{"id":6959,"date":"2013-06-21T00:19:16","date_gmt":"2013-06-21T00:19:16","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6959"},"modified":"2013-06-21T00:19:16","modified_gmt":"2013-06-21T00:19:16","slug":"lappe-tea-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lappe-tea-litteraire\/","title":{"rendered":"L\u2019app\u00e9-tea litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<div id=\"single_header\">\n<p>\n\t\tL&rsquo;app&eacute;-tea litt&eacute;raire<\/p>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tGeorges-Emmanuel Morali est un r&ecirc;veur, qui n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; se transformer en sauveur de librairies. Ainsi, &laquo;&nbsp;Le Th&eacute; des Ecrivains&nbsp;&raquo; offre un magnifique &eacute;crin au Marais. On peut y d&eacute;guster des lectures, se d&eacute;lecter de bons petits plats, s&rsquo;abreuver de couleurs et de savoirs. Un art de recevoir qui ressemble &agrave; son proprio, amoureux des mots.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Qui vous a donn&eacute; le go&ucirc;t des livres&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tMon grand-p&egrave;re. Traditionnel, ce kabbaliste m&rsquo;a encourag&eacute; &agrave; d&eacute;couvrir la litt&eacute;rature spirituelle, politique et po&eacute;tique. La lecture biblique m&rsquo;a donn&eacute; un certain &eacute;tat d&rsquo;esprit, ainsi que le sens de l&rsquo;humanisme et le besoin de transmission. On touche &agrave; des zones sensibles car tout est int&eacute;rioris&eacute;. Beaucoup de juifs sont brillants parce qu&rsquo;ils se lancent dans une connaissance permanente, qui leur permet d&rsquo;illuminer les choses. Or si l&rsquo;on brille trop, on se br&ucirc;le&nbsp;! Aussi ne faut-il jamais perdre la relation &agrave; l&rsquo;autre. Quand j&rsquo;&eacute;tais jeune, j&rsquo;avais envie d&rsquo;&ecirc;tre Solal (ndlr. le h&eacute;ros d&rsquo;Albert Cohen), parce que j&rsquo;adh&eacute;rais &agrave; sa religion et &agrave; son h&eacute;ro&iuml;sme. Il n&rsquo;y a pas de litt&eacute;rature juive, mais il est vrai que Bellow, Herzog ou Keret partagent une forme d&rsquo;ouverture et d&rsquo;humanisme. Etant un mixte ashk&eacute;naze\/s&eacute;farade, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; dans l&rsquo;universalisme.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>En quoi ses doubles racines vous nourrissent-elles&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tElles me nourrissent et me grignotent &agrave; la fois. L&rsquo;objectif est de parvenir &agrave; &ecirc;tre heureux, en &eacute;tant en phase avec soi-m&ecirc;me. Mais on note un truc pesant dans les familles juives, qui pr&ocirc;nent une valeur ambigu&euml; de la r&eacute;ussite. Je fais partie d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ration qu&rsquo;on encourageait &agrave; devenir m&eacute;decin, avocat, architecte ou commer&ccedil;ant. Mieux vaut toutefois bien se conna&icirc;tre pour &ecirc;tre en harmonie avec soi-m&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>D&rsquo;o&ugrave; vous vient la passion des voyages&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe suis souvent parti &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. C&rsquo;est lors de mes voyages, que j&rsquo;ai appris &agrave; lire par besoin, non par obligation. La lecture forge notre caract&egrave;re et notre sensibilit&eacute;. Elle permet de cro&icirc;tre, tant elle nous fait voyager. Le livre repr&eacute;sente, pour moi, un vrai compagnon. Lorsque j&rsquo;entre dans une histoire, je suis si absorb&eacute;, que j&rsquo;ai l&rsquo;impression de me rendre &agrave; un rendez-vous galant. Cette impatience s&rsquo;accompagne d&rsquo;une gourmandise d&rsquo;autant plus grande, que je suis reli&eacute; affectivement au livre, en tant qu&rsquo;objet.