{"id":7363,"date":"2013-08-28T03:26:00","date_gmt":"2013-08-28T03:26:00","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7363"},"modified":"2013-08-28T03:26:00","modified_gmt":"2013-08-28T03:26:00","slug":"reponse-de-bernard-henri-levy-a-recep-tayyip-erdogan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/reponse-de-bernard-henri-levy-a-recep-tayyip-erdogan\/","title":{"rendered":"R\u00e9ponse de Bernard-Henri L\u00e9vy \u00e0 Recep Tayyip Erdogan"},"content":{"rendered":"<h2>\n\tR&eacute;ponse de Bernard-Henri L&eacute;vy &agrave; Recep Tayyip Erdogan<\/h2>\n<div>\n\tBERNARD-HENRI L&Eacute;VY<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tDans une interview au quotidien turc Cumhuriyet, BHL s&rsquo;explique sur Isra&euml;l,la Turquie, la Syrie et le coup d&rsquo;Etat en Egypte.<br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Pourquoi&nbsp; pensez-vous qu&rsquo;Erdogan a donn&eacute; votre nom et vous a tenu responsable du renversement de pouvoir&nbsp; en Egypte?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tErdogan d&eacute;lire. En France, dans mon pays, on dirait qu&rsquo;il a &ldquo;p&eacute;t&eacute; un c&acirc;ble&rdquo;. Ou qu&rsquo;il a &ldquo;fum&eacute; la moquette&rdquo;. Oui, franchement, tout le monde, en France, aux Etats-Unis, se tord de rire&hellip;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Avez-vous un tel pouvoir ? Y a-t-il un homme au monde qui ait le pouvoir de changer le gouvernement d&rsquo;un autre pays?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tBien s&ucirc;r que non&nbsp;! Et c&rsquo;est bien ce qui rend cette affaire grotesque. Sch&eacute;ma classique. On est face &agrave; un ph&eacute;nom&egrave;ne qu&rsquo;on ne comprend pas. On perd un peu les p&eacute;dales. On perd, aussi, un poulain, les Fr&egrave;res Musulmans, sur lequel on misait de grandes ambitions. Et hop&nbsp;! Dans l&rsquo;affolement, on cherche une cause simple. C&rsquo;est-&agrave;-dire diabolique. Et dans le genre &laquo;causalit&eacute; diabolique&raquo; on n&rsquo;a encore jamais trouv&eacute; mieux que les inusables &laquo;Protocole des Sages de Sion&nbsp;&raquo; (dont je vous rappelle, d&rsquo;ailleurs, que c&rsquo;est un bestseller sous le r&eacute;gime de M. Erdogan&nbsp;!). Tout cela est lamentable.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>On dit, tout de m&ecirc;me, qu&rsquo;Isra&euml;l soutient le pouvoir militaire&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tPeut-&ecirc;tre. Je n&rsquo;en sais rien. Mais Isra&euml;l c&rsquo;est Isra&euml;l. Et moi c&rsquo;est moi. Et l&rsquo;attaque stupide d&rsquo;Erdogan est venue le jour m&ecirc;me o&ugrave; paraissait, dans divers journaux d&rsquo;Europe et hors d&rsquo;Europe, un &eacute;ditorial o&ugrave; je disais combien j&rsquo;&eacute;tais horrifi&eacute; par le bain de sang dont le Caire venait d&rsquo;&ecirc;tre le th&eacute;&acirc;tre&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Vous avez n&eacute;anmoins dit, dans cette conf&eacute;rence avec la ministre isra&eacute;lienne Tzipi Livni, que vous &eacute;tiez oppos&eacute; &agrave; l&rsquo;accession au pouvoir, en Egypte, des Fr&egrave;res Musulmans.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJ&rsquo;ai dit qu&rsquo;un grand peuple (et le peuple &eacute;gyptien est un grand peuple&hellip;) doit avoir un autre choix que, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, le retour des g&eacute;n&eacute;raux de Moubarak et, de l&rsquo;autre, la revanche des barbus islamistes, obscurantistes, ha&iuml;sseurs des femmes et de toutes les libert&eacute;s. C&rsquo;est ma position personnelle. Et c&rsquo;est celle du meilleur de la soci&eacute;t&eacute; &eacute;gyptienne d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Vous souvenez-vous de cette conf&eacute;rence? O&ugrave; &eacute;tait-ce&nbsp;? A Paris ou &agrave; J&eacute;rusalem? Y avait-il des Turcs dans la salle&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tBien s&ucirc;r, je m&rsquo;en souviens. C&rsquo;&eacute;tait &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Tel Aviv. Un d&eacute;bat, en effet, avec madame Livni &ndash; mais qui, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, n&rsquo;&eacute;tait pas ministre et avec qui nous e&ucirc;mes une discussion acad&eacute;mique ou, tout au moins, universitaire. Une discussion de fond. Une discussion sur les principes.