{"id":7035,"date":"2015-10-08T00:55:30","date_gmt":"2015-10-08T00:55:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7035"},"modified":"2015-10-09T01:30:32","modified_gmt":"2015-10-09T01:30:32","slug":"histoire-des-juifs-depuis-la-chute-du-temple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/histoire-des-juifs-depuis-la-chute-du-temple\/","title":{"rendered":"Histoire des Juifs depuis la chute du Temple"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tHistoire des Juifs depuis la chute du Temple<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJuif :&nbsp;<span>(latin&nbsp;<\/span><span>Judaeus,&nbsp;de Jud&eacute;e).&nbsp;<\/span><span>Personne appartenant &agrave; la communaut&eacute; isra&eacute;lite, au peuple juif.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"431901\">\n\tApr&egrave;s la chute du Temple<\/h2>\n<p>\n\tL&#39;histoire des Juifs, apr&egrave;s la destruction de J&eacute;rusalem (70&nbsp;apr&egrave;s J.-C.), est celle d&#39;un peuple dispers&eacute;, conserv&eacute; par sa foi, sa Loi et sa vie spirituelle. Rabban Johanan ben Zakka&iuml; r&eacute;ussit &agrave; sortir de J&eacute;rusalem assi&eacute;g&eacute;e pour aller demander &agrave; Titus la permission d&#39;aller installer &agrave; Yabne (ou Jabneh), pr&egrave;s de la c&ocirc;te, une &eacute;cole qui devient un grand centre national, reconnu plus tard par les Romains&nbsp;; pendant plus de trois si&egrave;cles, les successeurs de Rabban Johanan, qui portent le titre de &laquo;&nbsp;patriarches&nbsp;&raquo;, sont les chefs reconnus de la communaut&eacute; juive de Palestine. C&#39;est une p&eacute;riode de reconstruction et d&#39;intense activit&eacute; intellectuelle. La synagogue remplace le Temple d&eacute;truit&nbsp;; la pri&egrave;re et l&#39;&eacute;tude prennent la place des sacrifices. L&#39;instruction est obligatoire pour tous. Mais, bient&ocirc;t, l&#39;hostilit&eacute; &agrave; l&#39;&eacute;gard de l&#39;oppresseur romain suscite de nouvelles conflagrations, qui ravagent non seulement la Palestine, mais aussi les communaut&eacute;s qui se sont form&eacute;es dans le monde m&eacute;diterran&eacute;en, les plus importantes &eacute;tant celles de Babylonie et d&#39;Alexandrie.<\/p>\n<p>\n\tMoins de trente-cinq ans apr&egrave;s la chute de J&eacute;rusalem, tous ces centres se soul&egrave;vent contre Rome&nbsp;: les Juifs succombent, mais leur r&eacute;volte emp&ecirc;che les Romains de conqu&eacute;rir la M&eacute;sopotamie et sauve les communaut&eacute;s de Babylonie. En 132, une autre r&eacute;volte &eacute;clate en Palestine, contre l&#39;empereur Hadrien. Dirig&eacute;e par Simon Bar-Kokhba (ou Bar Kochba) et soutenue par les rabbins, elle provoque de lourdes difficult&eacute;s dans le camp romain. Les insurg&eacute;s lib&egrave;rent de nombreuses villes, proclament la restauration de l&#39;&Eacute;tat juif et battent m&ecirc;me monnaie. Mais la r&eacute;volte est finalement &eacute;cras&eacute;e. Les Romains s&#39;emparent de Bethar, dernier bastion de la r&eacute;sistance juive (135). L&#39;empereur fait de J&eacute;rusalem une cit&eacute; pa&iuml;enne, interdite aux Juifs, qui sont cruellement pers&eacute;cut&eacute;s. Sous les successeurs d&#39;Hadrien, la pers&eacute;cution cesse, les patriarches sont reconnus, et les rabbins poursuivent l&#39;&eacute;laboration de la Mishna, mise par &eacute;crit des grands ouvrages de la Loi orale. (&rarr;&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.larousse.fr\/encyclopedie\/divers\/juda%C3%AFsme\/63454\">juda&iuml;sme<\/a>.)