{"id":6917,"date":"2014-04-20T05:39:59","date_gmt":"2014-04-20T05:39:59","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6917"},"modified":"2014-04-20T15:52:34","modified_gmt":"2014-04-20T15:52:34","slug":"peut-deradicaliser-les-djihadistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/peut-deradicaliser-les-djihadistes\/","title":{"rendered":"Peut-on d\u00e9radicaliser les djihadistes?"},"content":{"rendered":"<p>\n\tPeut-on d&eacute;radicaliser les djihadistes?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn Arabie saoudite, mais aussi au Y&eacute;men, ont ouvert des centres de &laquo;r&eacute;habilitation&raquo; sp&eacute;ciaux. Leur objectif: d&eacute;sintoxiquer du djihadisme. Le mod&egrave;le est-il exportable en Europe?<\/p>\n<div id=\"article_img\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div id=\"article_text\">\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tSevrer du djihadisme, tel est l&#39;objectif que se sont fix&eacute;s certains pays. Au Y&eacute;men, en Indon&eacute;sie, en Arabie saoudite, des centres de r&eacute;habilitation promouvant des m&eacute;thodes &laquo;soft&raquo; sont cr&eacute;&eacute;es pour les anciens djihadistes d&#39;al-Qaida. Au programme: s&eacute;minaires sur les affaires religieuses pour &eacute;loigner de la pens&eacute;e du djihad alternant parfois avec des moments de d&eacute;tente dignes des villages Pierre et vacances (<a href=\"http:\/\/actualites.sympatico.ca\/curiosite\/editorial-curiosite\/arabie-saoudite-prison-de-luxe-pour-terroristes-dal-qaida\">sauna, gym, spa<\/a>, salle de remise en forme)&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\tEn Arabie saoudite, on essaye d&#39;allier le spirituel et le mat&eacute;riel en cr&eacute;ant des infrastructures luxueuses pour les terroristes.&nbsp;&laquo;Une mani&egrave;re de se pr&eacute;senter comme un pays mis&eacute;ricordieux qui remet dans le droit chemin et soigne au mieux les anciens djihadistes&raquo;, observe St&eacute;phane Lacroix, ma&icirc;tre de conf&eacute;rences &agrave; Sciences Po Paris et sp&eacute;cialiste de l&#39;islam politique.<\/p>\n<p>\n\t\tAinsi, la nouvelle installation quatre &eacute;toiles situ&eacute;e depuis 2013 dans la ville de Riyad incite les d&eacute;tenus &agrave; mod&eacute;rer leurs croyances en leur offrant tout le confort d&#39;un h&ocirc;tel de luxe. Malgr&eacute; les moyens financiers mis &agrave; disposition, peut-on vraiment d&eacute;radicaliser les djihadistes? Les m&eacute;thodes employ&eacute;es sont-elles efficaces?<\/p>\n<h3>\n\t\tUn pros&eacute;lytisme &agrave; la saoudienne<\/h3>\n<p>\n\t\tApparu en 2006 sous l&#39;impulsion du prince saoudien Mohammed Ben Nayef, ce type de complexe s&#39;appelait auparavant &laquo;Centre de conseils et de soins&raquo;. Il visait au d&eacute;part &agrave; r&eacute;habiliter les extr&eacute;mistes d&#39;une branche locale d&#39;al-Qaida responsable d&#39;une s&eacute;rie d&#39;attentats meurtriers en Arabie saoudite.<\/p>\n<p>\n\t\tPar la suite, d&#39;autres centres de r&eacute;habilitation ont ouverts dans ce pays. Aujourd&#39;hui, ces &eacute;tablissements accueillent&nbsp;<a href=\"http:\/\/thelede.blogs.nytimes.com\/2009\/05\/26\/saudis-go-from-jihad-to-rehab\/\">des djihadistes ou des anciens d&eacute;tenus de la prison militaire de Guant&aacute;namo<\/a>. Pour acc&eacute;der &agrave; ces centres, les prisonniers ne doivent pas avoir particip&eacute; directement &agrave; des attentats et manifester leur volont&eacute; de revenir &agrave; un islam non extr&eacute;miste.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\">\n\t\t<iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/OQYBgVPURpI\" width=\"460\"><\/iframe><\/p>\n<p>\n\t\tUne pratique qui a incit&eacute; le Y&eacute;men et l&#39;Indon&eacute;sie, fortement marqu&eacute;s par la pr&eacute;sence de djihadistes, &agrave; faire de m&ecirc;me. Dans tous ces pays, cette r&eacute;habilitation passe par un enseignement religieux.