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Quel fut votre principal message pendant cette conf&eacute;rence?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tQue les d&eacute;mocraties n&rsquo;avaient pas &agrave; avoir peur des printemps arabes. Isra&euml;l &eacute;tant une d&eacute;mocratie, le message s&rsquo;adressait donc aussi &agrave; Isra&euml;l. C&rsquo;est toujours une bonne nouvelle, pour &nbsp;un pays libre, de voir d&rsquo;autres peuples, des peuples voisins, reprendre pour leur propre compte le flambeau de la libert&eacute;. Membre depuis 40 ans de ce qu&rsquo;on appelle le &laquo;camp de la paix&raquo;, partisan d&rsquo;un Etat palestinien &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;un Isra&euml;l en s&eacute;curit&eacute;, je disais&nbsp;: &laquo;n&rsquo;ayez pas peur&nbsp;; saisissez cette chance historique que vous offrent les printemps arabes&hellip;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Avez-vous dit que &laquo;les Fr&egrave;res musulmans ne devraient pas &ecirc;tre autoris&eacute;s &agrave; gouverner, m&ecirc;me en cas de victoire aux &eacute;lections&raquo;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJ&rsquo;ai dit qu&rsquo;il &eacute;tait clair, vu leur id&eacute;ologie, qu&rsquo;ils confisqueraient le pouvoir &agrave; des fins id&eacute;ologiques&nbsp;; qu&rsquo;ils &eacute;tabliraient, pas &agrave; pas, un Etat religieux totalitaire&nbsp;; qu&rsquo;ils noyauteraient l&rsquo;Etat et l&rsquo;administration&nbsp;; bref, qu&rsquo;ils aboliraient cette d&eacute;mocratie naissante qui leur avait permis de s&rsquo;emparer du pouvoir.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Comment le saviez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tParce qu&rsquo;ils ne s&rsquo;en cachaient pas. Les &eacute;lections, la d&eacute;mocratie, n&rsquo;&eacute;taient, pour eux, qu&rsquo;une &eacute;tape, un pur moyen d&rsquo;acc&eacute;der au pouvoir. Comme toujours chez les Fr&egrave;res Musulmans. Comme toujours chez les islamistes.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Nous sommes bien d&rsquo;accord&nbsp;: vous avez donc dit que la d&eacute;mocratie ce n&rsquo;&eacute;tait pas seulement une question d&rsquo;&laquo;urnes&raquo;.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;&eacute;tait une discussion contradictoire, vive, comme j&rsquo;en ai partout, toujours et, j&rsquo;esp&egrave;re, un jour, &agrave; Istanbul, avec, aussi, des questions du public. Donc je n&rsquo;ai &eacute;videmment pas le souvenir exact des mots prononc&eacute;s. Mais je pense cela, oui. Je pense que la d&eacute;mocratie, ce n&rsquo;est pas seulement les &eacute;lections, mais que c&rsquo;est tout un ensemble de valeurs, au premier rang desquelles la libert&eacute; de pens&eacute;e, la pluralit&eacute; des opinions, la la&iuml;cit&eacute;, le respect de l&rsquo;Etat de droit.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Les &eacute;lections sont-elles indispensables &agrave; la d&eacute;mocratie&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qui est indispensable &agrave; la&nbsp; d&eacute;mocratie ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tIl n&rsquo;y a pas de d&eacute;mocratie, bien s&ucirc;r, sans &eacute;lections. Mais je vous le r&eacute;p&egrave;te&nbsp;: la d&eacute;mocratie c&rsquo;est, aussi, l&rsquo;instauration d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; ouverte et plurielle, le respect de la libert&eacute; individuelle, celui de la libert&eacute; de pens&eacute;e, de la libert&eacute; religieuse, de la libert&eacute; des m&oelig;urs. La d&eacute;mocratie c&rsquo;est, encore, la r&eacute;gulation des conflits, et en particulier des conflits&nbsp; de classe, &agrave; travers des r&egrave;gles de droit. C&rsquo;est une administration non-partisane et non confessionnelle. C&rsquo;est, last but not least, le respect par le parti au pouvoir de l&rsquo;opposition et des minorit&eacute;s. Vous voyez, dans ce que je viens d&rsquo;&eacute;num&eacute;rer, quelque chose qui serait cher aux Fr&egrave;res Musulmans ?