{"id":7773,"date":"2013-11-11T23:38:02","date_gmt":"2013-11-11T23:38:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7773"},"modified":"2013-11-11T23:38:02","modified_gmt":"2013-11-11T23:38:02","slug":"la-famille-sinclair-veut-recuperer-son-matisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-famille-sinclair-veut-recuperer-son-matisse\/","title":{"rendered":"La famille Sinclair veut r\u00e9cup\u00e9rer son Matisse"},"content":{"rendered":"<div id=\"article-header\" style=\"font-size: 12px;\">\n<p>\n\t\tLa famille Sinclair veut r&eacute;cup&eacute;rer son Matisse<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tParmi les 1.406 &oelig;uvres retrouv&eacute;es &agrave; Munich, la&nbsp;Femme assise&nbsp;appartenait au grand-p&egrave;re d&rsquo;Anne Sinclair. La toile avait disparu depuis la guerre.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"article-body\" itemprop=\"articleBody\" style=\"font-size: 12px;\">\n<div id=\"article-content\">\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est une femme assise. Une femme qui attend, impassible. Les genoux crois&eacute;s, une mantille couvrant ses cheveux, un &eacute;ventail &agrave; la main&hellip; Combien d&rsquo;ann&eacute;es, Henriette Darricarr&egrave;re, la&nbsp;Femme assise&nbsp;de Matisse, a-t-elle patient&eacute; dans l&rsquo;appartement munichois jonch&eacute; d&rsquo;ordures de Cornelius Gurlitt? L&rsquo;octog&eacute;naire, inconnu de tous les registres administratifs, recelait les tr&eacute;sors de son p&egrave;re, Hildebrandt Gurlitt, marchand d&rsquo;art allemand, qui s&rsquo;&eacute;tait fait une sp&eacute;cialit&eacute; avant et apr&egrave;s la guerre dans le commerce de biens vol&eacute;s aux juifs. Chez Gurlitt, quasiment par hasard l&rsquo;an dernier, les enqu&ecirc;teurs ont mis la main sur 1.406 oeuvres (tableaux, dessins, croquis&hellip;) : des Picasso, Renoir, Courbet, Chagall, Klee, Otto Dix&hellip; L&rsquo;affaire a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e lundi par l&rsquo;hebdomadaire allemandFocus. L&rsquo;information a fait le tour de la plan&egrave;te.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe portrait d&rsquo;Henriette Darricarr&egrave;re, l&rsquo;une des pi&egrave;ces ma&icirc;tresses du butin de Gurlitt, appartient &agrave; la famille d&rsquo;Anne Sinclair. &quot;Nous avons deux photographies de ce tableau, explique Wanda de Gu&eacute;briant, directrice des archives Matisse, l&rsquo;une d&rsquo;elles provient d&rsquo;une exposition avant-guerre du galeriste Georges Petit. Elle appara&icirc;t dans le catalogue au nom de Rosenberg.&quot; Paul Rosenberg &eacute;tait le grand-p&egrave;re maternel de l&rsquo;actuelle directrice &eacute;ditoriale du&nbsp;Huffington Post. Galeriste, marchand d&rsquo;art parisien, il a particip&eacute; &agrave; la d&eacute;couverte de plusieurs grands peintres dont Braque, Picasso et Matisse. Dans un livre*, Anne Sinclair raconte les liens qui unissaient son grand-p&egrave;re et le ma&icirc;tre du fauvisme : &quot;le 16 juillet 1939 Matisse et Paul Rosenberg ont renouvel&eacute; le contrat qui les liait depuis 1936 [&hellip;] Cette m&ecirc;me ann&eacute;e [1940] pendant la dr&ocirc;le de guerre, Paul se rendit &agrave; Nice pour voir Matisse dans son atelier avec des toiles sous le bras, manifestement ravi de sa visite, [&hellip;] il lui &eacute;crivit. &#39;Je vous ai trouv&eacute; dans un &eacute;tat superbe [&hellip;] j&rsquo;irai la semaine prochaine &agrave; Paris et je vais rouvrir la galerie en exposant cinq nouveaux Matisse, cinq Braque, cinq Picasso. Quelle belle r&eacute;ouverture!