{"id":7865,"date":"2015-12-23T04:39:48","date_gmt":"2015-12-23T04:39:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7865"},"modified":"2015-12-23T01:19:03","modified_gmt":"2015-12-23T01:19:03","slug":"la-talya-la-montee-a-lancien-cimetiere-de-lavenue-de-londres-a-la-memoire-du-grand-rebbi-h","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-talya-la-montee-a-lancien-cimetiere-de-lavenue-de-londres-a-la-memoire-du-grand-rebbi-h\/","title":{"rendered":"LA TAL\u2019YA &#8211; La mont\u00e9e \u00e0 l\u2019ancien cimeti\u00e8re de l&rsquo;avenue de Londres \u00e0 la m\u00e9moire du grand Rebbi HAI TAIEB LO MET z\u2019al."},"content":{"rendered":"<p>\n\tLA TAL&rsquo;YA &#8211;&nbsp;La mont&eacute;e &agrave; l&rsquo;ancien cimeti&egrave;re de l&#39;avenue de Londres &agrave; la m&eacute;moire du grand Rebbi HAI TAIEB LO MET z&rsquo;al.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tpar Breitou<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a des circonstances louables, des anciens souvenirs avouables qui remontent &agrave; la surface.&nbsp;<\/p>\n<p>\tJe suis de ceux qui n&rsquo;ont pas le pied facile, non point que j&rsquo;ai horreur des f&ecirc;tes, anniversaires etc. Aujourd&rsquo;hui, je les trouve fatigants surtout lorsqu&rsquo;ils se prolongent tardivement, et pour peu &agrave; une veill&eacute;e.&nbsp;<\/p>\n<p>\tHier, j&rsquo;ai fait l&rsquo;effort d&rsquo;assister &agrave; l&rsquo;anniversaire de mon beau- fr&egrave;re, dans une salle hupp&eacute;e de la capitale, dans le 17&eacute;me arrondissement de Paris.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEn attendant le menu, nous avons fait mes belles s&oelig;urs et compagnie, un peu de bavardage sur tout et sur rien, lorsque la conversation glisse sur la Hilloula du grand Saint REBI HAI TAIEB LO MET z&rsquo;al .&nbsp;<\/p>\n<p>\tUne des protagonistes me dit qu&rsquo;une quarantaine de personnes &lsquo; venus de Paris&rsquo; s&rsquo;&eacute;tait donn&eacute; rendez-vous au Borgel pour l&rsquo;occasion.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLes uns parlaient de 15, les autres de 30 bref personne n&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;accord sur le nombre exact &lsquo;d&rsquo;immigr&eacute;s &lsquo; pour une semaine. Il faut savoir aussi, que cette occasion permet &agrave; ces d&eacute;plac&eacute;s, de titiller le soleil. Deux heures de pri&egrave;res et de petite bouffe et tout le reste &agrave; chiner dans la capitale. Tourisme oblige.&nbsp;<\/p>\n<p>\tQu&rsquo;&agrave; cela ne tienne mais je leur rappelais un fait, un ancien fait celui du temps o&ugrave; Tunis l&rsquo;heureuse avait ses juifs en grand nombre.&nbsp;<\/p>\n<p>\tJe me r&eacute;f&egrave;re encore aux dires de mon papa Deidou z&rsquo;al qui me racontait.&nbsp;<br \/>\n\tLors de cette &lsquo;mont&eacute;e&rsquo;, le cimeti&egrave;re &eacute;tait pris d&rsquo;assaut d&egrave;s les premi&egrave;res heures de la matin&eacute;e. Parfois tard dans la soir&eacute;e.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa plupart des gens &lsquo;riches&rsquo; venaient soit dans leur cal&egrave;che, soit en cal&egrave;che lou&eacute;e. Les modestes arrivaient en groupe, en tramway, des familles enti&egrave;res tenant en mains des couffins de victuailles prenaient possession des all&eacute;es qui menaient vers le tombeau du Saint. Les plus d&eacute;munis quittaient leur quartier &agrave; pieds avec leurs couffins de nourriture parfois poussant leurs malades handicap&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n<p>\tQue pouvait bien contenir ces couffins&hellip; ? De la Boukha bien s&ucirc;r, de la fekia en nombre des bonbons et des drag&eacute;es.