{"id":8005,"date":"2014-01-01T00:13:33","date_gmt":"2014-01-01T00:13:33","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8005"},"modified":"2014-01-01T00:13:33","modified_gmt":"2014-01-01T00:13:33","slug":"paris-miami-lechappee-belle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/paris-miami-lechappee-belle\/","title":{"rendered":"Paris-Miami, l&rsquo;\u00e9chapp\u00e9e belle"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tParis-Miami, l&#39;&eacute;chapp&eacute;e belle<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPar&nbsp;Maurin Picard<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tEn Floride, les exil&eacute;s fran&ccedil;ais, s&eacute;duits par le dynamisme de cette ville jeune et cosmopolite, se comptent par dizaines de milliers. Un ph&eacute;nom&egrave;ne qui s&#39;acc&eacute;l&egrave;re.<\/p>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tUn chapelet d&#39;&icirc;lots paradisiaques, cern&eacute;s d&#39;eaux bleu lagon, d&eacute;file sous les ailes du Boeing. Lov&eacute;e dans son &eacute;crin aquatique, Miami, l&#39;envo&ucirc;tante et ensorceleuse ville de<a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/floride\" target=\"\">Floride<\/a>, resplendit au soleil de novembre. Pour les exil&eacute;s climatiques fuyant les frimas du Vieux Continent, le coup de foudre est imm&eacute;diat. Le clich&eacute; d&#39;une cit&eacute; avachie, &agrave; l&#39;indolence toute carib&eacute;enne, vole en &eacute;clats au premier regard. De downtown surgit une for&ecirc;t de gratte-ciel scintillants bord&eacute;e de palmiers, &eacute;tonnamment hospitali&egrave;re et travers&eacute;e par une brise l&eacute;g&egrave;re venue de la baie de Biscayne.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes Fran&ccedil;ais adorent. De Paris, les vols affichent complet. Dans le flot, les habituels touristes c&ocirc;toient, c&#39;est nouveau, les candidats discrets mais toujours plus nombreux &agrave; l&#39;&eacute;migration en bonne et due forme. &laquo;Depuis deux ans, cela d&eacute;passe l&#39;entendement&raquo;, observe Elizabeth Gazay, de l&#39;agence immobili&egrave;re Barnes, surprise par cet afflux massif de compatriotes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCombien sont-ils &agrave; sauter le pas? Difficile &agrave; dire. Il y aurait 30.000 &agrave; 40.000 Fran&ccedil;ais &agrave; Miami, pour seulement 11.000 inscrits au consulat de France. Cette &eacute;chapp&eacute;e belle traverse tous les courants de la soci&eacute;t&eacute;: entrepreneurs, m&eacute;decins, ing&eacute;nieurs, galeristes d&#39;art, collectionneurs, restaurateurs, artistes, couples et familles de plus en plus jeunes, attir&eacute;s par le soleil, un ciel uniform&eacute;ment bleu et l&#39;&eacute;nergie vitale d&#39;une ville en pleine expansion, au carrefour de l&#39;Am&eacute;rique du Nord, du Sud et de la Cara&iuml;be.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Miami, c&#39;est la France du Second Empire: il y a une euphorie immobili&egrave;re, financi&egrave;re, culturelle&raquo;, avance H&eacute;l&egrave;ne Lamarque, directrice d&#39;une galerie d&#39;art dans Wynwood, quartier arty aux fresques murales spectaculaires, symbole du renouveau de Miami, bouillonnant chantier &agrave; ciel ouvert avec ses 171&nbsp;&nbsp;projets de tours futuristes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&#39;engouement fran&ccedil;ais pour la belle ambitieuse de Floride, lui, s&#39;est accru avec la pression fiscale dans l&#39;Hexagone. La campagne pr&eacute;sidentielle de 2012, et son haro sur les plus ais&eacute;s, a laiss&eacute; des traces parmi les entrepreneurs, stigmatis&eacute;s pour leur aptitude &agrave; &laquo;faire de l&#39;argent&raquo;, rel&egrave;ve Bernard Paran, de l&#39;agence immobili&egrave;re Col&shy;lin&#39;s. Le&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/2013\/08\/02\/20002-20130802ARTFIG00298-pour-les-francais-la-situation-economique-s-aggrave.php\" target=\"\">ras-le-bol croissant de la conjoncture &eacute;conomique<\/a>et du climat politique a accouch&eacute; d&#39;une envie franche et massive d&#39;aller voir ailleurs. &laquo;Il y a une volont&eacute; de changer d&#39;air, opine Elizabeth Gazay, de vivre quelque chose de nouveau et de d&eacute;couvrir le monde avec ses enfants.