{"id":7271,"date":"2013-08-07T22:35:40","date_gmt":"2013-08-07T22:35:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7271"},"modified":"2013-08-08T00:19:38","modified_gmt":"2013-08-08T00:19:38","slug":"lhistoire-oubliee-des-blancs-reduits-en-esclavage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lhistoire-oubliee-des-blancs-reduits-en-esclavage\/","title":{"rendered":"L&rsquo;histoire oubli\u00e9e des Blancs r\u00e9duits en esclavage."},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&#39;histoire oubli&eacute;e des Blancs r&eacute;duits en esclavage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes historiens am&eacute;ricains ont &eacute;tudi&eacute; tous les aspects de l&#39;esclavage des Africains par les Blancs, mais ont largement ignor&eacute; l&#39;esclavage des Blancs par les Nord-Africains. Christian Slaves, Muslim Masters [ Esclaves chr&eacute;tiens, ma&icirc;tres musulmans ] est un r&eacute;cit soigneusement document&eacute; et clairement &eacute;crit de ce que le Prof Davis nomme &laquo; l&#39;autre esclavage &raquo;, qui s&#39;&eacute;panouit durant approximativement la m&ecirc;me p&eacute;riode que le trafic transatlantique, et qui d&eacute;vasta des centaines de communaut&eacute;s c&ocirc;ti&egrave;res europ&eacute;ennes. Dans la pens&eacute;e des Blancs d&#39;aujourd&#39;hui, l&#39;esclavage ne joue pas du tout le r&ocirc;le central qu&#39;il joue chez les Noirs, mais pas parce qu&#39;il fut un probl&egrave;me de courte dur&eacute;e ou sans importance. L&#39;histoire de l&#39;esclavage m&eacute;diterran&eacute;en est, en fait, aussi sombre que les descriptions les plus tendancieuses de l&#39;esclavage am&eacute;ricain.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tAu XVIe si&egrave;cle, les esclaves blancs razzi&eacute;s par les musulmans furent plus nombreux que les Africains d&eacute;port&eacute;s aux Am&eacute;riques.<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn commerce en gros<\/p>\n<p>\n\tLa c&ocirc;te barbaresque, qui s&#39;&eacute;tend du Maroc &agrave; la Libye moderne, fut le foyer d&#39;une industrie florissante de rapt d&#39;&ecirc;tres humains depuis 1500 jusqu&#39;&agrave; 1800 environs. Les grandes capitales esclavagistes &eacute;taient Sal&eacute; au Maroc, Tunis, Alger et Tripoli, et pendant la plus grande partie de cette p&eacute;riode les marines europ&eacute;ennes &eacute;taient trop faibles pour opposer plus qu&#39;une r&eacute;sistance symbolique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe trafic transatlantique des Noirs &eacute;tait strictement commercial, mais pour les Arabes, les souvenirs des Croisades et la fureur d&#39;avoir &eacute;t&eacute; expuls&eacute;s d&#39;Espagne en 1492 semblent avoir motiv&eacute; une campagne de rapt de chr&eacute;tiens, ressemblant presque &agrave; un djihad.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&laquo;&nbsp;Ce fut peut-&ecirc;tre cet aiguillon de la vengeance, oppos&eacute; aux marchandages affables de la place du march&eacute;, qui rendit les esclavagistes islamiques tellement plus agressifs et initialement (pourrait-on dire) plus prosp&egrave;res dans leur travail que leurs homologues chr&eacute;tiens &raquo;, &eacute;crit le Prof. Davis.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPendant les XVIe et XVIIe si&egrave;cles, plus d&#39;esclaves furent emmen&eacute;s vers le sud &agrave; travers la M&eacute;diterran&eacute;e que vers l&#39;ouest &agrave; travers l&#39;Atlantique. Certains furent rendus &agrave; leurs familles contre une ran&ccedil;on, certains furent utilis&eacute;s pour le travail forc&eacute; en Afrique du Nord, et les moins chanceux moururent &agrave; la t&acirc;che comme esclaves sur les gal&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe qui est le plus frappant concernant les raids esclavagistes barbaresques est leur ampleur et leur port&eacute;e. Les pirates kidnappaient la plupart de leurs esclaves en interceptant des bateaux, mais ils organisaient aussi d&#39;&eacute;normes assauts amphibies qui d&eacute;peupl&egrave;rent pratiquement des parties de la c&ocirc;te italienne. L&#39;Italie &eacute;tait la cible la plus appr&eacute;ci&eacute;e, en partie parce que la Sicile n&#39;est qu&#39;&agrave; 200 km de Tunis, mais aussi parce qu&#39;elle n&#39;avait pas de gouvernement central fort qui aurait pu r&eacute;sister &agrave; l&#39;invasion.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDe grands raids ne rencontraient souvent aucune r&eacute;sistance.