{"id":7157,"date":"2015-09-17T00:33:14","date_gmt":"2015-09-17T00:33:14","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7157"},"modified":"2015-09-17T00:27:44","modified_gmt":"2015-09-17T00:27:44","slug":"haim-botbol-60-ans-de-carriere-par-mouna-izddine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/haim-botbol-60-ans-de-carriere-par-mouna-izddine\/","title":{"rendered":"Ha\u00efm Botbol &#8211; 60 ans de carri\u00e8re, par Mouna Izddine"},"content":{"rendered":"<p>\n\tHa&iuml;m Botbol &#8211;&nbsp;<span style=\"font-size: 1.2em; line-height: 1.7em;\">60 ans de carri&egrave;re<\/span><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tShow must go on !<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est un vibrant hommage qui a &eacute;t&eacute; rendu &agrave; Casablanca &agrave; Ha&iuml;m Botbol &agrave; l&rsquo;occasion de ses 60 ans de carri&egrave;re. Le chantre de la musique arabo-andalouse et de la chanson populaire jud&eacute;o-marocaine a enchant&eacute; un public de connaisseurs et de nostalgiques. Retour en images et en mots sur une soir&eacute;e m&eacute;morable.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Par&nbsp;Mouna Izddine<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCasablanca, 18 juin, SOC. Une l&eacute;gende vivante sur sc&egrave;ne, un mythe national &agrave; la port&eacute;e des yeux et des mains.Le grand ma&icirc;tre du melhun et du cha&acirc;bi r&eacute;unis, le virtuose du oud et du bendir, l&rsquo;un des derniers porte-flambeaux de la chanson jud&eacute;o-marocaine est l&agrave;, venu se produire devant un parterre d&rsquo;invit&eacute;s prestigieux et de grands noms de la sc&egrave;ne artistique. On attend f&eacute;brilement son tour pour se prendre en photo ou, pour les plus audacieux, &eacute;changer quelques mots avec lui. Certains l&rsquo;observent timidement sans oser l&rsquo;approcher, d&rsquo;autres demandent un autographe et repartent prestement, craignant de le d&eacute;ranger&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il a fait un long voyage, il doit &ecirc;tre fatigu&eacute;. Il faut le m&eacute;nager. J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; berc&eacute;e par sa musique durant toute mon enfance. Je suis tr&egrave;s &eacute;mue de le voir en chair et en os&nbsp;!&nbsp;&raquo;, confie, les yeux brillants, une jeune quadra, chiquement appr&ecirc;t&eacute;e pour l&rsquo;occasion. Une &eacute;l&eacute;gance que le protagoniste de la soir&eacute;e a comme &agrave; son accoutum&eacute;e tr&egrave;s bien rendue &agrave; ses h&ocirc;tes, la mise soign&eacute;e, le sourire chaleureux et le verbe courtois. Du haut de ses 75 ans, Ha&iuml;m Botbol n&rsquo;a rien perdu de son charisme et de sa superbe, en d&eacute;pit d&rsquo;une sant&eacute; que l&rsquo;on sent plus fragile. On le f&eacute;licite pour sa long&eacute;vit&eacute; artistique, on lui souhaite &laquo;&nbsp;120 chna inchallah&nbsp;&raquo; (120 ans si Dieu veut). On lui remet un disque d&rsquo;or et autres distinctions aux c&ocirc;t&eacute;s de son &eacute;pouse et de sa fille. Ses inconditionnels sont l&agrave;, ses &eacute;l&egrave;ves aussi, de Haj Younes &agrave; Abderahmane Souiri, de Na&acirc;mane Lahlou &agrave; Mohamed Ben Omar Ziani. Accompagn&eacute; de l&rsquo;orchestre de Maxime Karoutchi et de son fr&egrave;re Marcel au violon, Ha&iuml;m Botbol interpr&egrave;te quelques-uns de ses succ&egrave;s intemporels. D&rsquo;autres artistes