<\/p>\n<p>\n\t\tEn Arabie saoudite par exemple, celle-ci s&#39;inspire du salafisme pi&eacute;tiste. Cette tendance, r&eacute;pandue dans ce pays, poursuit une strat&eacute;gie de &laquo;r&eacute;-islamisation&raquo; des soci&eacute;t&eacute;s musulmanes &agrave; travers une pr&eacute;dication non-violente et non directement politique. De mani&egrave;re concr&egrave;te, l&#39;Arabie saoudite intervient notamment par la formation des pr&eacute;dicateurs, la traduction et la distribution du Coran.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;Les imams saoudiens sont envoy&eacute;s aux quatre coins du monde pour assurer la pr&eacute;dication. Ces derniers sont form&eacute;s dans des grandes &eacute;coles de th&eacute;ologie. Une exp&eacute;rience et un statut qui leur sert de faire-valoir aupr&egrave;s des personnes voulant &ecirc;tre r&eacute;habilit&eacute;es&raquo;, note Louis Caprioli, ancien responsable de la lutte anti-terroriste &agrave; la Direction de la s&ucirc;ret&eacute; du territoire&nbsp;(DST) de 1998 &agrave;&nbsp;2004 et d&eacute;sormais conseiller du groupe de gestion et d&#39;analyse des risques Geos.<\/p>\n<p>\n\t\tCette l&eacute;gitimit&eacute; religieuse permet aux oul&eacute;mas (th&eacute;ologiens de l&#39;islam) d&#39;apporter des lectures contradictoires au djihadisme.&nbsp;&laquo;Ces salafistes pi&eacute;tistes se r&eacute;clament des m&ecirc;mes sources que les djihadistes, cela permet donc la cr&eacute;ation d&#39;un espace de discussion et une base d&#39;argumentation. N&eacute;anmoins, ils rejettent certaines choses comme le djihad car il n&#39;a pas &eacute;t&eacute; d&eacute;cr&eacute;t&eacute; par un leader politique&raquo;, explique St&eacute;phanie Lacroix.<\/p>\n<h3>\n\t\tLe djihadisme: une pathologie psychique<\/h3>\n<p>\n\t\tEn plus des cours de &laquo;r&eacute;&eacute;ducation religieuse&raquo; assur&eacute;s par des oul&eacute;mas et parfois d&#39;anciens repentis, certains centres de r&eacute;habilitation saoudiens proposent une aide psychologique pour les &laquo;d&eacute;viants&raquo;, un terme utilis&eacute; par les autorit&eacute;s saoudiennes pour faire r&eacute;f&eacute;rence aux partisans d&#39;al-Qaida.<\/p>\n<p>\n\t\tD&#39;apr&egrave;s Rapha&euml;l Liogier, professeur de sociologie &agrave; l&#39;Institut d&#39;&eacute;tudes politiques, directeur de l&#39;Observatoire du religieux &agrave; Aix-en-Provence et auteur de l&#39;ouvrage&nbsp;<a href=\"http:\/\/amzn.to\/15IiabT\">Le mythe de l&#39;islamisation<\/a>, pour les soci&eacute;t&eacute;s musulmanes comme l&#39;Arabie saoudite, le djihadisme n&#39;est pas consid&eacute;r&eacute; comme une attitude normale pour un musulman.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Les djihadistes sont souvent dans un complexe identitaire. Ils sont frustr&eacute;s &eacute;conomiquement et poss&egrave;dent une blessure narcissique qui les poussent &agrave; la r&eacute;action. Il s&#39;agit d&#39;une pathologie psychique.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tAinsi, les centres de r&eacute;habilitation ont pour fonction de redonner &agrave; ces d&eacute;tenus un r&eacute;cit positif. Rapha&euml;l Liogier explique:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Ils essayent de comprendre pourquoi ils en sont arriv&eacute;s l&agrave;, et tentent de leur r&eacute;apprendre le coran. Ils les aident &agrave; les faire acc&eacute;der &agrave; ce qu&#39;ils veulent &ecirc;tre en leur montrant qu&#39;il est possible d&#39;exister sans ce type d&#39;attitude.