{"id":7839,"date":"2013-11-22T00:05:17","date_gmt":"2013-11-22T00:05:17","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7839"},"modified":"2013-11-22T05:05:29","modified_gmt":"2013-11-22T05:05:29","slug":"bourguiba-tel-que-je-lai-connu-la-transition-bourguiba-ben-ali-par-dr-amor-chadli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/bourguiba-tel-que-je-lai-connu-la-transition-bourguiba-ben-ali-par-dr-amor-chadli\/","title":{"rendered":"Bourguiba tel que je l\u2019ai connu : la transition Bourguiba &#8211; Ben Ali, par Dr Amor Chadli"},"content":{"rendered":"<p>\n\tBourguiba tel que je l&rsquo;ai connu : la transition Bourguiba-Ben Ali Dr Amor Chadli<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tLa destitution<\/p>\n<p>\n\tQuelle incertitude et quelle obscurit&eacute; la succession des temps ne doit-elle pas r&eacute;pandre sur l&rsquo;Histoire puisque dans les faits r&eacute;cents et qui se sont pass&eacute;s presque sous nos yeux, le faux prend la place du vrai.<br \/>\n\tPlutarque-Le banquet des sept sages<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSamedi 7 novembre 1987. Il est 5 heures du matin. Le t&eacute;l&eacute;phone, sur ma table de nuit, me r&eacute;veille en sursaut. C&rsquo;est un confr&egrave;re de la facult&eacute; de m&eacute;decine, le professeur Abdelaziz Ghachem, qui m&rsquo;apprend que Mohamed Sayah a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; au cours de la nuit. Bien qu&rsquo;encore ensommeill&eacute;, m&rsquo;&eacute;tant couch&eacute; apr&egrave;s minuit, je m&rsquo;interroge sur les raisons qui ont pu conduire &agrave; l&rsquo;arrestation d&rsquo;un ministre d&rsquo;&eacute;tat1, historiographe du Pr&eacute;sident&nbsp;Bourguiba, qui lui a toujours manifest&eacute; son attachement et qui, cinq jours auparavant, d&eacute;jeunait &agrave; sa table. Devant l&rsquo;invraisemblance de cette nouvelle, plusieurs hypoth&egrave;ses se bousculent dans mon esprit. Je sais que Mohamed Sayah avait s&eacute;journ&eacute; du 2 au 4 novembre 1987 &agrave; Paris o&ugrave; se trouvait Wassila Ben Ammar, ex-femme du Pr&eacute;sident2. L&rsquo;aurait-il rencontr&eacute;e ? Aurait-il particip&eacute; &agrave; l&rsquo;une des r&eacute;unions qu&rsquo;elle organisait ? La rumeur publique, &agrave; Tunis, laissait entendre que le s&eacute;jour &agrave; Paris de l&rsquo;ex-premi&egrave;re dame &eacute;tait motiv&eacute; par des raisons autres que des raisons de sant&eacute;3.<\/p>\n<p>\n\tCes pens&eacute;es d&eacute;filent rapidement lorsque le t&eacute;l&eacute;phone sonne &agrave; nouveau. Cette fois, c&rsquo;est Ali Chanoufi, professeur &agrave; la facult&eacute; des Lettres, qui avait exerc&eacute; les fonctions de charg&eacute; de mission au cabinet du minist&egrave;re de l&rsquo;&eacute;ducation, de l&rsquo;Enseignement sup&eacute;rieur et de la Recherche scientifique (MEESRS), du temps o&ugrave; je dirigeais ce d&eacute;partement.<\/p>\n<p>\n\tAs-tu entendu Radio Tunis ?<\/p>\n<p>\n\tEn lui r&eacute;pondant &laquo; Non &raquo;, j&rsquo;ouvre la radio. Je reconnais la voix du Premier ministre Zine Ben Ali qui d&eacute;clare :&nbsp;<br \/>\n\tLes &eacute;normes sacrifices consentis par le dirigeant Habib Bourguiba, premier pr&eacute;sident de la R&eacute;publique (&hellip;)&nbsp;<br \/>\n\tPremier pr&eacute;sident ? Mais qu&rsquo;est-ce que cela signifie ? Serait-il arriv&eacute; quelque chose &agrave; Bourguiba au cours de la nuit ? Aurait-il fait une r&eacute;cidive de son infarctus qui, pourtant, s&rsquo;&eacute;tait enti&egrave;rement stabilis&eacute; depuis 1967 ? S&rsquo;il en est ainsi, pourquoi n&rsquo;aurais-je pas &eacute;t&eacute; inform&eacute; ? Il &eacute;tait pourtant en parfaite sant&eacute; lorsque je l&rsquo;ai quitt&eacute;, il y a &agrave; peine six heures !<\/p>\n<p>\n\tA la Radio, la lecture se poursuit :<\/p>\n<p>\n\tFace &agrave; sa s&eacute;nilit&eacute; et &agrave; l&rsquo;aggravation de son &eacute;tat de sant&eacute;, se fondant sur un rapport m&eacute;dical, le devoir national nous impose de le d&eacute;clarer dans l&rsquo;incapacit&eacute; d&rsquo;assumer les charges de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique &hellip;<br \/>\n\tTout devient clair !