{"id":7103,"date":"2016-06-09T00:23:39","date_gmt":"2016-06-09T00:23:39","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7103"},"modified":"2016-06-09T01:25:53","modified_gmt":"2016-06-09T01:25:53","slug":"premiers-baisers-par-bob-ore-abitbol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/premiers-baisers-par-bob-ore-abitbol\/","title":{"rendered":"Premiers Baisers, par Bob Or\u00e9 Abitbol"},"content":{"rendered":"<p>\n\tPremiers Baisers<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<em>&laquo;<\/em><em>&nbsp;Il suffit parfois d&rsquo;un baiser pour que naisse l&rsquo;amour.&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\tDe quelles couleurs sont nos baisers&nbsp;? Rouge pour les passionn&eacute;es&nbsp;? Bleu pour les romantiques&nbsp;? Rose pour les pudiques&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tQuelle que soit la couleur de nos baisers lorsqu&rsquo;ils sont &eacute;chang&eacute;s avec amour, avec tendresse, avec passion &nbsp;ils sont connect&eacute;s &agrave; l&rsquo;&acirc;me plus qu&rsquo;aucun autre lien ne peut le faire.&nbsp; Nous devenons pour quelques secondes, pour quelques minutes qui semblent &eacute;ternit&eacute; &laquo;&nbsp;un &raquo; avec l&rsquo;univers&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tJe n&rsquo;ai vraiment connu le baiser, le vrai baiser, qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 13 ans&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tAuparavant, je ne connaissais que celui chaud, tendre et pudique de ma m&egrave;re avant mon d&eacute;part pour la &laquo;&nbsp;petite &eacute;cole&nbsp;&raquo; ou celui plus rugueux&nbsp; et comme d&eacute;tach&eacute; de mon p&egrave;re&nbsp;revenant du travail!<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;autres avaient tent&eacute; sans grand succ&egrave;s de me l&rsquo;enseigner en vain&nbsp;! Rapha&euml;l L. le pervers du quartier qui essayait de fourrer sa langue dans mon museau d&rsquo;enfant contre une barre de chocolat ou celui de L&eacute;a B. une voisine voluptueuse de dix &nbsp;ans mon ain&eacute;e&nbsp; qui tentait une le&ccedil;on d&rsquo;anatomie pr&eacute;coce sur l&rsquo;enfant que j&rsquo;&eacute;tais dans les cabines humides et heureusement herm&eacute;tiques de la Plage.<\/p>\n<p>\n\tOu encore Ren&eacute;e A. la fille d&rsquo;un notable de la ville qui me courrait apr&egrave;s comme une folle pour me coller un baiser &eacute;c&oelig;urant au go&ucirc;t de poisson farci !<\/p>\n<p>\n\tCurieux, je voulais &nbsp;tout apprendre&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tQui &nbsp;allait avoir ce grand, cet insigne honneur&nbsp; d&rsquo;&ecirc;tre la premi&egrave;re?<\/p>\n<p>\n\tPersonne&nbsp;ne le voulait vraiment!<\/p>\n<p>\n\tPendant les surprises parties faisant rage chez l&rsquo;une ou chez l&rsquo;autre dans une belle villa ou dans un appartement hupp&eacute; je tentais ma chance mais je n&rsquo;avais aucun succ&egrave;s ni aucune exp&eacute;rience, faut le dire&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tD&eacute;s qu&rsquo;on mettait un slow de Paul Anka, d&rsquo;Elvis ou de Neil Sedaka apr&egrave;s les &laquo;&nbsp;rock and roll&nbsp;&raquo; fr&eacute;n&eacute;tiques de &laquo;&nbsp;Rock around the clock&nbsp;&raquo; de Bill Haley et ses com&egrave;tes ou Tutti Frutti de Little Richard, les jeunes se pr&eacute;cipitaient sur leur proie comme des moineaux affam&eacute;s sur des miettes de pain&nbsp;! &nbsp;Fallait &ecirc;tre adroit et rapide&nbsp;sinon celle sur laquelle on avait jet&eacute; son d&eacute;volu atterrissait dans les bras d&rsquo;un autre&nbsp; et on se retrouvait &laquo;&nbsp;Gros-Jean comme devant&nbsp;&raquo; selon l&rsquo;expression du bon Mr de la Fontaine&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Combien de Clarisse, d&rsquo;H&eacute;l&egrave;ne, de Suzanne, de Monique j&rsquo;ai perdu b&ecirc;tement en cours de route pour n&rsquo;avoir pas su man&oelig;uvrer, &agrave; temps,&nbsp; comme il le fallait!