{"id":7355,"date":"2015-09-12T23:56:11","date_gmt":"2015-09-12T23:56:11","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7355"},"modified":"2015-09-13T20:55:13","modified_gmt":"2015-09-13T20:55:13","slug":"lage-dor-du-monde-arabo-musulman-mythe-ou-realite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lage-dor-du-monde-arabo-musulman-mythe-ou-realite\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e2ge d\u2019or du monde arabo-musulman : mythe ou r\u00e9alit\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or du monde arabo-musulman : mythe ou r&eacute;alit&eacute; ?<\/p>\n<div>\n\t<a href=\"http:\/\/www.elwatan.com\/contributions\/l-age-d-or-du-monde-arabo-musulman-mythe-ou-realite-26-08-2013-225852_120.php#\" title=\"Taille du texte normale\"><img decoding=\"async\" alt=\"Taille du texte normale\" src=\"http:\/\/www.elwatan.com\/img\/trans.gif\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.elwatan.com\/contributions\/l-age-d-or-du-monde-arabo-musulman-mythe-ou-realite-26-08-2013-225852_120.php#\" title=\"Agrandir la taille du texte\"><img decoding=\"async\" alt=\"Agrandir la taille du texte\" src=\"http:\/\/www.elwatan.com\/img\/trans.gif\" \/><\/a><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<h2 id=\"chapo\">\n\t&nbsp;<\/h2>\n<p>\n\tAvant d&rsquo;entamer la r&eacute;flexion sur la notion d&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or de l&rsquo;islam, il convient tout d&rsquo;abord de rappeler tout l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t que le message islamique accorda, d&egrave;s son av&egrave;nement, au savoir et &agrave; la connaissance.<\/p>\n<div id=\"texte\">\n<p>\n\t\tLa chronique de la r&eacute;v&eacute;lation coranique ne rapporte-t-elle pas &agrave; cet &eacute;gard que le premier verset re&ccedil;u par le Proph&egrave;te Mohammed (QSSSL), en 610, prit la forme d&rsquo;une injonction divine : &laquo;Lis !&raquo; (Coran 90 vl) ? Toute l&rsquo;importance que devait par la suite rev&ecirc;tir l&rsquo;effort intellectuel au sein de la r&eacute;v&eacute;lation coranique &eacute;tait r&eacute;sum&eacute;e dans cette premi&egrave;re injonction. Une multitude de versets et de hadiths viendront rapidement en confirmer l&rsquo;importance, en faisant de la qu&ecirc;te du savoir, l&rsquo;un des devoirs les plus fondamentaux du croyant. Qu&rsquo;on se rappelle &agrave; ce propos la mani&egrave;re toute particuli&egrave;re avec laquelle le Proph&egrave;te Mohamed (QSSSL) avait entam&eacute; son travail de pr&eacute;diction &agrave; M&eacute;dine : en &eacute;difiant une &eacute;cole pr&egrave;s de sa mosqu&eacute;e pour y inviter aussit&ocirc;t les captifs alphab&eacute;tis&eacute;s &agrave; gagner leur libert&eacute; en contrepartie de cours qu&rsquo;ils &eacute;taient appel&eacute;s &agrave; dispenser aux croyants, jeunes et vieux, gar&ccedil;ons et filles.<\/p>\n<p>\n\t\tD&rsquo;ailleurs, le Proph&egrave;te de l&rsquo;islam (QSSSL) ne cessait pas de r&eacute;p&eacute;ter que l&rsquo; &laquo;acte d&rsquo;apprendre constitue un devoir religieux pour tout musulman et musulmane&raquo; (Ibn M&acirc;dja, h. 220). Ailleurs, c&rsquo;est un autre hadith qui exprime le m&ecirc;me int&eacute;r&ecirc;t pour la connaissance et le savoir : &laquo;Cherchez la science du berceau au tombeau, jusqu&rsquo;en Chine s&rsquo;il le faut!