<\/p>\n<p>\n\tJe t&eacute;l&eacute;phone imm&eacute;diatement au garage de la pr&eacute;sidence pour demander ma voiture. Une dizaine de minutes plus tard, le chauffeur Mahjoub est l&agrave;. Le policier de service, Ahmed Ben Arous, averti, nous rejoint devant la porte de l&rsquo;Institut Pasteur o&ugrave; je r&eacute;side. La route vers Carthage est enti&egrave;rement d&eacute;gag&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\tEn chemin, les &eacute;v&eacute;nements de la soir&eacute;e de la veille, pass&eacute;e aupr&egrave;s de Bourguiba en compagnie de sa ni&egrave;ce Sa&iuml;da Sassi, d&eacute;filent dans mon esprit. Le th&egrave;me de la discussion n&rsquo;avait pas port&eacute;, comme souvent, sur la litt&eacute;rature ou sur le mouvement national, mais sur les croisades. Le Pr&eacute;sident nous avait donn&eacute; une v&eacute;ritable le&ccedil;on d&rsquo;histoire &agrave; ce sujet. Il en avait &eacute;voqu&eacute; la gen&egrave;se qui remontait &agrave; la victoire du sultan seljouquide, Arslan, sur l&rsquo;empereur romain Diog&egrave;ne, fait prisonnier en 1071, nous expliquant notamment que seule la premi&egrave;re croisade, men&eacute;e en 1098, avait &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s pour les Crois&eacute;s mais qu&rsquo;ensuite l&rsquo;avantage avait chang&eacute; de camp, en faveur des Musulmans.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Apr&egrave;s une p&eacute;riode pendant laquelle les forces entre les deux protagonistes ont &eacute;t&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s &eacute;gales, sans que l&rsquo;un des camps ne remporte une franche victoire, on assista &agrave; une unification des Musulmans puis &agrave; de nombreuses victoires sur les Crois&eacute;s sous la banni&egrave;re de Saladin.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il est consid&eacute;r&eacute; comme un h&eacute;ros ? demanda Sa&iuml;da<\/p>\n<p>\n\t&#8211; C&rsquo;est vrai, Saladin est toujours pr&eacute;sent dans l&rsquo;esprit et le coeur des Musulmans car son nom est rest&eacute; li&eacute; &agrave; la gloire de l&rsquo;Islam. Ce jeune officier de l&rsquo;arm&eacute;e de Nouredine, fils de Mahmoud Zengui, a d&rsquo;abord op&eacute;r&eacute; sous les ordres de son oncle, le g&eacute;n&eacute;ral kurde Chirkouk. Apr&egrave;s sa victoire sur les Crois&eacute;s en &Eacute;gypte, il s&rsquo;est install&eacute; au Caire avec le titre de Grand vizir du calife fatimide. Depuis, la roue de la fortune a tourn&eacute; en sa faveur. Coup sur coup, la mort de son oncle, celle du dernier calife fatimide, puis celle de Nouredine, l&rsquo;ont hiss&eacute; &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;un immense empire comprenant l&rsquo;&Eacute;gypte, la Syrie et le Y&eacute;men. De 1169, date de sa prise de pouvoir, &agrave; 1193, date de sa mort, il a poursuivi sans rel&acirc;che la lutte contre les Crois&eacute;s et a unifi&eacute; le monde musulman en consacrant le pouvoir sunnite et en mettant fin au pouvoir fatimide en &Eacute;gypte. Le prestige de Saladin est attach&eacute; &agrave; sa r&eacute;putation de lib&eacute;rateur, mais il n&rsquo;en a pas moins &eacute;t&eacute; un grand r&eacute;formateur qui a fait r&eacute;gner le droit, la morale et la probit&eacute;. Il concevait le pouvoir comme une fonction au service de la soci&eacute;t&eacute;. Homme cultiv&eacute;, ouvert, tol&eacute;rant et humain, il s&rsquo;est entour&eacute; de sages et de savants et a encourag&eacute; l&rsquo;instruction et la marche vers le progr&egrave;s, ce qui a favoris&eacute; le rayonnement de la nation arabe et l&rsquo;a engag&eacute; dans un mouvement unificateur. Aussi, est-il important de garder &agrave; l&rsquo;esprit, pour en tirer la le&ccedil;on, que l&rsquo;union et la coh&eacute;sion d&rsquo;un peuple conditionnent sa puissance, alors que sa division et son d&eacute;chirement (fitna) entra&icirc;nent sa faiblesse. Cette r&egrave;gle s&rsquo;est toujours v&eacute;rifi&eacute;e. D&egrave;s l&rsquo;aube de l&rsquo;Islam, les Arabes apr&egrave;s avoir remport&eacute;, en 636 H, une victoire &eacute;clatante &agrave; Yarmouk sur l&rsquo;empereur byzantin H&eacute;raclius, ont vu leur &eacute;lan se ralentir pendant un certain temps &agrave; la suite des divisions et des luttes intestines entre le calife Ali et le gouverneur Mouaouia.