eacute;ance n&#39;a rien vu.<\/p>\n<p>\tVous aviez une couche continue, d&#39;une &eacute;paisseur constante, des &eacute;corces de glibettes, des blanches ou des noires , sur toute la surface du sol, soit plusieurs centaines de m&egrave;tres carr&eacute;s.<\/p>\n<p>\tQuelques personnes moins d&eacute;go&ucirc;tantes, mais bien plus vulgaires s&#39;approvisionnaient quant &agrave; elles de chewing gum sp&eacute;cialement bruyant. Celles-ci avaient sans doute&nbsp;une forte dose de sadisme , car elles emp&ecirc;chaient tr&egrave;s largement d&#39;&eacute;couter les dialogues. Je ne dis pas qu&#39;il n&#39;y a pas eu de meurtre, mais c&#39;est rest&eacute; limit&eacute;:&nbsp;&eacute;ventuellement quelques dizaines.<\/p>\n<p>\tEn ce qui concerne les genres cin&eacute;matographiques, Godard ou Bunuel &eacute;taient boycott&eacute;s, Baroukh Hachem. Il nous restait des films profond&eacute;ment intellectuels,&nbsp;entre Spartacus gladiateur, Il &eacute;tait une fois dans l&#39;ouest, le capitan ou le bossu, le gendarme de st tropez, etc&#8230; &ccedil;a nous permettait de nous pr&eacute;parer &agrave; la&nbsp;lecture de Niezsche ou de Max Weber! Entre nous, merci mon Dieu de nous avoir tant &eacute;pargn&eacute; les &quot;rk&acirc;k&acirc;&quot;!<\/p>\n<p>\tBon, divertissement suivant, vers 19h. En principe, le QG des kiffeurs &eacute;clair&eacute;s &eacute;tait ce petit troquet du nom de &quot;Le Novelty&quot;. Tout Tunis passait au moins une fois le<\/p>\n<p>\tweek end, soit samedi soir, soit dimanche soir. A l&#39;&eacute;poque le Beth Din n&#39;&eacute;tait pas tr&egrave;s r&eacute;pandu. Et la plupart des gens n&#39;h&eacute;sitaient pas &agrave; diner l&agrave;-bas.<\/p>\n<p>\tPour les enfants, il y avait deux attractions majeures: l&#39;une &eacute;tait la farandole de k&eacute;mias, dont tous s&#39;&eacute;tonnait qu&#39;on puisse encore manger apr&egrave;s sauf pour faire plaisir&nbsp;au patron. La deuxi&egrave;me, c&#39;&eacute;tait ce spectacle inoubliable des bouteilles de 1\/8 &egrave;me de boukha couch&eacute;es sur les tables. Il y avait les raisonnables, comme mon grand-p&egrave;re qui ne finissait jamais&nbsp;son minuscule flacon, et ceux qui construisaient devant eux de v&eacute;ritables pyramides de Ch&eacute;ops . La soir&eacute;e, apr&egrave;s quelques grillades imbib&eacute;es d&#39;harissa (en ce qui me concerne),&nbsp;se terminait vers 20h30\/21h. Mon papy me ramenait pour terminer la soir&eacute;e chez mes parents, souvent face &agrave; l&#39;&eacute;mission de vari&eacute;t&eacute;s habdomadaire de la RAI , la chaine italienne.<\/p>\n<p>\tLes dimanches &agrave; la fin de l&#39;hiver, lorsqu&#39;il ne pleuvait pas, la sortie &eacute;tait sans doute le plaisir le plus intense, jubilatoire, d&eacute;licieux , qu&#39;un jeune gamin puisse conna&icirc;tre: la chasse &agrave; la grive<\/p>\n<p>\tdans les oliveraies d&#39;Enfidaville. Nous &eacute;tions essentiellement deux familles totalement ins&eacute;parables. Les deux compos&eacute;es de deux gar&ccedil;ons et une fille. Les deux avec des femmes&nbsp;qui s&#39;entendaient comme des soeurs, et les hommes comme larrons en foire. Comment expliquer ce paradis sans en omettre les d&eacute;tails importants? Imaginez ce cadre&nbsp;irr&eacute;&eacute;l de champs d&#39;oliviers qui s&#39;&eacute;tendaient sur plusieurs kilom&egrave;tres de c&ocirc;t&eacute;. ces arbres regorgeant d&#39;olives &agrave; point, noires &agrave; souhait, que les grives viennent engloutir goulument.