&raquo; (al Bayhaq&icirc;, h. 850). Au regard donc du souci permanent de l&rsquo;islam de survaloriser la question de l&rsquo;&eacute;ducation et du savoir, il n&rsquo;&eacute;tait donc pas &eacute;tonnant que les recommandations successives du texte coranique et du Proph&egrave;te Mohamed (QSSSL) donnassent rapidement naissance &agrave; &laquo;une dynamique extraordinaire au d&eacute;ploiement scientifique de la civilisation musulmane qui d&eacute;veloppera et enrichira les h&eacute;ritages civilisationnels ant&eacute;rieurs, tout en nourrissant leur propre &eacute;volution&raquo;, (Cheikh K. Bentoun&egrave;s, 2006, p. 159).<\/p>\n<p>\n\t\tEn effet et par-del&agrave; l&rsquo;apport exceptionnel de l&rsquo;islam aux Arabes en mati&egrave;re de droit, de mysticisme et de philosophie, les premi&egrave;res conqu&ecirc;tes musulmanes allaient, elles aussi, fournir aux adeptes du Proph&egrave;te Mohamed (QSSSL) une nouvelle occasion d&rsquo;enrichir le patrimoine culturel de la nation naissante. En prenant le contr&ocirc;le de plusieurs territoires autrefois domin&eacute;s par les Hell&egrave;nes et les Sassanides, l&rsquo;islam allait, en quelques ann&eacute;es seulement, h&eacute;riter d&rsquo;une grande partie du patrimoine de l&rsquo;antiquit&eacute; perse, grecque et latine.<br \/>\n\t\tDevenu, comme on sait, une nation pluriculturelle et multiconfessionnelle, le Monde musulman allait, d&egrave;s le septi&egrave;me si&egrave;cle de l&rsquo;&egrave;re chr&eacute;tienne, poursuivre son extension vers l&rsquo;Inde, pour ensuite absorber une partie de la Chine. Cette nouvelle victoire aura un impact d&eacute;cisif dans le processus d&rsquo;ascension culturelle de l&rsquo;islam, puisqu&rsquo;elle permettra aux musulmans d&rsquo;acqu&eacute;rir de nombreux savoirs venus d&rsquo;Asie, tels que les techniques de fabrication du papier et de la poudre. Le v&eacute;ritable apog&eacute;e de la civilisation musulmane allait n&eacute;anmoins se manifester avec plus d&rsquo;&eacute;clat entre le VIlle et le IXe si&egrave;cle, et plus particuli&egrave;rement au temps des califes Haroun Al Rachid (786-809) et Al Ma&rsquo;m&ucirc;n (813-833).<\/p>\n<p>\n\t\tContrairement &agrave; leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs, essentiellement anim&eacute;s d&rsquo;ambitions politiques et militaires, les deux califes devaient, de surcro&icirc;t, t&eacute;moigner d&rsquo;un int&eacute;r&ecirc;t particulier pour la culture. Voulant, par exemple, assurer une large diffusion du savoir et de la connaissance dans la soci&eacute;t&eacute; musulmane, Haroun Al Rachid ne tardera pas &agrave; substituer, dans toute l&rsquo;administration califale, l&rsquo;usage du papier &agrave; celui du parchemin. Il ordonnera, dans le m&ecirc;me temps, la construction de dizaines de biblioth&egrave;ques et d&rsquo;&eacute;coles publiques. F&eacute;ru d&rsquo;astronomie, Al Ma&rsquo;m&ucirc;n &eacute;rigera, d&egrave;s l&rsquo;ann&eacute;e 829 dans le quartier le plus &eacute;lev&eacute; de Bagdad, le premier observatoire permanent au monde, afin de permettre &agrave; ses astronomes d&rsquo;&eacute;tudier le mouvement des astres. Quelques ann&eacute;es plus tard, soit en 832, il fondera la Maison de la sagesse ou &laquo;beyt el hikma&raquo;, qu&rsquo;il mit &agrave; la disposition de l&rsquo;&eacute;lite savante musulmane, juive et chr&eacute;tienne, notamment pour la traduction des ouvrages grecs et indiens. D&egrave;s lors, les savants de l&rsquo;islam allaient exceller dans la majeure partie des sciences, et en particulier l&rsquo;astronomie et la philosophie. Alors m&ecirc;me que ces deux disciplines n&rsquo;&eacute;taient que tr&egrave;s peu &eacute;tudi&eacute;es tout au long du moyen age en Occident. Elles ont connu leur apog&eacute;e dans le monde musulman.