{"id":6973,"date":"2013-06-24T00:10:38","date_gmt":"2013-06-24T00:10:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=6973"},"modified":"2013-06-24T00:14:22","modified_gmt":"2013-06-24T00:14:22","slug":"delphine-horvilleur-ecrire-rabbin-au-feminin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/delphine-horvilleur-ecrire-rabbin-au-feminin\/","title":{"rendered":"Delphine Horvilleur, ecrire rabbin au f\u00e9minin"},"content":{"rendered":"<p>\n\tDelphine Horvilleur, ecrire rabbin au f&eacute;minin<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette Nanc&eacute;ienne exer&ccedil;ant &agrave; Paris est l&rsquo;une des deux seules femmes rabbin &agrave; officier en France. Bousculant la tradition rabbinique, elle propose une ex&eacute;g&egrave;se au f&eacute;minin des textes religieux. Une voix contre les int&eacute;grismes.<\/p>\n<p>\n\tJ e n&rsquo;ai pu verbaliser la fonction rabbinique qu&rsquo;une fois aux &Eacute;tats-Unis. &raquo; Entre 2003 et jusqu&rsquo;&agrave; son ordination en 2008, Delphine Horvilleur suit &agrave; New York le s&eacute;minaire du l&rsquo;Hebrew union college. Majoritaire aux USA, o&ugrave; en quarante ans il a ordonn&eacute; un millier de femmes, le mouvement lib&eacute;ral lui ouvre ainsi les portes &agrave; une fonction pastorale, impossible &agrave; entrevoir au pays&hellip; de Napol&eacute;on : &laquo; C&rsquo;est lui qui, en instaurant un Consistoire central, a &eacute;tabli un clerg&eacute; isra&eacute;lite, rendant impossible tout pluralisme et renfor&ccedil;ant la mouvance orthodoxe porteuse d&rsquo;un rapport plus rigide &agrave; la loi juive &raquo; , analyse pos&eacute;ment rabbi Horvilleur, &agrave; l&rsquo;ombre de la terrasse du caf&eacute; Les Philosophes, au c&oelig;ur de ce Marais o&ugrave; elle a &eacute;lu domicile avec mari et enfants.<\/p>\n<p>\n\tLa rigidit&eacute; du cadre hexagonal lui a un tantinet compliqu&eacute; la t&acirc;che, l&rsquo;incitant &agrave; quelques d&eacute;tours au tournant des ann&eacute;es 90 : des &eacute;tudes de sciences m&eacute;dicales &agrave; J&eacute;rusalem, puis l&rsquo;&eacute;cole de journalisme du Celsa-Paris&hellip; Des d&eacute;buts &agrave; France 2 et une solide ma&icirc;trise de l&rsquo;h&eacute;breu et de l&rsquo;arabe la parachutent grand reporter &agrave; J&eacute;rusalem, dans la proximit&eacute; de Charles Enderlin, &laquo; le jour du d&eacute;clenchement de la seconde intifada &raquo;.<\/p>\n<p>\n\tDe cette &laquo; p&eacute;riode rebelle &raquo;, o&ugrave; elle ne &laquo; fr&eacute;quentait pas les synagogues &raquo;, elle conserve le souvenir des mont&eacute;es quotidiennes d&rsquo;adr&eacute;naline, pr&eacute;c&eacute;dant le JT de 20h. Mais leur pr&eacute;f&egrave;re d&eacute;sormais cet autre stimuli que constitue sa vocation d&rsquo;animatrice du Caf&eacute; biblique au Centre du mouvement juif lib&eacute;ral de France, dans le XVe&nbsp;arrondissement de Paris. Au Consistoire qui la &laquo; tol&egrave;re &raquo;, elle objecte invariablement : &laquo; Je refuse que ma voix soit kidnapp&eacute;e &raquo;, mais s&rsquo;amuse que l&rsquo;institution lui ait permis de repr&eacute;senter la communaut&eacute; au sein du Conseil national du Sida, &agrave; la demande de Fran&ccedil;ois Hollande. &Agrave; la synagogue de Beaugrenelle, o&ugrave; elle officie, ou dans les pages du trimestriel Tenou&rsquo;a qu&rsquo;elle dirige, elle se pose en &laquo; traductrice &raquo; des textes.<\/p>\n<p>\n\t&Agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&eacute;crire le f&eacute;minin de rabbin (qui n&rsquo;existe pas), elle y traque la vraie place de la femme. Son intime conviction : Dieu n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire d&rsquo;hommes. L&rsquo;essentiel de l&rsquo;essai qu&rsquo;elle vient de publier ( En tenue d&rsquo;&Egrave;ve, f&eacute;minin, pudeur et juda&iuml;sme , chez Grasset) prend le contre-pied des fondamentalismes actuels et appuie quelques clins d&rsquo;&oelig;il &agrave; la th&eacute;orie du genre, tr&egrave;s en vogue outre-Atlantique.