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; C&rsquo;est Saladin qui a chass&eacute; d&eacute;finitivement les Crois&eacute;s ? questionne Sa&iuml;da<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Non, r&eacute;pondit le Pr&eacute;sident. Apr&egrave;s la mort de Saladin, les Musulmans subirent de nombreux revers. Quelques d&eacute;cennies s&rsquo;&eacute;taient &agrave; peine &eacute;coul&eacute;es, que l&rsquo;arm&eacute;e mongole dirig&eacute;e par&nbsp; Hulagu massacrait le dernier calife abbasside et br&ucirc;lait la ville de Bagdad en 1258. La prestigieuse biblioth&egrave;que de la ville fut consum&eacute;e par les flammes. Puis les Crois&eacute;s assi&eacute;g&egrave;rent le Caire, mais les Mamelouks arriv&egrave;rent et d&eacute;livr&egrave;rent la ville. Apr&egrave;s la mort d&rsquo;Ayyoub, dernier sultan descendant de Saladin, son &eacute;pouse Chajarat ed-Dorr fut port&eacute;e au pouvoir. Elle &eacute;pousa l&rsquo;un des chefs mamelouks, A&iuml;beg, qui prit le titre de sultan. Ainsi, la dynastie ayyoubide laissa place &agrave; la dynastie des Mamelouks dont les membres ne sont autres que d&rsquo;anciens esclaves turcs devenus chefs militaires. A&iuml;beg mort, Qoutouz lui succ&eacute;da. Il s&rsquo;attaqua &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e mongole en Palestine, qu&rsquo;il &eacute;crasa &agrave; A&iuml;n Jallout (fontaine de Goliath). Il d&eacute;cima l&rsquo;arm&eacute;e mongole, deux ans &agrave; peine apr&egrave;s la destruction de Bagdad. Son successeur, Baybars, r&eacute;unifia l&rsquo;ancien empire ayyoubide et d&eacute;racina les Crois&eacute;s de la plupart de leurs places fortes. Mais les Crois&eacute;s ne d&eacute;sarm&egrave;rent pas. Le roi de France, Louis IX (Saint-Louis) et son fr&egrave;re Charles Ier d&rsquo;Anjou, roi de Naples et de Sicile, entreprirent une huiti&egrave;me croisade. Ils cherchaient notamment &agrave; convertir au christianisme Mohamed El Montassar, le roi hafside de Tunis qui r&eacute;gnait sur un territoire comprenant la Tunisie et l&rsquo;Alg&eacute;rie orientale. Mais ils furent repouss&eacute;s par ce dernier et leur croisade se termina avec la mort de Saint- Louis en 1270, &agrave; Tunis. Le successeur de Saint-Louis sur le tr&ocirc;ne de France, Philippe III Le Hardi, signa la m&ecirc;me ann&eacute;e un trait&eacute; avec Mohamed El Mountassar pour l&rsquo;&eacute;vacuation du territoire tunisien par l&rsquo;arm&eacute;e des Crois&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Mais comment faites-vous, Monsieur le Pr&eacute;sident, pour vous rappeler tous ces d&eacute;tails ? m&rsquo;&eacute;tonnais-je.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; J&rsquo;ai beaucoup lu, au cours de mes d&eacute;tentions, notamment l&rsquo;ouvrage de Ren&eacute; Grousset en trois volumes sur les croisades. Et puis, il y a des choses qui vous marquent &agrave; un point tel qu&rsquo;on ne peut les oublier ! me r&eacute;pondit-il. Vous voyez bien que la lutte entre l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident est tr&egrave;s ancienne ! Aujourd&rsquo;hui, cette lutte se poursuit. La chr&eacute;tient&eacute; n&rsquo;a pas pardonn&eacute; &agrave; l&rsquo;Islam d&rsquo;avoir r&eacute;occup&eacute; les territoires conquis par Alexandre Le Grand en Orient et d&rsquo;avoir ramen&eacute; le Proche Orient au s&eacute;mitisme et &agrave; l&rsquo;Islam apr&egrave;s une domination de pr&egrave;s de mille ans par les Grecs, par les Romains puis par les Byzantins qui y avaient implant&eacute; le christianisme. Il n&rsquo;a pas pardonn&eacute; non plus aux Arabes l&rsquo;occupation de l&rsquo;Espagne pendant huit si&egrave;cles, ni aux Ottomans d&rsquo;avoir occup&eacute; les Balkans et d&rsquo;&ecirc;tre parvenus jusqu&rsquo;au coeur de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>\n\tLe Pr&eacute;sident parlait avec conviction et &eacute;motion. Je l&rsquo;&eacute;coutais attentivement, plein d&rsquo;admiration devant la pr&eacute;cision et la clart&eacute; de ses id&eacute;es. Cependant, j&rsquo;&eacute;tais pr&eacute;occup&eacute; par le risque d&rsquo;insomnie qu&rsquo;une telle exaltation risquait d&rsquo;engendrer. Conscient que cette page d&rsquo;histoire ne pouvait le laisser indiff&eacute;rent et risquait de lui rappeler les sacrifices qu&rsquo;il avait consentis au cours de sa lutte contre le colonialisme, je changeais de sujet pour le soustraire aux &eacute;motions &agrave; cette heure tardive, et orientais la discussion vers un propos moins prenant pour lui.