{"id":7767,"date":"2013-11-10T19:36:13","date_gmt":"2013-11-10T19:36:13","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7767"},"modified":"2013-11-10T19:39:55","modified_gmt":"2013-11-10T19:39:55","slug":"juifs-et-musulmans-les-meilleurs-ennemis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juifs-et-musulmans-les-meilleurs-ennemis\/","title":{"rendered":"Juifs et musulmans, les meilleurs ennemis"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tJuifs et musulmans, les meilleurs ennemis<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPar Youssef A&iuml;t Akdim et Laurent de Saint P&eacute;rier<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"texte\" itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\tIl suffit qu&#39;on aborde la question d&#39;Isra&euml;l, et la brouille entre les deux communaut&eacute;s semble insurmontable&#8230; Elles partagent pourtant des si&egrave;cles d&#39;histoire et de culture. Enqu&ecirc;te sur un couple d&eacute;chir&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tLe 30&nbsp;septembre, le m&eacute;morial Yad Vashem a annonc&eacute; qu&#39;un m&eacute;decin &eacute;gyptien rejoignait la liste des&nbsp;Justes parmi les nations. Mohamed Helmy et sa compagne allemande, Frieda Szturmann, ont &eacute;t&eacute; distingu&eacute;s &agrave; titre posthume pour avoir sauv&eacute; une famille juive de la d&eacute;portation, en 1941, &agrave; Berlin. Une premi&egrave;re pour un Arabe, m&ecirc;me si d&#39;autres dossiers sont en cours de traitement par Yad Vashem, dont celui de Kaddour Benghabrit, recteur de la Mosqu&eacute;e de Paris sous l&#39;Occupation, auquel un film (Les Hommes libres, d&#39;Isma&euml;l Ferroukhi, 2011) et un livre (L&#39;&Eacute;toile jaune et le Croissant, de Mohammed A&iuml;ssaoui, 2012) ont r&eacute;cemment &eacute;t&eacute; consacr&eacute;s. Quelques semaines apr&egrave;s le communiqu&eacute; de Yad Vashem, des membres de la famille de Mohamed Helmy, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1982, ont d&eacute;clar&eacute; qu&#39;ils refusaient l&#39;hommage de l&#39;institution isra&eacute;lienne. &quot;Si un autre pays avait rendu hommage &agrave; Helmy, nous en aurions &eacute;t&eacute; tr&egrave;s honor&eacute;s. Il traitait ses patients sans distinction de nationalit&eacute;, de race ou de religion&quot;, a d&eacute;clar&eacute; Mervat Hassan, une lointaine descendante. Le m&eacute;morial, par la voix d&#39;un porte-parole, a regrett&eacute; &quot;que les opinions politiques semblent occulter les consid&eacute;rations humaines, en esp&eacute;rant que ces derni&egrave;res finiront par pr&eacute;valoir&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;affaire est &eacute;loquente. Dans les relations entre juifs et musulmans, il semble bien que la seule mention d&#39;Isra&euml;l&nbsp;hypoth&egrave;que toute tentative d&#39;entente. M&ecirc;me le Maroc, pays d&#39;Afrique du Nord qui comptait la plus large communaut&eacute; de juifs au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (250 000 en 1947, sur un total de 8&nbsp;millions d&#39;habitants), est embarrass&eacute; par les relations avec l&#39;&Eacute;tat h&eacute;breu. R&eacute;cemment, deux propositions de loi ont atterri sur le bureau de la Chambre des repr&eacute;sentants, visant en des termes quasi identiques &agrave; &quot;criminaliser la normalisation avec l&#39;entit&eacute; isra&eacute;lienne&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\tLe premier texte, port&eacute; par le&nbsp;Parti de la justice et du d&eacute;veloppement (PJD, islamiste), l&#39;Istiqlal (conservateur), l&#39;Union socialiste des forces populaires (USFP, gauche)&nbsp;et le&nbsp;Parti du progr&egrave;s et du socialisme (PPS, anciennement communiste), a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; le 29&nbsp;juillet. Le second, enregistr&eacute; trois jours plus tard, est l&#39;oeuvre du&nbsp;Parti Authenticit&eacute; et Modernit&eacute; (PAM, centre gauche). R&eacute;dig&eacute;es en des termes extr&ecirc;mement vagues, les deux propositions veulent interdire toute relation commerciale, politique, culturelle, artistique et sportive entre ressortissants des deux pays. La sanction pr&eacute;vue en cas d&#39;infraction ? De deux &agrave; cinq ans de prison et des amendes allant de 100 000 &agrave; 1&nbsp;million de dirhams (de 8 870 &agrave; 88 700&nbsp;euros).