{"id":69257,"date":"2024-02-11T21:06:48","date_gmt":"2024-02-11T21:06:48","guid":{"rendered":""},"modified":"2024-02-11T21:06:48","modified_gmt":"2024-02-11T21:06:48","slug":"hommage-a-robert-badinter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/hommage-a-robert-badinter\/","title":{"rendered":"Hommage a Robert Badinter"},"content":{"rendered":"<p>Hommage a Robert Badinter<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De sa jeunesse marqu\u00e9e par la Seconde Guerre mondiale et la Shoah \u00e0 son r\u00f4le central dans l&rsquo;abolition de la peine de mort en France, GEO.fr revient sur le combat pour une justice humaniste de Robert Badinter, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 9 f\u00e9vrier 2024 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 95 ans. L&rsquo;engagement de toute une vie.<\/p>\n<p>Mathilde Ragot &#8211; Geo<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je vois que vous attendez un heureux \u00e9v\u00e9nement, esp\u00e9rons que ce soit un gar\u00e7on qui d\u00e9fendra glorieusement la France et la R\u00e9publique\u00a0\u00bb, disait le commissaire du XVIe arrondissement de Paris \u00e0 la m\u00e8re de Robert Badinter lorsqu&rsquo;elle recevait son d\u00e9cret de naturalisation fran\u00e7aise. Et \u00ab\u00a0nul en effet ne peut nier qu\u2019il compte parmi les rares personnalit\u00e9s qui, dans le Ve R\u00e9publique, ont chang\u00e9, par leur action politique et par leur influence morale, la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, introduisent Dominique Missika et Maurice Szafran dans leur livre Robert Badinter, l\u2019homme juste (\u00e9d. Tallandier, 2021).<\/p>\n<p>Avocat, professeur, ministre, \u00e9crivain, militant, Robert Badinter a d\u00e9vou\u00e9 sa vie \u00e0 la d\u00e9fense d&rsquo;une cause, celle d&rsquo;une justice humaniste \u2013 non pas de gauche car, un syst\u00e8me judiciaire n&rsquo;est pas de droite ou de gauche, il est humaniste ou r\u00e9pressif, affirmait-il. Alors que son entourage a annonc\u00e9 son d\u00e9c\u00e8s, survenu dans la nuit du 8 au 9 f\u00e9vrier 2024, retour sur le parcours d&rsquo;un homme fermement oppos\u00e9 \u00e0 la peine de mort, portant la blessure de la d\u00e9portation de ses proches.<\/p>\n<p><strong>Un \u00ab\u00a0enfant de d\u00e9port\u00e9s disparus dans la nuit\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Pendant des ann\u00e9es, il n\u2019en a pas parl\u00e9 publiquement. Jusqu\u2019en 2015, lors de la c\u00e9r\u00e9monie de comm\u00e9moration des 72 ans de la rafle de la rue Sainte-Catherine, par la Gestapo lyonnaise le 9 f\u00e9vrier 1943. Cette blessure, c&rsquo;est celle des \u00ab\u00a0enfants de d\u00e9port\u00e9s disparus dans la nuit des camps d\u2019extermination\u00a0\u00bb, qui sont \u00ab\u00a0comme amput\u00e9s des \u00eatres ch\u00e9ris\u00a0\u00bb, d\u00e9clarait-il alors. \u00ab\u00a0La vie cicatrise la blessure. Mais, par moments, la douleur revient, indicible, l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a que le vide.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Robert Badinter na\u00eet le 30 mars 1928 \u00e0 Paris, de parents naturalis\u00e9s \u00e0 la \u00ab\u00a0volont\u00e9 farouche de s\u2019int\u00e9grer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, de faire siennes des traditions [&#8230;]\u00a0\u00bb, notent Dominique Missika et Maurice Szafran dans leur livre, avant d&rsquo;ajouter : \u00ab\u00a0Incroyable parcours puisque, qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps encore, Simon et Charlotte vivaient aux confins de la Russie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re Simon, n\u00e9 Samuel en Bessarabie (au sud de l&rsquo;Empire tsariste, entre la Roumanie et l&rsquo;Ukraine) dans ce qui est appel\u00e9 le Yiddishkeit, est arriv\u00e9 en France en 1919, s\u00e9duit par la patrie d\u00e9peinte par l&rsquo;auteur Romain Rolland. Sa m\u00e8re Charlotte, n\u00e9e Chifra dans la m\u00eame Bessarabie, o\u00f9 les Juifs \u00e9taient en proie \u00e0 des percussions grandissantes, avait rejoint le \u00ab\u00a0pays des droits de l&rsquo;Homme\u00a0\u00bb d\u00e8s 1912.