r&eacute;put&eacute;s sont au programme de la soir&eacute;e, dont Ghita Berrak, Abdou Sekkat ou encore Moulay Hachem Slitime. Le public applaudit avec enthousiasme Kinor David Maroc, groupe casablancais de musique arabo-jud&eacute;o-andalouse, dont la prestation est joliment rehauss&eacute;e par une voix f&eacute;minine, celle de Vanessa Paloma, et son r&eacute;pertoire jud&eacute;o-espagnol plusieurs fois centenaire. L&rsquo;arabe ch&acirc;ti&eacute; se m&ecirc;le &agrave; la darija, le ladino au jud&eacute;o-arabe, le fran&ccedil;ais &agrave; l&rsquo;espagnol. Et lorsque Ha&iuml;m Botbol, son fr&egrave;re Marcel, Maxime Karoutchi, Haj Youn&egrave;s et Abdou Souiri montent tous ensemble sur l&rsquo;estrade pour chanter en ch&oelig;ur des refrains patriotiques, l&rsquo;&eacute;motion est &agrave; son comble. D&rsquo;aucuns peinent &agrave; cacher leurs larmes&nbsp;: &laquo;&nbsp;Plus rien n&rsquo;est comme avant, les Juifs sont tous partis, les Bidaouis maintenant ne jurent plus que par la pop orientale et le khaliji. Ya hasra &acirc;la lyam&nbsp;!&nbsp;&raquo;, soupire un monsieur dans la soixantaine, nostalgique de &laquo;&nbsp;l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or de Dar Al Bida&nbsp;&raquo;. Aussit&ocirc;t, une jeune fille le rassure&nbsp;: &laquo;&nbsp;Mes neveux &agrave; Montr&eacute;al jouent au luth et &agrave; la derboukka depuis leurs 7 ans, je vous jure&nbsp;! Et regardez, ici aussi la rel&egrave;ve est assur&eacute;e&nbsp;&raquo;, dit-elle avec un sourire entendu en voyant entrer sur sc&egrave;ne Sanaa Marahati, la jeune chanteuse de melhoun et de gharnati. La soir&eacute;e s&rsquo;ach&egrave;ve dans une ambiance bon enfant avec &laquo;&nbsp;weld l&rsquo;mdina dial Casa&nbsp;&raquo; comme il aime se d&eacute;finir, Maxime Karoutchi. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, les convives repartent avec &laquo;&nbsp;Botbol, 60 ans de carri&egrave;re&nbsp;&raquo;, le livre &eacute;dit&eacute; &agrave; l&rsquo;occasion et sign&eacute; par le journaliste Mohamed Ameskane, ainsi que deux CD, &laquo;&nbsp;Botbol Traditions&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Botbol 2013&nbsp;&raquo; pour les amateurs des refrains d&rsquo;hier&hellip; et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Ha&iuml;m, Enfant prodige\u2028 de la dynastie Botbol<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLe petit Ha&iuml;m voit le jour en 1938 dans une famille juive de Fez. Son patronyme, Abitbol, semble d&eacute;j&agrave; le pr&eacute;destiner &agrave; une carri&egrave;re artistique (Botbol en darija signifie litt&eacute;ralement &laquo;&nbsp;l&rsquo;homme au tambour&nbsp;&raquo;). Son p&egrave;re est un musicien renomm&eacute; dans toute la r&eacute;gion de Fez, cheikh Jacob Abitbol. N&eacute; en 1917, orphelin &agrave; 7 ans (ses parents ont &eacute;t&eacute; emport&eacute;s par le typhus), Jacob Abitbol dirige son premier orchestre &agrave; 19 ans &agrave; peine. Virtuose du luth, du piano et du violon, il compose et &eacute;crit aussi. Patriote et nationaliste fervent, sa renomm&eacute;e devient nationale apr&egrave;s le grand succ&egrave;s populaire de &laquo;&nbsp;Ghaniw m&acirc;aya ghaniw &raquo;, c&eacute;l&eacute;brant le retour de Feu Mohamed V de son exil &agrave; Madagascar. &laquo;&nbsp; Je me souviens encore de la liesse des habitants du Mellah quand on la diffusait dans les hauts parleurs&nbsp;&raquo;, se rem&eacute;more Marcel. A