<\/p>\n<p>\n\t\tUn tel boycott, fortement improbable en raison des liens &eacute;troits et historiques entre le royaume et sa diaspora juive en Isra&euml;l, emp&ecirc;cherait en th&eacute;orie les importations de produits isra&eacute;liens pour l&#39;agriculture (semences, dattes&#8230;), mettrait un terme au tourisme cultuel (qui permet depuis des d&eacute;cennies, &agrave; l&#39;occasion des hiloulot, de maintenir le lien t&eacute;nu entre les Marocains d&#39;Isra&euml;l et les saints locaux), condamnerait les rares et pr&eacute;cieux &eacute;changes culturels et universitaires et mettrait des obstacles &agrave; la participation de sportifs marocains &agrave; des &eacute;v&eacute;nements risquant de les mettre aux prises avec des Isra&eacute;liens. Dans un concert de surench&egrave;re propalestinienne, peu de voix se sont &eacute;lev&eacute;es pour souligner les cons&eacute;quences n&eacute;gatives qu&#39;aurait le passage de cette loi.<\/p>\n<p>\n\t\t&quot;Faudrait-il emprisonner tous les artistes, musiciens, chercheurs, cin&eacute;astes, juifs ou musulmans, qui commettraient les &quot;actes criminels&quot; de participer &agrave; un festival de musique andalouse, &agrave; F&egrave;s ou &agrave; Essaouira par exemple, ou d&#39;exposer, cam&eacute;ra au poing, la question isra&eacute;lo-palestinienne, comme vient de le faire l&#39;excellent Nabil Ayouch ? Faudrait-il censurer leurs oeuvres ?&quot; s&#39;indigne Fahd Yata, directeur de l&#39;hebdomadaire La Nouvelle Tribune et fils d&#39;Ali Yata, dirigeant historique du Parti communiste marocain aux c&ocirc;t&eacute;s de L&eacute;on Sultan, d&#39;Edmond Amran El&nbsp;Maleh, de Simon L&eacute;vy et d&#39;Abraham Serfaty. Au Maroc, comme en Irak ou en &Eacute;gypte, les partis communistes furent des lieux d&#39;accueil pour les juifs et les musulmans qui nourrissaient un id&eacute;al de partage et de lib&eacute;ration, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de partis nationalistes &agrave; la composition ethnique et confessionnelle plus &eacute;triqu&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Un r&ecirc;ve d&#39;unit&eacute; tu&eacute; dans l&#39;oeuf<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLe conflit isra&eacute;lo-palestinien et ses d&eacute;veloppements dans le monde arabe ont tu&eacute; dans l&#39;oeuf ce r&ecirc;ve d&#39;unit&eacute;. En Tunisie, o&ugrave; l&#39;op&eacute;ration contre des cadres de l&#39;Organisation de lib&eacute;ration de la Palestine (OLP), &agrave; Hammam Chott, en 1985, et&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2705p054-058.xml0\/\" target=\"_blank\">l&#39;assassinat d&#39;Abou Jihad<\/a>, cofondateur du Fatah, trois ans plus tard, ont contribu&eacute; &agrave; d&eacute;grader encore plus l&#39;image d&#39;Isra&euml;l, les relations avec l&#39;&quot;entit&eacute; sioniste&quot; sont taboues. De fait, certains pans de la soci&eacute;t&eacute; civile ont r&eacute;cemment relanc&eacute; la question tr&egrave;s pol&eacute;mique de l&#39;interdiction de la normalisation des relations avec Isra&euml;l. Au d&eacute;but des travaux de la Constituante, des d&eacute;put&eacute;s islamistes ont &eacute;voqu&eacute; la possibilit&eacute; d&#39;inscrire une telle disposition dans le corps m&ecirc;me de la loi fondamentale. Ils se sont r&eacute;tract&eacute;s depuis, mais des &eacute;lus de gauche ont repris le flambeau.