<\/p>\n<p>\n\tJe fis remarquer :<br \/>\n\tSaladin &eacute;tait soign&eacute; par un m&eacute;decin isra&eacute;lite, de culture arabe, disciple d&rsquo;Averro&egrave;s, connu sous le nom de Maimonide. Baybars, de son c&ocirc;t&eacute;, &eacute;tait suivi par un grand m&eacute;decin arabe d&rsquo;origine syrienne, Ibn al-Naf&icirc;s, celui qui a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; d&eacute;crire, au XIIIe si&egrave;cle, la petite circulation du sang.<\/p>\n<p>\n\tVoyant que le Pr&eacute;sident m&rsquo;&eacute;coutait avec int&eacute;r&ecirc;t, j&rsquo;ajoutais :&nbsp;<br \/>\n\tEn Europe, on consid&egrave;re que c&rsquo;est William Harvey, m&eacute;decin anglais, qui a d&eacute;crit pour la premi&egrave;re fois, au XVIIe si&egrave;cle, la circulation sanguine, alors qu&rsquo;en r&eacute;alit&eacute; il s&rsquo;est bas&eacute; sur la th&eacute;orie d&rsquo;Ibn al-Naf&icirc;s et en a r&eacute;alis&eacute; la preuve exp&eacute;rimentale. De nombreux manuscrits m&eacute;dicaux arabes ont &eacute;t&eacute; rapport&eacute;s d&rsquo;Orient en Italie au XVIe si&egrave;cle par Andrea Alpago, m&eacute;decin italien qui avait s&eacute;journ&eacute; pendant plus de trente ans aupr&egrave;s du consul v&eacute;nitien &agrave; Damas. Harvey avait certainement pris connaissance des &eacute;crits d&rsquo;Ibn al-Naf&icirc;s au cours de ses &eacute;tudes &agrave; Padoue, ville qui s&rsquo;&eacute;tait ouverte sur l&rsquo;Orient depuis son annexion en 1404 par la r&eacute;publique de Venise.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Il est effectivement &eacute;tabli que l&rsquo;Occident moyen&acirc;geux a beaucoup b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de l&rsquo;apport arabe, ajouta le Pr&eacute;sident : Charles d&rsquo;Anjou, le propre fr&egrave;re de Saint-Louis, ne s&rsquo;est-il pas procur&eacute; &agrave; Tunis le Kitab el-Hawi d&rsquo;Al-Razi en le faisant traduire par un m&eacute;decin sicilien ? Et Hassen Ibn el Haithem, n&rsquo;a-t-il pas &eacute;t&eacute; le premier &agrave; d&eacute;montrer que les rayons lumineux p&eacute;n&egrave;trent dans l&rsquo;oeil alors que l&rsquo;on pensait auparavant que les rayons &eacute;manaient de l&rsquo;oeil ?&nbsp;<br \/>\n\t&#8211; Oui monsieur le Pr&eacute;sident &raquo;, me limitais-je &agrave; r&eacute;pondre.&nbsp;<\/p>\n<p>\tComprenant mon intention de mettre fin &agrave; cette discussion tardive, le Pr&eacute;sident se tourna vers Sa&iuml;da qui se mit &agrave; gesticuler, &agrave; faire des simagr&eacute;es et &agrave; raconter des histoires futiles qu&rsquo;elle m&ecirc;lait &agrave; des souvenirs familiaux. Quelques minutes plus tard, les paupi&egrave;res du Pr&eacute;sident se faisaient lourdes et, sentant le sommeil l&rsquo;envahir, il prit la direction de sa chambre. Je le suivis et restai debout devant son lit alors que Sa&iuml;da, assise aupr&egrave;s de lui, poursuivait son bavardage. Vers 23 heures 30, le Pr&eacute;sident qui &eacute;tait allong&eacute; sur le dos, se mit sur le c&ocirc;t&eacute;, tournant le dos &agrave; Sa&iuml;da, signifiant par-l&agrave; qu&rsquo;il s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; dormir. Nous lui souhait&acirc;mes une bonne nuit et quitt&acirc;mes sa chambre. Sa&iuml;da qui passait la nuit au palais se dirigea vers son appartement alors que je quittais Carthage pour regagner mon domicile &agrave; Tunis.<\/p>\n<p>\n\tIl &eacute;tait presque minuit, et tout paraissait normal. Ni le chauffeur, ni le policier qui m&rsquo;accompagnaient, ni moi-m&ecirc;me, n&rsquo;avions remarqu&eacute; la moindre anomalie lors de la travers&eacute;e du parc et le passage du portail de la Pr&eacute;sidence.<\/p>\n<p>\n\tJe revivais les d&eacute;tails de cette soir&eacute;e qui prenait un relief particulier mais, en trame de fond, l&rsquo;inqui&eacute;tude me lancinait : dans quelles conditions le Pr&eacute;sident avait-il appris la nouvelle de sa destitution ? Comment y avait-il r&eacute;agi ? O&ugrave; se trouve-t-il &agrave; l&rsquo;heure actuelle, et surtout, quel sort va-t-il lui &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute; ?