<\/p>\n<p>\n\tMais, en 325, Constantin fait du christianisme la religion de l&#39;Empire romain. Partout o&ugrave; l&#39;autorit&eacute; des Romains s&#39;&eacute;tend, les Juifs rebelles &agrave; l&#39;adoption de la nouvelle foi sont pers&eacute;cut&eacute;s. En 425, le patriarcat est aboli. Dans l&#39;Empire byzantin, la condition l&eacute;gale des Juifs devient tr&egrave;s difficile.<\/p>\n<p>\n\tLa situation n&#39;est meilleure qu&#39;en M&eacute;sopotamie, o&ugrave; les Juifs sont plac&eacute;s sous l&#39;autorit&eacute; de l&#39;&laquo;&nbsp;exilarque&nbsp;&raquo;, magistrat juif qui a sa place &agrave; la Cour. De grandes &eacute;coles se cr&eacute;ent et fleurissent. On y &eacute;tudie la Mishna, dont tous les articles sont soumis au crible d&#39;un examen qui en d&eacute;gage toutes les cons&eacute;quences et compare entre elles toutes les formulations des r&egrave;gles qui font loi. Cet effort constitue l&#39;&laquo;&nbsp;&eacute;tude de la Loi&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;talmud Torah&nbsp;&raquo;) consign&eacute;e dans le Talmud, dont la r&eacute;daction, au&nbsp;ve&nbsp;s., est jug&eacute;e n&eacute;cessaire pour assurer la transmission de l&#39;enseignement. Mais les Perses Sassanides, au&nbsp;viie&nbsp;s., pers&eacute;cutent les Juifs &agrave; leur tour.<\/p>\n<p>\n\tPar contre, sous la domination musulmane, la communaut&eacute; de Babylonie conna&icirc;t pendant quatre si&egrave;cles un nouvel &eacute;clat. Elle est toujours sous l&#39;autorit&eacute; de l&#39;exilarque juif, mais de nouveaux dignitaires, religieux ceux-l&agrave;, les&nbsp;gueonim,&nbsp;semblent avoir eu sur le peuple une influence plus sensible. Le gaon &eacute;tait le chef de l&#39;&eacute;cole la plus renomm&eacute;e. Le plus c&eacute;l&egrave;bre de ces gueonim est Saadia (ou Saadiyah [vers 882-942]), qui lutte contre les kara&iuml;tes.<\/p>\n<h2 id=\"431902\">\n\tLes communaut&eacute;s ib&eacute;riques<\/h2>\n<p>\n\tD&eacute;livr&eacute;s de la pers&eacute;cution par l&#39;arriv&eacute;e des musulmans (viie&nbsp;s.), les Juifs d&#39;Espagne connaissent &agrave; leur tour une longue p&eacute;riode d&#39;&eacute;panouissement&nbsp;: la symbiose des musulmans et des juifs est remarquable. Libres de toutes restrictions, ces derniers, au service des califes arabes, occupent souvent d&#39;&eacute;minentes fonctions, participant &agrave; la culture arabe et s&#39;illustrant dans tous les domaines du savoir. Il est parmi eux des hommes d&#39;&Eacute;tat, comme Hasday ibn Chaprut (vers 905-vers 975), ministre du calife de Cordoue Abd al-Rahman III. Le califat de Grenade compte un grand homme d&#39;&Eacute;tat juif en la personne de Samuel Ha-Nagid (vers 993-1056), qui s&#39;adonne aussi &agrave; la po&eacute;sie. De Tol&egrave;de &agrave; Saragosse et de M&aacute;laga &agrave; S&eacute;ville, les communaut&eacute;s brillent d&#39;un vif &eacute;clat. C&#39;est &agrave; M&aacute;laga que na&icirc;t le grand po&egrave;te et philosophe Avic&eacute;bron (vers 1021-vers 1058), qui enrichit de ses po&egrave;mes liturgiques le rituel de la synagogue&nbsp;; le plus c&eacute;l&egrave;bre est &laquo;&nbsp;la Couronne royale&nbsp;&raquo;, que l&#39;on r&eacute;cite encore le jour de Yom Kippour. Avic&eacute;bron est surtout l&#39;auteur d&#39;un grand ouvrage philosophique,&nbsp;la Source de vie.