{"id":6867,"date":"2013-06-09T20:46:49","date_gmt":"2013-06-09T20:46:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6867"},"modified":"2013-06-09T20:46:49","modified_gmt":"2013-06-09T20:46:49","slug":"gad-elmaleh-je-reste-le-gosse-qui-se-raconte-des-histoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/gad-elmaleh-je-reste-le-gosse-qui-se-raconte-des-histoires\/","title":{"rendered":"Gad Elmaleh : \u00ab\u00a0Je reste le gosse qui se raconte des histoires\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div id=\"article-header\">\n<p>\n\t\tGad Elmaleh : &quot;Je reste le gosse qui se raconte des histoires&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDans son nouveau spectacle,&nbsp;Sans tambour&hellip;&nbsp;&#8211; dont la premi&egrave;re parisienne a lieu mardi -, l&#39;humoriste d&eacute;voile les raisons pour lesquelles il a choisi le rire, d&egrave;s l&#39;&acirc;ge de 6 ans. Rencontre avec un quadrag&eacute;naire heureux, num&eacute;ro 2 au Top 50 des personnalit&eacute;s pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es des Fran&ccedil;ais.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"article-body\">\n<div id=\"article-content\">\n<p>\n\t\t\tDans la nuit, il a encore retouch&eacute; des textes, d&eacute;plac&eacute; une virgule, r&eacute;articul&eacute; une partie. Vendredi, au Cirque royal de Bruxelles, Gad Elmaleh pr&eacute;sentait son nouveau spectacle,&nbsp;Sans tambour&hellip;, avant sa grande premi&egrave;re parisienne, mardi, au Th&eacute;&acirc;tre Marigny. Partant du r&eacute;cent exil fiscal de quelques Fran&ccedil;ais embl&eacute;matiques, il file ses th&egrave;mes de pr&eacute;dilection : la filiation, la transmission, l&#39;interrogation sur les diff&eacute;rences identitaires, agr&eacute;ment&eacute;s de nouveaux sujets comme l&#39;&eacute;cologie, le mariage gay, l&#39;orthographe, la psychanalyse et&hellip; la mort. Comme quoi, on peut rire de tout, &agrave; condition de maintenir le rythme. Le rire a horreur du vide. Rencontre avec un humoriste aussi adul&eacute; qu&#39;une rock star.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Six ans apr&egrave;s Papa est en haut, quel a &eacute;t&eacute; le d&eacute;clencheur, cette fois?<\/strong><br \/>\n\t\t\tJe ne savais pas quand je remonterais sur sc&egrave;ne. Apr&egrave;s les quatre ans de tourn&eacute;e de&nbsp;Papa est en haut, j&#39;avais l&#39;impression de tourner en rond. Besoin de m&#39;a&eacute;rer la t&ecirc;te : en novembre, je suis parti aux &Eacute;tats-Unis. Je me suis produit dans des petits clubs pour des publics d&#39;expatri&eacute;s, comme cela se fait l&agrave;-bas, de mani&egrave;re tr&egrave;s d&eacute;contract&eacute;e. J&#39;ai d&eacute;couvert que je pouvais effectivement m&#39;&eacute;panouir dans l&#39;&eacute;pure. Le mois suivant, j&#39;ai appel&eacute; tous mes copains, la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration des Baptiste Lecaplain, Tony Saint Laurent, Manu Payet&hellip; &Agrave; La Nouvelle &Egrave;ve, un club de Pigalle, entre leurs num&eacute;ros, je jouais les Monsieur Loyal. J&#39;ai rassembl&eacute; mes improvisations, et voil&agrave;&hellip; Le spectacle est n&eacute; &agrave; partir de ces bribes. Le nouveau b&eacute;b&eacute; s&#39;est &eacute;mancip&eacute; avec cette id&eacute;e du cahier qui devient un accessoire &agrave; part enti&egrave;re, un lien avec le public. Et l&#39;expression &quot;sans tambour ni trompettes&quot; s&#39;est impos&eacute;e &agrave; moi. Une image m&#39;est revenue, moi, enfant, &agrave; Casablanca, tapant sur des capots de bagnole pour faire des percussions. &Ccedil;a sonnait tr&egrave;s bien d&#39;ailleurs&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Vos spectacles ne sont donc pas &eacute;crits &agrave; l&#39;avance?