{"id":779,"date":"2013-10-16T22:08:12","date_gmt":"2013-10-16T22:08:12","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=779"},"modified":"2013-10-17T04:54:22","modified_gmt":"2013-10-17T04:54:22","slug":"gainsbourg-etc-par-paula-haddad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/gainsbourg-etc-par-paula-haddad\/","title":{"rendered":"Gainsbourg etc&#8230; &#8211; Par PAULA HADDAD"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tGainsbourg etc&#8230; &#8211; Par PAULA HADDAD&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tGainsbourg etc&#8230; &#8211; Par PAULA HADDAD&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t&#39;Ce ne sont pas les v&eacute;rit&eacute;s de Gainsbourg qui m&#39;int&eacute;ressent, mais ses mensonges.&quot; C&#39;est ce qu&#39;on appelle une approche ambitieuse d&#39;une biographie, quand d&#39;autres s&#39;en tiennent &agrave; l&#39;illustration d&#39;une vie. On n&#39;en attendait pas moins du cr&eacute;atif Joann Sfar, dessinateur &agrave; succ&egrave;s du Chat du Rabbin, auteur de plus de cent cinquante bandes dessin&eacute;es.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Serge Gainsbourg.<\/strong><\/p>\n<p>\t\tGainsbourg, un de ses ma&icirc;tres depuis l&#39;enfance, Sfar le conna&icirc;t par c&oelig;ur. Il grandit &agrave; Nice avec l&#39;int&eacute;grale de son &oelig;uvre, qu&#39;il &eacute;coute en dessinant ses premiers croquis. Pourtant, Sfar a choisi &quot;d&#39;oublier&quot; pour reconstruire &quot;son&quot; Gainsbourg. D&#39;o&ugrave; le terme de conte, qui, au-del&agrave; de la chronologique des faits, permet la &quot;recr&eacute;ation&quot; d&#39;&eacute;v&eacute;nements de la vie du compositeur. Tout commence sous l&#39;Occupation, l&agrave; o&ugrave; celui qui s&#39;appelle encore Lucien d&eacute;couvre sa juda&iuml;t&eacute; avec le port de l&#39;&eacute;toile jaune. Issu d&#39;une famille juive russe, &eacute;migr&eacute;e en France, il consacrera un album &agrave; son histoire de petit gar&ccedil;on juif victime du nazisme dans Rock around the Bunker (1975). Ce rapport &agrave; l&#39;antis&eacute;mitisme, Sfar en fait un des fils conducteurs de son film. Le r&eacute;alisateur dit &quot;&ecirc;tre parti du fait que la pr&eacute;tendue laideur de Gainsbourg est un h&eacute;ritage des caricatures raciales des ann&eacute;es 1940, puisqu&#39;il n&#39;a jamais eu de difficult&eacute;s &agrave; s&eacute;duire&quot;.<\/p>\n<p>\t\tAinsi, une &quot;cr&eacute;ature&quot; suit l&#39;acteur qui joue Gainsbourg, d&#39;abord sous forme de caricature inspir&eacute;e de l&#39;exposition antis&eacute;mite Le Juif et la France, puis &agrave; travers son alter-ego, sa &quot;Gueule&quot; aux traits hypertrophi&eacute;s. Le r&eacute;alisateur a fait appel &agrave; l&#39;acteur Doug Jones pour porter le masque de cette &quot;Gueule&quot;, m&ecirc;me si le proc&eacute;d&eacute; s&#39;av&egrave;re parfois r&eacute;p&eacute;titif. Autre &eacute;pisode peu connu de la vie de Gainsbourg, son travail, dans les ann&eacute;es 1950, d&#39;&eacute;ducateur dans une maison pour orphelins de la Shoah. Sfar a choisi de restituer cette exp&eacute;rience car ces enfants, que Gainsbourg initie &agrave; la peinture et &agrave; la musique, constituent son premier public. Avant d&#39;entrer dans cet &eacute;tablissement, il se nomme Lucien, &agrave; la sortie, il s&#39;appelle Serge, peut-&ecirc;tre en hommage &agrave; Serge Pludermacher, directeur de l&#39;orphelinat qui l&#39;a aid&eacute; &agrave; trouver sa voie artistiquement.