&nbsp;<\/p>\n<p>\tPour arriver au tombeau, il fallait montrer beaucoup de patience car tous voulaient embrasser la tombe. Du saint gu&eacute;risseur et faiseur de miracles.&nbsp;<br \/>\n\tIl &eacute;tait indispensable, pour tout un chacun, de mettre genoux &agrave; terre pour biser le tombeau et faire ses v&oelig;ux.&nbsp;<\/p>\n<p>\tCertains hommes religieux se transformaient b&eacute;n&eacute;volement en rabbin, pour l&rsquo;occasion, et s&rsquo;obligeaient &agrave; chanter pour celui, celle ceux ou celles qui lui tendaient la bouteille.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAux dires de papa, ces verres d&rsquo;alcool bus &agrave; la va vite, l&rsquo;instant d&rsquo;une pri&egrave;re dite &agrave; la cha&icirc;ne, ont vite fait de donner le vertige aux r&eacute;citants &agrave; tel point qu&rsquo;ils bafouillaient par moment, l&rsquo;alcool ayant fait son effet mais dans l&rsquo;all&eacute;gresse g&eacute;n&eacute;rale personne ne s&rsquo;en rendait compte. Le cocasse de m&ecirc;lait don au burlesque.&nbsp;<\/p>\n<p>\tC&rsquo;est ce que nous juifs tunes savons faire le mieux. Tant que la Boukha coule, on pardonne aux d&eacute;rives. La coupable c&rsquo;est elle et personne d&rsquo;autres.&nbsp;<\/p>\n<p>\tDes litres et des litres de Boukha &eacute;taient donc vers&eacute;s sur la tombe du grand et v&eacute;n&eacute;r&eacute; Saint &agrave; tel point qu&rsquo;une rigole se formait.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa fekia &eacute;tait lanc&eacute;e &agrave; vue et elle volait par-dessus les t&ecirc;tes avant d&rsquo;atterrir sur les bas c&ocirc;t&eacute;s du monument. On a vu une noisette s&rsquo;incrustait dans un &oelig;il d&rsquo;o&ugrave; que la victime porta un surnom fort &eacute;loquent depuis ce jour, il fut nomm&eacute; par l&rsquo;assistance CHOUCHOU BOU FREOUA&hellip;Joseph LA NOISETTE. Autant pour lui que cela ne fut pas une amande. Sinon CHOUCHOU EL CHINOIS.&nbsp;<\/p>\n<p>\tL&rsquo;effervescence &eacute;tait &agrave; son comble tandis que l&rsquo;alcool b&eacute;ni passait de l&egrave;vres en l&egrave;vres.&nbsp;<br \/>\n\tIl y avait un tel amoncellement de fekia que la tombe disparaissait sous ces ingr&eacute;dients.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLes bougies en surnombre, d&rsquo;o&ugrave; que la tombe &eacute;tait parfois noircie par la suie, gr&eacute;sillaient durant des minutes et des minutes, la tombe aurait pu aussi fondre, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;un bedeau communautaire les retirait et les camouflait dans un grand couffin. L&rsquo;odeur &acirc;cre des bougies emplissait l&rsquo;air tandis que celle des f&egrave;ves au cumin jouait son r&ocirc;le de catalyseur..&nbsp;<\/p>\n<p>\tVers le midi, des familles enti&egrave;res s&rsquo;asseyaient sous les grands arbres pour d&eacute;jeuner ce traditionnel couscous bel mahchi .&nbsp;<\/p>\n<p>\tC&rsquo;&eacute;tait la grande dinette sous les youyous, les danses orientales, sous les jurons et les blasph&egrave;mes des bouches avin&eacute;es, sous des airs connus et parfois improvis&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa darbouka &eacute;tait l&rsquo;instrument choisi du moment, et les Titine et Taita s&rsquo;en donnaient &agrave; c&oelig;ur joie.