<\/p>\n<p>Ce dernier offre une douce jeunesse \u00e0 Robert dans la capitale. Mais la fin de l&rsquo;innocence est marqu\u00e9e par la d\u00e9couverte sous-jacente de l\u2019antis\u00e9mitisme. \u00ab\u00a0Mort \u00e0 Blum ! Mort aux Juifs !\u00a0\u00bb, peut-il lire sur les murs de la ville. D\u00e8s juin 1940, la zone nord occup\u00e9e est administr\u00e9e par la Wehrmacht.<\/p>\n<p>En septembre, une ordonnance exige aux Juifs de s&rsquo;y faire recenser. Le 14 mai 1941, 6 000 Juifs \u00e9trangers re\u00e7oivent un \u00ab\u00a0billet vert\u00a0\u00bb les invitant \u00e0 un \u00ab\u00a0examen de situation\u00a0\u00bb. Ils sont en r\u00e9alit\u00e9 imm\u00e9diatement arr\u00eat\u00e9s et transf\u00e9r\u00e9s dans deux camps du Loiret. L&rsquo;alerte est donn\u00e9e. \u00ab\u00a0Robert Badinter gardera toujours en m\u00e9moire la tristesse de son p\u00e8re, cette blessure ingu\u00e9rissable le jour o\u00f9 les Allemands, aid\u00e9s par Vichy, font de lui un paria\u00a0\u00bb, \u00e9crivent les auteurs.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le chef de famille, le gar\u00e7on de 13 ans, son fr\u00e8re Claude et sa m\u00e8re d\u00e9m\u00e9nagent clandestinement \u00e0 Lyon \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e. Mais la famille n&rsquo;est pas au complet. D\u00e9nonc\u00e9 dans une lettre au commissariat du Marais, son oncle Naftoul est d\u00e9port\u00e9 vers Auschwitz. Sa grand-m\u00e8re paternelle Shindl\u00e9a, intern\u00e9e \u00e0 Drancy le jour de Kippour, meurt dans le convoi avant d&rsquo;arriver au camp.<\/p>\n<p>Le 9 f\u00e9vrier 1943, alors qu\u2019il se rendait \u00e0 l\u2019Union g\u00e9n\u00e9rale des Isra\u00e9lites de France, c&rsquo;est au tour de Simon Badinter d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9, avec quatre-vingt-cinq autres Juifs. Dans une derni\u00e8re lettre \u00e0 sa femme, qu&rsquo;il veut \u00ab\u00a0rassurante\u00a0\u00bb, il indique \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Drancy pour \u00ab\u00a0une destination inconnue\u00a0\u00bb vers l\u2019Est, probablement un camp de travail. Charlotte passe ill\u00e9galement la ligne de d\u00e9marcation pour revenir sur la capitale, dans l\u2019espoir insens\u00e9 de faire lib\u00e9rer son mari gr\u00e2ce \u00e0 un pot-de-vin. En vain.<\/p>\n<p>Charlotte, Claude et Robert s\u2019installent \u00e0 Cognin, en Savoie, dans leur \u00ab\u00a0\u00eelot de salut\u00a0\u00bb. Car quand la r\u00e9gion passe aux mains des Allemands en septembre 1943, ces \u00ab\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s en provenance de Saint-Nazaire, au p\u00e8re prisonnier de guerre\u00a0\u00bb ne sont pas d\u00e9nonc\u00e9s. De retour \u00e0 Paris apr\u00e8s la Lib\u00e9ration d&rsquo;ao\u00fbt 1944, Robert Badinter, qui n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 plus un enfant, guette le retour des absents. Il ne se verra confront\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0aucun enterrement, aucune c\u00e9r\u00e9monie, [au] silence surtout\u00a0\u00bb, racontait-il.<\/p>\n<p><strong>Robert Badinter, \u00ab\u00a0l&rsquo;avocat des causes justes\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 cette blessure ingu\u00e9rissable, \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas l\u2019esprit de revanche qui l&rsquo;anime, c\u2019est l\u2019id\u00e9e de justice [&#8230;], expliquent Missika et Szafran. \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9preuve de la guerre et de la d\u00e9vastation des camps le pousse \u00e0 s&rsquo;interroger sur le destin de l\u2019homme dans un monde \u00e0 refonder.\u00a0\u00bb Alors, apr\u00e8s des \u00e9tudes \u00e0 la Sorbonne et l&rsquo;universit\u00e9 Columbia de New-York, Robert Badinter se lance dans le droit.