<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le renversement des Fr&egrave;res Musulmans &eacute;tait-il un coup d&rsquo;Etat ? Et quelle est la diff&eacute;rence entre un bon et un mauvais coup ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tUn &laquo;bon&raquo; coup, je n&rsquo;aime pas trop l&rsquo;id&eacute;e. Mais il&nbsp; y a un exemple, quand m&ecirc;me. C&rsquo;est le coup d&rsquo;Etat du 25 Avril 1975, &agrave; Lisbonne, o&ugrave; les militaires portugais renvers&egrave;rent la dictature post-Salazar. J&rsquo;&eacute;tais l&agrave;. J&rsquo;ai v&eacute;cu ces &eacute;v&eacute;nements heure par heure. Ce fut un coup d&rsquo;Etat sans effusion de sang, o&ugrave; l&rsquo;on vit les Capitaines fraterniser avec le peuple et r&eacute;tablir la d&eacute;mocratie. On est loin, aujourd&rsquo;hui, au Caire, de ce sch&eacute;ma. Tr&egrave;s loin.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Y a-t-il une relation entre votre juda&iuml;sme et votre antipathie pour les Fr&egrave;res Musulmans ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe suis juif, oui. Profond&eacute;ment juif. Mais, au risque de vous d&eacute;cevoir, je ne crois pas que ce soit l&agrave; l&rsquo;origine de mon antipathie. Vous connaissez l&rsquo;histoire des fr&egrave;res Musulmans&nbsp;? Leur naissance&nbsp;? Ils naissent, en 1928, comme une sorte de version arabe du nazisme. On croit souvent que le nazisme fut une affaire exclusivement europ&eacute;enne. C&rsquo;est faux. Il y eut aussi un nazisme arabe &ndash; et qui fut incarn&eacute;, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, par les premiers Fr&egrave;res Musulmans, ceux d&rsquo;al-Banaa. De l&rsquo;eau a coul&eacute; sous les ponts, bien s&ucirc;r. Et les Fr&egrave;res Musulmans d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne sont pas ceux d&rsquo;hier. Mais, pour moi, c&rsquo;est une raison suffisante pour me m&eacute;fier d&rsquo;eux.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Comment &eacute;valuez-vous les bouleversements dans le monde musulman? Et pensez-vous que les pays musulmans soient assez unis&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tPourquoi devraient-ils &ecirc;tre &laquo;unis&raquo;? Est-ce qu&rsquo;il faut &ecirc;tre pour &laquo;l&rsquo;unit&eacute;&raquo; &agrave; tout prix? Le monde musulman c&rsquo;est, au moins, trois civilisations&nbsp;: l&rsquo;arabe, la persane et l&rsquo;ottomane. Et c&rsquo;est, au moins, deux grandes aspirations politiques&nbsp;: l&rsquo;aspiration, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, &agrave; la paix, la d&eacute;mocratie, les droits de l&rsquo;homme &ndash; et, de l&rsquo;autre, la tentation obscurantiste. A-t-on vraiment int&eacute;r&ecirc;t, sous pr&eacute;texte d&rsquo;&nbsp;&laquo;unit&eacute;&raquo;, &agrave; confondre tout &ccedil;a&nbsp;? Avez-vous int&eacute;r&ecirc;t, vous, les Turcs, &agrave; vous laisser caporaliser, sous pr&eacute;texte d&rsquo;unit&eacute; face &agrave; un monde pr&eacute;sent&eacute; par un parano&iuml;aque comme uniment hostile, par le AKP&nbsp;? En Turquie, comme en Iran, comme en Egypte, je crois dans le bon g&eacute;nie de la division, c&rsquo;est-&agrave;-dire du diff&eacute;rend politique&nbsp;; et je crois &agrave; la victoire, &agrave; terme, des forces la&iuml;ques, de l&rsquo;esprit des Lumi&egrave;res et du progr&egrave;s.