<\/p>\n<p>\n\t\tDernier incident en date,&nbsp;le forfait du tennisman Malek Jaziri, somm&eacute; par le directeur technique national de la f&eacute;d&eacute;ration tunisienne de renoncer &agrave; son match contre l&#39;Isra&eacute;lien Amir Weintraub pr&eacute;vu le 11&nbsp;octobre. Comble de l&#39;absurde, les deux sportifs sont membres du m&ecirc;me club (l&#39;AAS Sarcelles, en France, pr&eacute;sid&eacute; par un juif tunisien) et ont m&ecirc;me jou&eacute; ensemble en double. Malek et Amir sont amis, et le second a invit&eacute; le premier &agrave; assister &agrave; son mariage en Isra&euml;l, en f&eacute;vrier prochain. R&eacute;guli&egrave;rement, des athl&egrave;tes arabes d&eacute;clarent ainsi forfait ou simulent des blessures&#8230; de peur de rencontrer des adversaires isra&eacute;liens.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>100 % juif et 100 % arabe<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tParadoxalement, l&#39;amalgame entre juda&iuml;sme et sionisme est un &eacute;cueil que certains responsables palestiniens eux-m&ecirc;mes tentent d&#39;&eacute;viter. Le 10&nbsp;juillet, apr&egrave;s que l&#39;intellectuel engag&eacute; Ilan Halevi s&#39;est &eacute;teint &agrave; Paris,&nbsp;Mahmoud Abbas, le pr&eacute;sident de l&#39;Autorit&eacute; palestinienne, a ainsi rendu un vibrant hommage &agrave; ce conseiller de Yasser Arafat que l&#39;on pr&eacute;sentait comme &quot;le juif de l&#39;OLP&quot;. D&#39;origine y&eacute;m&eacute;nite, Ilan Halevi se voyait &quot;100&nbsp;% juif et 100&nbsp;% arabe&quot;. Une telle id&eacute;e semble aujourd&#39;hui antith&eacute;tique voire absurde, alors qu&#39;en Isra&euml;l la distinction communautaire se fait pr&eacute;cis&eacute;ment entre Juifs et Arabes, et non entre juifs et musulmans, de nombreux Palestiniens &eacute;tant de confession chr&eacute;tienne.<\/p>\n<p>\n\t\tMa&icirc;tre de conf&eacute;rences en histoire contemporaine &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale sup&eacute;rieure de Lyon et sp&eacute;cialiste de l&#39;Afrique du Nord, Fr&eacute;d&eacute;ric Ab&eacute;cassis explique : &quot;Juif et arabe, on a pu l&#39;&ecirc;tre jusqu&#39;aux ann&eacute;es 1960. Mais apr&egrave;s les guerres entre Isra&euml;l et les &Eacute;tats arabes, il est devenu difficile de se r&eacute;clamer d&#39;une telle identit&eacute;. Certes, des personnages comme Chehata Haroun, c&eacute;l&egrave;bre juriste &eacute;gyptien mort au&nbsp;Caire en 2001, ou&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2603p048-049.xml0\/\" target=\"_blank\">Abraham Serfaty<\/a>, opposant &agrave; Hassan&nbsp;II disparu &agrave; Marrakech en 2010, ont revendiqu&eacute; jusqu&#39;au bout leur arabit&eacute;. Mais apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; une r&eacute;alit&eacute;, cela est devenu aujourd&#39;hui une utopie.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\tDes signes positifs existent cependant. La Constitution promulgu&eacute;e au Maroc en 2011 proclame ainsi, de mani&egrave;re in&eacute;dite, que l&#39;unit&eacute; du royaume &quot;s&#39;est enrichie de ses affluents africain, andalou, h&eacute;bra&iuml;que et m&eacute;diterran&eacute;en&quot; &#8211;&nbsp;mais on remarque ici l&#39;emploi du terme &quot;h&eacute;bra&iuml;que&quot;, &agrave; la connotation bien moins religieuse et clivante que l&#39;adjectif &quot;juif&quot;. &quot;Cette reconnaissance m&eacute;morielle existe &eacute;galement, dans une moindre mesure, en Tunisie, rappelle Fr&eacute;d&eacute;ric Ab&eacute;cassis. Mais en Alg&eacute;rie, on assiste &agrave; une volont&eacute; totalement inverse, illustr&eacute;e par la d&eacute;claration de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, en 2009, selon qui il fallait &quot;d&eacute;juda&iuml;ser la culture alg&eacute;rienne&quot;.