{"id":777,"date":"2016-08-03T00:52:18","date_gmt":"2016-08-03T00:52:18","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=777"},"modified":"2016-08-03T00:38:20","modified_gmt":"2016-08-03T00:38:20","slug":"bourguiba-et-le-theatre-le-comedien-supreme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/bourguiba-et-le-theatre-le-comedien-supreme\/","title":{"rendered":"Bourguiba et le th\u00e9\u00e2tre : Le \u201cCom\u00e9dien supr\u00eame\u201d"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<font class=\"text1\"><font color=\"#990000\" size=\"+1\"><b>Bourguiba et le th&eacute;&acirc;tre : Le &ldquo;Com&eacute;dien supr&ecirc;me&rdquo;<\/b><br \/>\n\t&nbsp;<\/font><br \/>\n\t<font class=\"text1\"><b>L&rsquo;ancien pr&eacute;sident Habib Bourguiba (3 ao&ucirc;t 1901 -6 avril 2000) &eacute;tait un grand amateur de th&eacute;&acirc;tre. Il avait en effet t&acirc;t&eacute; de la sc&egrave;ne durant sa jeunesse. Une fois arriv&eacute; &agrave; la plus haute charge de l&rsquo;Etat, il a fait beaucoup pour aider les hommes de th&eacute;&acirc;tre et promouvoir le Quatri&egrave;me art. L&rsquo;&eacute;crivain et historien Moncef Charfeddine revient ici sur Bourguiba com&eacute;dien et amateur de th&eacute;&acirc;tre&hellip;<\/b><\/p>\n<p>\tHabib Bourguiba avait un fr&egrave;re a&icirc;n&eacute;, Mohamed. N&eacute; avec le protectorat fran&ccedil;ais, ce dernier &eacute;tait aide-infirmier &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Aziza Othmana, appel&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;poque Sadiki. Ouvert, progressiste, ayant m&ecirc;me sympathis&eacute; avec le Parti communiste, ce dernier n&rsquo;h&eacute;sitait pas &agrave; proclamer son la&iuml;cisme. Assez original pour l&rsquo;&eacute;poque, Mohamed &eacute;tait mari&eacute; &agrave; une infirmi&egrave;re italienne. Il &eacute;tait &eacute;galement fou de th&eacute;&acirc;tre. Il a d&rsquo;ailleurs fond&eacute; et dirig&eacute; plusieurs troupes &agrave; Tunis, dont Ennejma et Echahama, mais aussi au Kef o&ugrave; il a aussi offici&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital local, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1920.<\/p>\n<p>\t<b>Dans les bras de Habiba Msika<\/b><\/p>\n<p>\tHabib n&rsquo;avait pas dix ans lorsqu&rsquo;il a commenc&eacute; &agrave; suivre assid&ucirc;ment les spectacles de son fr&egrave;re et &agrave; rougir &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e en sc&egrave;ne des vedettes f&eacute;minines de l&rsquo;&eacute;poque comme Maherzia et Nesria. Il a d&rsquo;ailleurs lui-m&ecirc;me r&eacute;p&eacute;t&eacute; sous la direction de son fr&egrave;re une pi&egrave;ce intitul&eacute;e &ldquo;La Patrie&rdquo;, de Victorien Sardou, mise en sc&egrave;ne en arabe sous le titre &ldquo;Martyrs de la libert&eacute;&rdquo;, qui fut cependant interdite par les autorit&eacute;s du protectorat.<\/p>\n<p>\tEl&egrave;ve &agrave; Sadiki, le jeune Habib n&rsquo;h&eacute;sitait pas &agrave; s&eacute;cher parfois les cours pour aller voir (et revoir), au Th&eacute;&acirc;tre Municipal de Tunis, la brune et pulpeuse actrice de confession juive Habiba Msika dans une grande pi&egrave;ce &agrave; succ&egrave;s de l&rsquo;&eacute;poque &ldquo;L&rsquo;Aiglon&rdquo;.