{"id":7923,"date":"2013-12-10T01:04:52","date_gmt":"2013-12-10T01:04:52","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=7923"},"modified":"2013-12-10T01:04:52","modified_gmt":"2013-12-10T01:04:52","slug":"et-ce-fut-la-fin-du-cauchemar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/et-ce-fut-la-fin-du-cauchemar\/","title":{"rendered":"Et ce fut la fin du cauchemar"},"content":{"rendered":"<p>\n\tEt ce fut la fin du cauchemar<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt un vendredi du mois de mai 43, vers treize heures&hellip;&nbsp;<\/p>\n<div>\n<div>\n<div id=\"id_52696f2dc63857d52382087\">\n<p>\n\t\t\t\tSieste de Tunis. Silence, interrompu par le craquement des roues des fiacres sur les pav&eacute;s, par de rares cris des marchands ambulants de sorbets ou de citronnades.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEt de nouveau le silence, inhabituel, la moiteur. Au plafond de cette troisi&egrave;me chambre de l&rsquo;appartement de M&eacute;m&eacute;, o&ugrave; je me trouve, les ombres projet&eacute;es et ray&eacute;es des persiennes du balcon, se mouvant en sens contraires des v&eacute;hicules de la rue, qui en sont l&rsquo;origine, me fascinent.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJe m&rsquo;approche de la fen&ecirc;tre. A travers les lamelles des persiennes, une vision toujours pr&eacute;sente, nette, surnaturelle&hellip;L&rsquo;immeuble d&rsquo;en face s&rsquo;est d&eacute;plac&eacute; ; il touche presque notre balcon ! Je recule effray&eacute;, perplexe. C&rsquo;est, en fait, le premier tank anglais qui arrive, pour lib&eacute;rer Tunis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCouleur sable, si &eacute;norme qu&rsquo;il occupe toute notre rue. Au raz de nos pots de fleurs, il avance lentement, presque sans bruit. Son allure devait &ecirc;tre plus rapide, dans le d&eacute;sert libyen, &agrave; la poursuite de Rommel.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUne br&egrave;ve rafale de mitrailleuse met fin &agrave; la guerre d&rsquo;un soldat italien, qui tente de s&rsquo;enfuir et, de la librairie anglaise, sort, comme d&rsquo;un roman d&rsquo;Agatha Christie, une lady impeccable, en robe longue jusqu&rsquo;aux chevilles, coiff&eacute;e d&rsquo;un bonnet de dentelle, et qui expliquera, dans leur langue, aux militaires, &eacute;tonn&eacute;s, les positions allemandes dans la ville. Elles seront prises &agrave; revers et Tunis tombera comme un fruit m&ucirc;r, sans le moindre coup de feu.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDes incendies, autour de la ville, avaient &eacute;t&eacute; provoqu&eacute;s par les allemands eux-m&ecirc;mes, qui, dans leur fuite, ne voulaient rien laisser d&rsquo;utile aux vainqueurs. Il &eacute;tait r&eacute;jouissant de voir avec quelle vitesse, les v&eacute;hicules allemands, la veille, allaient pr&eacute;cipiter des dizaines de milliers de futurs prisonniers dans la sourici&egrave;re du Cap Bon.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEt ce fut la fin du cauchemar. Le soir m&ecirc;me un d&eacute;fil&eacute; militaire, m&ecirc;lant Anglais, Indiens, N&eacute;o-z&eacute;landais, Australiens, bref, tout le Commonwealth, et troupes am&eacute;ricaines, nous fit sentir ce qu&rsquo;&eacute;tait une foule en d&eacute;lire et en liesse. (J&rsquo;y penserai lors de l&rsquo;arriv&eacute;e de Bourguiba, apr&egrave;s son exil, chevauchant un cheval bai, sur l&rsquo;Avenue Jules Ferry). De l&agrave;, date mon hostilit&eacute; au d&eacute;samour et &agrave; l&rsquo;ingratitude de bien des fran&ccedil;ais, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des Etats-Unis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&hellip;.Source &laquo; Inventaire &raquo; &#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tpar Max GALULA..<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et ce fut la fin du cauchemar &nbsp; Et un vendredi du mois de mai 43, vers treize heures&hellip;&nbsp; Sieste de Tunis. Silence, interrompu par le craquement des roues des fiacres sur les pav&eacute;s, par de rares cris des marchands ambulants de sorbets ou de citronnades. Et de nouveau le silence, inhabituel, la moiteur. 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