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;La France, c&#39;est stressant&raquo;, rench&eacute;rissent Shannon et Gabriel Castrec, un couple franco-am&eacute;ricain, qui a choisi de quitter Nantes pour s&#39;installer &agrave; Miami. Fatigu&eacute;s des tensions permanentes, des b&acirc;tons dans les roues, de la bureaucratie hexagonale et de ses petites bassesses et munis de leur seule bonne volont&eacute;, ils ont fait le pari d&#39;ouvrir un restaurant dans le quartier de Coral Gables. Ouvert d&eacute;but 2012, le Frenchie&#39;s American Diner ne d&eacute;semplit plus, comme les avions d&#39;Air France, par la gr&acirc;ce d&#39;une cuisine simple et excellente et de critiques dithyrambiques. &laquo;Ici, on peut vivre comme on veut, travailler aux heures que l&#39;on veut, on ne risque plus de se faire regarder de travers si l&#39;on r&eacute;ussit&raquo;, sourit Gabriel, conquis et ravi d&#39;avoir saut&eacute; le pas.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa magie op&egrave;re sur les plus r&eacute;calcitrants et fait tomber les pr&eacute;jug&eacute;s vis-&agrave;-vis d&#39;un coin d&#39;Am&eacute;rique que l&#39;on disait livr&eacute; aux retrait&eacute;s. Surprise, l&agrave; encore. Miami est une ville jeune et cosmopolite: &laquo;La maquette du monde du futur&raquo;, confirme H&eacute;l&egrave;ne Lamarque.<\/p>\n<p>\n\t\t\tO&ugrave; donc vivent ces Fran&ccedil;ais si heureux et si libres d&#39;entreprendre? Pas de jaloux au paradis: tous les quartiers sont concern&eacute;s, des plus historiques aux plus r&eacute;cents, de la luxuriante Coconut Grove, au sud, &agrave; la tr&egrave;s tendance Buena Vista plus au nord, en passant par les luxueux condos de downtown et les belles propri&eacute;t&eacute;s de Miami Beach.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEt, surprise, les Fran&ccedil;ais sont plut&ocirc;t appr&eacute;ci&eacute;s. Dans cette ville &agrave; forte coloration hispanique, cela tient pour partie &agrave; ces &eacute;lites sud-am&eacute;ricaines, qui ont jadis fr&eacute;quent&eacute; les lyc&eacute;es fran&ccedil;ais de leur pays d&#39;origine et en ont conserv&eacute; une francophilie sinc&egrave;re. Avec leurs rendez-vous culturels et gastronomiques, les French Weeks, organis&eacute;es pour la sixi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive par la chambre de commerce franco-am&eacute;ricaine de Floride (FACC), ont fait le plein de visiteurs en novembre. &Agrave; Buena Vista, le Bistro et le Deli des restaurateurs Claude Postel et Corentin Finot drainent une client&egrave;le croissante, attir&eacute;e tout autant par les r&eacute;alisations du premier, truculent ma&icirc;tre chocolatier &agrave; l&#39;inimitable accent frenchy, que par la chaleur proverbiale du second. &laquo;C&#39;est la French touch qui pla&icirc;t aux Am&eacute;ricains, et qui les fid&eacute;lise&raquo;, explique Corentin, tout occup&eacute; &agrave; saluer les habitu&eacute;s du lieu entre deux livraisons de victuailles.<\/p>\n<aside>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo; Miami, c&#39;est la Francedu Second Empire&thinsp;: il y a une euphorie immobili&egrave;re, financi&egrave;re, culturelle &raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\tH&eacute;l&egrave;ne Lamarque, directrice d&#39;une galerie d&#39;art dans Wynwood<\/p>\n<\/aside>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; deux pas de l&agrave;, un quartier entier sort de terre enti&egrave;rement d&eacute;di&eacute; au luxe et appel&eacute; de ses v&oelig;ux par&nbsp;<a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/lvmh\" target=\"\">LVMH<\/a>. &laquo;L&#39;&eacute;mergence du Design District (c&#39;est son nom), comme celle du port encore modeste de Miami, va h&acirc;ter la m&eacute;tamorphose de la ville&raquo;, pr&eacute;dit Isabelle Hudina, repr&eacute;sentante du maroquinier Longchamp, autre symbole du &laquo;chic&raquo; &agrave; la fran&ccedil;aise. Le &laquo;made in France&raquo; reste un produit vendeur, comme l&#39;illustre l&#39;&eacute;mergence d&#39;une cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision francophone, Canal Bleu, fond&eacute;e par Charly Nestor, ex-animateur du PAF lui aussi &eacute;tabli sous les cocotiers.