{"id":7637,"date":"2013-10-22T00:42:33","date_gmt":"2013-10-22T00:42:33","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7637"},"modified":"2013-10-22T01:06:11","modified_gmt":"2013-10-22T01:06:11","slug":"une-rare-incursion-chez-les-hassidim-de-montreal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/une-rare-incursion-chez-les-hassidim-de-montreal\/","title":{"rendered":"Une rare incursion chez les hassidim de Montreal"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tUne rare incursion chez les hassidim de Montreal<\/p>\n<div>\n\t\t<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCommen&ccedil;ons par un clich&eacute; qui en fera bondir certains: elles n&#39;ont pas l&#39;air malheureuses. Ces jeunes femmes hassidiques sourient beaucoup. Elles rient, elles chantent, elles dansent. Comme bien des adolescentes ou jeunes adultes qu&eacute;b&eacute;coises de leur &acirc;ge.&nbsp;Les jeunes femmes hassidiques qui t&eacute;moignent dans le documentaire sont intelligentes, &eacute;loquentes, d&eacute;termin&eacute;es, convaincues de leur foi, de leur choix de vie et des pr&eacute;ceptes de leur religion.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tMARC CASSIVI<br \/>\n\t\t\tLa Presse<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPendant plusieurs mois, Abbey Jack Neidik a suivi des jeunes femmes de la communaut&eacute; loubavitch de Montr&eacute;al. Une secte parmi les plus &laquo;progressistes&raquo; du juda&iuml;sme ultra-orthodoxe. Il les a interrog&eacute;es sur leurs motivations, leurs aspirations et leurs doutes, face au mariage, &agrave; la maternit&eacute;, &agrave; la religion.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; quel point sont-elles consid&eacute;r&eacute;es comme des citoyennes de seconde zone? a voulu savoir le cin&eacute;aste, un Juif non pratiquant fascin&eacute; par ses voisins hassidiques. &Agrave; Sainte-Agathe, dans les Laurentides, o&ugrave; a eu lieu r&eacute;cemment le premier mariage hassidique ouvert &agrave; tous (m&eacute;dias compris), il a visit&eacute; une &eacute;cole de pr&eacute;paration au mariage.<\/p>\n<p>\n\t\t\tChanie, sa directrice, une juive hassidique qui ressemble &agrave; Guylaine Tremblay, a eu 13 enfants (en plus d&#39;un gar&ccedil;on mort subitement &agrave; trois mois). &laquo;Aux gens qui disent que je ne suis qu&#39;une machine &agrave; b&eacute;b&eacute;s, je r&eacute;ponds que je suis contente que la machine marche!&raquo;, dit-elle.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans l&#39;&eacute;cole de Chanie, v&eacute;ritable boot camp hassidique pr&eacute;nuptial, des jeunes femmes apprennent &agrave; &laquo;devenir de bonnes &eacute;pouses et de bonnes m&egrave;res&raquo;. &laquo;Elles se font compl&egrave;tement laver le cerveau!&raquo;, se d&eacute;sole Rose Adelson, une r&eacute;sidante de Sainte-Agathe, juive elle aussi, mais non orthodoxe. &laquo;C&#39;est pour que leurs cerveaux soient propres!&raquo;, lui r&eacute;pond en souriant Chanie, qui reste son amie malgr&eacute; leurs divergences d&#39;opinions.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQuel est le r&ocirc;le des femmes dans la communaut&eacute;? demande le cin&eacute;aste &agrave; un rabbin montr&eacute;alais. &laquo;Le hassidisme est au fond un mouvement f&eacute;ministe, r&eacute;pond-il sans rire. Par cela, je veux dire que le foyer n&#39;est pas le lieu de la performance, mais celui de l&#39;&ecirc;tre. &Ccedil;a, c&#39;est f&eacute;minin.&raquo; Ah bon?<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans ce carcan religieux extr&ecirc;mement rigide, o&ugrave; r&egrave;gne le patriarcat, les femmes hassidiques peuvent-elles r&eacute;ellement s&#39;&eacute;manciper? Abbey Jack Neidik ne propose pas une vision ang&eacute;lique de leur situation, mais laisse la parole &agrave; ces femmes de 18, 20 ou 26 ans. Elles sont intelligentes, &eacute;loquentes, d&eacute;termin&eacute;es, convaincues de leur foi, de leur choix de vie et des pr&eacute;ceptes de leur religion.