<\/p>\n<p>\n\tLa reconqu&ecirc;te de Tol&egrave;de par les chr&eacute;tiens, en 1085, n&#39;entrave pas l&#39;essor en Espagne de la vie juive, illustr&eacute;e par deux grandes figures&nbsp;: celle du po&egrave;te et philosophe Juda Ha-Levi dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du&nbsp;xiie&nbsp;s., et celle de Mo&iuml;se Ma&iuml;monide.<\/p>\n<p>\n\tAu milieu du&nbsp;xiiie&nbsp;s., &agrave; part Grenade, les chr&eacute;tiens ont pratiquement reconquis toute l&#39;Espagne. Mais, jusqu&#39;en 1391, les d&eacute;crets pris contre les Juifs par les autorit&eacute;s civiles ou eccl&eacute;siastiques restent lettre morte. L&#39;activit&eacute; intellectuelle des Juifs se concentre alors sur l&#39;&eacute;tude du Talmud, illustr&eacute;e par des ma&icirc;tres comme Asher ben Ye&middot;hiel (?-1327), r&eacute;fugi&eacute; d&#39;Allemagne, qui devient le rabbin de Tol&egrave;de. C&#39;est &agrave; cette &eacute;poque que fleurit la kabbale et qu&#39;est r&eacute;dig&eacute; le&nbsp;Zohar.&nbsp;En 1391, une redoutable pers&eacute;cution, patronn&eacute;e par la noblesse et le clerg&eacute;, ruine de nombreuses communaut&eacute;s, fait des milliers de victimes et cause de nombreuses conversions au christianisme. Parmi les convertis, ceux qu&#39;on appelle alors les &laquo;&nbsp;marranes&nbsp;&raquo; (d&#39;un mot espagnol signifiant &laquo;&nbsp;porc&nbsp;&raquo;), c&#39;est-&agrave;-dire ceux qui continuent &agrave; pratiquer secr&egrave;tement le juda&iuml;sme, sont nombreux.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;Inquisition s&eacute;vit durement contre ces &laquo;&nbsp;relaps&nbsp;&raquo;. Quant aux Juifs qui ne sont pas convertis, ils doivent porter un insigne sp&eacute;cial, &eacute;couter des sermons faits par des pr&eacute;dicateurs chr&eacute;tiens. Beaucoup de m&eacute;tiers leur sont interdits. L&#39;Inquisition s&#39;acharne aussi &agrave; d&eacute;masquer les marranes. En 1483, le chef de l&#39;Inquisition est le dominicain Tom&aacute;s de Torquemada, qui veut en finir avec ceux qui sont rest&eacute;s juifs. Lorsqu&#39;en 1492 Ferdinand d&#39;Aragon et Isabelle de Castille eurent chass&eacute; les Arabes de Grenade, Torquemada les convainc aussi de chasser les Juifs d&#39;Espagne. En juillet 1492, 300&nbsp;000 Juifs quittent le pays. Le Portugal imitera bient&ocirc;t l&#39;Espagne.<\/p>\n<p>\n\tBeaucoup de Juifs p&eacute;rissent en route. Certains gagnent l&#39;Afrique du Nord ou l&#39;Italie. La plupart re&ccedil;oivent un bon accueil dans les possessions du sultan de Turquie, en Gr&egrave;ce, en Turquie d&#39;Europe et d&#39;Asie, dans les &icirc;les de l&#39;Archipel et en Palestine. Ils apportent avec eux leur culture et leur langue, le ladino, caract&eacute;ristique des Juifs d&#39;origine espagnole, ou&nbsp;S&eacute;farades&nbsp;(&laquo;&nbsp;Espagnols&nbsp;&raquo;). Plus tard, vers 1512, certains de ceux qui avaient r&eacute;ussi &agrave; se cacher en Espagne et au Portugal r&eacute;ussiront &agrave; venir dans la r&eacute;gion de Bordeaux et de Bayonne, ainsi que dans certains ports fran&ccedil;ais. D&#39;autres gagneront la Hollande et, de l&agrave;, gr&acirc;ce au bon vouloir de Cromwell, s&#39;installeront en Angleterre ou gagneront les colonies du Nouveau Monde.