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>R&eacute;novation des sanctuaires et cimeti&egrave;res juifs : une affaire d&#39;&Eacute;tat au Maroc<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAlors qu&#39;en terre d&#39;Islam les communaut&eacute;s juives s&#39;&eacute;teignent doucement et s&ucirc;rement, le patrimoine culturel reste le t&eacute;moignage le plus concret de la pr&eacute;sence juive&#8230; et l&#39;un des derniers domaines sur lesquels les autorit&eacute;s peuvent faire preuve d&#39;efforts de r&eacute;conciliation sans s&#39;attirer les foudres des antisionistes. Au Maroc, sa conservation est m&ecirc;me devenue une affaire d&#39;&Eacute;tat. Le roi Mohammed&nbsp;VI a ainsi pris des mesures pour que soient r&eacute;habilit&eacute;s les centaines de cimeti&egrave;res et sanctuaires juifs du royaume. En f&eacute;vrier, le Premier ministre islamiste, Abdelilah Benkirane, a assist&eacute; &agrave; la r&eacute;ouverture de la plus ancienne synagogue de F&egrave;s, tout juste restaur&eacute;e. Et en juin, son ministre de la Culture a pr&eacute;sid&eacute;, &agrave; Sal&eacute;, l&#39;inauguration, apr&egrave;s deux ans de travaux, du mausol&eacute;e du rabbin Rapha&euml;l Ankaoua, qualifi&eacute; par le repr&eacute;sentant de la communaut&eacute; juive de Rabat, David Toledano, de &quot;grande sommit&eacute; des saints du Maroc&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\tEn Tunisie, la synagogue de la Ghriba, &agrave; Djerba, est la destination annuelle de p&egrave;lerins venus de toute la r&eacute;gion. Pour la premi&egrave;re fois en 2012, le chef de l&#39;&Eacute;tat, Moncef Marzouki, y comm&eacute;morait l&#39;attentat meurtrier perp&eacute;tr&eacute; dix ans auparavant par Al-Qa&iuml;da. Un geste symbolique qui visait &agrave; rassurer, alors que les slogans antis&eacute;mites se multipliaient dans les manifestations salafistes. Pour Fr&eacute;d&eacute;ric Ab&eacute;cassis, &quot;les sites visit&eacute;s sont aussi des lieux de rencontres, peut-&ecirc;tre les ferments d&#39;une mixit&eacute; qu&#39;on ne retrouve plus qu&#39;en Occident&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\tLas, le patrimoine peut &ecirc;tre aussi pomme de discorde. Si, en Iran, le mausol&eacute;e d&#39;Esther et Mordecha&iuml; rassemble juifs et musulmans, &agrave; H&eacute;bron, en Cisjordanie, le tombeau des Patriarches, v&eacute;n&eacute;r&eacute; par les deux confessions, est devenu un enjeu g&eacute;opolitique local, justifiant pour l&#39;&Eacute;tat h&eacute;breu l&#39;occupation de cette antique cit&eacute; &agrave; forte majorit&eacute; arabe ; les heurts entre forces de s&eacute;curit&eacute; isra&eacute;liennes et shebab palestiniens se multiplient autour du sanctuaire. De m&ecirc;me, en 2003, &agrave; Casablanca, sur les cinq attentats-suicides attribu&eacute;s &agrave; Al-Qa&iuml;da, l&#39;un visait un cimeti&egrave;re juif, un autre le Cercle de l&#39;alliance isra&eacute;lite et un troisi&egrave;me une pizzeria tenue par un juif. Plus r&eacute;cemment, le 13&nbsp;janvier 2011, alors que Ben Ali s&#39;appr&ecirc;tait &agrave; fuir l&#39;embrasement de la rue tunisienne,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/actu\/20110201T133712Z20110201T133707Z\/\" target=\"_blank\">une synagogue de Gab&egrave;s &eacute;tait incendi&eacute;e<\/a>, sans que l&#39;on puisse encore savoir s&#39;il s&#39;agissait d&#39;un acte de vandalisme ou d&#39;antis&eacute;mitisme.