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Premiers traducteurs des philosophes grecs<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tDes dizaines d&rsquo;&eacute;coles et d&rsquo;observatoires ont &eacute;t&eacute; &eacute;rig&eacute;s dans la plupart des m&eacute;tropoles et les savants de l&rsquo;islam y enseignaient et y traduisaient les ouvrages d&rsquo;auteurs grecs c&eacute;l&egrave;bres, tels que Ptol&eacute;m&eacute;e (IIe si&egrave;cle) dont l&rsquo;&oelig;uvre sera, quelques si&egrave;cles plus tard, red&eacute;couverte en Europe par l&rsquo;interm&eacute;diaire de ses versions arabes provenant de Tol&egrave;de (Espagne). Il n&rsquo;en fut d&rsquo;ailleurs pas autrement pour la philosophie : la traduction du patrimoine philosophique grec allait grandement influencer le mode de r&eacute;flexion des penseurs musulmans, contrairement aux premiers th&eacute;ologiens de l&rsquo;islam (mutakallim&ucirc;n) qui, &agrave; l&rsquo;instar de leurs &eacute;mules juifs et chr&eacute;tiens, se r&eacute;f&eacute;raient plus volontiers &agrave; l&rsquo;&eacute;nonc&eacute; de la Sainte Ecriture pour faire l&rsquo;apologie de la R&eacute;v&eacute;lation. Les philosophes musulmans (fal&acirc;sifa) allaient op&eacute;rer une synth&egrave;se remarquable entre les valeurs religieuses de l&rsquo;islam et celles de l&rsquo;aristot&eacute;lisme et du n&eacute;oplatonisme, consid&eacute;rant que la philosophie &eacute;tait en parfait accord avec le Message coranique qui appelle en permanence le croyant &agrave; la r&eacute;flexion, &agrave; la m&eacute;ditation et &agrave; la recherche de la V&eacute;rit&eacute;. De nombreux philosophes musulmans, tels qu&rsquo;Al F&acirc;r&acirc;b&icirc; (872-950), Avicenne (980-1037) ou Al Kind&icirc; (801-873) choisirent d&rsquo;adopter la majorit&eacute; des concepts d&rsquo;Aristote et de Platon, en les enrichissant bien &eacute;videmment de leurs propres r&eacute;flexions et commentaires. Il faut enfin savoir que ce sera gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre des philosophes arabes que l&rsquo;Occident pourra red&eacute;couvrir au bas Moyen &Acirc;ge le patrimoine philosophique des Hell&egrave;nes. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t port&eacute; par les intellectuels musulmans aux sciences ne se limitait &eacute;videmment pas aux seuls domaines de l&rsquo;astronomie et de la philosophie.<\/p>\n<p>\n\t\tLes savants de l&rsquo;islam s&rsquo;&eacute;taient &eacute;galement rendus c&eacute;l&egrave;bres dans le monde par leurs connaissances m&eacute;dicales. En effet, les cit&eacute;s musulmanes du Moyen &Acirc;ge &eacute;taient r&eacute;put&eacute;es accorder une attention particuli&egrave;re aux normes d&rsquo;hygi&egrave;ne, &agrave; telle enseigne qu&rsquo;&agrave; Bagdad, par exemple, il ne se trouvait pas moins d&rsquo;un hammam (bain maure) par rue. Les structures hospitali&egrave;res s&rsquo;&eacute;taient &eacute;galement multipli&eacute;es &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque dans toutes les villes musulmanes (A. A&iuml;sa, 1981, p. 151). Les m&eacute;decins musulmans ne tard&egrave;rent pas aussi &agrave; traduire la majeure partie de l&rsquo;h&eacute;ritage m&eacute;dical grec, tel que le Materia Medica de Dioscoride (m.40), en y ajoutant, l&agrave; aussi, leurs propres d&eacute;couvertes et interpr&eacute;tations. Citons, &agrave; ce propos, la grande encyclop&eacute;die m&eacute;dicale (Al