<\/p>\n<p>\n\tQuand les pirates mirent &agrave; sac Vieste dans le sud de l&#39;Italie en 1554, par exemple, ils enlev&egrave;rent un total stup&eacute;fiant de&nbsp;<u>6.000 captifs<\/u>. Les Alg&eacute;riens enlev&egrave;rent&nbsp;<u>7.000 esclaves<\/u>&nbsp;dans la baie de Naples en 1544, un raid qui fit tellement chuter le prix des esclaves qu&#39;on disait pouvoir &laquo; troquer un chr&eacute;tien pour un oignon &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&#39;Espagne aussi subit des attaques de grande ampleur. Apr&egrave;s un raid sur Grenade en 1556 qui rapporta&nbsp;<u>4.000 hommes<\/u>, femmes et enfants, on disait qu&#39;il &laquo; pleuvait des chr&eacute;tiens sur Alger &raquo;. Pour chaque grand raid de ce genre, il a d&ucirc; y en avoir des douzaines de plus petits.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;apparition d&#39;une grande flotte pouvait faire fuir toute la population &agrave; l&#39;int&eacute;rieur des terres, vidant les r&eacute;gions c&ocirc;ti&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\tEn 1566, un groupe de 6.000 Turcs et corsaires traversa l&#39;Adriatique et d&eacute;barqua &agrave; Fracaville. Les autorit&eacute;s ne purent rien faire, et recommand&egrave;rent l&#39;&eacute;vacuation compl&egrave;te, laissant aux Turcs le contr&ocirc;le de plus de 1300 kilom&egrave;tres carr&eacute;s de villages abandonn&eacute;s jusqu&#39;&agrave; Serracapriola.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuand les pirates apparaissaient, les gens fuyaient souvent la c&ocirc;te pour aller dans la ville la plus proche, mais le Prof. Davis explique que ce n&#39;&eacute;tait pas toujours une bonne strat&eacute;gie: &laquo;&nbsp;Plus d&#39;une ville de taille moyenne, bond&eacute;e de r&eacute;fugi&eacute;s, fut incapable de soutenir un assaut frontal par plusieurs centaines de corsaires, et le reis [&nbsp;capitaine des corsaires ] qui aurait d&ucirc; autrement chercher les esclaves par quelques douzaines &agrave; la fois le long des plages et dans les collines, pouvait trouver un millier ou plus de captifs opportun&eacute;ment rassembl&eacute;s en un seul endroit pour &ecirc;tre pris. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes pirates revenaient encore et encore pour piller le m&ecirc;me territoire. En plus d&#39;un bien plus grand nombre de petits raids, la c&ocirc;te calabraise subit les d&eacute;pr&eacute;dations suivantes, de plus en plus graves, en moins de dix ans&nbsp;:&nbsp;<u>700<\/u>&nbsp;personnes captur&eacute;es en un seul raid en 1636,&nbsp;<u>un millier<\/u>&nbsp;en 1639 et&nbsp;<u>4.000<\/u>&nbsp;en 1644.<\/p>\n<p>\n\tDurant les XVIe et XVIIe si&egrave;cles, les pirates install&egrave;rent des bases semi-permanentes sur les &icirc;les d&#39;Ischia et de Procida, presque dans l&#39;embouchure de la baie de Naples, d&#39;o&ugrave; ils faisaient leur choix de trafic commercial.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuand ils d&eacute;barquaient sur le rivage, les&nbsp;<u>corsaires musulmans<\/u>&nbsp;ne manquaient pas de profaner les &eacute;glises. Ils d&eacute;robaient souvent les cloches, pas seulement parce que le m&eacute;tal avait de la valeur, mais aussi pour r&eacute;duire au silence la voix distinctive du christianisme.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans les petits raids plus fr&eacute;quents, un petit nombre de bateaux op&eacute;raient furtivement, tombant sur les &eacute;tablissements c&ocirc;tiers au milieu de la nuit de mani&egrave;re &agrave; attraper les gens &laquo;&nbsp;paisibles et encore nus dans leur lit &raquo;. Cette pratique donna naissance &agrave; l&#39;expression sicilienne moderne, pigliato dai turchi, &laquo; pris par les Turcs &raquo;, ce qui veut dire &ecirc;tre attrap&eacute; par surprise en &eacute;tant endormi ou affol&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa pr&eacute;dation constante faisait un nombre&nbsp;terrible de victimes.<\/p>\n<p>\n\tLes femmes &eacute;taient plus faciles &agrave; attraper que les hommes, et les r&eacute;gions c&ocirc;ti&egrave;res pouvaient rapidement perdre toutes leurs femmes en &acirc;ge d&#39;avoir des enfants. Les p&ecirc;cheurs avaient peur de sortir,&nbsp;o&ugrave; ne prenaient la mer qu&#39;en convois. Finalement, les Italiens abandonn&egrave;rent une grande partie de leurs c&ocirc;tes. Comme l&#39;explique le Prof. Davis, &agrave; la fin du XVIIe si&egrave;cle &laquo; la p&eacute;ninsule italienne avait alors &eacute;t&eacute; la proie des corsaires barbaresques depuis deux si&egrave;cles ou plus, et ses populations c&ocirc;ti&egrave;res s&#39;&eacute;taient alors en grande partie retir&eacute;es dans des villages fortifi&eacute;s sur des collines ou dans des villes plus grandes comme Rimini, abandonnant des kilom&egrave;tres de rivages autrefois peupl&eacute;s aux vagabonds et aux flibustiers &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est seulement vers 1700 que les Italiens purent emp&ecirc;cher les raids terrestres spectaculaires, bien que la piraterie sur les mers continua sans obstacle.