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Apr&egrave;s cette affaire, et ces allegations, est-il possible pour Isra&euml;l et la Turquie de travailler &agrave; nouveau ensemble ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tOui, bien s&ucirc;r. Les relations entre deux grands pays ne s&rsquo;arr&ecirc;tent jamais, heureusement, &agrave; des acc&egrave;s d&rsquo;humeur ou des querelles subalternes.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Il y a eu des n&eacute;gociations apr&egrave;s l&rsquo;affaire du Mavi Marmara mais rien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; r&eacute;solu.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tOui. A cause d&rsquo;Erdogan. Et malgr&eacute; le fait que Shimon P&eacute;r&egrave;s se soit excus&eacute; d&egrave;s le lendemain. Non, croyez-moi. Et pardonnez-moi de vous le dire aussi cr&ucirc;ment. Vous avez, vous, les Turcs, un vrai probl&egrave;me Erdogan. Pour que la Turquie retrouve des relations normales avec ses partenaires naturels, c&rsquo;est-&agrave;-dire avec les d&eacute;mocraties et donc, en particulier, avec Isra&euml;l, il faudra qu&rsquo;elle tourne la page Erdogan.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Avez-vous un lien avec les services d&rsquo;intelligence isra&eacute;liens&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est une blague&nbsp;? Ou vous &ecirc;tes s&eacute;rieux ?<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Certains, ici, se posent la question.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tCe sont les m&ecirc;mes qui envoient chez les juges des gens comme Orhan Pamuk et Elif Safak. Et ce sont les m&ecirc;mes qui ex&eacute;cutent le grand Hrant Dink sous pr&eacute;texte qu&rsquo;il serait &laquo;tra&icirc;tre &agrave; la patrie&raquo;. En Turquie comme ailleurs, il y a des cr&eacute;tins qui ne parviennent pas &agrave; concevoir qu&rsquo;il puisse exister des intellectuels libres, juste libres. J&rsquo;en suis un. Et, &agrave; ce titre, je d&eacute;fends le droit d&rsquo;Isra&euml;l &agrave; exister, mais aussi le droit des Palestiniens &agrave; un Etat. Je lutte contre l&rsquo;antis&eacute;mitisme dans mon pays, mais je fonde aussi SOS Racisme. Je me bats contre Le Pen en France, mais c&rsquo;est en Libye, au coude &agrave; coude avec les r&eacute;volutionnaires libyens, que je mets ma vie en jeu. Et je ne parle pas de mon s&eacute;jour au Bangladesh en 1971. Ni de mon amour pour l&rsquo;Afghanistan. Ni de mes ann&eacute;es pass&eacute;es au service de la Bosnie et qui viennent de me valoir le titre (dont je suis si fier&hellip;) de citoyen d&rsquo;honneur de la ville se Sarajevo. Ni de ma derni&egrave;re prise de position (que Monsieur Erdogan ignore, mais que je tiens &agrave; sa disposition) o&ugrave;, tout en ayant l&rsquo;antipathie que vous savez pour les Fr&egrave;res Musulmans, je m&rsquo;&eacute;l&egrave;ve contre le carnage que fait, en ce moment m&ecirc;me, le pouvoir militaire &eacute;gyptien.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pouvez-vous nous parler de votre engagement en Bosnie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est quatre ans de ma vie. Un livre. Deux films, dont un (Bosna&nbsp;!)&nbsp;tourn&eacute; dans les tranch&eacute;es de Sarajevo, en premi&egrave;re ligne, l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;on r&eacute;sistait &agrave; la sauvagerie des Serbes. C&rsquo;est une amiti&eacute;, celle du Pr&eacute;sident Alija Izetbegovic, ce de Gaulle bosniaque dont je r&eacute;v&egrave;re la m&eacute;moire et qui est le seul chef d&rsquo;Etat au monde au service de qui j&rsquo;aie jamais accept&eacute; de me mettre.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Qu&rsquo;est-ce qui peut &ecirc;tre fait, en Egypte, pour stopper le bain de sang?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tMenacer les militaires de couper toute aide &agrave; l&rsquo;Egypte, militaire et autre. Puis conditionner cette m&ecirc;me aide &agrave; des &eacute;lections libres, dans les meilleurs d&eacute;lais et sous contr&ocirc;le international.