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tA leur arriv&eacute;e, les prisonniers sont entendus et questionn&eacute;s sur les motivations de leur engagement dans le djihad. Cette &eacute;coute est suivie d&#39;un enseignement religieux au travers de discussions. L&#39;objectif &eacute;tant que les prisonniers reconnaissent le caract&egrave;re non islamique des actes terroristes.<\/p>\n<h3>\n\t\tUne m&eacute;thode fiable?<\/h3>\n<p>\n\t\tMalgr&eacute; leurs m&eacute;thodes, certains djihadistes ne sont pas enclins &agrave; se laisser r&eacute;habiliter car, d&#39;apr&egrave;s St&eacute;phane Lacroix, ils consid&egrave;rent que les oul&eacute;mas saoudiens sont &agrave; la solde du pouvoir et ne sont pas fiables. N&eacute;anmoins, selon les chiffres annonc&eacute;s par les autorit&eacute;s du pays, 2.336 prisonniers d&#39;al-Qaida sont d&eacute;j&agrave; pass&eacute;s par de tels programmes de r&eacute;adaptation et&nbsp;&laquo;le pourcentage de ceux qui rejoignent la minorit&eacute; d&eacute;viante apr&egrave;s leur sortie ne d&eacute;passe pas 10%&raquo;,&nbsp;a d&eacute;clar&eacute; le directeur des centres de r&eacute;habilitation&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.google.com\/hostednews\/afp\/article\/ALeqM5jHHYH54q1L5We32zTXtnE6-Pi4YA?docId=CNG.5190ec36d5b5e6a54cf99045fdf0b725.f1\">Sa&iuml;d al-Bishi<\/a>&nbsp;&agrave; l&#39;AFP.<\/p>\n<p>\n\t\tEn effet, certains r&eacute;cidivent, comme Sa&iuml;d al-Chehri, un ancien d&eacute;tenu de Guant&aacute;namo devenu le chef d&#39;al-Qaida dans la P&eacute;ninsule arabique, bas&eacute; au Y&eacute;men. Pourtant, apr&egrave;s leur d&eacute;tention sanctionn&eacute;e par un examen final conditionnant leur remise en libert&eacute;, les prisonniers lib&eacute;r&eacute;s b&eacute;n&eacute;ficient d&#39;une aide &eacute;conomique pour leur r&eacute;insertion.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;Une attention particuli&egrave;re est apport&eacute;e &agrave; leur famille et &agrave; cet apr&egrave;s (obtention d&#39;un emploi, arrangement d&#39;un mariage, etc.) pour que le d&eacute;tenu retrouve une place dans la soci&eacute;t&eacute;&raquo;, note Rapha&euml;l Liogier. Derri&egrave;re ce pros&eacute;lytisme saoudien et ces nombreuses aides se cachent des enjeux plus politiques.<\/p>\n<p>\n\t\t<a name=\"retour\"><\/a>&laquo;Il s&#39;agit d&#39;un endoctrinement. L&#39;Arabie saoudite souhaite avoir des djihadistes &agrave; sa solde. Le pays craint les mouvements autonotomes et les wahhabites authentiques<a href=\"http:\/\/www.slate.fr\/story\/73489\/rehabilitation-djihad#1\">[1]<\/a>&nbsp;comme Oussama ben Laden qui pourraient nuire &agrave; leur autorit&eacute;&raquo;,&nbsp;souligne Antoine Basbous, politologue, directeur de l&rsquo;Observatoire des pays arabes et auteur du<a href=\"http:\/\/amzn.to\/15InXy6\">Tsunami arabe<\/a>. Preuve de leur aversion: en 1994, l&#39;Arabie saoudite d&eacute;cida de priver l&#39;ancien chef d&#39;al-Qaida de sa nationalit&eacute; saoudienne car il s&#39;&eacute;tait oppos&eacute; &agrave; la famille royale et avait ralli&eacute; les opposants au royaume wahhabite en Iran et en Syrie.<\/p>\n<p>\n\t\tAvec les centres de r&eacute;habilitation, l&#39;Arabie saoudite essaye de contr&ocirc;ler les djihadistes et de les rendre utiles pour la monarchie. Antoine Basbous:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Ces djihadistes r&eacute;habilit&eacute;s peuvent partir en mission sur ordre du monarque afin de lutter contre leurs ennemis chiites comme le font les membres des mouvements djihadistes financ&eacute;s par l&#39;Arabie Saoudite pour combattre l&#39;Iran&nbsp;(pays majoritairement chiite)&nbsp;en Irak, en Syrie&#8230;&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tSi, en Arabie saoudite, d&#39;apr&egrave;s la d&eacute;claration du directeur de ce type d&#39;&eacute;tablissements, la m&eacute;thode semble fonctionner, il semblerait qu&#39;au Y&eacute;men cela soit diff&eacute;rent. Certains pays ne b&eacute;n&eacute;ficient pas de cette l&eacute;gitimit&eacute; religieuse et de ressources financi&egrave;res n&eacute;cessaires pour la r&eacute;habilitation des djihadistes. Louis Caprioli:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Chaque pays a une probl&eacute;matique diff&eacute;rente.