<\/p>\n<p>Ses d\u00e9buts sont remarqu\u00e9s, notamment par les m\u00e9dias, avec des affaires comme celles de l'\u00a0\u00bbArs\u00e8ne Lupin de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre\u00a0\u00bb ou encore le dossier \u00ab\u00a0Charlie Chaplin\u00a0\u00bb. Il est alors consid\u00e9r\u00e9 comme l'\u00a0\u00bbavocat du cin\u00e9ma et de la presse\u00a0\u00bb. Mais son patron, l&rsquo;humaniste intransigeant Henry Torr\u00e8s, lui transmet une autre vision du m\u00e9tier, celle de l'\u00a0\u00bbavocat des causes justes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00catre avocat, ce n\u2019est pas d\u00e9fendre un innocent, c\u2019est montrer que sa culpabilit\u00e9 n\u2019est pas \u00e9tablie. Voil\u00e0 le point cardinal\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0Notre r\u00e8gle premi\u00e8re ? D\u00e9fendre le client co\u00fbte que co\u00fbte ; \u00eatre solidaire de l&rsquo;homme sans pour autant l&rsquo;\u00eatre du crime\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0Tu d\u00e9fends un homme qui a tu\u00e9 ou vol\u00e9, parce que c\u2019est un homme d\u2019abord\u00a0\u00bb ; sont autant de phrases parmi les nombreuses qu&rsquo;il retiendra de son ma\u00eetre et mod\u00e8le.<\/p>\n<p>De ces d\u00e9buts aupr\u00e8s d&rsquo;Henry Torr\u00e8s, qui fut comme un second p\u00e8re, il tire une ligne de conduite pour l&rsquo;ensemble de sa carri\u00e8re. Mais une autre id\u00e9e de son mentor lui reste en t\u00eate : \u00ab\u00a0La mort, c&rsquo;est l&rsquo;injustice \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat brut, celle qui \u00f4te \u00e0 l&rsquo;avocat sa raison d&rsquo;\u00eatre parce qu&rsquo;elle est d\u00e9finitive\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>D&rsquo;autant que le juriste se penche aussi sur l&rsquo;ouvrage Des d\u00e9lits et des peines du philosophe des Lumi\u00e8res Cesare Beccaria (1765), qui aurait eu une une influence id\u00e9ologique consid\u00e9rable sur la D\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme de 1789. \u00ab\u00a0Le dernier supplice [la peine de mort] n&rsquo;a jamais emp\u00each\u00e9 les hommes r\u00e9solus de nuire \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, \u00e9crivait l&rsquo;Italien.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;int\u00e9resse aussi aux id\u00e9es de Victor Hugo, pour qui une telle sanction est inutile \u2013 Robert Badinter se d\u00e9crivait comme un \u00ab\u00a0hugol\u00e2tre\u00a0\u00bb, pouvant r\u00e9citer par c\u0153ur des po\u00e8mes de l&rsquo;homme du XIXe si\u00e8cle, en collectionnant les objets et adorant en parler.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;affaire marquante du condamn\u00e9 Roger Bontems<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est une affaire judiciaire particuli\u00e8re, toutefois, qui modifie en profondeur ses convictions. En juin 1972 \u00e0 Troyes, il d\u00e9fend le condamn\u00e9 \u00e0 la guillotine Roger Bontems, jug\u00e9 complice de Claude Buffet dans une affaire de prise d&rsquo;otages meurtri\u00e8re \u00e0 la centrale de Clairvaux, dans l&rsquo;Aube.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 un combat acharn\u00e9 de Robert Badinter, qui r\u00e9p\u00e8te que l&rsquo;accus\u00e9 n&rsquo;a jamais tu\u00e9, la gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle est refus\u00e9e par le pr\u00e9sident Georges Pompidou. Cette ex\u00e9cution a \u00ab\u00a0modifi\u00e9 au plus profond, non seulement son existence, mais aussi sa personne\u00a0\u00bb, affirment les auteurs, \u00e0 qui l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 r\u00e9v\u00e8lait : \u00ab\u00a0Partisan de l&rsquo;abolition, je suis devenu militant de l&rsquo;abolition. [&#8230;] En sortant de la Sant\u00e9 j&rsquo;ai compris que je n&rsquo;accepterai plus cette justice qui tue\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s, il publie le livre L&rsquo;Ex\u00e9cution, hommage \u00e0 son ma\u00eetre Torr\u00e8s et r\u00e9cit minutieux du combat pour que Roger Bontems vive. \u00c0 cette \u00e9poque dans l&rsquo;Hexagone, une forte majorit\u00e9 des Fran\u00e7ais est pourtant favorable \u00e0 la peine de mort, et l&rsquo;homme appara\u00eet comme \u00ab\u00a0l&rsquo;avocat des monstres, des assassins\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il assiste notamment Robert Bocquillon dans l&rsquo;un des proc\u00e8s les plus c\u00e9l\u00e8bres de l&rsquo;histoire judiciaire r\u00e9cente en France : celui de la d\u00e9fense du criminel Patrick Henry, responsable de l&rsquo;enl\u00e8vement et du meurtre d&rsquo;un gar\u00e7on de 7 ans \u2013 ironiquement, quatre ann\u00e9es plus t\u00f4t, celui-ci manifestait en faveur de la condamnation \u00e0 la peine capitale de Roger Bontems et Claude Buffet lors de leur proc\u00e8s.