<\/p>\n<p>\tCes deux p&egrave;res, amoureux de la nature, et excit&eacute;s par la comp&eacute;tition , une bagarre de vrais amis, pour se moquer puis rire comme deux gamins. Et nous, les mouflets,<\/p>\n<p>\tcourant apr&egrave;s chacune des prises en l&#39;absence de teckel -m&egrave;res juives obligent- pour rajouter aux pr&eacute;c&eacute;dent troph&eacute;es. Nous tellement plus &eacute;nerv&eacute;s que les grands,&nbsp;plus royalistes que le Roi, nous d&eacute;fendions l&#39;honneur de notre famille respective avec hargne mais politesse.<\/p>\n<p>\tEn fin d&#39;apr&egrave;s-midi nous rentrions chez nous ensemble. Certaines semaines chez nos amis, d&#39;autres chez nous. Et nous r&ecirc;vions que la journ&eacute;e se poursuive avec nos amis.<\/p>\n<p>\tQuel &eacute;tait donc le kif supr&ecirc;me? Soir&eacute;e autour d&#39;une chemin&eacute;e? non, mais vous plaisantez? T&eacute;l&eacute;vision: oui, &agrave; peine, pour voir l&#39;un des match du championnat italien.<\/p>\n<p>\tMais ce que nous attendions, c&#39;est que ma m&egrave;re ou Claudine fasse des soles meuni&egrave;res et des spaghettis bien relev&eacute;s pour se rassasier. Puis, que les parents s&#39;installent&nbsp;autour d&#39;une table de belote pour pousuivre avec autant de vannes, de vice amusant, et de gentillesse, la comp&eacute;tition entam&eacute;e plus t&ocirc;t dans la campagne du Cap Bon.<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s cela, comment voulez-vous que j&#39;oublie ma jeunesse et ses folies? Comment voulez-vous que nos relations avec certains soit &agrave; l&#39;instar d&#39;une amiti&eacute; &agrave; Janson de Sailly?<\/p>\n<p>\tComment pouvez-vous esp&eacute;rer que nous soyons mous ou lents ? Que nous arrivions &agrave; contr&ocirc;ler nos sentiments, notre col&egrave;re, ou notre amour?<\/p>\n<p>\tVoyez-vous, en y pensant, je dois rendre un grand hommage &agrave; un ami du nom de Jaco Halfon. Comme certains le savent, c&#39;est lui qui a eu l&#39;id&eacute;e magnifique de consacrer&nbsp;un site aux tunisiens, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; l&#39;internet &eacute;tait balbutiant. Et pour nommer ce site il a trouv&eacute; un symbole bien particulier: l&#39;&eacute;pice la plus utilis&eacute;e dans notre cuisine,&nbsp;une &eacute;pice forte , qui a de la personnalit&eacute;: l&#39;harissa. Et c&#39;est bien de &ccedil;a qu&#39;il s&#39;agit: nous ressemblons fortement &agrave; l&#39;harissa, pas aux poireaux!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Veille de lundi &agrave; Tunis, par Jose Boublil &nbsp; Dans tous les pays du monde en dehors d&#39;Israel la semaine de travail d&eacute;marre le lundi. Apr&egrave;s la succession du vendredi apr&egrave;s-midi pour quelques kifs simple, genre glace chez Bebert, ou choux au fromage&nbsp;chez gervais ou chez Paparone, on abordait le samedi. 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