&nbsp;Le Y&eacute;men est un pays en situation de guerre. Les gens ont pass&eacute; la barri&egrave;re et sont dans l&#39;engagement militaire, du coup il est plus difficile de les &ldquo;mettre dans le droit chemin&rdquo;. En plus il existe des diff&eacute;rences r&eacute;gionales, tribales, qui complexifient la situation.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>\n\t\tEt en Europe?<\/h3>\n<p>\n\t\tIl n&#39;y a pas qu&#39;au Y&eacute;men que les centres trouvent des difficult&eacute;s &agrave; s&#39;implanter. Si certaines soci&eacute;t&eacute;s musulmanes ont suffisamment de l&eacute;gitimit&eacute; religieuse pour cr&eacute;er ces &eacute;tablissements, ce n&#39;est pas le cas en Europe. &laquo;Les imams ne peuvent pas s&#39;imposer face &agrave; des djihadistes car ils n&#39;ont pas suffisamment de cr&eacute;dibilit&eacute;. De plus, dans des pays la&iuml;ques, on ne peut pas cr&eacute;er des &eacute;coles musulmanes pour former ces religieux&nbsp;ou payer des imams pour pr&ocirc;ner l&#39;islam, cela va &agrave; l&#39;encontre de la la&iuml;cit&eacute;&raquo;, explique Louis Caprioli.<\/p>\n<p>\n\t\tLe vrai probl&egrave;me en Europe reste les prisons. Selon l&#39;anthropologue et auteur de<a href=\"http:\/\/amzn.to\/14gJX3a\">&nbsp;L&#39;islam &agrave; la fran&ccedil;aise<\/a>, John Bowen, dans le cas fran&ccedil;ais, l&#39;id&eacute;e de la la&iuml;cit&eacute; devrait &ecirc;tre assouplie pour contrer le d&eacute;veloppement du djihadisme, non pas au sein des centres de r&eacute;habilitation mais avant tout dans les maisons d&#39;arr&ecirc;t:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Les repr&eacute;sentants de l&#39;Etat se d&eacute;gagent des affaires religieuses car ils jugent le sujet trop &eacute;pineux. Pourtant, la France gagnerait &agrave; engager des moyens humains et financiers pour aider les gens &agrave; se former dans les &eacute;coles de th&eacute;ologie en Egypte ou en Jordanie et &agrave; augmenter le nombre de religieux en milieu carc&eacute;ral.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tPour autant,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/l-islam-majoritaire-dans-les-prisons_819458.html\">comme l&#39;explique le sociologue Farhad Khosrokhavar<\/a>dans une interview accord&eacute;e au magazine l&#39;Express, les &eacute;tablissements p&eacute;nitentiaires ne constitueraient pas un vivier de formation des int&eacute;gristes, m&ecirc;me si la menace existe.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Les &quot;barbus&quot;, comme les appellent les autres d&eacute;tenus, forment une petite minorit&eacute; qui suscite &agrave; la fois fascination et rejet. Beaucoup de d&eacute;tenus les jugent trop extr&eacute;mistes. La plupart du temps, les prisonniers refusent de se m&ecirc;ler de politique.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tDans son livre&nbsp;<a href=\"http:\/\/amzn.to\/11Ysf5q\">L&#39;islam dans les prisons<\/a>, le sp&eacute;cialiste d&eacute;nonce la p&eacute;nurie d&#39;imams responsable de la mont&eacute;e des radicaux. D&#39;apr&egrave;s l&#39;auteur, en 2003, il y avait seulement 513 aum&ocirc;niers catholiques &ndash;dont 181 indemnis&eacute;s&ndash;, 267 protestants, et 69 musulmans, dont 30 indemnis&eacute;s, dans les &eacute;tablissements p&eacute;nitentiaires fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t\tPour Rapha&euml;l Liogier, outre le manque de personnel religieux, la prison n&#39;apporterait pas l&#39;encadrement n&eacute;cessaire ce qui provoquerait l&#39;&eacute;mergence de&nbsp;&laquo;bombes sociales&raquo;.