{"id":6929,"date":"2013-06-17T23:23:50","date_gmt":"2013-06-17T23:23:50","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6929"},"modified":"2013-06-17T23:23:50","modified_gmt":"2013-06-17T23:23:50","slug":"iran-une-theocratie-de-moins-en-moins-religieuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/iran-une-theocratie-de-moins-en-moins-religieuse\/","title":{"rendered":"Iran : une th\u00e9ocratie de moins en moins religieuse"},"content":{"rendered":"<p>\n\tIran : une th&eacute;ocratie de moins en moins religieuse<\/p>\n<h1 datatype=\"\" property=\"dc:title\">\n\t&nbsp;<\/h1>\n<div>\n<div id=\"text_resize_clear\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPar Christophe Ayad<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&#39;Iran est le pays du Moyen-Orient o&ugrave; les mosqu&eacute;es sont les plus vides le vendredi &agrave; l&#39;heure de la grande pri&egrave;re hebdomadaire. Dans la premi&egrave;re &#8211; et seule &agrave; ce jour &#8211; th&eacute;ocratie islamique contemporaine, ce paradoxe signe un &eacute;chec patent. Comme si trop de religion avait vaccin&eacute; les Iraniens contre sa pratique publique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPlus puissant que jamais, le clerg&eacute; chiite atteint &eacute;galement des sommets d&#39;impopularit&eacute;. C&#39;est le paradoxe de la R&eacute;publique islamique, qui a donn&eacute; le pouvoir aux clercs et, partant, leur a fait perdre leur ind&eacute;pendance et donc une bonne part de leur prestige. &quot;Depuis la r&eacute;volution constitutionnelle de 1905, &eacute;crit la sociologue Mahnaz Shirali [La Mal&eacute;diction du religieux. La d&eacute;faite de la pens&eacute;e d&eacute;mocratique en Iran, &eacute;d. Fran&ccedil;ois Bourin, 2012], l&#39;Iran est entr&eacute; dans le processus de sortie de la religion, mais il a fallu attendre l&#39;&eacute;mergence du r&eacute;gime islamique, en 1979, pour que le d&eacute;bat politico-religieux se cristallise autour du th&egrave;me de la s&eacute;paration du politique et du religieux. Les Iraniens ont pris conscience de la place probl&eacute;matique qu&#39;occupe la religion au sein de l&#39;organisation sociale et politique &agrave; partir du moment o&ugrave; ils se sont trouv&eacute;s sous la chape de plomb du khomeynisme et apr&egrave;s la confiscation de toute libert&eacute; individuelle et politique au nom de l&#39;islam.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>&quot;Normalisation&quot;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tCe mouvement de remise en cause de la religion, du moins dans sa volont&eacute; de r&eacute;genter la sph&egrave;re politique et sociale, est devenu plus patent apr&egrave;s la mort, en 1989, de l&#39;ayatollah Khomeyni, dont la tr&egrave;s forte l&eacute;gitimit&eacute; de leader de la R&eacute;volution et de p&egrave;re de la Constitution avait occult&eacute; le d&eacute;bat. La succession d&#39;Ali Khamenei, simple hodjatoleslam &eacute;lev&eacute; en quatri&egrave;me vitesse au rang d&#39;ayatollah, marque une &quot;normalisation&quot;. Khomeyni parlait au nom de Dieu, il avait m&ecirc;me &eacute;t&eacute; proclam&eacute; imam, Khamenei n&#39;est m&ecirc;me pas marja (source d&#39;imitation), contrairement &agrave; son grand rival l&#39;ayatollah Montazeri, assign&eacute; &agrave; r&eacute;sidence et d&eacute;chu de son titre de dauphin pour avoir protest&eacute; contre la vague d&#39;ex&eacute;cutions dans les prisons en 1988.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&egrave;s son arriv&eacute;e au pouvoir, Ali Khamenei s&#39;est attach&eacute; &agrave; affermir son pouvoir en r&eacute;formant la Consitution, ce qui lui permet d&#39;interf&eacute;rer dans tous les domaines, et en promouvant le mod&egrave;le du &quot;mollah combattant&quot;, un religieux exer&ccedil;ant des fonctions s&eacute;curitaires, &agrave; l&#39;instar de l&#39;hodjatoleslam Hossein Taeb, ancien chef des bassidji (miliciens) et actuel chef des renseignements des pasdarans (gardiens de la r&eacute;volution).<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&#39;ordre donn&eacute; aux forces de s&eacute;curit&eacute; par Ali Khamenei de r&eacute;primer les manifestants en juin 2009 a achev&eacute; de casser le lien entre le clerg&eacute; &#8211; du moins sa fraction impliqu&eacute;e dans la gestion du pays &#8211; et une bonne partie de la population. Pour la premi&egrave;re fois, des slogans ont vis&eacute; directement le Guide supr&ecirc;me. Quelques mois plus tard, le grand ayatollah Montazeri &eacute;tait enterr&eacute; &agrave; Qom dans une ambiance d&#39;&eacute;meute. Mais, s&#39;il se sait d&eacute;test&eacute;, le clerg&eacute; chiite ne peut pas se d&eacute;solidariser d&#39;un r&eacute;gime qui a assur&eacute; sa fortune. Sa chute signifierait aussi une p&eacute;riode de repli sans pr&eacute;c&eacute;dent pour les oul&eacute;mas. D&#39;autant que la chute de Saddam Hussein a redonn&eacute; son lustre &agrave; Nadjaf, la principale ville sainte d&#39;Irak et du chiisme, ce qui en fait &agrave; nouveau une concurrente pour le centre spirituel de Qom.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iran : une th&eacute;ocratie de moins en moins religieuse &nbsp; &nbsp; Par Christophe Ayad &nbsp; L&#39;Iran est le pays du Moyen-Orient o&ugrave; les mosqu&eacute;es sont les plus vides le vendredi &agrave; l&#39;heure de la grande pri&egrave;re hebdomadaire. 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