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Et en Syrie?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa Syrie, c&rsquo;est autre chose. Et ce sera, quoi qu&rsquo;il arrive, la honte de notre g&eacute;n&eacute;ration. Je suis horrifi&eacute; par l&rsquo;inaction de la communaut&eacute; internationale face &agrave; un massacre qui a d&eacute;j&agrave; fait plus de 100&nbsp;000 morts. Et favorable &agrave; une intervention militaire pour renverser un Assad qui a perdu toute l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; gouverner son peuple. Obama a dit, il&nbsp; y a un an presque jour pour jour, que l&rsquo;usage des armes chimiques &eacute;tait la &laquo;ligne rouge&raquo;. Nous y sommes. La ligne rouge est franchie. Et, face &agrave; ces images d&rsquo;enfants gaz&eacute;s, suffoquant, agonisant, on ne fait rien, on reste l&rsquo;arme au pied &ndash; c&rsquo;est monstrueux.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Comment &eacute;valuez-vous la politique turque en Syrie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tComme la n&ocirc;tre. Je veux dire comme celle du reste de l&rsquo;Europe. Terriblement d&eacute;cevante. On aurait pu s&rsquo;attendre &agrave; une Turquie prenant, comme en Bosnie, un certain leadership dans le combat pour la libert&eacute; et contre la barbarie. On aurait pu imaginer la puissante arm&eacute;e turque s&eacute;curisant des zones tampon, des sanctuaires, &agrave; ses fronti&egrave;res, pour les civils syriens. Or non. &Ccedil;a a failli &ecirc;tre &ccedil;a, et puis finalement non &ndash; comme si avait fini par pr&eacute;valoir la sainte alliance des dictateurs&nbsp;; comme si M. Erdogan avait pr&eacute;f&eacute;r&eacute; jouer les potentats&nbsp;at home, pers&eacute;cuter les d&eacute;mocrates et la gauche, tirer sur le peuple quand il exprime son m&eacute;contentement en manifestant, plut&ocirc;t que contribuer &agrave; sauver une nation en p&eacute;ril. Au lieu de d&eacute;lirer sur le compte d&rsquo;un intellectuel fran&ccedil;ais isol&eacute;, il ferait mieux de s&rsquo;occuper d&rsquo;Assad. L&rsquo;ennemi de la Turquie, ce n&rsquo;est pas Bernard-Henri L&eacute;vy, c&rsquo;est Assad.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le veto russe et chinois bloque le Conseil de s&eacute;curit&eacute;.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tEh bien il faut agir sans le Conseil de S&eacute;curit&eacute;. C&rsquo;est ce qu&rsquo;&eacute;tait d&eacute;cid&eacute; &agrave; faire le Pr&eacute;sident Sarkozy en Libye s&rsquo;il n&rsquo;avait pas eu l&rsquo;aval du Conseil. C&rsquo;est ce qu&rsquo;Obama, Hollande, Erdogan, les pays de la Ligue arabe devraient faire aujourd&rsquo;hui, en Syrie, pour stopper le bain de sang.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Avez-vous rencontr&eacute; M. Erdogan?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tNon. Jamais. Mais je serais heureux de le faire. A Ankara ou ailleurs. Pour discuter de tout cela. Et, aussi, pour essayer de comprendre ce que peut bien avoir dans la t&ecirc;te le dirigeant d&rsquo;un grand pays quand il dit une b&ecirc;tise comme &laquo;Isra&euml;l, &agrave; travers M. L&eacute;vy, est &agrave; l&rsquo;origine du complot qui etc.&raquo; C&rsquo;est fascinant, la b&ecirc;tise. C&rsquo;est fascinant (et inqui&eacute;tant&nbsp;!) un personnage de cette importance qui recourt &agrave; des explications aussi pu&eacute;riles pour rendre compte des &eacute;v&eacute;nements aussi consid&eacute;rables que ceux qui se produisent, en ce moment, sur les bords du Nil.