&nbsp;<\/p>\n<p>\tQuant aux hommes, c&rsquo;&eacute;tait l&agrave; l&rsquo;occasion pour eux de c&eacute;l&eacute;brer &agrave; leur mani&egrave;re, aussi bien le grand Rabbin, connu pour son amour &agrave; la Boukha , que d&rsquo;honorer la liqueur de figue devenue sacr&eacute;e.&nbsp;<\/p>\n<p>\tFlirter avec l&rsquo;ivresse en ce jour pr&eacute;cis &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme le meilleur des souhaits.&nbsp;<\/p>\n<p>\tVers la fin des festivit&eacute;s, les plus d&eacute;munis s&rsquo;offraient, tels des glaneurs, tout ce qui &eacute;tait encore comestibles. Les bougies n&rsquo;&eacute;taient pas en reste, elles allaient dans les couffins des n&eacute;cessiteux.&nbsp;<\/p>\n<p>\tCette seouda, connue par des g&eacute;n&eacute;rations de juifs tunisiens, consid&eacute;r&eacute;e comme tr&egrave;s importante, autant que celle de JERBA, de Nabeul, de Testour ou du Kef, ne draine aujourd&rsquo;hui que qqs familles attach&eacute;es &agrave; la tradition.&nbsp;<\/p>\n<p>\tCe qui pour autant, ne nous dispense pas de l&rsquo;oublier puisque nous allumons encore des veilleuses dans nos foyers, l&agrave; o&ugrave; nous vivons.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe t&eacute;moin-relais est toujours d&rsquo;actualit&eacute;.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa flamme du souvenir du grand saint ne s&rsquo;&eacute;teindra jamais tant que nous, juifs tunisiens et descendants, perp&eacute;tueront encore la tradition.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe Tombeau du grand Rabbin fut par la suite dans les ann&eacute;es 1960, transf&eacute;r&eacute; au Borgel, avec trois autres grands saints.&nbsp;<\/p>\n<p>\tSitu&eacute; &agrave; qqs cent m&egrave;tres, dans l&rsquo;all&eacute;e centrale, de la rentr&eacute;e avenue Hedi Chaker, cot&eacute; des granas, le monument re&ccedil;oit encore qqs nostalgiques du pass&eacute;.&nbsp;<br \/>\n\tSous la coupole, battit juste &agrave; c&ocirc;t&eacute;, sont grav&eacute;s les noms des membres des familles juives d&eacute;port&eacute;es et mortes durant l&rsquo;occupation allemande, z&rsquo;al.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLes bougies en surnombre ne sont plus qu&rsquo;un souvenir et elles ne fleuriront plus, comme avant, ce que nous portons dans nos c&oelig;urs.&nbsp;<\/p>\n<p>\t&lsquo;&hellip;BAR YOHAI&hellip;&sect;&sect;&sect;&sect;&sect;&sect;&sect;&hellip;.&rsquo;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA TAL&rsquo;YA &#8211;&nbsp;La mont&eacute;e &agrave; l&rsquo;ancien cimeti&egrave;re de l&#39;avenue de Londres &agrave; la m&eacute;moire du grand Rebbi HAI TAIEB LO MET z&rsquo;al.&nbsp; &nbsp; par Breitou &nbsp; Il y a des circonstances louables, des anciens souvenirs avouables qui remontent &agrave; la surface.&nbsp; Je suis de ceux qui n&rsquo;ont pas le pied facile, non point que j&rsquo;ai&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18541,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[52,14,17,13,1],"tags":[],"class_list":["post-7865","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-londres","category-paris","category-souvenirs","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7865","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7865"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7865\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7865"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7865"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7865"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}