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Entre Nancy et &Eacute;pernay<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&laquo; Je voulais d&eacute;velopper des voies qui m&rsquo;ont manqu&eacute; dans l&rsquo;enfance &raquo;, justifie ainsi Delphine Horvilleur. Laquelle soul&egrave;ve les contradictions d&rsquo;une &eacute;ducation religieuse tiraill&eacute;e entre le moule de la tradition, c&ocirc;t&eacute; maternel, et l&rsquo;ouverture de la branche paternelle (lorraine) &agrave; la R&eacute;publique et &agrave; la la&iuml;cit&eacute;. Une jeunesse entre Nancy, sa ville natale, et &Eacute;pernay, berceau du champagne et de Rashi (1040-1105) &laquo; l e plus c&eacute;l&egrave;bre ex&eacute;g&egrave;te de l&rsquo;histoire juive &raquo;, accessoirement vigneron, l&rsquo;ont d&eacute;finitivement ancr&eacute;e dans l&rsquo;Est de la France.<\/p>\n<p>\n\t&Eacute;pisodiquement, elle retourne sur les traces d&rsquo;un grand-p&egrave;re autrefois proviseur &agrave; Poincar&eacute;. L&rsquo;occasion s&rsquo;impose alors d&rsquo;un &laquo; p&egrave;lerinage &agrave; la P&eacute;pini&egrave;re &raquo; avec ses trois enfants, dont Samuel l&rsquo;a&icirc;n&eacute;, 7 ans, refuse de devenir rabbin, &laquo; un m&eacute;tier de femme &raquo;. Sa m&egrave;re, elle, leur rapporte le souvenir de Jojo, le chimpanz&eacute;. Elle n&rsquo;a pas oubli&eacute; non plus son stage de journaliste en PQR effectu&eacute; &agrave; l&rsquo;agence de l&rsquo; Est R&eacute;publicain &agrave; Toul&hellip;<\/p>\n<p>\n\tReste ces &laquo; voies\/voix &raquo; manquantes de l&rsquo;enfance qu&rsquo;elle cherche d&eacute;sormais &agrave; combler. Cette tradition dont elle a d&eacute;cid&eacute; de soulever un coin du voile pour en r&eacute;v&eacute;ler les impasses. &laquo; Il faut &ecirc;tre capable d&rsquo;historiciser nos textes. Refuser de les contextualiser, c&rsquo;est consid&eacute;rer que ma g&eacute;n&eacute;ration n&rsquo;a plus rien &agrave; apporter &raquo;, plaide celle qui, en contrepoint &agrave; l&rsquo;orthodoxie, aborde &laquo; la pens&eacute;e religieuse &raquo; dans l&rsquo;&eacute;paisseur d&rsquo;&laquo; un palimpseste &raquo;. Au c&oelig;ur de sa qu&ecirc;te : l&rsquo;enjeu du sacr&eacute;, bien s&ucirc;r.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Un peu de pudeur<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&Agrave; sa mani&egrave;re, elle multiplie les allers et retours &laquo; entre l&rsquo;humain et le texte &raquo; consciente de la dimension sacerdotale de son engagement &ndash; &laquo; Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;heure pour &ecirc;tre rabbin &raquo;. Mais que la femme soit r&eacute;duite &agrave; &laquo; une alt&eacute;rit&eacute; mena&ccedil;ante &raquo; qu&rsquo;il faut tenir &agrave; l&rsquo;&eacute;cart, la r&eacute;volte : &laquo; Comment du Cantique des Cantiques, magnifique chant du d&eacute;sir, en est-on arriv&eacute; &agrave; p&eacute;trifier le f&eacute;minin en un mauvais genre qu&rsquo;il faut cacher dans son int&eacute;riorit&eacute; ? &raquo;, s&rsquo;indigne celle qui incrimine tout autant l&rsquo;injonction de Saint-Paul de voiler les femmes que celle du Talmud ordonnant de les garder &agrave; la maison.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;actualit&eacute; des Femen, de la Tunisie aux d&eacute;rapages de la Manif pour tous, illustre cruellement son propos. Sur le fond, Delphine Horvilleur &laquo; rejoint leur combat &raquo;. Tout en sugg&eacute;rant une autre voie que l&rsquo;agit-prop : &laquo; Face aux fondamentalistes qui crient d&rsquo;autant plus fort qu&rsquo;ils sont vuln&eacute;rables, personne ne revendique un discours sain de la pudeur &raquo;, d&eacute;plore-t-elle, masquant sa col&egrave;re par un joli sourire.<\/p>\n<p>\n\tXavier BROUET.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Delphine Horvilleur, ecrire rabbin au f&eacute;minin &nbsp; &nbsp; &nbsp; Cette Nanc&eacute;ienne exer&ccedil;ant &agrave; Paris est l&rsquo;une des deux seules femmes rabbin &agrave; officier en France. Bousculant la tradition rabbinique, elle propose une ex&eacute;g&egrave;se au f&eacute;minin des textes religieux. Une voix contre les int&eacute;grismes. 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