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Troyes, o\u00f9 il n&rsquo;avait pu sauver l&rsquo;accus\u00e9 qui l&rsquo;a tant chamboul\u00e9, Robert Badinter fait un plaidoyer contre la guillotine, marquant les esprits, \u00ab\u00a0un cri prolong\u00e9 qui pendant une heure et demie, a tenu comme fascin\u00e9s, \u00e9blouis, toux ceux qui \u00e9taient dans la salle\u00a0\u00bb. Les jur\u00e9s, dont trois avaient \u00e9clat\u00e9 en larmes \u00e0 ses mots, se prononcent finalement pour une condamnation \u00e0 la perp\u00e9tuit\u00e9. \u00ab\u00a0\u00c0 mort l&rsquo;assassin ! Justice pourrie\u00a0\u00bb, est-il pourtant scand\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du palais de justice.<\/p>\n<p><strong>Le 18 septembre 1981, l&rsquo;abolition de la peine de mort<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette fervente opposition de l&rsquo;opinion publique, est annonc\u00e9e le 23 juin 1981 la nomination de Robert Badinter \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re de la Justice du gouvernement Mitterrand, qu&rsquo;il accompagne en politique depuis deux d\u00e9cennies. \u00ab\u00a0J&rsquo;\u00e9tais assis \u00e0 la table de la R\u00e9publique avec ce Pr\u00e9sident qui parlait un si beau, un si bon fran\u00e7ais. Je me suis dit que j&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 pour servir cette R\u00e9publique que mon p\u00e8re aimait tant\u00a0\u00bb, se dit fi\u00e8rement l&rsquo;ancien avocat lors de son premier Conseil des ministres.<\/p>\n<p>Il sait qu&rsquo;il doit faire vite sur la question de l&rsquo;abolition, l&rsquo;un des engagements de Fran\u00e7ois Mitterrand durant sa campagne \u2013 pr\u00e8s de 6 Fran\u00e7ais sur 10 souhaitaient pourtant son maintien. Alors, il obtient que l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale soit appel\u00e9e \u00e0 se prononcer sur le sujet lors de la session extraordinaire de septembre 1981. Le 26 ao\u00fbt 1981, le Conseil des ministres adopte quant \u00e0 lui un court projet de loi \u00e0 sept articles, dont le premier \u00e9nonce : \u00ab\u00a0La peine de mort est abolie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 17 septembre 1981, le garde des Sceaux s&rsquo;installe \u00e0 la tribune du palais Bourbon. La m\u00eame o\u00f9, en 1791, Claude Le Peletier avait demand\u00e9 cette m\u00eame abolition, suivi par Alphonse de Lamartine, Jean Jaur\u00e8s, Aristide Briand ou bien s\u00fbr, Victor Hugo. Il prononce alors son fameux discours de pr\u00e8s d\u2019une heure et demie, dont le manuscrit original a \u00e9t\u00e9 offert \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France. Apr\u00e8s deux jours de d\u00e9bat, le projet de loi est finalement adopt\u00e9 par les d\u00e9put\u00e9s le 18 septembre.<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>Demain, gr\u00e2ce \u00e0 vous la justice fran\u00e7aise ne sera plus une justice qui tue. Demain, gr\u00e2ce \u00e0 vous, il n\u2019y aura plus, pour notre honte commune, d\u2019ex\u00e9cutions furtives, \u00e0 l\u2019aube, sous le dais noir, dans les prisons fran\u00e7aises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tourn\u00e9es.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hommage a Robert Badinter &nbsp; &nbsp; De sa jeunesse marqu\u00e9e par la Seconde Guerre mondiale et la Shoah \u00e0 son r\u00f4le central dans l&rsquo;abolition de la peine de mort en France, GEO.fr revient sur le combat pour une justice humaniste de Robert Badinter, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 9 f\u00e9vrier 2024 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 95 ans. 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