Q&acirc;n&ucirc;n) d&rsquo;Ibn S&icirc;n&acirc; (980-1037) qui sera, des si&egrave;cles durant, &eacute;tudi&eacute;e et comment&eacute;e en Occident sous le titre du Canon de m&eacute;decine d&rsquo;Avicenne. Il en est de m&ecirc;me pour Al R&acirc;z&icirc; (864-925), dont l&rsquo;encyclop&eacute;die jouissait d&rsquo;une telle notori&eacute;t&eacute; aupr&egrave;s des m&eacute;decins europ&eacute;ens du Moyen &Acirc;ge, que le roi Louis IX (1226-1270) lui-m&ecirc;me d&ucirc; d&eacute;poser une caution de douze livres d&rsquo;argent et cent &eacute;cus d&rsquo;or pour se la voir confi&eacute;e et permettre ainsi &agrave; ses m&eacute;decins personnels de la consulter. L&rsquo;influence du m&eacute;decin arabe sera telle, pour la m&eacute;decine europ&eacute;enne, qu&rsquo;une st&egrave;le fut &eacute;rig&eacute;e dans l&rsquo;auditorium maximum de l&rsquo;Ecole de m&eacute;decine de Paris, en honneur &agrave; son apport aux sciences m&eacute;dicales.<\/p>\n<p>\n\t\tAjoutons enfin que la m&eacute;decine europ&eacute;enne doit &eacute;galement aux Arabes la d&eacute;couverte, lors de la peste de 1382, de la &laquo;quarantaine&raquo; qui&nbsp; sera depuis lors et &agrave; ce jour, en vigueur dans le monde m&eacute;dical dans les cas d&rsquo;&eacute;pid&eacute;mies. L&rsquo;apport des musulmans dans les domaines de la g&eacute;ographie, de l&rsquo;alg&egrave;bre et de la g&eacute;om&eacute;trie n&rsquo;ont &eacute;galement pas &eacute;t&eacute; des moindres. On sait, en effet, que les savants de l&rsquo;islam allaient &ecirc;tre, &agrave; bien des &eacute;gards, les sauveurs de l&rsquo;h&eacute;ritage g&eacute;ographique gr&eacute;co-romain, syriaque, perse et indien (R. Tibbetts, 1992) et qu&rsquo;ils seront les plus fid&egrave;les traducteurs des g&eacute;om&egrave;tres grecs, tels qu&rsquo;Euclide et Ptol&eacute;m&eacute;e (A. Djebbar, 2005). Il leur revient aussi d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; les premiers &agrave; adopter le syst&egrave;me d&eacute;cimal et d&rsquo;avoir produit de grands math&eacute;maticiens, tels qu&rsquo;Al Khawarizmi (780-850), auxquels l&rsquo;Occident doit, entre autres, la d&eacute;couverte du chiffre z&eacute;ro et des algorithmes.<\/p>\n<p>\n\t\tIl &eacute;tait par ailleurs attendu que l&rsquo;engouement particulier des savants musulmans pour les sciences exactes les fasse exceller dans le domaine de la m&eacute;canique et de l&rsquo;ing&eacute;nierie. Ainsi, non seulement l&rsquo;Occident doit aux savants arabes la traduction de la majeure partie des ouvrages des m&eacute;caniciens d&rsquo;Orient et d&rsquo;Alexandrie, tels que Philon de Byzance (300 av. J-C), mais il leur est aussi redevable de la d&eacute;couverte d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;inventions, telles que les machines hydrauliques, les syst&egrave;mes de mesure du temps (D. Routledge, 1985) et la voile latine (R. Sabatino-Lopez, 1979). Il en va de m&ecirc;me pour l&rsquo;industrie militaire et agraire, domaine dans lequel les chercheurs arabes avaient d&eacute;velopp&eacute; plusieurs machines ramen&eacute;es de Chine, telles que le tr&eacute;buchet ou le mangonneau.