{"id":6913,"date":"2014-06-27T02:31:46","date_gmt":"2014-06-27T02:31:46","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6913"},"modified":"2014-06-27T00:19:32","modified_gmt":"2014-06-27T00:19:32","slug":"ashdod-ma-ville-par-yael-bensimhoun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ashdod-ma-ville-par-yael-bensimhoun\/","title":{"rendered":"Ashdod, ma ville, par Ya\u00ebl Bensimhoun"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>Ashdod, ma ville <\/u><\/strong><u>(info # 011306\/13) [Culture]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar Ya&euml;l Bensimhoun&copy;Metula News Agency<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<em>Ya&euml;l Bensimhoun est licenci&eacute;e &egrave;s lettres, mention arts, elle a collabor&eacute; &agrave; de nombreux media isra&eacute;liens, dont L&rsquo;Impact durant quatre ans. Elle m&egrave;ne parall&egrave;lement une carri&egrave;re dans l&rsquo;enseignement du fran&ccedil;ais en Isra&euml;l.<\/em><em>Originaire de Lyon, elle vit depuis douze ans dans la r&eacute;gion d&rsquo;Ashdod. <\/em><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDepuis la cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l, des dizaines de villes nouvelles, des centaines de villages ont vu le jour. Soixante-cinq ans plus tard, la physionomie du pays a tant chang&eacute; qu&rsquo;on le reconnait &agrave; peine. Reconstruction d&rsquo;un pays, r&eacute;tablissement d&rsquo;un peuple, la ville d&rsquo;Ashdod, &agrave; elle seule, r&eacute;sume assez bien cette r&eacute;alit&eacute;&nbsp;; elle qui s&rsquo;est vue dans un premier temps devenir le fief des immigr&eacute;s juifs d&rsquo;Afrique du nord, puis, en grand nombre, des Russes, des Sud-am&eacute;ricains ou des Fran&ccedil;ais&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSitu&eacute;e &agrave; peu de distance d&rsquo;Ashkelon, aux confins du N&eacute;guev et de Gaza, cette ville c&ocirc;ti&egrave;re a &eacute;t&eacute; b&acirc;tie en 1956 dans le sable, &agrave; l&rsquo;initiative de Yaff&eacute; Ben Ami. Elle compte &agrave; pr&eacute;sent pr&egrave;s de 250 000 habitants et abrite le plus grand port commercial du pays en eaux profondes, creus&eacute; artificiellement sur les rives de la M&eacute;diterran&eacute;e. Jeune ville donc direz-vous, et pourtant&hellip; le nom d&rsquo;Ashdod apparait pour la premi&egrave;re fois dans le livre de Josu&eacute; ; malgr&eacute; son jeune &acirc;ge, la ville est ancr&eacute;e dans l&rsquo;histoire du peuple juif.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Une histoire tumultueuse<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAvant d&rsquo;&ecirc;tre conquise par le Roi David au X<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle avant notre &egrave;re pour int&eacute;grer le royaume d&rsquo;Isra&euml;l, la cit&eacute; aurait &eacute;t&eacute; l&rsquo;une des cinq grandes villes-Etats fond&eacute;es par les Philistins quatre si&egrave;cles auparavant et utilis&eacute;e par eux comme place forte.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSelon la Bible, au d&eacute;but du chapitre 5 du livre de Samuel, c&rsquo;est l&agrave;, dans le temple de Dagon, divinit&eacute; mi-homme mi-poisson, que les Philistins d&eacute;pos&egrave;rent l&rsquo;arche d&rsquo;alliance (le <em>aron hakodesh<\/em>) arrach&eacute;e aux H&eacute;breux lors d&rsquo;une guerre qui les opposa. Le r&eacute;cit mentionne les malheurs qui frapp&egrave;rent alors les usurpateurs et comment, apeur&eacute;s par la puissance du D. des H&eacute;breux, les Philistins finirent par restituer l&rsquo;arche &laquo; ensorcel&eacute;e &raquo; aux Tribus d&rsquo;Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDurant les mille ans qui suivirent, Ashdod passa successivement sous la domination des Egyptiens, des Babyloniens, des Assyriens puis des Grecs, avant de redevenir juive sous les Macchab&eacute;es et jusqu&rsquo;&agrave; sa conqu&ecirc;te par les Romains qui d&eacute;truiront la ville. Apr&egrave;s cette p&eacute;riode et jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque ottomane, Ashdod ne