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDe lyc&eacute;e fran&ccedil;ais, en revanche, point de trace, ce qui a parfois le don d&#39;interloquer les nouveaux arrivants, certains de pouvoir scolariser leurs enfants dans un de ces &eacute;tablissements de renom. L&#39;offre scolaire francophone &laquo;a fait un bond remarquable&raquo;, corrige volontiers Sophie Jamet, pr&eacute;sidente de l&#39;association&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.fipamiami.org\/fr\/\" target=\"_blank\">Fipa<\/a>&nbsp;(French International Program Association), qui oriente les familles vers les quatre &eacute;coles &eacute;tablissements publics dispensant un enseignement en fran&ccedil;ais. 800 enfants en b&eacute;n&eacute;ficient &agrave; l&#39;heure actuelle, dont 450 petits Fran&ccedil;ais. Et les places sont ch&egrave;res: victimes de leur succ&egrave;s, toutes ces &eacute;coles refusent d&eacute;sormais du monde &agrave; l&#39;entr&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes chausse-trapes, en outre, sont nombreuses pour les plus na&iuml;fs ou les plus pr&eacute;somptueux, c&#39;est selon, dans leurs aspirations immobili&egrave;res ou leur qu&ecirc;te de la sacro-sainte carte verte, faute de projet professionnel bien ficel&eacute; ou de reins suffisamment solides financi&egrave;rement. &laquo;200.000&nbsp;dollars ne garantissent plus un superbe appartement avec vue sur la mer&raquo;, pr&eacute;cise Marie-Charlotte Piro, de l&#39;agence MC2 Realty. Avec ses pairs, elle vient de fonder la&nbsp;<a href=\"http:\/\/fpimiami.org\/\" target=\"_blank\">F&eacute;d&eacute;ration des professionnels de l&#39;immobilier de Miami<\/a>&nbsp;(FPIM), qui se donne pour ambition d&#39;accompagner les candidats &agrave; l&#39;implantation et de les avertir des pi&egrave;ges nombreux li&eacute;s &agrave; l&#39;inflation grandissante. Mieux vaut soupeser sa d&eacute;cision avant le grand d&eacute;part.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMiami, ville-monde vorace et press&eacute;e, dig&egrave;re des vagues d&#39;immigration, douche les espoirs des plus fragiles, fait et d&eacute;fait les fortunes, comme New York ou Duba&iuml; avant elle. C&#39;est aux nouveaux arrivants, Fran&ccedil;ais et consorts, de comprendre les r&egrave;gles du jeu. &laquo;L&#39;enjeu en vaut la chandelle, sourit H&eacute;l&egrave;ne Lamarque. C&#39;est le moment ou jamais de venir.&raquo;<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t\t\tThibault de Saint Vincent, pr&eacute;sident de Barnes Immobilier<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Miami est une ville o&ugrave; personne ne vous attend; sauf pour prendre vos dollars. Si vous arrivez avec l&#39;intention de placer votre argent et de dormir tranquille au soleil, c&#39;est rat&eacute;. En revanche, si vous avez envie de bosser comme un malade, le r&ecirc;ve am&eacute;ricain est &agrave; votre port&eacute;e.&raquo; Tout juste quinquag&eacute;naire, pr&eacute;sident de la soci&eacute;t&eacute; immobili&egrave;re Barnes, Thibault de Saint Vincent a d&eacute;barqu&eacute; ici il y a dix ans. S&eacute;duit par la douceur enchanteresse&nbsp;de l&#39;&icirc;le de Key Biscayne, cet entrepreneur dans l&#39;&acirc;me a r&eacute;alis&eacute; un r&ecirc;ve de jeunesse en s&#39;y installant avec sa femme et ses quatre enfants. Apr&egrave;s avoir pass&eacute; sa licence d&#39;agent immobilier -&laquo;il faut continuer &agrave; faire ce que l&#39;on sait faire&raquo;-, cet ex-&eacute;tudiant de Dauphine dirige aujourd&#39;hui une &eacute;quipe d&#39;une trentaine de collaborateurs. Lucide sur les dangers de ce paradis ensoleill&eacute; aux allures de Far West, il conseille les nombreux Fran&ccedil;ais qui traversent aujourd&#39;hui l&#39;Atlantique. Sa client&egrave;le compte autant de jeunes dynamiques que de retrait&eacute;s assagis. Apr&egrave;s une crise terrible en 2006, le march&eacute; immobilier s&#39;est repris depuis mi-2011. &nbsp;Une maison les pieds dans l&#39;eau qui valait un million de dollars en vaut d&eacute;sormais &nbsp;le double; pour un appartement, comptez environ 7000&nbsp;dollars le m&egrave;tre carr&eacute;. Selon le dirigeant de Barnes, le mouvement devrait s&#39;amplifier.&raquo;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris-Miami, l&#39;&eacute;chapp&eacute;e belle &nbsp; Par&nbsp;Maurin Picard En Floride, les exil&eacute;s fran&ccedil;ais, s&eacute;duits par le dynamisme de cette ville jeune et cosmopolite, se comptent par dizaines de milliers. Un ph&eacute;nom&egrave;ne qui s&#39;acc&eacute;l&egrave;re. Un chapelet d&#39;&icirc;lots paradisiaques, cern&eacute;s d&#39;eaux bleu lagon, d&eacute;file sous les ailes du Boeing. 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