<\/strong><br \/>\n\t\t\tCelui-ci est le plus pr&eacute;cis. Il poss&egrave;de des bases, des rep&egrave;res solides, qui me facilitent l&#39;improvisation. Mais je n&#39;&eacute;cris jamais &agrave; la table. Tout na&icirc;t de l&#39;oralit&eacute;. J&#39;ai des th&egrave;mes, je pars sur sc&egrave;ne et j&#39;improvise. J&#39;ai besoin de me roder, de me planter. Je ne poss&egrave;de pas cette assurance de savoir ce qui fera rire &agrave; l&#39;avance. Au d&eacute;but, quand une blague ne fonctionne pas, on pense que c&#39;est le public. Puis, on se dit que c&#39;est l&#39;&eacute;criture. Finalement, on s&#39;interroge sur la blague. En d&eacute;finitive, ce n&#39;est jamais la faute du public. Je ne sais pas si cela donne de meilleurs spectacles, mais ce sont les plus justes pour moi. Quelque part, je fais du sur-mesure&hellip; J&#39;ai toujours fonctionn&eacute; ainsi. Gamin, &agrave; Casablanca, j&#39;emmenais mes copains dans les rues, o&ugrave; je distribuais les r&ocirc;les &agrave; chacun comme un metteur en sc&egrave;ne avec ses personnages. On a tous vu &ccedil;a, un gosse qui se raconte tout seul des histoires. Je reste celui-l&agrave;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>L&#39;exil fiscal de France sert de point d&#39;amorce.<\/strong><br \/>\n\t\t\tJe crois &ecirc;tre le seul artiste fran&ccedil;ais qui a connu directement l&#39;immigration. Je sais ce que demander un titre de s&eacute;jour signifie. Je m&#39;en souviens toujours quand j&#39;entends les politiques aborder le sujet. M&ecirc;me si j&#39;ai gard&eacute; des liens tr&egrave;s forts avec le Maroc, c&#39;est en France que je vis et paie mes imp&ocirc;ts. Mais j&#39;ai interrog&eacute; ceux qui partaient. Ils m&#39;ont fourni des d&eacute;tails sur leur temps de pr&eacute;sence obligatoire dans chaque pays. Moi, je ne peux pas me contraindre &agrave; ce genre de calcul&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Je crois &ecirc;tre le seul artiste fran&ccedil;ais qui a connu directement l&#39;immigration&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Deuxi&egrave;me au Top 50 du&nbsp;JDD, vous &ecirc;tes l&#39;une des personnalit&eacute;s pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es des Fran&ccedil;ais. Que vous apporte la France aujourd&#39;hui?<\/strong><br \/>\n\t\t\tJe suis made in Maroc. Le Maroc m&#39;a fabriqu&eacute;, mais c&#39;est la France qui m&#39;a fait. C&#39;est l&agrave; que se trouve mon public. Cette reconnaissance, je l&#39;accepte volontiers. Lorsqu&#39;on m&#39;a remis la m&eacute;daille de chevalier des Arts et des Lettres [2006], j&#39;&eacute;tais tr&egrave;s fier. Ces symboles, ces honneurs, tout cela n&#39;est pas rien pour un immigr&eacute; de la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration. La r&eacute;bellion doit se placer ailleurs que dans son rejet. Ce jour-l&agrave;, au minist&egrave;re de la Culture, toute ma famille &eacute;tait pr&eacute;sente. J&#39;ai pens&eacute; &agrave; mon p&egrave;re. Petit vendeur de Casablanca, il r&ecirc;vait d&#39;&ecirc;tre artiste. Il se produisait comme mime dans des th&eacute;&acirc;tres municipaux. J&#39;avais 8 ans quand je suis mont&eacute; sur sc&egrave;ne, la premi&egrave;re fois, &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Vous avez accompli son r&ecirc;ve. Aujourd&#39;hui, Gad Elmaleh a-t-il encore besoin de travailler pour vivre?<\/strong><br \/>\n\t\t\tUn humoriste qu&eacute;b&eacute;cois a eu ce mot superbe : &quot;Aux &Eacute;tats-Unis, quand tu fais un tube en musique, tu peux vivre jusqu&#39;&agrave; la fin de tes jours ; au Qu&eacute;bec aussi, &agrave; condition de mourir le lendemain.