<\/p>\n<p>\n\tLa piraterie conduisit l&#39;Espagne et surtout l&#39;Italie &agrave; se d&eacute;tourner de la mer et &agrave; perdre leurs traditions de commerce et de navigation, avec des effets d&eacute;vastateurs : &laquo; Du moins pour l&#39;Ib&eacute;rie et l&#39;Italie, le XVIIe si&egrave;cle repr&eacute;senta une p&eacute;riode sombre dont les soci&eacute;t&eacute;s espagnole et italienne &eacute;merg&egrave;rent comme de simples ombres de ce qu&#39;elles avaient &eacute;t&eacute; durant les &eacute;poques dor&eacute;es ant&eacute;rieures &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCertains pirates arabes &eacute;taient d&#39;habiles navigateurs de haute mer, et terroris&egrave;rent les chr&eacute;tiens jusqu&#39;&agrave; une distance de 1600 km. Un raid spectaculaire jusqu&#39;en Islande en 1627 rapporta pr&egrave;s de&nbsp;<u>400 captifs<\/u>.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous pensons que l&#39;Angleterre &eacute;tait une redoutable puissance maritime d&egrave;s l&#39;&eacute;poque de Francis Drake, mais pendant tout le XVIIe si&egrave;cle, les pirates arabes op&eacute;r&egrave;rent librement dans les eaux britanniques, p&eacute;n&eacute;trant m&ecirc;me dans l&#39;estuaire de la Tamise pour faire des prises et des raids sur les villes c&ocirc;ti&egrave;res. En seulement trois ans, de 1606 &agrave; 1609, la marine britannique reconnut avoir perdu pas moins de 466 navires marchands britanniques et &eacute;cossais du fait des corsaires alg&eacute;riens. Au milieu des ann&eacute;es 1600, les Britanniques se livraient &agrave; un actif trafic trans-atlantique de Noirs, mais beaucoup des &eacute;quipages britanniques eux-m&ecirc;mes devenaient la propri&eacute;t&eacute; des pirates arabes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa vie sous le fouet.<\/p>\n<p>\n\tLes attaques terrestres pouvaient &ecirc;tre tr&egrave;s fructueuses, mais elles &eacute;taient plus risqu&eacute;es que les prises en mer. Les navires &eacute;taient par cons&eacute;quent la principale source d&#39;esclaves blancs. &Agrave; la diff&eacute;rence de leurs victimes, les&nbsp;navires-corsaires avaient deux moyens de propulsion : les esclaves des gal&egrave;res en plus des voiles. Cela signifiait qu&#39;ils pouvaient avancer &agrave; la rame vers un bateau encalmin&eacute; et l&#39;attaquer quand ils le voulaient. Ils portaient de nombreux drapeaux diff&eacute;rents, donc quand ils naviguaient ils pouvaient arborer le pavillon qui avait le plus de chances de tromper une proie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn navire marchand de bonne taille pouvait porter environ 20 marins en assez bonne sant&eacute; pour durer quelques ann&eacute;es dans les gal&egrave;res, et les passagers &eacute;taient habituellement bons pour en tirer une ran&ccedil;on. Les nobles et les riches marchands &eacute;taient des prises attractives, de m&ecirc;me que les Juifs, qui pouvaient g&eacute;n&eacute;ralement rapporter une forte ran&ccedil;on de la part de leurs coreligionnaires. Les hauts dignitaires du clerg&eacute; &eacute;taient aussi pr&eacute;cieux parce que le Vatican payait habituellement n&#39;importe quel prix pour les tirer des mains des infid&egrave;les.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&Agrave;&nbsp;l&#39;approche des pirates, les passagers enlevaient souvent leurs beaux v&ecirc;tements et tentaient de s&#39;habiller aussi pauvrement que possible, dans l&#39;espoir que leurs ravisseurs les rendraient &agrave; leur famille contre une ran&ccedil;on modeste. Cet effort &eacute;tait inutile si les pirates torturaient le capitaine pour avoir des informations sur les passagers. Il &eacute;tait aussi courant de faire d&eacute;shabiller les hommes, &agrave; la fois pour rechercher des objets de valeur cousus dans leurs v&ecirc;tements et pour voir si des Juifs circoncis ne s&#39;&eacute;taient pas d&eacute;guis&eacute;s en chr&eacute;tiens.