<\/p>\n<p>\n\tDes gardes nationaux et des policiers qui s&rsquo;affairaient dans tous les sens me ramen&egrave;rent &agrave; la r&eacute;alit&eacute;. Nous &eacute;tions d&eacute;j&agrave; &agrave; Carthage. une voiture blind&eacute;e stationnait au carrefour, au niveau du terre-plein, contre le chapiteau. Plus loin, j&rsquo;en remarquai d&rsquo;autres. Je pus n&eacute;anmoins parvenir devant la porte ext&eacute;rieure du palais. L&agrave;, un officier sup&eacute;rieur de la Garde nationale s&rsquo;approcha pour m&rsquo;avertir qu&rsquo;il avait re&ccedil;u l&rsquo;ordre formel de ne laisser entrer personne. J&rsquo;insistai en pr&eacute;cisant que je venais rendre visite &agrave; Bourguiba en tant que son m&eacute;decin traitant et non en tant que ministre. Mais rien ne put le faire changer d&rsquo;avis. Tr&egrave;s poliment, il me fit comprendre qu&rsquo;il ne pouvait enfreindre les instructions re&ccedil;ues. Apr&egrave;s une dizaine de minutes de pourparlers avec lui et avec d&rsquo;autres officiers de police, je compris qu&rsquo;&agrave; leur niveau, je ne pouvais rien esp&eacute;rer et retournai chez moi.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe chauffeur et le policier semblaient, comme moi, atterr&eacute;s par la nouvelle. J&rsquo;autorisai le chauffeur &agrave; r&eacute;int&eacute;grer le garage de la pr&eacute;sidence et lib&eacute;rai le policier en garnison dans mon jardin ainsi que celui qui m&rsquo;accompagnait en voiture.<\/p>\n<p>\n\tDe mon bureau &agrave; l&rsquo;Institut Pasteur, je suivis l&rsquo;&eacute;volution de la situation, &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une petite radio.<\/p>\n<p>\n\tIl ne m&rsquo;appartient pas ici de relater les &eacute;v&eacute;nements de cette journ&eacute;e. Ils sont reproduits dans les quotidiens et hebdomadaires tunisiens et &eacute;trangers. Cependant, l&rsquo;exp&eacute;rience m&rsquo;a appris que certains journalistes ou responsables sont capables, selon les circonstances, de manipuler l&rsquo;information, de la romancer et m&ecirc;me de l&rsquo;inventer de toutes pi&egrave;ces. La comparaison du contenu du quotidien La Presse du 7 novembre 1987, avec le num&eacute;ro sp&eacute;cial de ce m&ecirc;me quotidien paru en fin de matin&eacute;e du m&ecirc;me jour, en constitue un exemple. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&agrave;, la raison qui m&rsquo;a conduit &agrave; &eacute;crire ce t&eacute;moignage dans le but de faire la lumi&egrave;re sur des faits que j&rsquo;ai v&eacute;cu et de rectifier certaines informations erron&eacute;es et trompeuses ainsi que les interpr&eacute;tations fantaisistes et tendancieuses, esp&eacute;rant ainsi aider au r&eacute;tablissement de la v&eacute;rit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tPour essayer de l&eacute;galiser son acte, Zine Ben Ali a fait &eacute;tablir un certificat m&eacute;dical sign&eacute; par sept m&eacute;decins r&eacute;quisitionn&eacute;s en pleine nuit par le procureur de la r&eacute;publique, Hachemi Zammal, celui-l&agrave; m&ecirc;me qui avait pr&eacute;sid&eacute; le proc&egrave;s des int&eacute;gristes, deux mois auparavant&#8230;<\/p>\n<p>\n\t(&#8230;)<\/p>\n<p>\n\tLe m&ecirc;me jour, 7 novembre, vers 10 heures, Souad Lyagoubi-Ouahchi, soeur du docteur Sadok Ouahchi, qui avait conserv&eacute; son poste de ministre de la Sant&eacute; publique dans le gouvernement form&eacute; le jour m&ecirc;me, m&rsquo;appelle au t&eacute;l&eacute;phone :<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Si-Amor &#8211; me dit-elle &#8211; il a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; que vous pourrez continuer &agrave; voir Si El-Habib d&egrave;s qu&rsquo;il aura quitt&eacute; Carthage.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; De quel Habib parlez-vous ? lui r&eacute;pondis-je.<\/p>\n<p>\n\tElle me pr&eacute;cisa alors sa pens&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Vous voulez dire le Pr&eacute;sident Bourguiba ? m&rsquo;&eacute;criais-je.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Bien s&ucirc;r, me r&eacute;pondit-elle.