fait plus parler d&rsquo;elle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa d&eacute;couverte des restes d&rsquo;une muraille de plus d&rsquo;un m&egrave;tre de large datant de la fin du VIII<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle et du d&eacute;but du VII<sup>&egrave;me<\/sup> avant l&rsquo;&egrave;re vulgaire, t&eacute;moigne pour Dmitri Egrov, arch&eacute;ologue &agrave; l&#39;Autorit&eacute; des Antiquit&eacute;s isra&eacute;lienne, de la pr&eacute;sence d&rsquo;une forteresse de l&rsquo;&eacute;poque du Premier Temple sur la colline de Jonas. Ce proph&egrave;te qui, selon la tradition juive, fut aval&eacute; puis rejet&eacute; du ventre d&rsquo;une baleine apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre embarqu&eacute; sur un radeau pour &eacute;chapper au commandement divin de proph&eacute;tiser.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette colline &laquo; Guivat Yona &raquo; surplombe Ashdod et s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; plus de 50 m&egrave;tres au-dessus de la mer&nbsp;; une plateforme &eacute;videmment autrefois strat&eacute;gique, qui permettait d&rsquo;observer l&rsquo;intrusion d&rsquo;ennemis par voie maritime ou d&rsquo;emp&ecirc;cher l&rsquo;accostage de bateaux clandestins lors du mandat britannique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn y trouve &agrave; pr&eacute;sent, au sommet, le phare du port d&rsquo;Ashdod et un point de vue spectaculaire pour admirer la c&ocirc;te et les dix-sept quartiers qui morcellent la ville jusqu&rsquo;&agrave; Ashkelon, plus au Sud.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans le sud de la ville, tout pr&egrave;s du rivage, entre les quartiers &laquo; youd-alef &raquo;, &laquo; tet-vav &raquo;, se dressent les vestiges d&rsquo;une citadelle datant du VIII<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle, et son impressionnante forteresse &laquo; Kalat Al-mina &raquo;. Ouvert au public, le site offre au regard des baigneurs des tours, des chambres, des escaliers et des fours encore admirablement conserv&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Une architecture et une population h&eacute;t&eacute;roclites<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe r&eacute;el patrimoine historique jure quelque peu avec les b&acirc;timents imposants, r&eacute;solument modernes et les nombreux immeubles qui poussent presque du jour au lendemain, comme des champignons.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tParmi les monuments incontournables, le centre d&rsquo;art Monart, pr&egrave;s de la mairie, dont l&rsquo;architecture, inspir&eacute;e du mus&eacute;e du Louvre, affiche une forme pyramidale en verre. Il a &eacute;t&eacute; construit par un architecte fran&ccedil;ais et subventionn&eacute; par des donateurs parisiens. C&rsquo;est la raison pour laquelle il porte ce nom fran&ccedil;ais &laquo; mon art &raquo;, bien que les Isra&eacute;liens, pour la plupart, en ignorent la r&eacute;elle signification.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNon loin, dans le m&ecirc;me p&eacute;rim&egrave;tre, se dresse fi&egrave;rement, face &agrave; la mer, l&rsquo;&eacute;poustouflante Maison de la culture, en forme de baleine blanche, con&ccedil;ue cette fois par un architecte t&eacute;lavivien. Et pour compl&eacute;ter ce magnifique ensemble, au centre d&rsquo;un rond-point g&eacute;ant, tout &agrave; c&ocirc;t&eacute;, des sculptures de voiliers de couleurs changeantes la nuit, semblent paisiblement voguer sur une mer de marbre.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPas franchement de centre-ville &agrave; Ashdod, mais plusieurs petits centres qui se disputent la supr&eacute;matie du lieu le mieux fr&eacute;quent&eacute;. Les restaurants les plus chics se trouvent pour la plupart en bord de mer, sans permis de cacherout (les r&egrave;gles alimentaires impos&eacute;es par la loi juive) toutefois, ce qui fait r&acirc;ler les nombreux immigrants fran&ccedil;ais, majoritairement traditionalistes &agrave; Ashdod.