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi les pirates &eacute;taient &agrave; court d&#39;esclaves pour les gal&egrave;res, ils pouvaient mettre certains de leurs captifs au travail imm&eacute;diatement, mais les prisonniers &eacute;taient g&eacute;n&eacute;ralement mis dans la cale pour le voyage de retour. Ils &eacute;taient entass&eacute;s, pouvant &agrave; peine bouger dans la salet&eacute;, la puanteur et la vermine, et beaucoup&nbsp;mouraient avant d&#39;atteindre le port.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&egrave;s l&#39;arriv&eacute;e en Afrique du Nord, c&#39;&eacute;tait la tradition de faire d&eacute;filer les chr&eacute;tiens r&eacute;cemment captur&eacute;s dans les rues, pour que les gens puissent se moquer d&#39;eux et que les enfants puissent les couvrir d&#39;ordures.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu march&eacute; aux esclaves, les hommes &eacute;taient oblig&eacute;s de sautiller pour prouver qu&#39;ils n&#39;&eacute;taient pas boiteux, et les acheteurs voulaient souvent les faire mettre nus pour voir s&#39;ils &eacute;taient en bonne sant&eacute;. Cela permettait aussi d&#39;&eacute;valuer la valeur sexuelle des hommes comme des femmes; les concubines blanches avaient une valeur &eacute;lev&eacute;e, et toutes les capitales esclavagistes avaient un r&eacute;seau homosexuel florissant. Les acheteurs qui esp&eacute;raient faire un profit rapide avec une forte ran&ccedil;on examinaient les lobes d&#39;oreilles pour rep&eacute;rer des marques de piercing, ce qui &eacute;tait une indication de richesse. Il &eacute;tait aussi habituel de regarder les dents d&#39;un captif pour voir s&#39;il pourrait survivre &agrave; un dur r&eacute;gime d&#39;esclave.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe pacha ou souverain de la r&eacute;gion recevait un certain pourcentage d&#39;esclaves comme une forme d&#39;imp&ocirc;t sur le revenu. Ceux-ci &eacute;taient presque toujours des hommes, et devenaient propri&eacute;t&eacute; du gouvernement plut&ocirc;t que propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e. &Agrave; la diff&eacute;rence des esclaves priv&eacute;s, qui embarquaient habituellement avec leur ma&icirc;tre, ils vivaient dans les bagnos ou &laquo;&nbsp;bains &raquo;, ainsi que les magasins d&#39;esclaves du pacha &eacute;taient appel&eacute;s. Il &eacute;tait habituel de raser la t&ecirc;te et la barbe des esclaves publics comme une humiliation suppl&eacute;mentaire, dans une p&eacute;riode o&ugrave; la t&ecirc;te et la pilosit&eacute; faciale &eacute;taient une part importante de l&#39;identit&eacute; masculine.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa plupart de ces esclaves publics passaient le reste de leur vie comme esclaves sur les gal&egrave;res, et il est difficile d&#39;imaginer une existence plus mis&eacute;rable. Les hommes &eacute;taient encha&icirc;n&eacute;s trois, quatre ou cinq par aviron, leurs chevilles encha&icirc;n&eacute;es ensemble aussi. Les rameurs ne quittaient jamais leur rame, et quand on les laissait dormir, ils dormaient sur leur banc. Les esclaves pouvaient se pousser les uns les autres pour se soulager dans une ouverture de la coque, mais ils &eacute;taient souvent trop &eacute;puis&eacute;s ou d&eacute;courag&eacute;s pour bouger, et se souillaient l&agrave; o&ugrave; ils &eacute;taient assis. Ils n&#39;avaient aucune protection contre le br&ucirc;lant soleil m&eacute;diterran&eacute;en, et leur ma&icirc;tre &eacute;corchait leur dos d&eacute;j&agrave; &agrave; vif avec l&#39;instrument d&#39;encouragement favori du conducteur d&#39;esclaves, un p&eacute;nis de b&oelig;uf allong&eacute; ou &laquo;&nbsp;nerf de b&oelig;uf &raquo;. Il n&#39;y avait presque aucun espoir d&#39;&eacute;vasion ou de secours; le travail d&#39;un esclave de gal&egrave;re &eacute;tait de se tuer &agrave; la t&acirc;che &#8212; principalement dans des raids pour capturer encore plus de malheureux comme lui &#8212; et son ma&icirc;tre le jetait par-dessus bord au premier signe de maladie grave.