<\/p>\n<p>\n\tUne heure plus tard, vers 11 heures, un coursier m&rsquo;apporte une enveloppe de grand format, &agrave; l&rsquo;en-t&ecirc;te du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res, libell&eacute;e comme suit : &laquo; Son Excellence le professeur Amor Echadli, Institut Pasteur, Tunis &raquo; et portant les mentions manuscrites &laquo; Cabinet &raquo; et &laquo; Tr&egrave;s urgent &raquo;. J&rsquo;ouvre l&rsquo;enveloppe. Elle contient une chemise renfermant un carton &eacute;manant du Cabinet qui mentionne : &laquo; Texte du message communiqu&eacute; ce matin par t&eacute;l&eacute;phone par Si H&eacute;di Mabrouk &raquo;<\/p>\n<p>\n\tLe message lui-m&ecirc;me est reproduit sur une feuille agraf&eacute;e &agrave; ce carton. On y lit :<\/p>\n<p>\n\tMonsieur le Premier ministre<br \/>\n\tComme suite aux instructions de son Excellence Monsieur le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, j&rsquo;ai pris mes dispositions pour m&rsquo;excuser aupr&egrave;s du Roi Fahd qui devait me recevoir ce matin. J&rsquo;ai &eacute;galement pr&eacute;venu le ministre saoudien des Affaires &eacute;trang&egrave;res qu&rsquo;un remaniement minist&eacute;riel a donn&eacute; lieu &agrave; la nomination de Monsieur Mahmoud Mestiri comme ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res et que le nouveau ministre demandera audience par la suite au Souverain saoudien. En ce qui me concerne, n&rsquo;ayant pas de vol aujourd&rsquo;hui m&ecirc;me sur Tunis, ni direct, ni indirect, j&rsquo;arriverai demain pour remercier Monsieur le Pr&eacute;sident Habib Bourguiba de l&rsquo;honneur qu&rsquo;il m&rsquo;a fait pendant de nombreuses ann&eacute;es en m&rsquo;associant, avec ses autres collaborateurs, &agrave; son oeuvre.<br \/>\n\tJe vous dirai &agrave; vous-m&ecirc;me, de vive voix, mes remerciements, ma fid&egrave;le amiti&eacute; et mon enti&egrave;re disponibilit&eacute; pour vous apporter mon concours, en dehors du gouvernement, chaque fois qu&rsquo;il pourra &ecirc;tre de quelque utilit&eacute;.<\/p>\n<p>\tBien fraternellement<br \/>\n\tH&eacute;di Mabrouk<\/p>\n<p>\n\tPour quelles raisons la lettre de H&eacute;di Mabrouk m&rsquo;a-t-elle &eacute;t&eacute; adress&eacute;e &agrave; titre personnel, &agrave; l&rsquo;Institut Pasteur, par un coursier, le matin-m&ecirc;me du 7 novembre ? Qui est celui qui a cru bon de le faire alors que j&rsquo;&eacute;tais, d&egrave;s lors, exclu de toute responsabilit&eacute; gouvernementale ? Je ne le sais. Il est vrai que pendant la p&eacute;riode au cours de laquelle j&rsquo;ai assur&eacute; les fonctions de ministre directeur du Cabinet pr&eacute;sidentiel, Bourguiba m&rsquo;avait confi&eacute;, au d&eacute;but du mois de juillet 1987, et pour une p&eacute;riode de pr&egrave;s de deux mois, l&rsquo;int&eacute;rim du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res. J&rsquo;ai eu, alors, l&rsquo;occasion de collaborer avec les responsables de ce minist&egrave;re et c&rsquo;est probablement l&rsquo;un d&rsquo;eux qui a jug&eacute; bon de me tenir inform&eacute; du contenu du message de son ministre.<\/p>\n<p>\n\tQuelques jours plus tard j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; surpris de lire la d&eacute;claration de H&eacute;di Mabrouk, dans l&rsquo;hebdomadaire Jeune Afrique :<\/p>\n<p>\n\tDepuis de nombreuses ann&eacute;es, surtout ces derni&egrave;res semaines, avant le changement, la fid&eacute;lit&eacute; de mon amiti&eacute; et de mon soutien au pr&eacute;sident Ben Ali, s&rsquo;est manifest&eacute;e sans d&eacute;faillance et sans la moindre h&eacute;sitation &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;homme que je jugeais et que je consid&egrave;re comme le mieux plac&eacute; pour assumer les hautes et difficiles responsabilit&eacute;s historiques de la rel&egrave;ve &agrave; la t&ecirc;te de la magistrature supr&ecirc;me du pays. Et si je reste en France, c&rsquo;est&nbsp; pour &eacute;viter toute vell&eacute;it&eacute; de participation directe ou indirecte &agrave; la vie politique du pays, respectant ainsi mon engagement.