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Des caricatures fantasm&eacute;es par les jeunes<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tDe part et d&#39;autre, recherchant l&#39;offense supr&ecirc;me, les extr&eacute;mistes ciblent les symboles les plus visibles et les plus sacr&eacute;s de l&#39;autre. L&#39;identit&eacute; du rival, juif ou musulman, est ainsi frapp&eacute;e dans les repr&eacute;sentations mat&eacute;rielles de son essence. De m&ecirc;me qu&#39;en 1985 un soldat tunisien charg&eacute; de la s&eacute;curit&eacute; de la synagogue de la Ghriba ouvrait le feu dans le sanctuaire, y faisant 5&nbsp;morts, en 1994 le colon isra&eacute;lien Baruch Goldstein mitraillait les fid&egrave;les musulmans dans le tombeau des Patriarches, tuant 29&nbsp;Palestiniens. Islamisme conqu&eacute;rant en terre musulmane, la&iuml;cit&eacute; originelle du sionisme c&eacute;dant la place &agrave; l&#39;orthodoxie religieuse en Isra&euml;l : l&#39;affirmation des id&eacute;ologies du sacr&eacute; dans la g&eacute;opolitique r&eacute;gionale semble rendre plus fragile que jamais le dialogue de deux cultures autrefois intimement li&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t\tAutre facteur d&#39;incompr&eacute;hension dans les pays musulmans, les jeunes g&eacute;n&eacute;rations ont grandi sans c&ocirc;toyer les juifs qu&#39;avaient connus leurs parents et ne se les repr&eacute;sentent souvent que par la caricature fantasm&eacute;e des colons tueurs d&#39;enfants palestiniens. Tout comme la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration des juifs immigr&eacute;s en Isra&euml;l, priv&eacute;e du souvenir des compatriotes d&#39;antan, a tendance &agrave; voir dans l&#39;Arabe un ennemi plut&ocirc;t qu&#39;un voisin. Pourtant, comme le remarque l&#39;&eacute;conomiste et intellectuel marocain Mekki Zouaoui : &quot;Je me sens plus proche d&#39;un juif marocain que d&#39;un musulman d&#39;Irak.&quot;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Ravalement de fa&ccedil;ade &agrave; Beyrouth<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tSa fa&ccedil;ade immacul&eacute;e, perc&eacute;e d&#39;arches en pierre jaune, se dresse au milieu d&#39;un terrain vague purg&eacute; des derni&egrave;res ruines laiss&eacute;es par la guerre de 1975-1990. Symbole de l&#39;une des 18 confessions reconnues par l&#39;&Eacute;tat, la synagogue Maghen-Abraham, &agrave; Beyrouth, est longtemps rest&eacute;e un vestige d&eacute;lav&eacute; au coeur du quartier en r&eacute;fection de Wadi Abou Jmil. Mais en 2009, des fonds pourvus par les juifs du Liban, par la diaspora et par la soci&eacute;t&eacute; Solidere, charg&eacute;e de la reconstruction du centre-ville, ont permis de lui rendre sa splendeur d&#39;antan. Le sanctuaire pourra bient&ocirc;t &ecirc;tre restitu&eacute; au culte, au grand bonheur de la petite centaine de juifs demeur&eacute;s au pays. Ils &eacute;taient 10 000 dans les ann&eacute;es 1940, mais la cr&eacute;ation d&#39;Isra&euml;l, les guerres isra&eacute;lo-arabes et, surtout, l&#39;invasion du Liban par Tsahal en 1982 sont pass&eacute;es par l&agrave;. La plupart ont &eacute;migr&eacute; vers J&eacute;rusalem. Un de leurs repr&eacute;sentants les plus c&eacute;l&egrave;bres, le banquier Joseph Safra, &eacute;tabli au Br&eacute;sil, est class&eacute; par le magazine Forbes deuxi&egrave;me Arabe le plus riche de la plan&egrave;te.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\t<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2755p028.xml0\/#ixzz2kGx6Di7q\">Enqu&ecirc;te | Juifs et musulmans, les meilleurs ennemis | Jeuneafrique.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juifs et musulmans, les meilleurs ennemis &nbsp; Par Youssef A&iuml;t Akdim et Laurent de Saint P&eacute;rier &nbsp; Il suffit qu&#39;on aborde la question d&#39;Isra&euml;l, et la brouille entre les deux communaut&eacute;s semble insurmontable&#8230; Elles partagent pourtant des si&egrave;cles d&#39;histoire et de culture. Enqu&ecirc;te sur un couple d&eacute;chir&eacute;. 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