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa ville, comme bon nombre de villes c&ocirc;ti&egrave;res, vit surtout la nuit en &eacute;t&eacute;. Il faut toutefois avouer que l&rsquo;&eacute;t&eacute; est long en Isra&euml;l. D&egrave;s le mois d&rsquo;avril et jusqu&rsquo;en octobre au moins, la promenade d&rsquo;Ashdod dite en h&eacute;breu francis&eacute; la <em>tayelette<\/em> (la promenade), et qui relie plusieurs plages entre elles, offre aux joggers, marcheurs ou fl&acirc;neurs romantiques, sur trois kilom&egrave;tres, des &eacute;quipements de sport innovants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa &laquo; Marina bleue &raquo; est un port moderne o&ugrave; mouillent quelques centaines de yachts et autres embarcations. On y trouve des r&eacute;sidences luxueuses.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEnfin, Ashdod est f&eacute;conde en parcs, dont le parc Lah&rsquo;ish, site d&rsquo;attractions et de loisirs, qui s&rsquo;&eacute;tend sur 65 hectares et comprend une promenade, la rivi&egrave;re &eacute;ponyme, des pelouses et coins pique-nique, des arbres rares et d&eacute;coratifs, un zoo et un parc d&eacute;di&eacute; aux sports extr&ecirc;mes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tComme pour toutes les villes portuaires, l&rsquo;activit&eacute; du port d&rsquo;Ashdod lui assuresa croissance &eacute;conomique. Ainsi Ashdod a attir&eacute; de nombreux promoteurs,et &eacute;norm&eacute;ment d&rsquo;industries se sont install&eacute;es sur place.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe port est le plus important d&rsquo;Isra&euml;l, avant m&ecirc;me Ha&iuml;fa en mati&egrave;re de transit de marchandises et de rendement. C&rsquo;est &eacute;galement l&rsquo;un des plus grands de la M&eacute;diterran&eacute;e, qui offre un service de qualit&eacute; et un &eacute;quipement moderne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tGr&acirc;ce &agrave; toutes ses infrastructures, la ville a pu int&eacute;grer les grosses vagues d&rsquo;immigration de tous horizons de ces derni&egrave;res d&eacute;cennies. Religieux et la&iuml;cs, S&eacute;pharades (Juifs originaires des pays arabes) ou Ashk&eacute;nazes (originaires d&rsquo;Europe), vieillards et jeunes gens (bien que la moyenne d&rsquo;&acirc;ge &agrave; Ashdod soit la plus basse du pays : moins de 45 ans !) vivent en parfaite harmonie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Des monuments, en souvenir de l&rsquo;histoire moderne de la ville<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLors de la guerre d&rsquo;Ind&eacute;pendance, les kibboutzim (villages collectivistes d&rsquo;inspiration socialiste) autour d&rsquo;Ashdod furent attaqu&eacute;s par les Egyptiens. Mais leur incursion fut stopp&eacute;e net au sud-est de la ville par le bataillon Guivati, dans la nuit du 11 au 12 mai 1948.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu cours de la mission &laquo; Baraka &raquo;, les soldats isra&eacute;liens firent exploser le pont &laquo; Ad Halom &raquo; (jusque-l&agrave;) nomm&eacute; ainsi apr&egrave;s coup pour d&eacute;signer la limite atteinte par l&rsquo;arm&eacute;e &eacute;gyptienne. Ce jour-l&agrave;, malheureusement, Isra&euml;l perdra 54 hommes lors de cette victoire militaire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDeux de nos avions seront s&eacute;rieusement endommag&eacute;s et un autre s&rsquo;&eacute;crasera en flammes. Un monument aux morts est &eacute;lev&eacute; &agrave; l&rsquo;endroit qui rappelle ce drame. Sur le mur en pierres taill&eacute;es du m&eacute;morial, tout pr&egrave;s du nouveau pont reb&acirc;ti dans les ann&eacute;es 80, se trouve immortalis&eacute; ce terrible &eacute;pisode de notre histoire. &laquo; Ils ont souffert jusqu&rsquo;ici pour ne point savourer leur victoire ni voir la cr&eacute;ation de leur pays &raquo; lit-on douloureusement, en commentaire d&rsquo;une sculpture de l&rsquo;artiste Touvia L&eacute;vy.