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe cin&eacute;aste suit notamment un groupe d&#39;&eacute;l&egrave;ves de Chanie dans une rencontre avec des adolescentes de la polyvalente de Sainte-Agathe. &laquo;Vous ne vous sentez pas opprim&eacute;es par la religion?&raquo;, leur demande l&#39;une d&#39;elles. &laquo;On conna&icirc;t le monde ext&eacute;rieur!&raquo;, r&eacute;pond une jeune hassidim, adepte de Facebook. &laquo;Est-ce que l&#39;homosexualit&eacute; existe dans votre religion?&raquo;, demande une autre. C&#39;est interdit, r&eacute;pond une &eacute;l&egrave;ve hassidim, qui consid&egrave;re cette pratique comme &eacute;tant &laquo;contre nature&raquo;. Non, aucune religion n&#39;a l&#39;apanage de l&#39;ignorance.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElles disent ne pas se sentir r&eacute;prim&eacute;es. M&ecirc;me si elles ont &eacute;t&eacute; s&eacute;par&eacute;es des gar&ccedil;ons &agrave; un tr&egrave;s jeune &acirc;ge et ne peuvent avoir de contact avec un homme avant le mariage (m&ecirc;me pas une poign&eacute;e de main).<\/p>\n<p>\n\t\t\tConsid&eacute;r&eacute;es comme suspectes si elles sont c&eacute;libataires apr&egrave;s 25 ans, certaines consultent des &laquo;rabbins de l&#39;amour&raquo;. &laquo;M&ecirc;me dans le monde hassidique, il y a une pression sur les femmes &agrave; propos de leur poids et leur taille&raquo;, explique une femme de 26 ans apr&egrave;s avoir rencontr&eacute; une &laquo;entremetteuse&raquo; qui propose aussi des r&eacute;gimes. On n&#39;en sort pas.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;On ne se fait pas croire que l&#39;on tombe en amour. On sait que l&#39;amour est le r&eacute;sultat de l&#39;engagement et du sacrifice. Ensuite, on s&#39;engage &agrave; se marier&raquo;, dit un rabbin montr&eacute;alais, tout en laissant entendre que la sexualit&eacute; hassidique est &laquo;transcendante&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAbbey Jack Neidik n&#39;h&eacute;site pas d&#39;ailleurs &agrave; poser des questions sur l&#39;intimit&eacute; des femmes hassidiques. Il demande &agrave; une jeune femme, mari&eacute;e apr&egrave;s deux mois et demi de fr&eacute;quentation, comment s&#39;est pass&eacute;e sa nuit de noces. &laquo;Qu&#39;est-ce que vous pensez qui est arriv&eacute;? On a pris une bouteille de vin&raquo;, dit-elle. Elle ajoute que, contrairement &agrave; la croyance populaire, les juifs hassidiques ne font pas l&#39;amour &agrave; travers un trou dans un drap. &laquo;Notre religion dicte qu&#39;un mari doit faire plaisir &agrave; sa femme, dit-elle, un sourire dans le regard. Mais il doit aussi avoir des pens&eacute;es pures. Il m&#39;a dit qu&#39;il pensait au rabbin!&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDerri&egrave;re certains de ces sourires lumineux, il y a sans doute, comme ailleurs, de la d&eacute;tresse, de l&#39;injustice, de la soumission. Plusieurs films ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;s sur l&#39;autre versant, beaucoup plus sombre, du quotidien des femmes juives hassidiques.&nbsp;Shekinah&nbsp;n&#39;est pas de ceux-l&agrave;. Mais c&#39;est un documentaire &eacute;clairant sur des gens qui, m&ecirc;me en marge, vivent parmi nous.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&gt;&nbsp;Shekinah&nbsp;sera pr&eacute;sent&eacute; les 24 et 27 octobre, &agrave; 14&nbsp;h et 20&nbsp;h, au Th&eacute;&acirc;tre Outremont, avant de prendre l&#39;affiche le 28 octobre.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une rare incursion chez les hassidim de Montreal &nbsp; Commen&ccedil;ons par un clich&eacute; qui en fera bondir certains: elles n&#39;ont pas l&#39;air malheureuses. 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