<\/p>\n<p>\n\tH&eacute;di Mabrouk, ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res, avait &eacute;t&eacute; d&eacute;sign&eacute; quelques semaines auparavant &agrave; la t&ecirc;te de la d&eacute;l&eacute;gation tunisienne qui devait participer au sommet des chefs d&rsquo;&Eacute;tats arabes &agrave; Amman en Jordanie, le dimanche 8 novembre 1987. Ce sommet, qualifi&eacute; souvent de Sommet de l&rsquo;Entente ou Sommet de l&rsquo;Accord, visait au r&eacute;tablissement des relations diplomatiques des pays arabes avec l&rsquo;&eacute;gypte. Rappelons que, huit ans apr&egrave;s l&rsquo;exclusion de l&rsquo;&eacute;gypte de la Ligue arabe, &agrave; la suite du trait&eacute; de paix s&eacute;par&eacute; qu&rsquo;elle avait conclu avec Isra&euml;l en 1979, &agrave; Camp David, la plupart des &eacute;tats arabes &eacute;taient m&ucirc;rs, pr&eacute;tendaient-ils, pour sceller l&rsquo;unit&eacute; de la nation arabe en acceptant la r&eacute;int&eacute;gration de l&rsquo;&eacute;gypte au sein de la Ligue et le principe du r&eacute;tablissement de leurs relations diplomatiques avec cet &eacute;tat. Le front de refus qui s&rsquo;&eacute;tait constitu&eacute; au d&eacute;but des ann&eacute;es 80, &eacute;tait en train de s&rsquo;effriter. Mais la position de la Tunisie n&rsquo;avait pas chang&eacute;, Bourguiba consid&eacute;rant toujours que la r&eacute;int&eacute;gration de l&rsquo;&eacute;gypte au sein de la Ligue arabe serait catastrophique pour les Palestiniens. Au Pr&eacute;sident Chadli Ben Jedid qui l&rsquo;entretenait &agrave; ce sujet, lors de sa derni&egrave;re visite &agrave; Tunis, il avait r&eacute;pondu :<\/p>\n<p>\n\tTant que le drapeau d&rsquo;Isra&euml;l flottera sur le Caire, la Tunisie ne r&eacute;tablira pas ses relations diplomatiques avec l&rsquo;&eacute;gypte.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;instruction qu&rsquo;il avait donn&eacute;e &agrave; H&eacute;di Mabrouk.<\/p>\n<p>\n\tOr, quelques jours &agrave; peine apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; nomm&eacute; Premier ministre, Zine Ben Ali me proposa de l&rsquo;aider &agrave; convaincre Bourguiba de participer en personne &agrave; ce sommet. Qu&rsquo;est-ce qui le motivait &agrave; souhaiter voir Bourguiba se rendre &agrave; Amman ? Cherchait-il &agrave; le mettre en minorit&eacute; devant ses pairs ? Cherchait-il &agrave; compromettre ses relations avec l&rsquo;Am&eacute;rique d&eacute;j&agrave; alt&eacute;r&eacute;es par sa prise de position &agrave; la suite des bombardements de Hammam Chott ? Ou visait-il autre chose ? Je fis simplement remarquer &agrave; Zine Ben Ali que le probl&egrave;me &eacute;tait d&eacute;j&agrave; r&eacute;gl&eacute;, le Pr&eacute;sident ayant d&eacute;sign&eacute; et donn&eacute; les directives suivantes &agrave; H&eacute;di Mabrouk afin qu&rsquo;il le repr&eacute;sente au sommet de Amman lui expliquant que :&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa r&eacute;admission de l&rsquo;&Eacute;gypte au sein de la Ligue arabe signifierait que tous les pays qui la constituent admettent implicitement une paix s&eacute;par&eacute;e avec Isra&euml;l et une reconnaissance du fait accompli de ses agissements et par voie de cons&eacute;quence, de son non-respect des r&eacute;solutions de l&rsquo;ONU, et cela, je ne peux l&rsquo;admettre, car alors, tout pays arabe qui tenterait d&rsquo;aider les Palestiniens dans leur lutte l&eacute;gitime contre l&rsquo;occupation sioniste, serait tax&eacute; de ren&eacute;gat, de fauteur de trouble et mis &agrave; l&rsquo;index par l&rsquo;Am&eacute;rique, alli&eacute; inconditionnel d&rsquo;Isra&euml;l. La Tunisie a refus&eacute; de c&eacute;der aux pressions de la France en poursuivant son aide &agrave; l&rsquo;Alg&eacute;rie dans sa lutte pour son ind&eacute;pendance. Pourquoi tous les pays arabes r&eacute;unis devraient c&eacute;der aux pressions de l&rsquo;Am&eacute;rique ?<\/p>\n<p>\n\tIl est permis de se demander si c&rsquo;est le hasard qui a fait que le Pr&eacute;sident a &eacute;t&eacute; &eacute;loign&eacute; du pouvoir &agrave; la veille de ce sommet ou si, pr&eacute;cis&eacute;ment, il a &eacute;t&eacute; &eacute;loign&eacute; &agrave; cause de cela.<\/p>\n<p>\n\tLe 7 novembre en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, je d&eacute;cidai d&rsquo;appeler au t&eacute;l&eacute;phone le nouveau Premier ministre, H&eacute;di Baccouche, pour lui demander des nouvelles du Pr&eacute;sident Bourguiba et lui faire part de mon souhait de lui rendre visite. Il me r&eacute;pondit que le transfert de Bourguiba dans une r&eacute;sidence aux environs de Sfax avait &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute;, mais que Bourguiba manifestait de la r&eacute;ticence &agrave; quitter Carthage. Il poursuivit en me demandant si je voulais bien le convaincre dans ce sens. Je r&eacute;pondis spontan&eacute;ment:&nbsp;<br \/>\n\tMais je ne comprends pas la raison d&rsquo;un tel empressement ! Patientez donc un peu ! Laissez &agrave; cet homme le temps de s&rsquo;habituer &agrave; la nouvelle situation !