<\/p>\n<h2 id=\"431903\">\n\tLes Juifs en Europe occidentale<\/h2>\n<p>\n\tDepuis l&#39;&eacute;poque romaine, il y a en Gaule et en Allemagne des Juifs qui, d&#39;abord, poss&egrave;dent la totalit&eacute; des droits sans discrimination. L&#39;installation du christianisme les leur retire. Mais c&#39;est surtout l&#39;&eacute;tablissement de la f&eacute;odalit&eacute; qui restreint leur libert&eacute;&nbsp;: ils n&#39;ont plus le droit de poss&eacute;der de terres ni d&#39;exercer les professions sujettes &agrave; la tutelle des corporations. Ils ne peuvent donc vivre que du pr&ecirc;t &agrave; int&eacute;r&ecirc;ts, avec de gros risques, des taxes &eacute;normes et le m&eacute;pris de leurs oblig&eacute;s. Philippe Auguste, Louis IX et Philippe IV le Bel s&#39;illustrent dans l&#39;art de les pressurer et de les brimer&nbsp;; ils les expulsent pour s&#39;approprier leurs biens, puis les rappellent moyennant des taxes co&ucirc;teuses. Apr&egrave;s le IVe&nbsp;concile du Latran (1215) et la croisade des albigeois, on impose aux Juifs le port de la &laquo;&nbsp;rouelle&nbsp;&raquo;. Sous l&#39;influence de l&#39;&Eacute;glise, il se cr&eacute;e dans l&#39;esprit du peuple une image hideuse et redoutable du Juif, consid&eacute;r&eacute; comme un usurier diabolique, ayant partie li&eacute;e avec les sorciers, les l&eacute;preux et les d&eacute;mons. On l&#39;accuse de pr&eacute;tendus &laquo;&nbsp;meurtres rituels&nbsp;&raquo; et de sacril&egrave;ges, plus particuli&egrave;rement d&#39;attentats contre la personne du Christ par perforation des hosties consacr&eacute;es. Au&nbsp;xve&nbsp;s., il ne reste gu&egrave;re de Juifs que dans le comtat Venaissin.<\/p>\n<p>\n\tEn Allemagne, il n&#39;y a pas de mesures g&eacute;n&eacute;rales, mais les violences ne manquent pas, notamment &agrave; l&#39;&eacute;poque des croisades. Les Juifs d&#39;Angleterre, install&eacute;s depuis l&#39;arriv&eacute;e de Guillaume le Conqu&eacute;rant (1066), connaissent une certaine tranquillit&eacute; jusqu&#39;au couronnement de Richard C&oelig;ur de Lion. Apr&egrave;s un si&egrave;cle de pers&eacute;cutions, ils sont finalement expuls&eacute;s (1290).<\/p>\n<p>\n\tL&#39;Italie, morcel&eacute;e en une multitude de petits &Eacute;tats, traite moins mal ses Juifs, qui ont la ressource, en cas de troubles, de gagner un autre &Eacute;tat. C&#39;est pourquoi la science juive y fleurit remarquablement&nbsp;: il faut citer le grand homme d&#39;&Eacute;tat Isaac Abravanel (1437-1508) et ses fils, qui s&#39;installent &agrave; Venise.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;&eacute;pid&eacute;mie de peste qui ravage l&#39;Europe en 1348 est l&#39;occasion d&#39;une vague de massacres des Juifs, accus&eacute;s de fomenter avec les l&eacute;preux un immense complot pour empoisonner les sources et les puits.