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pu&eacute;ril est le mot&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tSi ce n&rsquo;est pas pu&eacute;ril, c&rsquo;est antis&eacute;mite. Encore que les deux puissent tr&egrave;s bien aller ensemble. M. Erdogan est un grand enfant qui jouait avec un ottomanisme dont les Fr&egrave;res Musulmans, en Egypte, &eacute;taient une carte ma&icirc;tresse. Soudain, le jouet s&rsquo;est cass&eacute;. Et l&agrave;, le roi tr&eacute;pigne et ressort, je vous le r&eacute;p&egrave;te, la grosse ficelle du complot juif&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Trouvez-vous qu&rsquo;Erdogan a du charisme&nbsp;? quelle sorte de leader est-il&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tIl&nbsp; a d&ucirc; avoir un certain charisme, oui, pour r&eacute;gner ainsi, pendant douze ans, sur un pays aussi charg&eacute; d&rsquo;Histoire et de culture que la Turquie. Mais il me semble qu&rsquo;il l&rsquo;a perdu. Je ne le connais pas, encore une fois. Mais je le vois, de loin, comme un dirigeant en fin de r&egrave;gne, avec des r&eacute;flexes, des affolements &nbsp;de fin de r&egrave;gne.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le voyez-vous comme un dictateur?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tIl y a eu les arrestations de journalistes et d&rsquo;intellectuels&hellip; Les d&eacute;bits de boissons ferm&eacute;s sous pr&eacute;texte de sant&eacute; publique&hellip; Les condamnations, pour blasph&egrave;me, d&rsquo;&eacute;crivains, d&rsquo;humoristes, de pianistes&hellip; La r&eacute;pression des Kurdes et des autres minorit&eacute;s&hellip; Le refus obsessionnel, presque fou, non seulement de reconna&icirc;tre mais m&ecirc;me de&nbsp;nommer&nbsp;le g&eacute;nocide arm&eacute;nien&hellip; Tout cela fait un dr&ocirc;le de cocktail. C&rsquo;est un m&eacute;lange d&rsquo;islamisme d&rsquo;Etat, de poutinisme ottomanis&eacute; et de peur panique de la modernit&eacute;. &Ccedil;a peut s&rsquo;apparenter, je crois, &agrave; une forme de dictature.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&Ecirc;tes-vous d&rsquo;accord que la Turquie devient, chaque jour, un peu plus isol&eacute;e?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tOui. Mais &agrave; qui la faute&nbsp;? Cette solitude, c&rsquo;est lui, Erdogan, qui l&rsquo;a choisie. C&rsquo;est lui qui, en tournant le dos &agrave; la modernit&eacute;, en d&eacute;tricotant le k&eacute;malisme, en s&rsquo;arc-boutant sur la question arm&eacute;nienne, a isol&eacute; la Turquie. Et cela sera sa grande faute au regard de l&rsquo;Histoire de votre pays.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Les conseillers d&rsquo;Erdogan parlent de &laquo;pr&eacute;cieuse solitude&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe l&rsquo;ignorais. Mais cela confirme ce que je vous dis. Ce mixte de nostalgie ottomane et de nationalisme born&eacute; qui provoque, en effet, un grand isolement. J&rsquo;aime la Turquie. Elle m&eacute;rite mieux.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pensez-vous que l&rsquo;Occident a laiss&eacute; tomber la Turquie, que l&rsquo;on voyait autrefois comme un exemple d&rsquo;Islam mod&eacute;r&eacute;&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;Europe a un probl&egrave;me avec la Turquie, c&rsquo;est s&ucirc;r. Mais non moins s&ucirc;r est le fait qu&rsquo;Erdogan a un probl&egrave;me avec l&rsquo;Europe et qu&rsquo;il a tout fait, depuis douze ans, absolument tout, pour lui tourner le dos et s&rsquo;en s&eacute;parer.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Oui. Et, en m&ecirc;me temps, les dirigeants occidentaux n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; trop hostiles &agrave; Erdogan.