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Il faut que la prison soit un lieu o&ugrave; l&#39;on donne une image positive de soi. On doit leur dire: &ldquo;vous &ecirc;tes des gens respectables, vous avez fait quelque chose de mal mais on vous int&egrave;gre dans la soci&eacute;t&eacute;&rdquo;, pour ne pas qu&#39;ils basculent. Ce sont des individus fragiles, c&#39;est pour cela qu&#39;il faut mettre en place des parcours&nbsp;pour tous les d&eacute;tenus, djihadistes ou non: des formations, des acc&egrave;s universitaires, un travail pour la soci&eacute;t&eacute;.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tDes m&eacute;thodes de pr&eacute;vention jug&eacute;es plus efficaces, pour le sp&eacute;cialiste, que d&#39;hypoth&eacute;tiques centres de r&eacute;habilitation en Europe.<\/p>\n<p>\n\t\tEn attendant, devant le succ&egrave;s de ce type d&#39;&eacute;tablissements, le gouvernement am&eacute;ricain soucieux de l&#39;apr&egrave;s-Guant&aacute;namo semble lorgner sur ces pays d&#39;accueil. D&#39;anciens d&eacute;tenus de la prison militaire ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s en Arabie saoudite tandis que d&#39;autres devraient rejoindre le Y&eacute;men prochainement, le pr&eacute;sident Barack Obama souhaitant le transf&egrave;rement des prisonniers vers ce pays. Si aujourd&#39;hui ces soci&eacute;t&eacute;s musulmanes semblent appara&icirc;tre comme le mod&egrave;le &agrave; suivre en mati&egrave;re de d&eacute;tention des djihadistes, c&#39;est sans doute parce que tous partent de ce m&ecirc;me constat: la prison ne suffit pas &agrave; lutter contre le djihadisme. Au contraire, elle peut devenir une &eacute;cole de radicalisation et de reconstitution de r&eacute;seaux.<\/p>\n<p>\n\t\tSt&eacute;phanie Plasse<\/p>\n<p>\n\t\t[1] Selon Antoine Basbous, le salafisme est&nbsp;&laquo;la version &agrave; l&#39;exportation du wahhabisme&raquo;.&nbsp;&laquo;Etre salafiste ou &ecirc;tre wahhabite revient au m&ecirc;me, sauf que le salafisme est plus valorisant, il se r&eacute;f&egrave;re aux premiers temps de l&#39;islam, aux compagnons du proph&egrave;te. Il est en r&eacute;alit&eacute; plus vendable &agrave; l&#39;&eacute;tranger.&raquo; Pour le sp&eacute;cialiste, le terme &laquo;wahhabite authentique&raquo; d&eacute;signe ceux qui pr&ocirc;nent le djihad.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tSlate.fr<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-on d&eacute;radicaliser les djihadistes? &nbsp; &nbsp; En Arabie saoudite, mais aussi au Y&eacute;men, ont ouvert des centres de &laquo;r&eacute;habilitation&raquo; sp&eacute;ciaux. Leur objectif: d&eacute;sintoxiquer du djihadisme. Le mod&egrave;le est-il exportable en Europe? &nbsp; Sevrer du djihadisme, tel est l&#39;objectif que se sont fix&eacute;s certains pays. Au Y&eacute;men, en Indon&eacute;sie, en Arabie saoudite, des centres de r&eacute;habilitation&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18131,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[89,59,19,11,14,361,1],"tags":[],"class_list":["post-6917","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-al-qaeda","category-arabie-saoudite","category-europe","category-moyen-orient","category-paris","category-riyad","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6917","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6917"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6917\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18131"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6917"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6917"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6917"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}