<\/p>\n<h2 id=\"431904\">\n\tVers plus de tol&eacute;rance<\/h2>\n<p>\n\tDans l&#39;Empire ottoman, les Juifs jouissent, par contre, d&#39;une large libert&eacute;&nbsp;: Constantinople, Thessalonique, Smyrne et Andrinople deviennent le si&egrave;ge de grandes communaut&eacute;s, dot&eacute;es de riches institutions et d&#39;imprimeries h&eacute;bra&iuml;ques. J&eacute;rusalem et Safad sont de grands centres spirituels. C&#39;est &agrave; Safad que vivent Joseph Caro (1488-1575), auteur du&nbsp;Shulhan Aruk, code religieux qui fait encore loi aujourd&#39;hui, et Isaac Luria (1534-1592), l&#39;un des plus grands kabbalistes. De leur c&ocirc;t&eacute;, les Pays-Bas protestants deviennent un havre de salut pour les marranes portugais, qui peuvent reprendre ouvertement leur religion d&#39;origine et sont rejoints par des r&eacute;fugi&eacute;s d&#39;Allemagne. De grandes communaut&eacute;s se cr&eacute;ent, surtout &agrave; Amsterdam. Les figures dominantes de ce juda&iuml;sme des Pays-Bas sont le rabbin Manass&eacute; ben Israel (1604-1657) et le philosophe Spinoza (exclu toutefois de la communaut&eacute; juive en 1656).<\/p>\n<p>\n\tLes marranes install&eacute;s dans le sud-ouest de la France sont prot&eacute;g&eacute;s par des &laquo;&nbsp;lettres patentes&nbsp;&raquo; d&#39;Henri&nbsp;II, plusieurs fois renouvel&eacute;es jusqu&#39;au&nbsp;xviiie&nbsp;s. Ils finissent par pratiquer presque ouvertement le juda&iuml;sme, acqu&eacute;rant une grande influence dans le commerce avec les colonies d&#39;Am&eacute;rique.<\/p>\n<p>\n\tLa France gagne d&#39;autres Juifs lorsque les Trois-&Eacute;v&ecirc;ch&eacute;s (Metz, Toul et Verdun) lui reviennent en 1559. En 1648, les trait&eacute;s de Westphalie donnent l&#39;Alsace &agrave; la France. Il y a l&agrave; aussi des milliers de Juifs. D&egrave;s le r&egrave;gne de Louis&nbsp;XI, des Juifs alsaciens, lorrains, bordelais ou avignonnais commencent &agrave; s&#39;&eacute;tablir &agrave; Paris. Install&eacute;s les uns dans le Marais, les autres pr&egrave;s du pont Saint-Michel, ils y ont bient&ocirc;t des synagogues.<\/p>\n<p>\n\tEn Pologne se d&eacute;veloppe d&egrave;s le&nbsp;xiiie&nbsp;s. une tr&egrave;s importante communaut&eacute;, form&eacute;e par des Juifs d&#39;Allemagne qui ont fui les pers&eacute;cutions. Les rois Ladislas&nbsp;Ier&nbsp;(1305-1333) et Casimir&nbsp;III le Grand (1333-1370) leur accordent des chartes. D&#39;Allemagne ils ont apport&eacute; un allemand m&eacute;di&eacute;val qui, m&ecirc;l&eacute; d&#39;h&eacute;breu et de mots slaves, devient le yiddish, parl&eacute; par la plupart des Juifs d&#39;Europe centrale et orientale, ou&nbsp;Ashk&eacute;nazes&nbsp;(&laquo;&nbsp;Allemands&nbsp;&raquo;).<\/p>\n<p>\n\tAu&nbsp;xviie&nbsp;s., les cosaques orthodoxes massacrent les communaut&eacute;s juives de Pologne et de Lituanie&nbsp;; beaucoup de survivants iront grossir, au&nbsp;xviiie&nbsp;s., les communaut&eacute;s occidentales. Dans ces conditions, l&#39;influence des faux messies est ais&eacute;ment explicable. Na&icirc;t aussi le mouvement des hassidim, largement suivi par les masses, un peu rebut&eacute;es par l&#39;intellectualisme des rabbins et enthousiasm&eacute;es lorsqu&#39;on leur enseigne que chacun peut servir Dieu selon ses possibilit&eacute;s, au milieu d&#39;une v&eacute;ritable joie de vivre, d&#39;un formidable embrasement mystique.