<\/p>\n<p>\tPendant ses vacances d&rsquo;&eacute;t&eacute;, il rentrait chez lui &agrave; Monastir. Un jour, il d&eacute;cida de monter, en arabe, dans son village natal, la pi&egrave;ce de Victor Hugo &ldquo;Lucr&egrave;ce Borgia&rdquo; et d&rsquo;y donner lui-m&ecirc;me la r&eacute;plique, dans le r&ocirc;le de Brug Gennario, fils naturel de Lucr&egrave;ce, &agrave; Habiba Msika. &ldquo;Avant d&rsquo;entrer en sc&egrave;ne, racontera-t-il plus tard, j&rsquo;ai exig&eacute; qu&rsquo;elle m&rsquo;embrass&acirc;t non pas maternellement sur le front&hellip; mais amoureusement&rdquo;. &ldquo;\u0622l-Aqal, ndabbar boussa !&rdquo; (&ldquo;Au moins, un baiser de gagn&eacute; !&rdquo;), dira-t-il en s&rsquo;amusant &agrave; ses camarades. Les premiers pas de Bourguiba sur les planches ont beaucoup contribu&eacute; &agrave; lui donner de l&rsquo;assurance. L&rsquo;adolescent y a, en tout cas, d&eacute;couvert la magie de la parole, le pouvoir du silence, l&rsquo;importance du geste, d&rsquo;une inflexion de voix et de l&rsquo;&eacute;motion sur le visage, armes dont il se servira, bien des ann&eacute;es plus tard, lorsqu&rsquo;il entrera en politique.<\/p>\n<p>\tCet int&eacute;r&ecirc;t de Bourguiba pour le th&eacute;&acirc;tre n&rsquo;a jamais faibli. Etudiant &agrave; la Facult&eacute; de droit de Paris, &agrave; la fin des ann&eacute;es 1920, le Monastirien s&rsquo;arrangeait pour assister &agrave; certaines repr&eacute;sentations th&eacute;&acirc;trales, autant que son maigre argent de poche de l&rsquo;&eacute;poque le lui permettait. &ldquo;A Tunis, aux plus forts moments de la lutte nationale, celui qui &eacute;tait devenu le leader du N&eacute;o-Destour et du mouvement national tunisien aimait aussi fr&eacute;quenter les hommes de la sc&egrave;ne comme Hassen Zmerli, Hamda Ben Tijani ou autres Mohamed Lahbib&rdquo;, raconte Moncef Charfeddine. Qui ajoute : &ldquo;Il leur a gard&eacute; une si grande affection qu&rsquo;au lendemain de l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays, lorsqu&rsquo;il &eacute;tait devenu pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, il s&rsquo;est arrang&eacute; pour leur venir en aide. Les plus pauvres d&rsquo;entre eux ont m&ecirc;me eu droit &agrave; des pensions&rdquo;. De m&ecirc;me, le Th&eacute;&acirc;tre Municipal de Tunis, qui fut longtemps r&eacute;serv&eacute; aux repr&eacute;sentations des troupes fran&ccedil;aises en tourn&eacute;e en Tunisie, leur fut enfin ouvert. Ils purent ainsi rattraper le temps perdu.<\/p>\n<p>\tMieux: le 7 novembre 1962, le pr&eacute;sident de la jeune R&eacute;publique Tunisienne a prononc&eacute; dans le hall de la radio tunisienne un discours presque enti&egrave;rement consacr&eacute; au th&eacute;&acirc;tre. Il a annonc&eacute; l&rsquo;organisation, chaque ann&eacute;e, &agrave; la m&ecirc;me p&eacute;riode, d&rsquo;une &ldquo;Semaine du th&eacute;&acirc;tre tunisien&rdquo;.