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Les arabes &agrave; l&rsquo;origne du papier<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tCes derniers furent &eacute;galement les pr&eacute;curseurs de l&rsquo;utilisation des syst&egrave;mes d&rsquo;irrigation connus en Occident sous le nom de &laquo;noria&raquo; (n&ucirc;ryya) et des techniques d&rsquo;exploitation des nappes phr&eacute;atiques, les &laquo;canaux&raquo; ou qanaw&acirc;t. La fabrication du papier et de l&rsquo;encre fut cependant le principal domaine dans lequel les musulmans avaient particuli&egrave;rement excell&eacute;. En effet, la papeterie avait connu en islam un tel essor que des dizaines de manufactures allaient rapidement voir le jour &agrave; Samarkande, Bagdad, Damas et au Caire. Gr&acirc;ce &agrave; la contribution d&rsquo;alchimistes de renom, tel Ibn Hayy&acirc;n (721-845), les Arabes parvinrent &agrave; &eacute;laborer diverses techniques de fabrication de la p&acirc;te et des moules. Cela leur permit non seulement de produire de l&rsquo;encre et du papier de tr&egrave;s haute qualit&eacute;, mais &eacute;galement de ma&icirc;triser divers proc&eacute;d&eacute;s d&rsquo;encollage.<\/p>\n<p>\n\t\tCe n&rsquo;est donc pas un hasard si le terme de &laquo;rame de papier&raquo; soit d&rsquo;origine arabe (ramza). On le voit bien, le Monde arabo-musulman ne s&rsquo;est pas content&eacute; de reprendre &agrave; son compte les sciences des autres peuples.<br \/>\n\t\tIl les a &eacute;galement d&eacute;velopp&eacute;es et am&eacute;lior&eacute;es avant de faire de l&rsquo;arabe l&rsquo;une des plus grandes langues de transmission des savoirs (F. Michaud, 1999).<br \/>\n\t\tCette ascension culturelle du Monde musulman ne fut, par ailleurs, pas propre &agrave; l&rsquo;Orient islamique : bien qu&rsquo;&eacute;tant apparu &agrave; une date relativement tardive par rapport au califat de Bagdad, le califat fatimide du Caire allait, lui aussi, produire des institutions savantes de grande envergure, dont l&rsquo;immense biblioth&egrave;que du Caire baptis&eacute;e la Maison de la Science ou Dar Al Ilm fond&eacute;e au temps du calife fatimide Al Aziz (975-996), et qui contenait, &agrave; elle seule, plus de deux millions d&rsquo;ouvrages, soit vingt fois le contenu de la biblioth&egrave;que d&rsquo;Alexandrie en son temps.<\/p>\n<p>\n\t\tIl en est de m&ecirc;me pour le califat omeyyade d&rsquo;Andalousie o&ugrave;, rappelons-le, Cordoue &eacute;tait, jusqu&rsquo;&agrave; la fin du Xe si&egrave;cle, aux c&ocirc;t&eacute;s de Bagdad et de Constantinople, l&rsquo;une des trois plus grandes m&eacute;tropoles du monde. La ville espagnole disposait, d&eacute;j&agrave; &agrave; cette &eacute;poque, de routes pav&eacute;es et &eacute;tait dot&eacute;e d&rsquo;un ensemble d&rsquo;infrastructures, dont un syst&egrave;me d&rsquo;&eacute;clairage public, de distribution des eaux et d&rsquo;&eacute;vacuation d&rsquo;&eacute;gouts. De m&ecirc;me qu&rsquo;une grande universit&eacute; qui accueillait les savants et &eacute;rudits venus des quatre coins du monde. Cette br&egrave;ve r&eacute;trospective, r&eacute;sumant le haut niveau de d&eacute;veloppement culturel et &eacute;conomique atteint par la civilisation musulmane aux premiers si&egrave;cles de l&rsquo;islam, donne &agrave; penser que la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; &laquo;un &acirc;ge d&rsquo;or&raquo; musulman n&rsquo;est pas une vue d&rsquo;esprit. La r&eacute;alit&eacute; historique de cet &acirc;ge d&rsquo;or rappelle, sur bien des aspects, les ann&eacute;es de gloire que connurent Rome et la Gr&egrave;ce antique au temps de leur apog&eacute;e. C&rsquo;est cela qui permit, sans doute, &agrave; Jacques Berque de dire que &laquo;l&rsquo;islam est une dimension du monde : une dimension spirituelle, cela va de soi, mais aussi une dimension historique qui cherche &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer son ancienne grandeur et se heurte sur ce chemin &agrave; certaines incompr&eacute;hensions&raquo; (1985, p. 13).