&quot; Je fais heureusement partie de la premi&egrave;re cat&eacute;gorie. J&#39;appr&eacute;cie le luxe. Mais ma crainte, ce n&#39;est pas l&#39;argent mais l&#39;embourgeoisement artistique. Ce n&#39;est pas une question d&#39;aller ou non au supermarch&eacute;, mais de rester dans la vie. Certains artistes n&#39;arrivent plus &agrave; &eacute;couter. C&#39;est le danger du confort, jouer un spectacle avec chauffeur de salle. La vie me l&#39;a propos&eacute;. J&#39;esp&egrave;re ne pas avoir perdu le contact&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Il faut parfois avoir la d&eacute;cence de se taire sur des sujets qu&#39;on ne ma&icirc;trise pas&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>De l&#39;&eacute;cologie au mariage gay, certains th&egrave;mes marqu&eacute;s &agrave; gauche sont au c&oelig;ur des blagues les plus tranchantes&hellip; Que vous ont fait les bobos?<\/strong><br \/>\n\t\t\tRien. Mais aujourd&#39;hui, tout le monde s&#39;exprime &agrave; la va-vite sur tout et n&#39;importe quoi. Des artistes se ruent sur des causes pour faire des effets d&#39;annonce. Moi, je caricature la caricature. L&#39;&eacute;cologie, c&#39;est important. Tout le monde est d&#39;accord. Je me moque juste de ceux qui s&#39;en servent pour esp&eacute;rer maintenir le lien avec leur public&hellip; Il faut parfois avoir la d&eacute;cence de se taire sur des sujets qu&#39;on ne ma&icirc;trise pas. &Ecirc;tre artiste ne donne pas toutes les comp&eacute;tences.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Il s&#39;agit de votre premier spectacle de la quarantaine. Vous le terminez par une anecdote assez &eacute;tonnante&hellip;<\/strong><br \/>\n\t\t\tOui, quand j&#39;avais 6 ans. Je devais &ecirc;tre en CP ou CE1. Une f&ecirc;te d&eacute;guis&eacute;e &eacute;tait organis&eacute;e &agrave; l&#39;&eacute;cole, la mission fran&ccedil;aise Georges-Bizet de Casablanca. Je m&#39;&eacute;tais habill&eacute; en cow-boy. Mes parents nous avaient d&eacute;pos&eacute;s, ma s&oelig;ur et moi. Mais nous &eacute;tions arriv&eacute;s en retard. Tout le monde &eacute;tait d&eacute;j&agrave; rentr&eacute;. Tr&egrave;s fier de mon d&eacute;guisement, j&#39;ai donn&eacute; un grand coup dans la porte pour marquer mon entr&eacute;e dans la classe. La porte s&#39;est ouverte, et l&agrave; j&#39;ai compris que mes parents s&#39;&eacute;taient tromp&eacute;s de jour. Toute la classe riait &agrave; gorge d&eacute;ploy&eacute;e. J&#39;&eacute;tais seul avec mon d&eacute;guisement de cow-boy. Dans ces rires, j&#39;entendais de la moquerie. Tout vient de l&agrave;. J&#39;essaie de r&eacute;parer ce rire. Comme les gens qui se cassent la figure en glissant et qui rejouent inlassablement la cascade pour faire croire qu&#39;elle &eacute;tait intentionnelle. J&#39;essaie de redonner une dignit&eacute; &agrave; ce rire de gosse.<\/p>\n<p>\n\t\t\tGad Elmaleh,&nbsp;Sans tambour&#8230;, au&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.theatremarigny.fr\/fr\/programmation\/bdd\/id\/140-gad-elmaleh-sans-tambour?PHPSESSID=27942963386bc4bdd64853c8562c568c\" target=\"_blank\">Th&eacute;&acirc;tre Marigny<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gad Elmaleh : &quot;Je reste le gosse qui se raconte des histoires&quot; &nbsp; &nbsp; Dans son nouveau spectacle,&nbsp;Sans tambour&hellip;&nbsp;&#8211; dont la premi&egrave;re parisienne a lieu mardi -, l&#39;humoriste d&eacute;voile les raisons pour lesquelles il a choisi le rire, d&egrave;s l&#39;&acirc;ge de 6 ans. 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