<\/p>\n<p>\n\tEn 1795, la plus grande partie des Juifs polonais deviennent les sujets du tsar, qui les parque dans une &laquo;&nbsp;zone de peuplement juif&nbsp;&raquo;. Accus&eacute;s, surtout apr&egrave;s l&#39;assassinat d&#39;Alexandre&nbsp;II (1881), d&#39;&ecirc;tre les complices des nihilistes et des r&eacute;volutionnaires, les Juifs russes, jusqu&#39;&agrave; la Premi&egrave;re Guerre mondiale, sont les victimes de &laquo;&nbsp;pogroms&nbsp;&raquo; qui s&#39;accompagnent de massacres et provoquent un vaste mouvement d&#39;&eacute;migration vers l&#39;Empire britannique, l&#39;Am&eacute;rique et aussi la France.<\/p>\n<p>\n\tNaturellement, l&#39;id&eacute;e de la r&eacute;surrection de la nation juive en Palestine gagne de plus en plus de terrain en Russie, mais aussi en Roumanie et dans la Pologne autrichienne. En Roumanie, les Juifs sont maintenus dans un statut d&#39;&eacute;trangers sans protection. Les id&eacute;es des partisans de la restauration d&#39;Isra&euml;l en Palestine s&#39;expriment dans des congr&egrave;s et dans des livres. Elles trouvent leur expression la plus achev&eacute;e dans celui qu&#39;un journaliste viennois en poste &agrave; Paris, Theodor Herzl, fait para&icirc;tre &agrave; Paris en 1896, apr&egrave;s la d&eacute;gradation du capitaine Dreyfus, &agrave; laquelle il a assist&eacute;. Cet ouvrage,&nbsp;l&#39;&Eacute;tat juif, pose le principe du sionisme politique. D&#39;autres Juifs de Russie et de Pologne pr&eacute;f&egrave;rent cependant d&#39;autres id&eacute;aux et se joignent aux mouvements r&eacute;volutionnaires de leur pays.<\/p>\n<h3 id=\"431906\">\n\tL&#39;&eacute;mancipation en Occident<\/h3>\n<p>\n\tD&egrave;s le&nbsp;xviiie&nbsp;s. s&#39;enracine l&#39;id&eacute;e d&#39;une &eacute;mancipation qui, dans la plupart des cas, s&#39;allie &agrave; un processus d&#39;assimilation. L&#39;un des promoteurs de cette id&eacute;e est le philosophe juif allemand Moses Mendelssohn (1729-1786), qui cherche &agrave; propager parmi ses fr&egrave;res opprim&eacute;s la culture allemande et &agrave; amener ceux-ci &agrave; faire de leur juda&iuml;sme un syst&egrave;me qui pourrait &ecirc;tre expos&eacute; valablement &agrave; leurs contemporains chr&eacute;tiens.<\/p>\n<p>\n\tEn France, les philosophes et les Encyclop&eacute;distes commencent &agrave; parler d&#39;&eacute;galit&eacute; de tous les hommes. On cherche &agrave; &laquo;&nbsp;r&eacute;g&eacute;n&eacute;rer&nbsp;&raquo; les Juifs, qui trouvent des d&eacute;fenseurs en la personne de l&#39;abb&eacute; Gr&eacute;goire, de Mirabeau et de quelques autres. Sous Louis&nbsp;XVI, une commission am&eacute;liore la situation des Juifs d&#39;Alsace. Lorsque la R&eacute;volution &eacute;clate, les dol&eacute;ances des Juifs se joignent &agrave; celles des autres habitants du royaume. Mais ce n&#39;est que le 27&nbsp;septembre 1791 que les Juifs de France obtiennent l&#39;enti&egrave;re &eacute;galit&eacute; avec les autres citoyens.