<\/p>\n<p>\n\tDeux jours plus tard, j&rsquo;appris qu&rsquo;ils avaient trouv&eacute; quelqu&rsquo;un pour accomplir cette triste mission, en la personne de Hamadi Ghedira, ministre de l&rsquo;Agriculture, qui accompagna le Pr&eacute;sident, en h&eacute;licopt&egrave;re, du palais de Carthage &agrave; sa r&eacute;sidence du Mornag.<\/p>\n<p>\n\tJe demandai ensuite au nouveau secr&eacute;taire d&rsquo;&eacute;tat &agrave; la Pr&eacute;sidence, Abdallah Kallel, l&rsquo;autorisation de me rendre au palais de Carthage pour r&eacute;cup&eacute;rer des documents et livres personnels dans mon bureau, ainsi que des v&ecirc;tements que j&rsquo;avais laiss&eacute;s dans la chambre qui m&rsquo;&eacute;tait r&eacute;serv&eacute;e au palais. Il me r&eacute;pondit que, pour le moment, cela &eacute;tait impossible et qu&rsquo;il fallait attendre encore quelques jours. Une semaine plus tard, on m&rsquo;apporta une partie de mes v&ecirc;tements rest&eacute;s &agrave; Carthage.<\/p>\n<p>\n\tCe fut l&agrave; mon dernier contact avec le nouveau gouvernement&#8230;<\/p>\n<p>\n\t(&#8230;)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne page glorieuse de la Tunisie &eacute;tait d&eacute;finitivement tourn&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\tExtraits du livre:&nbsp;Bourguiba tel que je l&rsquo;ai connu : la transition Bourguiba-Ben Ali&nbsp;<br \/>\n\tPar Amor Chadli<br \/>\n\t600 pages, F&eacute;vrier 2010, 25 DT, Distribution&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.berg-edition.com\/\" target=\"_blank\">Berg Edition<\/a><\/p>\n<p>\t1. Mohamed Sayah a &eacute;t&eacute; promu ministre d&rsquo;&Eacute;tat une semaine apr&egrave;s sa nomination en tant que ministre de l&rsquo;&Eacute;ducation, de l&rsquo;Enseignement sup&eacute;rieur et de la Recherche scientifique, le 16 mai 1987.<br \/>\n\t2 . Le divorce du couple pr&eacute;sidentiel a &eacute;t&eacute; prononc&eacute; le 11 ao&ucirc;t 1986 par le Tribunal de premi&egrave;re instance de Tunis.<br \/>\n\t3. Le Nouvel Observateur, dans sa livraison du 22 ao&ucirc;t 1986, s&rsquo;est fait l&rsquo;&eacute;cho d&rsquo;une telle rumeur avec l&rsquo;entrefilet intitul&eacute; La r&eacute;ponse de l&rsquo;ex-femme de Bourguiba : &laquo; Wassila Ben Ammar, ex-femme du Pr&eacute;sident Bourguiba, divorc&eacute;e depuis le 11 ao&ucirc;t 1986, est actuellement &agrave; Paris. On lui pr&ecirc;te l&rsquo;intention d&rsquo;y r&eacute;unir tous les disgraci&eacute;s du r&eacute;gime, dont Tahar Belkhodja et Driss Guiga, pour pr&eacute;parer, en exil, la succession qu&rsquo;elle organise sur place &raquo;.&nbsp;<br \/>\n\t4. Le Monde du dimanche 8-lundi 9 novembre 1987 (p. 1), n&rsquo;a pas manqu&eacute;, sous la signature de son correspondant &agrave; Tunis, Michel Deur&eacute;, de signaler l&rsquo;absence, parmi les signataires, du docteur Amor Chadli, m&eacute;decin personnel du Pr&eacute;sident.&nbsp;<br \/>\n\t5. Jeune Afrique n&deg; 1403 du 25 novembre 1987, p. 77.&nbsp;<br \/>\n\t6. Le Monde du mardi 10 novembre 1987, p. 3.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bourguiba tel que je l&rsquo;ai connu : la transition Bourguiba-Ben Ali Dr Amor Chadli &nbsp; La destitution Quelle incertitude et quelle obscurit&eacute; la succession des temps ne doit-elle pas r&eacute;pandre sur l&rsquo;Histoire puisque dans les faits r&eacute;cents et qui se sont pass&eacute;s presque sous nos yeux, le faux prend la place du vrai. Plutarque-Le banquet&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18531,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[79,24,405,10,69,158,14,388,26,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-7839","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bagdad","category-ben-ali","category-carthage","category-france","category-habib-bourguiba","category-le-caire","category-paris","category-saint-louis","category-syrie","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7839"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7839\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18531"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}