<\/p>\n<p>\tCette manifestation &eacute;tait organis&eacute;e r&eacute;guli&egrave;rement jusqu&rsquo;&agrave; la destitution de celui que ses compatriotes aimaient appeler le &ldquo;Com&eacute;dien supr&ecirc;me&rdquo; &ndash; d&eacute;licieuse d&eacute;formation de son pompeux titre officiel &ldquo;Combattant supr&ecirc;me&rdquo; &ndash;, vingt-cinq ann&eacute;es plus tard, jour pour jour, un certain&hellip; 7 novembre 1987. Elle permettait aux troupes de th&eacute;&acirc;tre nationales, r&eacute;gionales et universitaires de pr&eacute;senter leurs derni&egrave;res cr&eacute;ations et de concourir pour un certain nombre de prix.<\/p>\n<p>\t<b>Au &ldquo;Petit Th&eacute;&acirc;tre&rdquo; du Palais de Carthage<\/b><\/p>\n<p>\tMalgr&eacute; l&rsquo;importance de ses charges &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Etat, Bourguiba trouvait le temps d&rsquo;assister &agrave; certaines repr&eacute;sentations th&eacute;&acirc;trales. Il a ainsi vu, entre autres cr&eacute;ations, &ldquo;Mourad III&rdquo; de Habib Boular&egrave;s et &ldquo;Caligula&rdquo; d&rsquo;Albert Camus, toutes deux mises en sc&egrave;ne par feu Aly Ben Ayed. Il avait aussi am&eacute;nag&eacute;, au Palais de Carthage, un petit th&eacute;&acirc;tre o&ugrave; des troupes &eacute;taient invit&eacute;es &agrave; se produire. Il assistait lui-m&ecirc;me &agrave; ces repr&eacute;sentations, souvent accompagn&eacute; de son &eacute;pouse Wassila et de quelques-uns de ses proches collaborateurs. &laquo; J&rsquo;ai eu moi-m&ecirc;me l&rsquo;honneur de voir l&rsquo;une de mes pi&egrave;ces, &lsquo;&lsquo;L&rsquo;homme qui tint bon&rsquo;&rsquo;, &eacute;crite en collaboration avec Slaheddine Belhaouane, pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Carthage devant l&rsquo;ex-pr&eacute;sident, qui ne nous a pas d&rsquo;ailleurs m&eacute;nag&eacute; ses f&eacute;licitations&raquo;, se souvient Moncef Charfeddine.<\/p>\n<p>\tUne autre fois, l&rsquo;ancien directeur du service th&eacute;&acirc;tre au minist&egrave;re de la Culture a assist&eacute;, aux c&ocirc;t&eacute;s du Pr&eacute;sident Bourguiba, &agrave; l&rsquo;ouverture du Festival de Th&eacute;&acirc;tre de Sfax. La troupe du Progr&egrave;s th&eacute;&acirc;tral de la capitale du Sud avait alors pr&eacute;sent&eacute; une adaptation en arabe de la pi&egrave;ce d&rsquo;Eug&egrave;ne Labiche, &ldquo;Les vivacit&eacute;s du capitaine Tic&rdquo;. &ldquo;A l&rsquo;issue du spectacle, le pr&eacute;sident a invit&eacute; tous les membres de la troupe &agrave; sa table. Au cours du d&icirc;ner, il a donn&eacute; son point de vue sur la pi&egrave;ce, n&rsquo;h&eacute;sitant pas &agrave; adresser au metteur en sc&egrave;ne et aux acteurs des critiques fort justifi&eacute;es et qui d&eacute;notaient une bonne connaissance de l&rsquo;art de la sc&egrave;ne&rdquo;.&nbsp;<\/font><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bourguiba et le th&eacute;&acirc;tre : Le &ldquo;Com&eacute;dien supr&ecirc;me&rdquo; &nbsp; L&rsquo;ancien pr&eacute;sident Habib Bourguiba (3 ao&ucirc;t 1901 -6 avril 2000) &eacute;tait un grand amateur de th&eacute;&acirc;tre. 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