<\/p>\n<p>\n\tLes arm&eacute;es de la R&eacute;publique apportent aux Pays-Bas le nouveau statut. Mais celui-ci ne r&eacute;sout pas tout ni ne met fin aux griefs de certains chr&eacute;tiens, en Alsace particuli&egrave;rement. Alors Napol&eacute;on&nbsp;Ier, sensible au patriotisme des Juifs fran&ccedil;ais, organise une assembl&eacute;e de notables juifs dont les attendus constituent un v&eacute;ritable corps de doctrine du juda&iuml;sme fran&ccedil;ais. L&#39;Empereur donne &agrave; ce corps de doctrine une apparence de l&eacute;gislation religieuse en cr&eacute;ant un grand sanh&eacute;drin, puis en mettant en place l&#39;organisation consistoriale, &eacute;troitement surveill&eacute;e par le pouvoir et charg&eacute;e de veiller au bon ordre du culte, &agrave; la conscription des Juifs et &agrave; l&#39;exactitude dans le devoir fiscal. Mais, en 1808, l&#39;Empereur prend le &laquo;&nbsp;d&eacute;cret inf&acirc;me&nbsp;&raquo;, qui limite le droit de s&eacute;jour dans certains endroits et d&eacute;poss&egrave;de beaucoup de Juifs d&#39;Alsace.<\/p>\n<p>\n\tSous la Restauration, les Juifs s&#39;int&egrave;grent de mieux en mieux &agrave; la vie fran&ccedil;aise. Sous Louis-Philippe, ils obtiennent m&ecirc;me que leurs ministres du culte soient r&eacute;tribu&eacute;s par l&#39;&Eacute;tat (1831).<\/p>\n<p>\n\tIl n&#39;en est pas de m&ecirc;me dans les &Eacute;tats allemands, o&ugrave; beaucoup de Juifs ne peuvent acc&eacute;der &agrave; des fonctions publiques qu&#39;au prix du bapt&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\tEn Grande-Bretagne aussi la bataille pour l&#39;&eacute;galit&eacute; des droits fut longue. Ce n&#39;est qu&#39;en 1858 que Lionel Rothschild peut pr&ecirc;ter serment, en tant que membre du Parlement, avec une formule conforme &agrave; sa croyance et non &laquo;&nbsp;avec la vraie foi d&#39;un chr&eacute;tien&nbsp;&raquo;&nbsp;(on the true faith of a Christian).&nbsp;Mais, dans ce pays, beaucoup de Juifs sont anoblis et arrivent souvent &agrave; de tr&egrave;s hautes positions, comme Disraeli.<\/p>\n<p>\n\tEn 1871, l&#39;&eacute;mancipation l&eacute;gale des Juifs de l&#39;Europe occidentale est chose faite. Ils s&#39;europ&eacute;anisent et se vouent &agrave; l&#39;industrie, au commerce, aux professions lib&eacute;rales, &agrave; l&#39;enseignement, &agrave; la politique, &agrave; la carri&egrave;re des armes. Mais cette libert&eacute; a incontestablement un pouvoir dissolvant pour la foi. Et puis le monstre m&eacute;di&eacute;val de l&#39;intol&eacute;rance n&#39;est pas mort en Europe. Il repara&icirc;t, notamment au moment de l&#39;affaire Dreyfus, sous le d&eacute;guisement pr&eacute;tendument scientifique de la th&eacute;orie des races. On lui invente le nom d&#39;antis&eacute;mitisme.<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est aux &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; ils sont 3&nbsp;500&nbsp;000 en 1914, que les Juifs d&#39;Europe centrale se r&eacute;fugient le plus volontiers&nbsp;: ils y trouvent en effet la libert&eacute; pleine et enti&egrave;re.<\/p>\n<h2 id=\"431907\">\n\tEncore la pers&eacute;cution<\/h2>\n<p>\n\tApr&egrave;s la Premi&egrave;re Guerre mondiale-&nbsp;au cours de laquelle les Juifs, qui sont alors 14&nbsp;millions dans le monde, paient un lourd tribut comme combattants&nbsp;-, l&#39;antis&eacute;mitisme se d&eacute;veloppe en Europe&nbsp;: en Europe occidentale, o&ugrave; les nationalismes d&#39;extr&ecirc;me droite se teintent presque toujours d&#39;antis&eacute;mitisme, et surtout en Europe orientale&nbsp;: Pologne, Autriche, U.R.S.S., Hongrie&hellip; Mais c&#39;est dans l&#39;Allemagne nazie, &agrave; partir de 1933, que la pers&eacute;cution des Juifs est la plus