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>A l&rsquo;heure o&ugrave; la librairie est en crise, quelle est la vocation du Th&eacute; des &eacute;crivains&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAlors qu&rsquo;on brandit le livre pour tous, j&rsquo;avais envie de proposer un lieu luxueux, qui tire les lecteurs vers le haut. Je viens &eacute;galement de sauver une librairie autour du th&egrave;me du cin&eacute;ma. Si l&rsquo;on mesure le degr&eacute; de d&eacute;mocratie d&rsquo;un pays &agrave; son nombre de librairies, on peut dire que celui-ci est libre. L&rsquo;id&eacute;e du Salon &eacute;tant d&rsquo;entrer pour se perdre et se d&eacute;couvrir&hellip; On peut y p&eacute;n&eacute;trer librement en &laquo;&nbsp;s&rsquo;enrichissant&nbsp;&raquo; gratuitement. Le vocabulaire financier s&rsquo;adapte &agrave; la r&eacute;alit&eacute; du livre. Petite le&ccedil;on de capitalisme&nbsp;: l&rsquo;&eacute;conomie d&rsquo;un livre passe par tant d&rsquo;interm&eacute;diaires, qu&rsquo;on ne gagne quasiment rien, contrairement &agrave; la production d&rsquo;un v&ecirc;tement, dont la rentabilit&eacute; est multipli&eacute;e par dix. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une mati&egrave;re grise qui ne vaut pas beaucoup d&rsquo;argent, mais elle peut nous apprendre des choses &agrave; l&rsquo;infini.&nbsp;Etre libraire aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est aller &agrave; contre-courant&nbsp;!&nbsp;C&rsquo;est pourquoi ce m&eacute;tier rel&egrave;ve d&rsquo;un acte po&eacute;tique, celui de sauver l&rsquo;&eacute;tat du monde.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pourquoi marier les livres au th&eacute;&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tParce que le th&eacute; repr&eacute;sente une boisson universelle. Il relie tout le monde, c&rsquo;est une belle valeur tourn&eacute;e vers l&rsquo;&eacute;change. J&rsquo;aime l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on puisse lire en buvant un th&eacute; dans une yourte ou un service en porcelaine. Au Japon, le th&eacute; se drape d&rsquo;un rituel digne d&rsquo;une c&eacute;l&eacute;bration religieuse. Je me d&eacute;finis comme un passeur. Mon concept&nbsp;: avoir un livre dans la main face &agrave; une tasse de th&eacute; fumante.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Quelle est la force d&rsquo;une librairie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLe livre et la pap&egrave;terie m&rsquo;aident &agrave; y voir clair. De m&ecirc;me que la po&eacute;sie, qui poss&egrave;de une vraie valeur qualitative. L&rsquo;ouverture d&rsquo;une librairie correspond &agrave; l&rsquo;envie de raconter une histoire. Le Th&eacute; des &eacute;crivains repr&eacute;sente une marque de qualit&eacute; (th&eacute;s, objets artisanaux, tissus et v&ecirc;tements), porteuse de cultures. En allant vers ce qui a du sens, elle vise &agrave; faire rencontrer les multiples mondes de l&rsquo;&eacute;criture. Ce n&rsquo;est pas le profit qui me guide, mais le d&eacute;sir de b&acirc;tir quelque chose dans une soci&eacute;t&eacute; en mutation. Nous traversons une crise mondiale, tant au niveau du lib&eacute;ralisme que de la valeur financi&egrave;re ou la r&eacute;partition des richesses. On est en d&eacute;calage par rapport &agrave; la r&eacute;alit&eacute;, alors qu&rsquo;on devrait r&eacute;apprendre le sens du respect. Le luxe domine le monde, mais je suis persuad&eacute; que le libraire est un m&eacute;tier d&rsquo;avenir, qui m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre encourag&eacute;. Il est de l&rsquo;ordre de la responsabilit&eacute; collective de le soutenir, or nous n&rsquo;avons b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&rsquo;aucune aide&nbsp;! J&rsquo;ai mont&eacute; trois librairies sans subventions, ni institution culturelle, ni pr&ecirc;t &agrave; taux z&eacute;ro. Mais j&rsquo;ai pu me battre gr&acirc;ce au soutien financier de mes amis. Le libraire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est un guerrier d&rsquo;un genre nouveau pour tous ceux qui aspirent &agrave; &ecirc;tre cr&eacute;atifs et inventifs.