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est le paradoxe. C&rsquo;est nous, les Europ&eacute;ens, qui avons cr&eacute;&eacute;, pour Erdogan, ce concept d&rsquo;islamisme &laquo;mod&eacute;r&eacute;&raquo; cens&eacute; ressembler &ndash; en un peu plus muscl&eacute;, mais &agrave; peine&nbsp;! &ndash;&nbsp; &agrave; une d&eacute;mocratie chr&eacute;tienne &agrave; l&rsquo;italienne ou &agrave; l&rsquo;allemande. Et ce fut, on s&rsquo;en rend compte aujourd&rsquo;hui, une terrible illusion doubl&eacute;e d&rsquo;une mauvaise action. Pourquoi, alors,&nbsp;cette complaisance&nbsp;? Et pourquoi, cette erreur&nbsp;d&rsquo;analyse sur l&rsquo;islamisme d&rsquo;Erdogan&nbsp;? Il y avait l&rsquo;Otan, d&rsquo;abord, qui valait bien, aux yeux des real politiciens europ&eacute;ens,&nbsp; des accommodements avec la morale et avec la logique. Et puis il y avait les futurs tuyaux et pipe-line d&rsquo;Asie centrale dont on pensait qu&rsquo;ils nous permettraient d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; la main de Moscou sur le robinet &eacute;nerg&eacute;tique &ndash; alors, pour &ccedil;a aussi, on a ferm&eacute; pudiquement les yeux sur le pi&eacute;tinement des libert&eacute;s, sur l&rsquo;&eacute;touffement de la petite Arm&eacute;nie voisine, sur l&rsquo;expansionnisme dans les r&eacute;publiques musulmanes de l&rsquo;ex-URSS, sur le soutien sans faille ni scrupule &agrave; tous les potentats locaux&hellip; &Ccedil;a, c&rsquo;est notre responsabilit&eacute;. Je veux dire celle des Europ&eacute;ens d&rsquo;Occident. Et c&rsquo;est d&eacute;gueulasse.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&Ecirc;tes-vous, personnellement, favorable &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la Turquie en Europe&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tOui. A condition qu&rsquo;elle se mette en r&egrave;gle avec sa propre m&eacute;moire, &agrave; condition, autrement dit, qu&rsquo;elle fasse, en particulier sur le g&eacute;nocide des Arm&eacute;niens, le&nbsp; travail de deuil que les Fran&ccedil;ais et les Allemands, par exemple, ont&nbsp; fait sur leur propre pass&eacute; fasciste. Ce sera, ce jour-l&agrave;, une grande chance pour votre pays. Mais ce le sera, aussi, pour le mien &ndash; tant l&rsquo;Europe s&rsquo;enfonce dans la crise et a besoin de la croissance, du dynamisme, de la haute culture turque&nbsp;! Mais Erdogan, h&eacute;las, ne sera pas l&rsquo;homme de ce moment-l&agrave;. Il &eacute;tait l&rsquo;homme des chancelleries et de la realpolitik de l&rsquo;Occident. Il ne conviendra plus au besoin de d&eacute;mocratie qui est le vrai pr&eacute;alable &agrave; ce retour de la Turquie en Europe.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pourquoi d&icirc;tes-vous &laquo;retour&raquo;&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tParce que l&rsquo;Europe est n&eacute;e dans votre r&eacute;gion du monde. C&rsquo;est, du moins, ce que dit la langue grecque, donc la langue de l&rsquo;Europe naissante, quand elle nomme &laquo;Europe&raquo; une d&eacute;esse n&eacute;e &agrave; Tyr, en Ph&eacute;nicie, et ravie par Zeus qui lui fait traverser &laquo;le D&eacute;troit&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>C&rsquo;est un mythe&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tOui. Mais regardez, quelques milliers d&rsquo;ann&eacute;es plus tard, cette guerre &ndash; pas du tout mythique, elle, h&eacute;las &ndash; que fut la guerre de Bosnie. C&rsquo;est l&rsquo;Europe qui mourait &agrave; Sarajevo. Et ce sont les Turcs qui, &agrave; Sarajevo, &eacute;taient, avec nous, consciences libres de France et d&rsquo;Europe, au premier rang de ceux qui d&eacute;fendaient les valeurs de l&rsquo;Europe. Pour cela, rien que pour cela, pour ce moment de grandeur partag&eacute;e, j&rsquo;ai une dette vis-&agrave;-vis du peuple turc. Et une dette dont je me souviendrai jusqu&rsquo;&agrave; la&nbsp; fin de ma vie.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Comment voyez-vous les &eacute;v&eacute;nements du parc Gezi ? Les avez-vous soutenus&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tEt comment! J&rsquo;ai tout de suite salu&eacute;, et avec enthousiasme, cette insurrection pacifique de la soci&eacute;t&eacute; civile. La Turquie assistait, apparemment r&eacute;sign&eacute;e, &agrave; cette d&eacute;construction m&eacute;thodique de l&rsquo;h&eacute;ritage k&eacute;maliste et de ses conqu&ecirc;tes de civilisation. Et voil&agrave; qu&rsquo;un projet immobilier, un simple quoique pharaonique projet immobilier, a mis le feu aux poudres et pr&eacute;cipit&eacute; une r&eacute;volte qui couvait en secret mais n&rsquo;avait pas trouv&eacute;, jusque-l&agrave;, les mots pour se dire&hellip; C&rsquo;est une &eacute;trange mais belle histoire.