&#39;&quot;. Paul Rosenberg ne rouvrira pas sa galerie du 21, rue La Bo&eacute;tie, dans le 8e arrondissement de Paris. Cette lettre est envoy&eacute;e de Floirac, dans la r&eacute;gion bordelaise, o&ugrave; s&rsquo;est r&eacute;fugi&eacute;e la famille au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 1940. Le collectionneur et sa famille quittent Bordeaux pour Lisbonne et trouvent enfin refuge &agrave; New York, aux &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; Paul Rosenberg a d&eacute;j&agrave; exp&eacute;di&eacute; une partie de ses collections. Une partie seulement.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;Gurlitt &eacute;tait un grand recycleur&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tUne centaine de tableaux sont d&eacute;pos&eacute;s dans un coffre de la banque de Libourne, d&rsquo;autres seraient rest&eacute;s cach&eacute;s &agrave; Floirac. En Gironde, un ami est charg&eacute; de veiller sur ses biens. La mission est d&eacute;licate. Les Allemands finissent par s&rsquo;emparer de l&rsquo;ensemble des oeuvres. La plupart des tableaux vol&eacute;s aux Rosenberg sont vraisemblablement regroup&eacute;s &agrave; Paris au mus&eacute;e du Jeu de Paume. C&rsquo;est l&agrave; que s&rsquo;est install&eacute;e l&rsquo;unit&eacute; d&rsquo;intervention charg&eacute;e du pillage des biens juifs. Selon &Eacute;lizabeth Royer, galeriste, l&rsquo;une des sp&eacute;cialistes de cette p&eacute;riode, Hildebrandt Gurlitt fr&eacute;quentait les lieux. &quot;C&rsquo;&eacute;tait un grand recycleur. Il travaillait pour les nazis, explique-t- elle, comme il &eacute;tait &agrave; moiti&eacute; juif, il a r&eacute;ussi ensuite &agrave; duper les Am&eacute;ricains en r&eacute;clamant dans les ann&eacute;es 1950 des oeuvres dont il a pr&eacute;tendu avoir &eacute;t&eacute; spoli&eacute;.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s la Lib&eacute;ration, Paul Rosenberg est rentr&eacute; en France et a retrouv&eacute; la plus grande partie de ses biens. Sur plus de 200 toiles vol&eacute;es, entre 10 et 20 manqueraient encore. Anne Sinclair, discr&egrave;te, est l&rsquo;une des derni&egrave;res h&eacute;riti&egrave;res. En 1999, Catherine Trautmann, ministre de la Culture, lui a remis au nom de l&rsquo;&Eacute;tat fran&ccedil;ais un Monet (de la s&eacute;rie des&nbsp;Nymph&eacute;as) qui &eacute;tait accroch&eacute; au mus&eacute;e de Caen&hellip; Selon la presse anglaise, un avocat de la famille Rosenberg aurait &eacute;crit d&egrave;s cette semaine &agrave; l&rsquo;Allemagne pour r&eacute;clamer&nbsp;la Femme assise. &quot;Anne Sinclair vient d&rsquo;apprendre la nouvelle par la presse&quot;, se contente de d&eacute;clarer un de ses proches.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<literal><\/literal><\/p>\n<literal>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/literal>\n<p>\n\t\t\tLa jeune danseuse, rencontr&eacute;e par Matisse aux studios de cin&eacute;ma de la Victorine, &agrave; Nice, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1920, avait s&eacute;duit le peintre. Il l&rsquo;aurait immortalis&eacute;e avec son &eacute;ventail et sa mantille en 1924. Sur la toile retrouv&eacute;e, elle semble occuper tout l&rsquo;espace de la pi&egrave;ce. Le paravent, les motifs du corsage, ceux de la tapisserie &eacute;voquent les univers des c&eacute;l&egrave;bres odalisques du peintre. Quel chemin Henriette at-elle parcouru depuis que Matisse l&rsquo;a offerte &agrave; Paul Rosenberg? A-t-elle connu Floirac ? Le 21 rue La Bo&eacute;tie?<\/p>\n<p>\n\t\t\t* 21 rue La Bo&eacute;tie,&nbsp;Grasset.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"article-author\">\n<p>\n\t\t\tMarie-Christine Tabet &#8211; Le Journal du Dimanche<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La famille Sinclair veut r&eacute;cup&eacute;rer son Matisse &nbsp; &nbsp; Parmi les 1.406 &oelig;uvres retrouv&eacute;es &agrave; Munich, la&nbsp;Femme assise&nbsp;appartenait au grand-p&egrave;re d&rsquo;Anne Sinclair. La toile avait disparu depuis la guerre. C&rsquo;est une femme assise. Une femme qui attend, impassible. 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