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuand la flotte pirate &eacute;tait au port, les esclaves de gal&egrave;res vivaient dans le bagno et faisaient tout le travail sale, dangereux ou &eacute;puisant que le pacha leur ordonnait de faire. C&#39;&eacute;tait habituellement tailler et tra&icirc;ner des pierres, draguer le port, ou les ouvrages p&eacute;nibles. Les esclaves se trouvant dans la flotte du Sultan turc n&#39;avaient m&ecirc;me pas ce choix. Ils &eacute;taient souvent en mer pendant des mois d&#39;affil&eacute;e, et restaient encha&icirc;n&eacute;s &agrave; leurs rames m&ecirc;me au port. Leurs bateaux &eacute;taient des prisons &agrave; vie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&#39;autres esclaves sur la c&ocirc;te barbaresque avaient des travaux plus vari&eacute;s. Souvent ils faisaient du travail de propri&eacute;taire ou agricole du genre que nous associons &agrave; l&#39;esclavage en Am&eacute;rique, mais ceux qui avaient des comp&eacute;tences &eacute;taient souvent lou&eacute;s par leurs propri&eacute;taires. Certains ma&icirc;tres rel&acirc;chaient simplement leurs esclaves pendant la journ&eacute;e avec l&#39;ordre de revenir avec une certaine quantit&eacute; d&#39;argent le soir sous peine d&#39;&ecirc;tre s&eacute;v&egrave;rement battus. Les ma&icirc;tres semblaient attendre un b&eacute;n&eacute;fice d&#39;environ 20% sur le prix d&#39;achat. Quoi qu&#39;ils fissent, &agrave; Tunis et &agrave; Tripoli, les esclaves portaient habituellement un anneau de fer autour d&#39;une cheville, et &eacute;taient charg&eacute;s d&#39;une cha&icirc;ne pesant 11 ou 14 kg.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCertains ma&icirc;tres mettaient leurs esclaves blancs au travail dans des fermes loin &agrave; l&#39;int&eacute;rieur des terres, o&ugrave; ils affrontaient encore un autre p&eacute;ril&nbsp;: la capture et un nouvel esclavage par des raids de Berb&egrave;res. Ces infortun&eacute;s ne verraient probablement plus jamais un autre Europ&eacute;en pendant le reste de leur courte vie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Prof. Davis remarque qu&#39;il n&#39;y avait aucun obstacle &agrave; la cruaut&eacute;&nbsp;: &laquo; Il n&#39;y avait pas de force &eacute;quivalente pour prot&eacute;ger l&#39;esclave de la violence de son ma&icirc;tre : pas de lois locales contre la cruaut&eacute;, pas d&#39;opinion publique bienveillante, et rarement de pression efficace de la part des &Eacute;tats &eacute;trangers &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Les esclaves blancs n&#39;&eacute;taient pas seulement des marchandises,&nbsp;<u>ils &eacute;taient des infid&egrave;les<\/u>, et m&eacute;ritaient toutes les souffrances qu&#39;un ma&icirc;tre leur infligeait.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Prof. Davis note que &laquo;&nbsp;tous les esclaves qui v&eacute;curent dans les bagnos et qui surv&eacute;curent pour &eacute;crire leurs exp&eacute;riences soulign&egrave;rent la cruaut&eacute; et la violence end&eacute;miques pratiqu&eacute;es ici &raquo;. La punition favorite &eacute;tait la bastonnade, par laquelle un homme &eacute;tait mis sur le dos et ses chevilles attach&eacute;es et suspendu par la taille pour &ecirc;tre battu longuement sur la plante des pieds. Un esclave pouvait recevoir jusqu&#39;&agrave; 150 ou 200 coups, qui pouvaient le laisser estropi&eacute;. La violence syst&eacute;matique transformait beaucoup d&#39;hommes en automates.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tLes esclaves chr&eacute;tiens &eacute;taient souvent si abondants et si bon march&eacute; qu&#39;il n&#39;y avait aucun int&eacute;r&ecirc;t &agrave; s&#39;en occuper; beaucoup de propri&eacute;taires les faisaient travailler jusqu&#39;&agrave; la mort et achetaient des rempla&ccedil;ants.<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes esclaves publics contribuaient aussi &agrave; un fonds pour entretenir les pr&ecirc;tres du bagno. C&#39;&eacute;tait une &eacute;poque tr&egrave;s religieuse, et m&ecirc;me dans les plus horribles conditions, les hommes voulaient avoir une chance de se confesser et, plus important, de recevoir l&#39;extr&ecirc;me-onction. Il y avait presque toujours un pr&ecirc;tre captif ou deux dans le bagno, mais pour qu&#39;il reste disponible pour ses devoirs religieux, les autres esclaves devaient contribuer et racheter son temps au pacha. Certains esclaves de gal&egrave;res n&#39;avaient donc plus rien pour acheter de la nourriture ou des v&ecirc;tements, bien que durant certaines p&eacute;riodes des Europ&eacute;ens libres vivant dans les villes barbaresques contribuaient aux frais d&#39;entretien des pr&ecirc;tres des bagnos.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour quelques-uns, l&#39;esclavage devenait plus que supportable. Certains m&eacute;tiers, en particulier celui de constructeur de navire, &eacute;taient si recherch&eacute;s qu&#39;un propri&eacute;taire pouvait r&eacute;compenser son esclave avec une villa priv&eacute;e et des ma&icirc;tresses. M&ecirc;me quelques r&eacute;sidents du bagno r&eacute;ussirent &agrave; exploiter l&#39;hypocrisie de la soci&eacute;t&eacute; islamique et &agrave; am&eacute;liorer leur condition. La loi interdisait strictement aux musulmans de faire le commerce de l&#39;alcool, mais &eacute;tait plus indulgente avec les musulmans qui le consommaient seulement. Des esclaves entreprenants &eacute;tablirent des tavernes dans les bagnos et certains eurent la belle vie en servant les buveurs musulmans.