{"id":7665,"date":"2015-11-11T03:22:00","date_gmt":"2015-11-11T03:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7665"},"modified":"2015-11-11T04:08:29","modified_gmt":"2015-11-11T04:08:29","slug":"le-chabbat-chez-mes-parents-par-emile-m-tubiana","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-chabbat-chez-mes-parents-par-emile-m-tubiana\/","title":{"rendered":"Le Chabbat chez mes parents, par Emile M Tubiana"},"content":{"rendered":"<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\tLe Chabbat chez mes parents,&nbsp;par&nbsp;Emile M Tubiana&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe suis croyant a ma fa&ccedil;on pas religieux fanatique. J&#39;ai une foi inebranlable en moi et dans mon fort interieur. Je ne veux pas pr&ecirc;cher ma religion juive aux autres. Que chacun fasse sa vie a sa fa&ccedil;on. L&#39;essentiel qu&#39;il soit heureux en lui meme. La joie et l&#39;amour vont de paire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe que j&#39;essaye de d&eacute;crire ici c&#39;est surtout l&#39;atmosph&egrave;re qui entourait le Chabbat, c&#39;est le mode de vie que nos anc&ecirc;tres ont su cr&eacute;er et nous envelopper avec. Pour donner un exemple, le jeudi les femmes rendaient visite aux tombes des membres de la famille ou des amis. Elles nettoyaient les tombes et certaines y posaient des gerbes de fleurs. Certaines femmes, m&ecirc;me parmi les riches, se faisaient volontaires pour nettoyer la synagogue et allumer les kandils pour ceux qui avaient quitt&eacute; la communaut&eacute; pour le monde de la lumi&egrave;re. Personne n&#39;avait jamais profan&eacute; notre cimeti&egrave;re ou notre synagogue. Il y avait le respect r&eacute;ciproque entre toutes les communaut&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes filles apr&egrave;s leur &eacute;cole aidaient la maman &agrave; nettoyer la maison et &agrave; couper les l&eacute;gumes ou &agrave; pr&eacute;parer autres choses pour le Chabbat. Les gar&ccedil;ons apr&egrave;s l&#39;&eacute;cole allaient au cotab qui se trouvait dans l&#39;enceinte de la synagogue, pour reviser les chansons du vendredi soir et du Chabbat. Certains revisaient &quot;Echet Hayel Miyemtza Verahok&quot;, ou &quot;Yegdal Elohim Hai&quot;, d&#39;autres revisaient la paracha du Chabbat ou la Haftara etc. Toujours le jeudi ma maman, et je suis certain que toutes les femmes juives faisaient de m&ecirc;me, allumait les kandils pour Rebbi Me&iuml;r ou Rebbi Chimon Bar Yohai, ou pour d&#39;autres saints ou m&ecirc;me pour les membres de la famille d&eacute;c&eacute;d&eacute;s dans la m&ecirc;me ann&eacute;e. Le vendredi, les femmes &eacute;taient occup&eacute;es du matin jusqu&#39;au soir &agrave; pr&eacute;parer les repas du vendredi soir et du Chabbat. Le vendredi soir c&#39;&eacute;tait le couscous &agrave; la viande, les legumes, les boulettes et la Osbana puis certains plats habituels pour la journ&eacute;e du Chabbat que l&#39;on mangeait froids, comme du poisson ou du poulet roti, du ma&#39;qoud, de la maghmouma et de la slata mechouya, des tas de salades et sans oublier le pain et les g&acirc;teaux. Les filles aidaient la maman &agrave; pr&eacute;parer la maison, &agrave; faire la brakha avec des raisins secs, et &agrave; mettre la table. Papa rentrait du travail ayant avec lui les fruits et le rihan pour la priere.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe rihan c&#39;&eacute;taient des branches odorantes que les Musulmans pr&eacute;paraient tous les vendredis pour les Juifs, afin qu&#39;ils puissent faire la pri&egrave;re sur ce qui sent bon.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous les gar&ccedil;ons apr&egrave;s l&#39;&eacute;cole on se lavait et on mettait les habits du Chabbat et certains allaient &agrave; la synagogue, d&#39;autres faisaient les pri&egrave;res chez eux &agrave; la maison. Moi j&#39;allais avec papa &agrave; la synagogue. Apr&egrave;s la synagogue on rentrait &agrave; la maison tout joyeux et gais. Lorsque nous arrivions &agrave; la maison les kandils &eacute;taient allum&eacute;s, la table &eacute;tait mise, avec les deux pains faits par maman, couverts d&#39;une serviette blanche et mis au milieu de la table, &agrave; c&ocirc;t&eacute; du verre rempli de la brakha, du rihan, et du bouquet de jasmin pour la pri&egrave;re. L&#39;atmosph&egrave;re &eacute;tait sereine et solennelle. Ce qui m&#39;impressionait le plus et qui est rest&eacute; ancr&eacute; dans mon coeur, c&#39;est l&#39;atmosph&egrave;re festive que la pr&eacute;paration du Chabbat cr&eacute;ait. Je sentais la Chkhina qui enveloppait la maison. Aujourd&#39;hui je f&eacute;licite nos m&egrave;res et nos p&egrave;res, que Dieu les b&eacute;nisse, ils avaient ainsi su cr&eacute;er le respect et l&#39;amour par tout ce qu&#39;ils faisaient, sans &ecirc;tres des dipl&ocirc;m&eacute;s des grandes &eacute;coles. Ils savaient cr&eacute;er cette belle atmosph&egrave;re avec leur simplicit&eacute; et leur sens naturel de tout ce qui est sacr&eacute;.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl est &agrave; noter que ce genre de vie n&#39;est pas cr&eacute;&eacute; seulement par les Juifs tunisiens mais par tous les Juifs qui savent cr&eacute;er cette atmosph&egrave;re festive, sereine et solennelle, qu&#39;ils soient s&eacute;pharades ou ashkenazes, qu&#39;ils soient religieux ou non religieux. L&#39;essentiel c&#39;est d&#39;avoir la noblesse du c&oelig;ur et les sentiments d&#39;un &ecirc;tre humain.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Emile Tubiana<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le Chabbat chez mes parents,&nbsp;par&nbsp;Emile M Tubiana&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suis croyant a ma fa&ccedil;on pas religieux fanatique. 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