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNon loin de l&agrave;, comme en &eacute;cho, se dresse un m&eacute;morial en forme d&rsquo;ob&eacute;lisque. C&rsquo;est un monument &agrave; la m&eacute;moire des soldats &eacute;gyptiens tomb&eacute;s dans cette m&ecirc;me bataille, et &eacute;lev&eacute; dans le cadre du trait&eacute; de paix avec l&rsquo;Egypte. Les inscriptions sont &eacute;crites en trois langues : h&eacute;breu, anglais et arabe.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les sir&egrave;nes d&rsquo;Ashdod<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt bien voil&agrave;, il est temps d&rsquo;achever ce papier, m&ecirc;me s&rsquo;il reste encore beaucoup de choses &agrave; &eacute;crire sur cette belle ville qui a h&eacute;berg&eacute; mon alya (ma venue en isra&euml;l). Douze ans d&eacute;j&agrave; que je vis ici. Je suis &agrave; pr&eacute;sent presque une vraie Ashdodienne&#8230;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette derni&egrave;re ann&eacute;e notamment a &eacute;t&eacute; un peu particuli&egrave;re : Les gens d&rsquo;Ashdod ont acc&eacute;d&eacute; &agrave; la notori&eacute;t&eacute; ! Si si de vraies vedettes (mais uniquement nationales hein.. faut tout de m&ecirc;me pas r&ecirc;ver&hellip;).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est vrai, on a parl&eacute; de nous dans les journaux, &agrave; la t&eacute;l&eacute;, &agrave; la M&eacute;na&hellip; Nous n&rsquo;avions rien fait pour cela &eacute;videmment, mais dans les 40 kms du pourtour de Gaza, on n&rsquo;a pas eu le choix.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMaudite sonnerie. Trente secondes pour se planquer dans les cages d&rsquo;escaliers au beau milieu de la nuit dans le meilleur des cas, (ou, dans les moins bons,&agrave; moiti&eacute; nus et d&eacute;goulinant de savon et de shampoing devant les voisins auxquels on adresse un sourire g&ecirc;n&eacute;). Trente secondes pour choisir l&rsquo;emplacement le mieux adapt&eacute; et se coucher sur le ventre dans la rue (comme pour se faire bronzer, sauf que l&agrave;, on garde le manteau et on se terre entre deux voitures)&nbsp;; trente secondes pour cavaler sur des talons-aiguilles, d&rsquo;un arr&ecirc;t de bus &agrave; l&rsquo;immeuble le plus proche (souvent d&rsquo;ailleurs, il ne reste plus qu&rsquo;un seul des deux talons-aiguilles &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e)&nbsp;; trente secondes pour accepter d&rsquo;abandonner sur la table le steak-frites &agrave; peine entam&eacute; qui nous a tant fait saliver (&ccedil;a, &ccedil;a fait mal)&hellip; Trente secondes, enfin, que l&rsquo;on n&rsquo;a pas le droit de perdre quand on ne veut pas perdre la t&ecirc;te, pour saisir b&eacute;b&eacute;s et enfants endormis et se ruer dans les <em>miklatim<\/em>, les abris.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;ai vu des gens litt&eacute;ralement t&eacute;tanis&eacute;s quand le cri strident de la sir&egrave;ne retentissait soudain, des vieillards r&eacute;sign&eacute;s, attendant craintivement le bruit de l&rsquo;impact des roquettes, des femmes enceintes, fort p&acirc;les, les deux mains crois&eacute;es sur leur ventre dans un r&eacute;flexe d&eacute;risoire de protection.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;ai entendu des enfants rire en pleurant dans les bras rassurants de leur p&egrave;re tandis que des chiens tremblants comme des humains, accompagnaient les sir&egrave;nes de leurs hurlements. Mais ce que j&rsquo;ai vu et ressenti surtout, c&rsquo;est cette entraide, amiti&eacute;, et complicit&eacute; qui nous ont tous unis dans ces moments difficiles. &laquo; Le ciel est par-dessus le toit, si bleu, si calme&hellip; &raquo; chantait Verlaine en regardant &agrave; travers les barreaux de sa cellule. De ma fen&ecirc;tre, je vois la mer. Elle est si calme elle aussi aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ashdod, ma ville (info # 011306\/13) [Culture] Par Ya&euml;l Bensimhoun&copy;Metula News Agency &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ya&euml;l Bensimhoun est licenci&eacute;e &egrave;s lettres, mention arts, elle a collabor&eacute; &agrave; de nombreux media isra&eacute;liens, dont L&rsquo;Impact durant quatre ans. 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