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pensez-vous que le mouvement va se poursuivre&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tOui. Parce qu&rsquo;une r&eacute;volte comme celle-l&agrave;, c&rsquo;est comme un voile qui se d&eacute;chire. Ou un masque qui tombe. C&rsquo;est la v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;un Etat qui, apr&egrave;s douze ans d&rsquo;un pouvoir de plus en plus &eacute;touffant, &eacute;clate aux yeux de tous. C&rsquo;est le roi Erdogan qui est nu et le mythe de son islamisme souriant qui se dissout comme un mirage. Ce genre de ph&eacute;nom&egrave;ne ne s&rsquo;arr&ecirc;te jamais en chemin. Il n&rsquo;y a pas que les printemps arabes&nbsp;: il y a, il y aura, un printemps turc men&eacute; par ce m&ecirc;me peuple d&rsquo;&eacute;tudiants, d&rsquo;intellectuels, de repr&eacute;sentants des professions lib&eacute;rales, pro-europ&eacute;ens, amoureux des villes et de la d&eacute;mocratie, qui, il y a six ans, apr&egrave;s l&rsquo;assassinat du journaliste Hrant Dink, manifestaient au cri de &laquo;Nous sommes tous des Arm&eacute;niens&raquo;&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Que pensez-vous de la gauche turque?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tQui &eacute;taient les manifestants de la Place Taksim&nbsp;et ceux qui, dans les autres villes du pays, leur ont embo&icirc;t&eacute; le pas&nbsp;? C&rsquo;&eacute;taient des &eacute;cologistes mobilis&eacute;s pour sauver des arbres centenaires&hellip; Des la&iuml;ques qui savaient que leur ville abrite d&eacute;j&agrave; quelques-unes des plus belles mosqu&eacute;es du monde et qui ne voyaient pas l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;en construire une de plus&nbsp;sur ce haut lieu, non seulement de la contestation, mais du vivre-ensemble stambouliote&hellip; C&rsquo;&eacute;taient des hommes et femmes de culture, &eacute;pouvant&eacute;s de voir cette mosqu&eacute;e, doubl&eacute;e d&rsquo;un centre commercial, remplacer le Centre culturel Atat&uuml;rk qui borde le parc Gezi&nbsp;et faisait leur fiert&eacute;&hellip; C&rsquo;&eacute;taient des&nbsp; Alevis consid&eacute;rant que baptiser le futur troisi&egrave;me pont sur le Bosphore du nom de Selim 1er, le Sultan responsable des massacres qui les ont d&eacute;cim&eacute;s il y a cinq si&egrave;cles, &eacute;tait une provocation&hellip; C&rsquo;&eacute;tait des d&eacute;mocrates qui ont vu dans ce centre commercial&nbsp;etreligieux projet&eacute; par un nouveau Sultan poutinis&eacute; l&rsquo;exacte image de l&rsquo;affairisme &agrave; visage islamiste qui est au c&oelig;ur de son r&eacute;gime&hellip;Tout cela va au-del&agrave; de la gauche et de la droite&nbsp;! Vu de loin, cela me semble un mouvement bien plus &eacute;norme, qui d&eacute;borde les fronti&egrave;res politiques classiques et qui rassemble ce que votre pays a de meilleur&nbsp;! C&rsquo;est la Turquie que j&rsquo;aime. C&rsquo;est l&rsquo;Istanbul que j&rsquo;aime. C&rsquo;est un Istanbul sur lequel le monde a, de nouveau, les yeux braqu&eacute;s car il sait bien que quelque chose d&rsquo;essentiel s&rsquo;y joue &ndash; dans l&rsquo;ordre des civilisations.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R&eacute;ponse de Bernard-Henri L&eacute;vy &agrave; Recep Tayyip Erdogan BERNARD-HENRI L&Eacute;VY &nbsp; Dans une interview au quotidien turc Cumhuriyet, BHL s&rsquo;explique sur Isra&euml;l,la Turquie, la Syrie et le coup d&rsquo;Etat en Egypte. &nbsp; Pourquoi&nbsp; pensez-vous qu&rsquo;Erdogan a donn&eacute; votre nom et vous a tenu responsable du renversement de pouvoir&nbsp; en Egypte? Erdogan d&eacute;lire. 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