<\/p>\n<p>\n\tJe n&rsquo;&eacute;tais pas plus moche qu&rsquo;un autre&nbsp;! Loin de l&agrave;&nbsp;! Une petite bouille plut&ocirc;t sympathique, trop sympa peut &ecirc;tre&nbsp;! Des cheveux boucl&eacute;s, des yeux expressifs et puis j&rsquo;avais &agrave; pr&eacute;sent une moto dernier mod&egrave;le mais nada&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tA cet &acirc;ge les adolescentes&nbsp; n&rsquo;aiment pas trop les &laquo;&nbsp;rigolos&nbsp;&raquo;, ceux qui ne sont pas &laquo;&nbsp;s&eacute;rieux&nbsp;&raquo;! Elles pr&eacute;f&egrave;rent &agrave; priori ceux qui les ignorent, ceux&nbsp; qui les regardent de haut, ceux qu&rsquo;elles pensent imprenables&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tChangeront-elles jamais&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tMoi, j&rsquo;ignorais compl&egrave;tement ce protocole! Tous ces trucs, bobards&nbsp;et compagnie me paraissaient hypocrites et faux!<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;aimais une fille&nbsp;? Je le lui montrais de la fa&ccedil;on la plus directe possible et sans &eacute;quivoque&nbsp;! &Ccedil;a ne fonctionnait pas&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tToutes celles auxquelles je demandais de &laquo;&nbsp;sortir&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;marcher&nbsp;&raquo; avec moi comme on disait, refusaient cruellement jusqu&#39;&agrave; celle qu&rsquo;on surnommait Gis&egrave;le &laquo;&nbsp;le pou&nbsp;&raquo; qui portait des lunettes comme des fonds de bouteille et qui mit froidement &nbsp;une fin de non-recevoir d&eacute;finitive et sans &eacute;tats d&rsquo;&acirc;me &agrave; mes tentatives d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;es, mes espoirs et mes pr&eacute;tentions&nbsp;absurdes para&icirc;t-il&nbsp;!!!!<\/p>\n<p>\n\tJusqu&rsquo;au jour o&ugrave; Marie K. apparut, de loin la plus jolie fille du quartier&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tBouche rouge bien marqu&eacute;e, l&egrave;vres bien dessin&eacute;es, cheveux de jais, yeux clairs en amande, pas grande mais bien proportionn&eacute;e. Elle chantait comme un rossignol, riait pour un oui pour un non d&rsquo;un rire clair et l&eacute;ger&nbsp; qui s&rsquo;envolait de la courette de l&rsquo;immeuble o&ugrave; nous vivions jusqu&rsquo;au ciel&nbsp; en volutes et en &nbsp;trilles l&eacute;g&egrave;res!<\/p>\n<p>\n\tEt si cela n&rsquo;&eacute;tait pas assez, elle &eacute;tait ma voisine&nbsp;!!! Ma voi-sine&nbsp;!!!<\/p>\n<p>\n\tElle venait d&rsquo;arriver toute belle et toute pimpante et tout de suite j&rsquo;en tombai follement amoureux. Sentiment nouveau et troublant pour moi qui me surprenait mais m&rsquo;emplissait d&rsquo;une joie inconnue et de battements de c&oelig;ur incontr&ocirc;l&eacute;s et incontr&ocirc;lables!<\/p>\n<p>\n\tJe montais son courrier ou celui de sa famille qu&rsquo;importe, son linge &agrave; s&eacute;cher jusqu&rsquo;&agrave; la terrasse ensoleill&eacute;e d&rsquo;o&ugrave; je me serai jet&eacute;, sans h&eacute;sitations, si elle me l&rsquo;avait demand&eacute;&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tJe&nbsp; fr&eacute;tillais comme un petit chien &eacute;nerv&eacute;&nbsp;! Heureusement je lui avais plu et mes simagr&eacute;es la faisaient rire&nbsp;! Nous avions treize ans tous les deux mais elle semblait plus sage que moi! Son amour semblait plus r&eacute;fl&eacute;chi plus mur, plus doux!<\/p>\n<p>\n\tComme si elle avait compris qui j&rsquo;&eacute;tais, avec mes diff&eacute;rences, mes particularit&eacute;s. Elle m&rsquo;avait adopt&eacute; et accept&eacute; tel que j&rsquo;&eacute;tais avec&nbsp; mon caract&egrave;re, mes &laquo;&nbsp;moods&nbsp;&raquo;, mes vell&eacute;it&eacute;s, mes fac&eacute;ties, moi envers et contre tout&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tD&eacute;s dix&nbsp; ans, en effet, je lisais avidement gr&acirc;ce &agrave; mon p&egrave;re, relieur et imprimeur les livres que lui confiaient ses clients&nbsp;: Montherlant, Gide, Hugo, Tolsto&iuml;, Dosto&iuml;evski, Balzac, Flaubert, Stendhal&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tCe qui faisait que je m&nbsp;&lsquo;&eacute;tais dissoci&eacute; des autres enfants. Je voulais &ecirc;tre comme les autres, jouer aux billes comme les autres, &agrave; la toupie ou aux noyaux d&rsquo;abricots comme les autres mais mes lectures m&rsquo;avaient condamn&eacute; et &eacute;loign&eacute; d&rsquo;eux malgr&eacute; moi. Ils ne disaient rien mais ils le sentaient et je le sentais&nbsp;aussi inconsciemment! J&nbsp;&lsquo;&eacute;tais le chiot de la meute qui ne se m&ecirc;le pas aux autres&nbsp;chiens!<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;&eacute;tais et je suis rest&eacute; diff&eacute;rent &agrave; mon corps d&eacute;fendant&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tQuelques&nbsp; mois auparavant j&rsquo;avais d&eacute;couvert, seul, la masturbation.