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Comment ces trois librairies constituent-elles des lieux de vie et de culture &agrave; part enti&egrave;re&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLe Salon de th&eacute; se veut un concept culturel de proximit&eacute;. Le livre se trouve au c&oelig;ur de cet espace, m&eacute;langeant le savoir, au lifestyle, &agrave; la d&eacute;tente et &agrave; la nourriture. Nous proposons &eacute;galement des conf&eacute;rences et des projections de films ou de documentaires. La librairie&nbsp;du cin&eacute;ma du Panth&eacute;on souhaite susciter la curiosit&eacute; pour le 7&egrave;&nbsp;art, mais elle s&rsquo;ouvre &eacute;galement &agrave; la jeunesse et &agrave; la pap&egrave;terie. Le savoir et la transmission combinent l&rsquo;apprentissage &agrave; la possibilit&eacute; de faire des cadeaux. Celle de la Porte Dor&eacute;e se situe entre les th&eacute;matiques de l&rsquo;immigration, l&rsquo;exil et le voyage. Les flux et les g&eacute;nocides s&rsquo;y m&ecirc;lent &agrave; la mer, aux tropiques, aux &eacute;crivains-voyageurs ou aux corsaires. Quoi qu&rsquo;il en soit, on doit &ecirc;tre cr&eacute;atif et relier plusieurs univers, en donnant l&rsquo;impression aux gens de les guider et de les nourrir. Une bonne &eacute;nergie doit circuler pour que ces lieux vivent. Voil&agrave; pourquoi on est sans cesse dans le mouvement et la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;. Ce n&rsquo;est pas une question d&rsquo;argent, mais d&rsquo;id&eacute;es&nbsp;! Ce bouquet de livres, de cin&eacute;ma et de nourriture sont autant d&rsquo;&eacute;toiles qui forment une constellation. Ma philosophie &eacute;tant de raconter une histoire &agrave; travers un th&eacute;, un roman, un objet ou un dessert.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Qu&rsquo;en est-il de votre activit&eacute; &eacute;ditoriale et productrice&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tElle fonctionne par coups de c&oelig;ur. Le livre &laquo;&nbsp;J&eacute;rusalem&nbsp;&raquo; est n&eacute; de la rencontre avec l&rsquo;artiste Sandra Zemor. Elle illustre un conte de Rabbi Nahman de Bratslav par le biais de dessins, dignes d&rsquo;une calligraphie. L&agrave;, je m&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; sortir &laquo;&nbsp;Le menu de Yocci&nbsp;&raquo;, qui pr&eacute;sente la gastronomie japonaise. Ma bo&icirc;te de production tient &agrave; cr&eacute;er un patrimoine existant, via l&rsquo;exploration de livres ou de films. Ce qui m&rsquo;int&eacute;resse dans la s&eacute;rie sur les cin&eacute;astes-&eacute;crivains (ex. Tim Burton, Edgar Keret), c&rsquo;est de voir comment les auteurs passent d&rsquo;un travail solitaire &agrave; un travail d&rsquo;&eacute;quipe. Ils font le pont entre la litt&eacute;rature et le cin&eacute;ma, ce qui est pr&eacute;cis&eacute;ment le concept de mes librairies. Ce m&eacute;lange des genres a pour objectif d&rsquo;ouvrir en permanence le cercle des id&eacute;es et le champ des possibles.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t. Salon &ndash; Le th&eacute; des &eacute;crivains&nbsp;: 16 rue des Minimes, 75003 Paris, tel 01 40 29 46 25<\/p>\n<p>\n\t\t. site&nbsp;:&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.thedesecrivains.com\/\">www.thedesecrivains.com<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t<span style=\"font-size: 12px;\">Par Kerenn Elka&iuml;m | L&#39;Arche&nbsp;<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;app&eacute;-tea litt&eacute;raire &nbsp; &nbsp; Georges-Emmanuel Morali est un r&ecirc;veur, qui n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; se transformer en sauveur de librairies. Ainsi, &laquo;&nbsp;Le Th&eacute; des Ecrivains&nbsp;&raquo; offre un magnifique &eacute;crin au Marais. On peut y d&eacute;guster des lectures, se d&eacute;lecter de bons petits plats, s&rsquo;abreuver de couleurs et de savoirs. 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