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne mani&egrave;re d&#39;all&eacute;ger le poids de l&#39;esclavage &eacute;tait de &laquo;&nbsp;prendre le turban &raquo; et de se convertir &agrave; l&#39;islam. Cela exemptait un homme du service dans les gal&egrave;res, des ouvrages p&eacute;nibles, et de quelques autres brimades indignes d&#39;un fils du Proph&egrave;te, mais ne le faisait pas sortir de la condition d&#39;esclave. L&#39;un des travaux des pr&ecirc;tres des bagnos &eacute;tait d&#39;emp&ecirc;cher les hommes d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s de se convertir, mais la plupart des esclaves semblent ne pas avoir eu besoin de conseil religieux. Les chr&eacute;tiens pensaient que la conversion mettrait leur &acirc;me en danger, et elle signifiait aussi le d&eacute;plaisant rituel de la circoncision adulte. Beaucoup d&#39;esclaves semblent avoir endur&eacute; les horreurs de l&#39;esclavage en les consid&eacute;rant comme une punition pour leurs p&eacute;ch&eacute;s et comme une &eacute;preuve pour leur foi. Les ma&icirc;tres d&eacute;courageaient les conversions parce qu&#39;elles limitaient le recours aux mauvais traitements et abaissaient la valeur de revente d&#39;un esclave.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tRan&ccedil;on et rachat&nbsp;des esclaves blanc<\/p>\n<p>\n\tPour les esclaves, l&#39;&eacute;vasion &eacute;tait impossible. Ils &eacute;taient trop loin de chez eux, &eacute;taient souvent encha&icirc;n&eacute;s, et pouvaient &ecirc;tre imm&eacute;diatement identifi&eacute;s par leurs traits europ&eacute;ens. Le seul espoir &eacute;tait la ran&ccedil;on.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tParfois, la chance venait rapidement. Si un groupe de pirates avait d&eacute;j&agrave; captur&eacute; tant d&#39;hommes qu&#39;il n&#39;avait plus assez d&#39;espace sous le pont, il pouvait faire un raid sur une ville et ensuite revenir quelques jours plus tard pour revendre les captifs &agrave; leurs familles. C&#39;&eacute;tait g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; un prix bien plus faible que celui du ran&ccedil;onnement de quelqu&#39;un &agrave; partir de l&#39;Afrique du Nord, mais c&#39;&eacute;tait encore bien plus que des paysans pouvaient se le permettre. Les fermiers n&#39;avaient g&eacute;n&eacute;ralement pas d&#39;argent liquide, et pas de biens &agrave; part la maison et la terre. Un marchand &eacute;tait g&eacute;n&eacute;ralement pr&ecirc;t &agrave; les acqu&eacute;rir pour un prix modique, mais cela signifiait qu&#39;un captif revenait dans une famille qui &eacute;tait compl&egrave;tement ruin&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa plupart des esclaves ne rachetaient leur retour qu&#39;apr&egrave;s &ecirc;tre pass&eacute;s par l&#39;&eacute;preuve du passage en pays barbaresque et de la vente &agrave; un sp&eacute;culateur. Les riches captifs pouvaient g&eacute;n&eacute;ralement trouver une ran&ccedil;on suffisante, mais la plupart des esclaves ne le pouvaient pas. Les paysans illettr&eacute;s ne pouvaient pas &eacute;crire &agrave; la maison et m&ecirc;me s&#39;ils le faisaient, il n&#39;y avait pas d&#39;argent pour une ran&ccedil;on.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa majorit&eacute; des esclaves d&eacute;pendait donc de l&#39;&oelig;uvre charitable des Trinitaires (fond&eacute; en Italie en 1193) et de celle des Mercedariens (fond&eacute; en Espagne en 1203). Ceux-ci &eacute;taient des ordres religieux &eacute;tablis pour lib&eacute;rer les Crois&eacute;s d&eacute;tenus par les musulmans, mais ils transf&eacute;r&egrave;rent bient&ocirc;t leur &oelig;uvre au rachat des esclaves d&eacute;tenus par les Barbaresques, collectant de l&#39;argent sp&eacute;cifiquement dans ce but. Souvent ils pla&ccedil;aient des bo&icirc;tes &agrave; serrure devant les &eacute;glises avec l&#39;inscription &laquo;&nbsp;Pour la r&eacute;cup&eacute;ration des pauvres esclaves &raquo;, et le clerg&eacute; appelait les riches chr&eacute;tiens &agrave; laisser de l&#39;argent dans leurs v&oelig;ux de r&eacute;demption. Les deux ordres devinrent des