<\/p>\n<p>\n\tCette mani&egrave;re d&rsquo;autosatisfaction me paraissait id&eacute;ale. Je voulais la faire breveter&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tJe l&nbsp;&lsquo;exp&eacute;rimentais souvent&nbsp;! Au bruit&nbsp; des ressorts du lit gigogne o&ugrave; nous dormions, entass&eacute;s &agrave; quatre avec mes fr&egrave;res, il fallait &ecirc;tre discret, mais je n&rsquo;en avais cure. Si mon p&egrave;re criait que nous risquions la c&eacute;cit&eacute;&nbsp; j&nbsp;&lsquo;aurais &eacute;go&iuml;stement et avec joie accept&eacute; de vivre avec cet handicap plut&ocirc;t que de renoncer &agrave; ces quelques minutes de bonheur&nbsp; &eacute;ph&eacute;m&egrave;res et &eacute;ternelles&nbsp;a la fois!<\/p>\n<p>\n\tUn jour j&rsquo;embrassai&nbsp; Marie et mon &acirc;me toute enti&egrave;re se retrouva coll&eacute;e &agrave; cet exercice frivole&nbsp;! Mon c&oelig;ur battait&nbsp; la chamade,&nbsp; la sueur perlait &agrave; mon front, des tremblements de la&nbsp; t&ecirc;te&nbsp; aux pieds, des vertiges qui m&rsquo;emportaient et me plaisaient&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tEtait-ce cela l&rsquo;amour&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tRire sans raison, se sentir l&eacute;ger comme un papillon un jour de Juin sans fen&ecirc;tre et sans horizon&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tEtait ce cela l&rsquo;amour&nbsp;!?<\/p>\n<p>\n\tLe parfum de sa bouche au go&ucirc;t de grains de grenade, la douceur de sa peau, ses cheveux dans les miens, son corps coll&eacute; contre moi en une &eacute;treinte infinie&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tEtait-ce cela l&nbsp;&lsquo;amour&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tSi je tentais un geste&nbsp;&laquo;&nbsp;d&eacute;plac&eacute;&nbsp;&raquo;, une main ferme et d&eacute;cid&eacute;e me ramenait vite &agrave; la raison&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tJe ne savais pas&nbsp;! Je ne comprenais pas! Tout ce que je savais, tout ce que je sentais dans ce baiser c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre, le bonheur de vivre dans lequel je baignais dans une totale inconscience et paradoxalement dans une lucidit&eacute; absolue&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tJe l&rsquo;embrassais sans arr&ecirc;t! Nous entrions alors tous les deux semblait-il en apn&eacute;e&nbsp; et nous en sortions quelques heures plus tard les yeux p&eacute;tillants et le c&oelig;ur l&eacute;ger&nbsp;: Pour toujours et &agrave; jamais invincibles&nbsp;!!!<\/p>\n<p>\n\tCes baisers, vol&eacute;s ou non, profonds et passionn&eacute;s, m&rsquo;ont donn&eacute; confiance en moi, je pouvais&nbsp; d&eacute;sormais affronter les filles et la vie avec s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. Je ne craignais plus rien ni personne!<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;&eacute;tais&nbsp;! Je vivais&nbsp;! J&rsquo;exultais! &nbsp;J&rsquo;existais&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&copy;Bob Or&eacute; Abitbol<\/p>\n<p>\n\tboboreint@gmail.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premiers Baisers &nbsp; &laquo;&nbsp;Il suffit parfois d&rsquo;un baiser pour que naisse l&rsquo;amour.&nbsp;&raquo; De quelles couleurs sont nos baisers&nbsp;? Rouge pour les passionn&eacute;es&nbsp;? Bleu pour les romantiques&nbsp;? Rose pour les pudiques&nbsp;? Quelle que soit la couleur de nos baisers lorsqu&rsquo;ils sont &eacute;chang&eacute;s avec amour, avec tendresse, avec passion &nbsp;ils sont connect&eacute;s &agrave; l&rsquo;&acirc;me plus qu&rsquo;aucun autre&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18218,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[368,66,17,1],"tags":[],"class_list":["post-7103","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bob-or","category-manitoba","category-souvenirs","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7103","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7103"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7103\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18218"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7103"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7103"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7103"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}