ses trois gar&ccedil;ons, Ha&iuml;m, Claude et Marcel, cheikh Botbol est d&eacute;termin&eacute; &agrave; transmettre son art, comme le veut la tradition (dans le juda&iuml;sme, la musique est consid&eacute;r&eacute;e comme une continuit&eacute; du chant religieux). D&eacute;celant une sensibilit&eacute; musicale unique chez l&rsquo;a&icirc;n&eacute;, Ha&iuml;m, il l&rsquo;initie aux qssa&iuml;ds (po&eacute;sies traditionnelles), aux melouks et au luth. Ha&iuml;m a aussi la voix id&eacute;ale pour le genre. Il sera le chanteur de l&rsquo;orchestre, tandis que Marcel est affect&eacute; au violon et Claude &agrave; la batterie. En 1953, du haut de ses 15 printemps, Ha&iuml;m est d&eacute;j&agrave; un musicien professionnel. C&oelig;ur de la formation, le quatuor familial anime les mariages, les bar mitzvoth (communions)&nbsp; et autres c&eacute;r&eacute;monies familiales, avant d&rsquo;entamer l&rsquo;aventure des cabarets&nbsp;: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est une autre grande &eacute;cole, la plus difficile&nbsp;!&nbsp;&raquo;, se rem&eacute;more Marcel. En 1962, l&rsquo;orchestre Botbol signe avec le Sijilmassa, c&eacute;l&egrave;bre cabaret de la corniche casablancaise. La famille quitte son F&egrave;s natal pour la bouillonnante m&eacute;tropole post-ind&eacute;pendante. Commence alors pour l&rsquo;orchestre Botbol une longue et passionnante saga. Du Sijilmassa &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel Tarik de Tanger en passant par l&rsquo;h&ocirc;tel Safir &agrave; T&eacute;touan, ils laissent des souvenirs imp&eacute;rissables aux m&eacute;lomanes qui viennent les &eacute;couter. Ils sont invit&eacute;s sur les plateaux de la TVM et jusque dans le Palais royal par Feu Hassan II. C&rsquo;est que Botbol et fils sont polyvalents, du melhoun &agrave; la a&iuml;ta, du gharnati au cha&acirc;bi, ils jonglent entre les r&eacute;pertoires avec une rare habilet&eacute;, s&rsquo;adaptant &agrave; tous les publics. Prolifiques, ils ne cessent d&rsquo;innover, surprenant leurs auditoires par l&rsquo;introduction d&rsquo;instruments inattendus et des fusions de genres et de styles in&eacute;dites. Marcel Botbol se souvient: &laquo;&nbsp;Ha&iuml;m a &eacute;t&eacute; le premier chanteur marocain &agrave; utiliser la guitare &eacute;lectrique (en 1966) et &agrave; porter un costume cravate &agrave; l&rsquo;occidentale. Il a aussi &eacute;t&eacute; le premier homme &agrave; tenir un bendir au Maroc, et &agrave; chanter &laquo;&nbsp;Doura dl&rsquo;a&acirc;roussa&nbsp;&raquo; jusque-l&agrave; r&eacute;serv&eacute; aux femmes. L&rsquo;orchestre Botbol a &eacute;galement contribu&eacute; &agrave; introduire la mixit&eacute; dans les mariages en jouant devant des publics f&eacute;minins, alors que les orchestres masculins se produisaient jusqu&rsquo;alors uniquement pour les hommes et vice-versa&nbsp;&raquo;. Ha&iuml;m, en plus de tenir le micro, &eacute;crit et compose. C&rsquo;est le digne fils de son p&egrave;re&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ils travaillaient sans cesse ensemble, de jour comme de nuit. Ma m&egrave;re n&rsquo;en pouvait plus, elle leur r&eacute;p&eacute;tait, de guerre lasse&nbsp;: &laquo; mazal ma bghit ta&acirc;ya a Jacob&nbsp;?&nbsp;Ou nta a bni&nbsp;?