<\/p>\n<p>\t\t<strong>L&#39;histoire d&#39;un peintre rat&eacute;<\/strong><\/p>\n<p>\t\tBeaucoup de stars fran&ccedil;aises se sont bouscul&eacute;es au portillon pour incarner Gainsbourg, m&ecirc;me si l&#39;on imaginait mal une c&eacute;l&eacute;brit&eacute; prendre ses traits. Finalement, c&#39;est un acteur encore peu connu du grand public qui a emport&eacute; la mise. Eric Elmosnino, quarante-cinq ans, est confondant de ressemblance physique, et de subtilit&eacute; dans son interpr&eacute;tation, &agrave; un geste pr&egrave;s, un sourcil relev&eacute; et un doigt point&eacute; en l&#39;air. Sur le plateau, le verbe &quot;imiter&quot; &eacute;tait banni du vocabulaire. Et c&#39;est r&eacute;ussi. M&ecirc;me si l&#39;on pourra toujours reprocher &agrave; un acteur d&#39;en faire trop dans ce type de d&eacute;fi. Par ailleurs, Joann Sfar a demand&eacute; &agrave; ses com&eacute;diens de chanter eux-m&ecirc;mes leurs chansons sur la bande originale, pour &eacute;viter de sortir une &eacute;ni&egrave;me compilation. Car, &eacute;videmment, le film retrace l&#39;immense carri&egrave;re musicale de Gainsbourg o&ugrave; son g&eacute;nie trouve sa mesure.<\/p>\n<p>\t\tLe jeune Lucien s&#39;initie &agrave; la musique avec son p&egrave;re, qui lui apprend le piano classique. Durant les y&eacute;-y&eacute;, Gainsbourg conna&icirc;t ses premiers succ&egrave;s &agrave; travers d&#39;autres dont France Gall, avant d&#39;&eacute;crire des dizaines de chansons sublimes, grav&eacute;es dans la m&eacute;moire collective. Or, Gainsbourg le musicien n&#39;aurait probablement pas exist&eacute; sans le peintre rat&eacute;, qui par d&eacute;pit, d&eacute;truit ses &oelig;uvres. Sfar dit de Gainsbourg &quot;aimer l&#39;id&eacute;e qu&#39;il ait voulu dessiner et qu&#39;il n&#39;y soit pas parvenu, qu&#39;il ait &eacute;t&eacute; en recherche d&#39;amour et de l&eacute;gitimit&eacute; vis-&agrave;-vis de la France, comme je l&#39;&eacute;tais moi, avec ma famille mi-russe, mi-alg&eacute;rienne&quot;. Pour le film, le r&eacute;alisateur s&#39;est autoris&eacute; &agrave; dessiner les &oelig;uvres qu&#39;aurait cr&eacute;&eacute;es Gainsbourg, certains dessins &eacute;voquent Klezmer, sa bande dessin&eacute;e sur des musiciens d&#39;Europe de l&#39;Est. La peinture restera pour Gainsbourg l&#39;abandon d&#39;une passion, il ne laisse intactes que quelques toiles offertes &agrave; ses parents. On se souvient de sa phrase en 1986, dans l&#39;&eacute;mission Apostrophes, o&ugrave; il affirme face &agrave; Guy B&eacute;art, que la chanson est un genre mineur compar&eacute; &agrave; la peinture.<\/p>\n<p>\t\tLes femmes de sa vie<\/p>\n<p>\t\tPourtant, c&#39;est bien la chanson que Gainsbourg &eacute;l&egrave;ve en &quot;art majeur&quot;. Il devient un auteur-compositeur sollicit&eacute; qui &eacute;crit pour lui et de nombreux artistes, en particulier des femmes. Le film fait d&eacute;filer une partie de ses interpr&egrave;tes et compagnes, Brigitte Bardot (sous les traits de Laetitia Casta), Jane Birkin (Lucy Gordon) et Bambou (Myl&egrave;ne Jampano&iuml;). De cette vie intime, le public conna&icirc;t Lulu, &acirc;g&eacute; aujourd&#39;hui de vingt-quatre ans, et bien s&ucirc;r Charlotte, &quot;l&#39;exquise esquisse&quot;. Or, dans les ann&eacute;es 1950, Gainsbourg a eu deux enfants, Natacha et Paul, de sa deuxi&egrave;me femme B&eacute;atrice. Sfar les montre dans une sc&egrave;ne en compagnie de leur p&egrave;re, &quot;car un homme de quarante ans avec ou sans enfants n&#39;est pas le m&ecirc;me&quot; pr&eacute;cise-t-il. Une mani&egrave;re int&eacute;ressante d&#39;&eacute;clairer une histoire dont on cro&icirc;t tout conna&icirc;tre. Nul ne sait si Gainsbourg aurait aim&eacute; son biopic, mais peut-&ecirc;tre aurait-il dit selon son expression : &quot;Pas d&eacute;gueu&quot; !<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Gainsbourg etc&#8230; &#8211; Par PAULA HADDAD&nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,22,113,311,1],"tags":[],"class_list":["post-779","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-france","category-musique","category-nice","category-serge-gainsbourg","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=779"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/779\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}