n&eacute;gociateurs habiles, et r&eacute;ussissaient habituellement &agrave; racheter les esclaves &agrave; des meilleurs prix que ceux obtenus par des lib&eacute;rateurs inexp&eacute;riment&eacute;s. Cependant, il n&#39;y avait jamais assez d&#39;argent pour lib&eacute;rer beaucoup de captifs, et le Prof. Davis estime que pas plus de 3 ou 4% des esclaves &eacute;taient ran&ccedil;onn&eacute;s en une seule ann&eacute;e. Cela signifie que la plupart laiss&egrave;rent leurs os dans les tombes chr&eacute;tiennes sans marque en dehors des murs des villes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes ordres religieux conservaient des comptes pr&eacute;cis de leurs succ&egrave;s. Les Trinitaires espagnols, par exemple, men&egrave;rent 72 exp&eacute;ditions de rachats dans les ann&eacute;es 1600, comptant en moyenne 220 lib&eacute;rations chacune. Il &eacute;tait habituel de ramener les esclaves lib&eacute;r&eacute;s chez eux et de les faire marcher dans les rues des villes dans de grandes c&eacute;l&eacute;brations. Ces d&eacute;fil&eacute;s devinrent l&#39;un des spectacles urbains les plus caract&eacute;ristiques de l&#39;&eacute;poque, et avaient une forte orientation religieuse. Parfois les esclaves marchaient dans leurs vieux haillons d&#39;esclaves pour souligner les tourments qu&#39;ils avaient subis; parfois ils portaient des costumes blancs sp&eacute;ciaux pour symboliser la renaissance. D&#39;apr&egrave;s les archives de l&#39;&eacute;poque, beaucoup d&#39;esclaves lib&eacute;r&eacute;s ne se r&eacute;tablissaient jamais compl&egrave;tement apr&egrave;s leurs &eacute;preuves, particuli&egrave;rement s&#39;ils avaient pass&eacute; beaucoup d&#39;ann&eacute;es en captivit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCombien d&#39;esclaves&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tLe Prof. Davis remarque que des recherches &eacute;normes ont &eacute;t&eacute; faites pour &eacute;valuer aussi exactement que possible le nombre de Noirs emmen&eacute;s &agrave; travers l&#39;Atlantique, mais qu&#39;il n&#39;y a pas eu d&#39;effort semblable pour conna&icirc;tre l&#39;ampleur de l&#39;esclavage en M&eacute;diterran&eacute;e. Il n&#39;est pas facile d&#39;obtenir un compte fiable. les Arabes eux-m&ecirc;mes ne conservaient g&eacute;n&eacute;ralement pas d&#39;archives. Mais au cours de dix ann&eacute;es de recherches le Prof Davis a d&eacute;velopp&eacute; une m&eacute;thode d&#39;estimation.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPar exemple, les archives sugg&egrave;rent que de 1580 &agrave; 1680 il y a eu une moyenne de quelque 35.000 esclaves en pays barbaresque. Il y avait une perte r&eacute;guli&egrave;re du fait des morts et des rachats, donc si la population restait constante, le taux de capture de nouveaux esclaves par les pirates devait &eacute;galer le taux d&#39;usure. Il y a de bonnes bases pour estimer les taux de d&eacute;c&egrave;s. Par exemple, on sait que sur les pr&egrave;s de 400 Islandais captur&eacute;s en 1627, il ne restait que 70 survivants huit ans plus tard. En plus de la malnutrition, de la surpopulation, de l&#39;exc&egrave;s de travail et des punitions brutales, les esclaves subissaient des &eacute;pid&eacute;mies de peste, qui &eacute;liminaient g&eacute;n&eacute;ralement 20 ou 30% des esclaves blancs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPar un certain nombre de sources, le Prof Davis estime donc que le taux de d&eacute;c&egrave;s &eacute;tait d&#39;environ 20% par an. Les esclaves n&#39;avaient pas acc&egrave;s aux femmes, donc le remplacement se faisait exclusivement par des captures.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tSa conclusion&nbsp;:&nbsp;Entre 1530 et 1780, il y eut presque certainement un million et peut-&ecirc;tre bien jusqu&#39;&agrave; un million et un quart de chr&eacute;tiens europ&eacute;ens blancs asservis par les musulmans de la c&ocirc;te barbaresque.<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCela d&eacute;passe consid&eacute;rablement le chiffre g&eacute;n&eacute;ralement accept&eacute; de 800.000 Africains transport&eacute;s dans les colonies d&#39;Am&eacute;rique du Nord et, plus tard, dans les &Eacute;tats-Unis.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes puissances europ&eacute;ennes furent incapables de mettre fin &agrave; ce trafic.