<\/p>\n<p>\n\t\tBernard Lewis, d&rsquo;ailleurs, ne dit pas autre chose, lorsqu&rsquo;il reconna&icirc;t &agrave; son tour que &laquo;pendant des si&egrave;cles, la r&eacute;alit&eacute; sembla confirmer la vision que les musulmans avaient du monde et d&rsquo;eux-m&ecirc;mes. L&rsquo;islam repr&eacute;sentait la plus grande puissance militaire [de m&ecirc;me que] c&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re puissance &eacute;conomique du monde [&#8230;] Dans l&rsquo;art et les sciences, l&rsquo;islam pouvait s&rsquo;enorgueillir d&rsquo;un niveau jamais atteint dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute; [au point que] dans la plupart des domaines, artistiques et scientifiques, l&rsquo;Europe m&eacute;di&eacute;vale &eacute;tait &agrave; l&rsquo;&eacute;cole du monde musulman&raquo;, (2002, p.13). Mais l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute; nous enseigne r&eacute;guli&egrave;rement comment et sous l&rsquo;effet d&rsquo;une convergence de facteurs de pr&eacute;cipitation divers, des civilisations enti&egrave;res peuvent brusquement sombrer dans des crises d&rsquo;ampleur variable lorsqu&rsquo;elles ne sont pas, plus gravement, condamn&eacute;es &agrave; l&rsquo;oubli. Il en va pareillement de cet &acirc;ge d&rsquo;or de l&rsquo;islam, dont la pens&eacute;e &eacute;minemment progressiste qui le caract&eacute;risait devait, et pour diverses facteurs socioculturels qu&rsquo;il nous aura &eacute;t&eacute; donn&eacute;s l&rsquo;occasion d&rsquo;analyser dans des &eacute;tudes ant&eacute;rieures(*), faire place &agrave; une attitude de frilosit&eacute; intellectuelle collective qui allait, entre le XIIIe et le XIXe si&egrave;cle, graduellement verrouiller la recherche scientifique et la r&eacute;flexion philosophique dans le monde musulman. \b<\/p>\n<p>\t\t(*) Cf Toualbi Tha&acirc;libi Issam, Regards sur la soci&eacute;t&eacute; musulmane du XIe si&egrave;cle&nbsp;: du triomphe du conformisme juridique au d&eacute;clin de la pens&eacute;e philosophique dans le monde arabe, in Revue europ&eacute;enne des sciences sociales, n&deg;50.1, 2012.<br \/>\n\t\tNdlr : les intertitres sont de la r&eacute;daction.<\/p>\n<\/div>\n<h5>\n\tToualbi Tha&acirc;libi Issam. Ma&icirc;tre de conf&eacute;rences &agrave; la facult&eacute; de droit et pr&eacute;sident de l&rsquo;association Sidi Abderrahmane Al Tha&acirc;libi pour la promotion du patrimoine<\/h5>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=newssearch&amp;cd=23&amp;cad=rja&amp;ved=0CDYQqQIoADACOBQ&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.elwatan.com%2Fcontributions%2Fl-age-d-or-du-monde-arabo-musulman-mythe-ou-realite-26-08-2013-225852_120.php&amp;ei=UegbUprOFOKCjAKxjYGYDA&amp;usg=AFQjCNETuPswiFUVaV6p34SA9Jl64AL_Fw&amp;sig2=3QZgn4Op6Vw9XUOaRCC0eA\">L&#39;&acirc;ge d&#39;or du monde arabo-musulman : mythe ou r&eacute;alit&eacute; ?<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or du monde arabo-musulman : mythe ou r&eacute;alit&eacute; ? &nbsp; &nbsp; Avant d&rsquo;entamer la r&eacute;flexion sur la notion d&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or de l&rsquo;islam, il convient tout d&rsquo;abord de rappeler tout l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t que le message islamique accorda, d&egrave;s son av&egrave;nement, au savoir et &agrave; la connaissance. 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