&raquo;&nbsp;&raquo;. Ha&iuml;m a aussi h&eacute;rit&eacute; du sens de la p&eacute;dagogie de son p&egrave;re. G&eacute;n&eacute;reux dans la vie comme dans son art, ses fr&egrave;res racontent qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas son pareil pour encourager les jeunes d&eacute;butants, faisant fl&eacute;chir leur r&eacute;ticence par un &laquo;&nbsp;tiens, toi aujourd&rsquo;hui je vais te b&eacute;nir, tu vas chanter&nbsp;!&raquo; en leur tendant le micro. Abdelouhab Doukkali, Pinhas, Fathallah El Mghari, autant de noms c&eacute;l&egrave;bres de la chanson marocaine contemporaine qui ont fait leurs d&eacute;buts aux c&ocirc;t&eacute;s des Botbol au centre culturel de Fez et &agrave; Casablanca, reconnaissent &agrave; l&rsquo;unisson que&nbsp; Botbol, c&rsquo;&eacute;tait un orchestre et bien plus que cela&nbsp;: un conservatoire, une &eacute;cole de musique et de chant. En 1991, en pleine guerre du Golfe, les Botbol s&rsquo;installent &agrave; Paris avant de revenir au pays en 1994, pour le grand bonheur de leurs habitu&eacute;s qui les retrouvent au Riad Salam. Apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de leur p&egrave;re Jacob en ao&ucirc;t 1995, les trois fr&egrave;res Botbol continuent &agrave; se produire &agrave; Casablanca 3 ans durant. Les ann&eacute;es qui suivent, ils partagent leur vie entre Paris, Tanger et d&rsquo;autres villes du monde o&ugrave; la diaspora marocaine les r&eacute;clame. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, Ha&iuml;m enregistre avec le producteur casablancais Maurice Elbaz 80 titres m&ecirc;lant plusieurs genres musicaux&nbsp;: melhoun, cha&acirc;bi, gnaoui, issaoui, cherki, ra&iuml;, salsa, reggae, funk et m&ecirc;me techno et hip hop. Et aujourd&rsquo;hui&ensp;&laquo;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, on fait les restaurants avec spectacles, et la vie continue&nbsp;!&nbsp;&raquo;, conclut avec son entrain habituel Marcel. Longue vie aux artistes !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Sur le vif<\/strong><\/p>\n<p>\n\tUne table ronde r&eacute;unissant des personnalit&eacute;s du monde culturel et les fr&egrave;res de Ha&iuml;m Botbol&nbsp;a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la soir&eacute;e en hommage &agrave; ce dernier. Nous avons recueilli les d&eacute;clarations&nbsp;de quelques-uns des intervenants autour de l&rsquo;oeuvre et l&rsquo;h&eacute;ritage de l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Andr&eacute; Azoulay,&nbsp;Conseiller de Sa Majest&eacute; le Roi Mohammed VI<\/strong><\/p>\n<p>\n\tA travers les musiques des Botbol, c&rsquo;est toute la richesse de l&rsquo;Andalousie qui revient en filigrane. Gr&acirc;ce au mod&egrave;le marocain, c&rsquo;est une prise de conscience globale sur l&rsquo;apport artistique des communaut&eacute;s juives en terre d&rsquo;Islam qui traverse le monde arabe, du Maghreb &agrave; l&rsquo;Orient, pour redonner justice, v&eacute;rit&eacute; et futur &agrave; cette histoire commune entre Juifs et Musulmans. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on reparle aujourd&rsquo;hui en Egypte de la chanteuse Le&iuml;la Mourad, du compositeur Daoud Housni, le parrain de Asmahan, ou encore de Salima Mourad en Irak.