<\/p>\n<p>\n\tLe Prof. Davis explique qu&#39;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1700, elles contr&ocirc;laient mieux ce commerce, mais qu&#39;il y eut une reprise de l&#39;esclavage des Blancs pendant le chaos des guerres napol&eacute;oniennes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa navigation am&eacute;ricaine ne fut pas exempte non plus de la pr&eacute;dation. C&#39;est seulement en 1815, apr&egrave;s deux guerres contre eux, que les marins am&eacute;ricains furent d&eacute;barrass&eacute;s des pirates barbaresques. Ces guerres furent des op&eacute;rations importantes pour la jeune r&eacute;publique; une campagne est rappel&eacute;e par les paroles &laquo;&nbsp;vers les rivages de Tripoli &raquo; dans l&#39;hymne de la marine.<\/p>\n<p>\n\tQuand les Fran&ccedil;ais prirent Alger&nbsp;<u>en 1830<\/u>, il y avait encore&nbsp;<u>120 esclaves blancs&nbsp;<\/u>dans le bagno.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPourquoi y a-t-il si peu d&#39;int&eacute;r&ecirc;t pour l&#39;esclavage en M&eacute;diterran&eacute;e alors que l&#39;&eacute;rudition et la r&eacute;flexion sur l&#39;esclavage des Noirs ne finit jamais? Comme l&#39;explique le Prof Davis, des esclaves blancs avec des ma&icirc;tres non-blancs ne cadrent simplement pas avec &laquo; le r&eacute;cit ma&icirc;tre de l&#39;imp&eacute;rialisme europ&eacute;en &raquo;. Les sch&eacute;mas de victimisation si chers aux intellectuels requi&egrave;rent de la m&eacute;chancet&eacute; blanche, pas des souffrances blanches.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe&nbsp;Prof Davis remarque aussi que l&#39;exp&eacute;rience europ&eacute;enne de l&#39;asservissement &agrave; grande &eacute;chelle fait appara&icirc;tre le mensonge d&#39;un autre th&egrave;me gauchiste favori : que l&#39;esclavage des Noirs aurait &eacute;t&eacute; un pas crucial dans l&#39;&eacute;tablissement des concepts europ&eacute;ens de race et de hi&eacute;rarchie raciale.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe n&#39;est pas le cas; pendant des si&egrave;cles, les Europ&eacute;ens v&eacute;curent eux-m&ecirc;mes dans la peur du fouet, et un grand nombre assista aux d&eacute;fil&eacute;s de rachat des esclaves lib&eacute;r&eacute;s, qui &eacute;taient tous blancs. L&#39;esclavage &eacute;tait un sort plus facilement imaginable pour eux-m&ecirc;mes que pour les lointains Africains.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAvec un peu d&#39;efforts, il est possible d&#39;imaginer les Europ&eacute;ens se pr&eacute;occupant de l&#39;esclavage autant que les Noirs. Si les Europ&eacute;ens nourrissaient des griefs concernant les esclaves des gal&egrave;res de la m&ecirc;me mani&egrave;re que les Noirs font pour les travailleurs des champs, la politique europ&eacute;enne serait certainement diff&eacute;rente. Il n&#39;y aurait pas d&#39;excuses rampantes pour les Croisades, peu d&#39;immigration musulmane en Europe, les minarets ne pousseraient pas dans toute l&#39;Europe, et la Turquie ne r&ecirc;verait pas de rejoindre l&#39;Union&nbsp;europ&eacute;enne. Le pass&eacute; ne peut pas &ecirc;tre chang&eacute;, et les regrets peuvent &ecirc;tre pris &agrave; l&#39;exc&egrave;s, mais ceux qui oublient paient aussi un prix &eacute;lev&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSource&nbsp;: Robert C. Davis, Christian Slaves, Muslim Masters: White Slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast, and Italy, 1500-1800, Palgrave Macmillan, 2003, 246 pages, 35 dollars US.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#39;histoire oubli&eacute;e des Blancs r&eacute;duits en esclavage. &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les historiens am&eacute;ricains ont &eacute;tudi&eacute; tous les aspects de l&#39;esclavage des Africains par les Blancs, mais ont largement ignor&eacute; l&#39;esclavage des Blancs par les Nord-Africains. Christian Slaves, Muslim Masters [ Esclaves chr&eacute;tiens, ma&icirc;tres musulmans ] est un r&eacute;cit soigneusement document&eacute; et clairement &eacute;crit de ce&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18298,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[39,77,18,56,36,28,374,94,13,1],"tags":[],"class_list":["post-7271","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique-du-nord","category-alger","category-histoire","category-italie","category-libye","category-maroc","category-naples","category-tripoli","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7271","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7271"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7271\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7271"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}