odieuse. Les Juifs y sont mis au ban de la soci&eacute;t&eacute;, ran&ccedil;onn&eacute;s et maltrait&eacute;s. Raval&eacute;s au rang d&#39;une sous-humanit&eacute; d&eacute;nu&eacute;e de tout, ils sont le jouet de la f&eacute;rocit&eacute; d&eacute;mente du pouvoir hitl&eacute;rien. Des milliers d&#39;entre eux sont enferm&eacute;s dans les camps de concentration (Dachau, Buchenwald, Sachsenhausen&hellip;). Les descendants de Juifs convertis au christianisme n&#39;&eacute;chappent pas &agrave; ces mesures, les &laquo;&nbsp;lois de Nuremberg&nbsp;&raquo; (1935) &eacute;tant la charte de la discrimination raciale.<\/p>\n<p>\n\tLa Seconde Guerre mondiale, en &eacute;tendant le champ d&#39;action des nazis, ne fait qu&#39;ajouter aux souffrances des Juifs, qui, dans la France de Vichy, sont l&#39;objet de mesures discriminatoires. En janvier 1942, &agrave; Wannsee, les nazis d&eacute;cident de la &laquo;&nbsp;solution finale&nbsp;&raquo;, qui doit aboutir &agrave; l&#39;extermination des Juifs europ&eacute;ens. Quand l&#39;Allemagne capitule, le 8&nbsp;mai 1945, 6&nbsp;millions de ces Juifs ont p&eacute;ri.<\/p>\n<p>\n\tAussit&ocirc;t apr&egrave;s la guerre, les survivants ne veulent pas tous rentrer dans leurs pays d&#39;origine, o&ugrave; ils pr&eacute;voient d&#39;autres souffrances. Ils restent donc parqu&eacute;s dans des camps, en attendant que la Palestine les accueille. Une immigration clandestine est organis&eacute;e avec l&#39;aide efficace de certains pays, comme la France et l&#39;Italie, d&#39;o&ugrave; partent les bateaux de &laquo;&nbsp;maapilim&nbsp;&raquo; (immigrants clandestins), dont les plus valides ont d&eacute;j&agrave; re&ccedil;u un rudiment d&#39;instruction militaire. La flotte britannique les traque sur mer, tandis que l&#39;Intelligence Service enqu&ecirc;te sur les fili&egrave;res de l&#39;immigration ill&eacute;gale. Au cours de l&#39;&eacute;t&eacute; 1947, l&#39;affaire de l&#39;Exodus&nbsp;cause une grande &eacute;motion dans le monde. En mai 1948, l&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l est proclam&eacute;e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Histoire des Juifs depuis la chute du Temple &nbsp; Juif :&nbsp;(latin&nbsp;Judaeus,&nbsp;de Jud&eacute;e).&nbsp;Personne appartenant &agrave; la communaut&eacute; isra&eacute;lite, au peuple juif.&nbsp; &nbsp; Apr&egrave;s la chute du Temple L&#39;histoire des Juifs, apr&egrave;s la destruction de J&eacute;rusalem (70&nbsp;apr&egrave;s J.-C.), est celle d&#39;un peuple dispers&eacute;, conserv&eacute; par sa foi, sa Loi&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[110,51,38,389,10,18,56,20,1],"tags":[],"class_list":["post-7035","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-alexandrie","category-allemagne","category-espagne","category-europe-occidentale","category-france","category-histoire","category-italie","category-juif","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7035","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7035"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7035\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7035"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7035"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7035"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}