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Ahmed Aydoun,&nbsp;musicologue, compositeur et p&eacute;dagogue<\/strong><\/p>\n<p>\n\tSeuls durent les artistes de grande valeur. Je suis dans ce sens tr&egrave;s touch&eacute; par la long&eacute;vit&eacute; artistique de Ha&iuml;m Botbol. Son nom &eacute;voque &agrave; mes yeux le g&eacute;nie juif marocain, dans sa virtuosit&eacute;, son &eacute;clectisme mais aussi dans son sens aiguis&eacute; de la pr&eacute;servation du patrimoine culturel national. Ha&iuml;m Botbol s&rsquo;est confront&eacute; &agrave; des publics diff&eacute;rents et a su s&rsquo;adapter &agrave; leurs exigences, aiguiser son style, &eacute;crire et renouveler constamment son r&eacute;pertoire, tout en restant attach&eacute; au legs musical classique de Feu son p&egrave;re. De la musique jud&eacute;o-andalouse de Fez &agrave; l&rsquo;Ahwach des juifs amazighs, cet h&eacute;ritage commun, t&eacute;moin de formidables &eacute;changes artistiques et humains entre juifs et musulmans, appartient &agrave; tous les Marocains. Revendiquons-le tous avec fiert&eacute;&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Vanessa Paloma,&nbsp;chanteuse et chercheuse universitaire sur l&rsquo;identit&eacute; dans le r&eacute;pertoire musical jud&eacute;o-marocain<\/strong><\/p>\n<p>\n\tJe trouve int&eacute;ressante la dynamique qui s&rsquo;est install&eacute;e entre les Juifs hispanophones (expuls&eacute;s d&rsquo;Andalousie au 15&egrave;me si&egrave;cle, dits Megorachim) et arabophones (autochtones, dits Tochavim) dans la ville de Fez. Cela a pris 200 ans pour mettre &agrave; plat l&rsquo;inimiti&eacute; entre ces deux communaut&eacute;s, et au bout du compte, ce m&eacute;tissage a abouti &agrave; un terreau social unique en son genre et &agrave; un extraordinaire cru culturel, lequel s&rsquo;est enrichi davantage avec le travail artistique commun aux c&ocirc;t&eacute;s des Fassis de confession musulmane. La musique de Botbol traduit parfaitement l&rsquo;esprit cosmopolite de cette ville, la richesse de son histoire et l&rsquo;&eacute;rudition de ses gens. Ce que je trouve aussi incroyable chez Ha&iuml;m Botbol, c&rsquo;est cette facilit&eacute; naturelle et spontan&eacute;e qu&rsquo;il a de jongler entre les diff&eacute;rentes facettes de son identit&eacute;. Il est fortement et profond&eacute;ment attach&eacute; &agrave; sa jud&eacute;it&eacute; et &agrave; sa marocanit&eacute;. Il a fait tout son primaire en h&eacute;breu, interpr&eacute;tait les chansons &eacute;crites par son p&egrave;re en arabe, a revisit&eacute; ses tubes dans une darija moderne et a chant&eacute; des louanges du Proph&egrave;te dans les mariages musulmans &agrave; la demande de ses h&ocirc;tes. Il me dit toujours en souriant&nbsp;: &laquo;&nbsp;l&rsquo;h&eacute;breu et l&rsquo;arabe sont des langues s&oelig;urs, il y a des lettres impossibles &agrave; &eacute;crire en fran&ccedil;ais &raquo;. Botbol, c&rsquo;est le Maroc merveilleux, Lmaghrib zine&#8230;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Mohamed Ameskane,&nbsp;journaliste, auteur de &laquo;&nbsp;Botbol, 60 ans de carri&egrave;re&nbsp;&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\tOn a pass&eacute; tout un ramadan ensemble avec Ha&iuml;m il y a une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es de cela. Au d&eacute;part, on a pens&eacute; &agrave; une petite publication, qui a fini par un livre de 80 pages sur l&rsquo;&eacute;cole et l&rsquo;h&eacute;ritage Botbol. Dans 2 ou 3 mois, on le d&eacute;veloppera davantage afin d&rsquo;en faire un ouvrage de qualit&eacute; et de r&eacute;f&eacute;rence en la mati&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Maurice Elbaz,&nbsp;producteur pour FTG Records,&nbsp;organisateur de la soir&eacute;e d&rsquo;hommage &agrave; Ha&iuml;m Botbol<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCette soir&eacute;e m&eacute;morable a &eacute;t&eacute; retransmise en direct sur Al Oula et sur la radio MFM. Ce qui devait &ecirc;tre un &eacute;v&eacute;nement intimiste est devenu un hommage national, largement m&eacute;rit&eacute; par ailleurs. Ha&iuml;m Botbol, c&rsquo;est tout un symbole pour moi. Adolescent, je ne supportais pas la musique marocaine, elle n&rsquo;&eacute;tait pas assez &laquo;&nbsp;in&nbsp;&raquo; &agrave; mon go&ucirc;t. A mon retour au bercail apr&egrave;s un long s&eacute;jour &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, j&rsquo;ai voulu la rendre abordable, accessible &agrave; tous les &acirc;ges et les publics. Ha&iuml;m Botbol repr&eacute;sente justement cet artiste &agrave; la fois classique et moderne. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, je l&rsquo;ai rencontr&eacute; par un pur hasard et je l&rsquo;ai trouv&eacute; tellement attachant et entrainant que nous avons enregistr&eacute; ensemble 80 chansons remises au go&ucirc;t du jour.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Maxime Karoutchi,&nbsp;chanteur<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\n\t<wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\tHa&iuml;m Botbol, c&rsquo;est l&rsquo;artiste complet, de sa fa&ccedil;on de tenir sa guitare ou son bendir jusqu&rsquo;au choix de son costume. L&rsquo;orchestre Botbol a form&eacute; des dizaines d&rsquo;artistes de renom, juifs et musulmans. Je suis moi-m&ecirc;me issu d&rsquo;une dynastie musicale enjambant 6 g&eacute;n&eacute;rations de chanteurs et on me questionne tr&egrave;s souvent sur ma confession. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;on me demande plut&ocirc;t ce que je suis en mesure de faire pour mon pays en tant que marocain&nbsp;! Mon r&ecirc;ve est qu&rsquo;un jour soit enseign&eacute;e l&rsquo;histoire trois fois mill&eacute;naire du juda&iuml;sme marocain dans les manuels scolaires, afin que les g&eacute;n&eacute;rations futures comprennent la valeur inestimable de ce patrimoine culturel commun et la n&eacute;cessit&eacute; imp&eacute;rieuse de le pr&eacute;server et le perp&eacute;tuer. Juifs comme Musulmans, c&rsquo;est notre responsabilit&eacute; &agrave; tous &raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-size: medium; line-height: normal; margin-left: 0pt; text-indent: 0pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Times New Roman'; text-align: justify;\">\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-size: medium; line-height: normal; margin-left: 0pt; text-indent: 0pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Times New Roman'; text-align: justify;\">\n\t\t<object height=\"480\" width=\"640\"><param name=\"movie\" value=\"\/\/www.youtube.com\/v\/m4PaIwzWTOM?version=3&amp;hl=fr_FR\" \/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\" \/><param name=\"allowscriptaccess\" value=\"always\" \/><embed allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\" height=\"480\" src=\"\/\/www.youtube.com\/v\/m4PaIwzWTOM?version=3&amp;hl=fr_FR\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" width=\"640\"><\/embed><\/object><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr style=\"font-size: 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Botbol &#8211;&nbsp;60 ans de carri&egrave;re &nbsp; &nbsp; Show must go on ! 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