{"id":8013,"date":"2014-01-03T04:14:09","date_gmt":"2014-01-03T04:14:09","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8013"},"modified":"2014-01-03T04:14:09","modified_gmt":"2014-01-03T04:14:09","slug":"tunisie-attention-a-la-colere-des-affames","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-attention-a-la-colere-des-affames\/","title":{"rendered":"Tunisie : Attention \u00e0 la col\u00e8re des affam\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>\n\tAttention &agrave; la col&egrave;re des affam&eacute;s<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPar Mourad El Hattab<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tOn peut affirmer, preuves chiffr&eacute;es &agrave; l&rsquo;appui, qu&rsquo;une frange de tunisiens n&rsquo;arrive plus, aujourd&rsquo;hui, &agrave; subvenir &agrave; ses besoins alimentaires de base. Le risque est de taille mais il est largement sous estim&eacute;. La pauvret&eacute;, la faim et ce qui en d&eacute;coule comme sentiment de frustration entra&icirc;nent la col&egrave;re. Les r&eacute;actions des affam&eacute;s sont ravageuses, cassantes et destructrices.<\/p>\n<p>\tC&rsquo;est peut-&ecirc;tre, pour la premi&egrave;re fois, qu&rsquo;on &eacute;voque dans notre pays le probl&egrave;me de la faim, et pour cause, le taux de pauvret&eacute; en Tunisie s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve actuellement &agrave; 24,7%. Ce taux a &eacute;t&eacute; &eacute;tabli selon des standards qui fixent le seuil de la pauvret&eacute; uniquement en tenant compte du revenu (2 dollars U.S par jour et par t&ecirc;te d&rsquo;habitant).&nbsp;<\/p>\n<p>\tL&#39;indice de pauvret&eacute; en question n&rsquo;est pas multidimensionnel puisqu&rsquo;il ne prend pas en consid&eacute;ration plusieurs param&egrave;tres &agrave; l&rsquo;instar de la l&rsquo;habillement, de l&rsquo;habitat, des ann&eacute;es de scolarit&eacute;, de l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;eau potable, de la possession de biens mobiliers, etc.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAu vu de ces &eacute;l&eacute;ments, la Tunisie est class&eacute;e, pr&eacute;sentement, dans la carte de la faim dans le monde de l&rsquo;Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture (FAO) dans la cat&eacute;gorie 1 sur 5 en termes d&rsquo;existence de populations en sous alimentation. En 2000, on n&rsquo;&eacute;tait pas class&eacute;. Actuellement, le pays est proche de quelques zones africaines, de l&rsquo;Am&eacute;rique latine et m&ecirc;me de certaines r&eacute;gions du Sud-est asiatique.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa probl&eacute;matique tunisienne<\/p>\n<p>\tSelon La FAO, la pr&eacute;valence de la malnutrition s&rsquo;est situ&eacute;e en Tunisie, durant la p&eacute;riode, 2011-2013, dans la fourchette statistique de 5%. La malnutrition est d&eacute;finie par plusieurs chercheurs, sp&eacute;cifiquement, en Tunisie, par rapport &agrave; la quantit&eacute; limite de nourriture disponible par habitant et par jour en minimum de 2200 calories, la faim chronique correspond quant &agrave; elle &agrave; un seuil inf&eacute;rieur &agrave; 1500 calories.<\/p>\n<p>\tSelon les approches &eacute;conom&eacute;triques, en Tunisie une ration alimentaire limite compos&eacute;e &agrave; partir des produits usuellement consomm&eacute;es se d&eacute;crit selon les pond&eacute;rations suivantes : 62% de calories glucides, 28% de calories lipidiques et de 10% de calories protidiques. A partir de l&rsquo;adossement de ces coefficients aux prix courants des aliments de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;, la ration co&ucirc;te dans les environs de 3 dinars et 583 millimes.<\/p>\n<p>\tRevenant maintenant aux derniers chiffres de l&rsquo;Institut national de la statistique, le seuil de pauvret&eacute; extr&ecirc;me, a &eacute;t&eacute; fix&eacute;, en 2010, &agrave; 757 dinars par an et par individu dans les grandes villes contre 571 dinars dans les zones rurales, ainsi 75,4% de la population en extr&ecirc;me pauvret&eacute; est dans une situation de sous alimentation.<\/p>\n<p>\tSi on prend en compte les m&eacute;nages dans la pauvret&eacute; aux sens sup&eacute;rieur et limite, le taux sera de 48,7%. Ceci dit, 1 million 287 mille Tunisiens souffrent de la sous alimentation, ceux qui souffrent de difficult&eacute;s graves et chroniques pour subvenir &agrave; leurs besoins organiques sont 1 million 928 mille.<\/p>\n<p>\tBien &eacute;videmment, les causes de cette situation sont multiples et reli&eacute;es, elles peuvent &ecirc;tre synth&eacute;tis&eacute;es en deux types d&rsquo;inaccessibilit&eacute; : l&rsquo;inaccessibilit&eacute; &eacute;conomique, quand la nourriture est disponible mais trop on&eacute;reuse et l&rsquo;inaccessibilit&eacute; physique ou g&eacute;ographique, quand la nourriture n&rsquo;est simplement pas abondante. Ces deux types d&rsquo;inaccessibilit&eacute; trouvent leurs causes essentiellement dans le manque de d&eacute;bouch&eacute;s pour les cultures locales, l&rsquo;urbanisation anarchique, le d&eacute;r&egrave;glement des syst&egrave;mes d&rsquo;approvisionnement, l&rsquo;ampleur de la dette ext&eacute;rieure et la d&eacute;pendance alimentaire.<\/p>\n<p>\tA cela se sont ajout&eacute;s en Tunisie, les effets du choc des &eacute;v&eacute;nements du 14 janvier 2011 ayant entra&icirc;n&eacute; le d&eacute;labrement des structures de r&eacute;gulation, le chaos &eacute;conomique, la dislocation de secteurs cl&eacute;s tels que l&rsquo;agriculture et le tourisme en plus d&rsquo;une &laquo;gouvernance&raquo; sociale inqualifiable.<\/p>\n<p>\tLes cons&eacute;quences de la sous-alimentation compromettent le d&eacute;veloppement physiologique, elles constituent une entrave au processus d&rsquo;apprentissage, r&eacute;sultant en une accumulation de difficult&eacute;s scolaires, elles entra&icirc;nent des pertes de productivit&eacute;, un manque &agrave; gagner &eacute;conomique en terme global et des troubles associ&eacute;s et elles occasionnent d&rsquo;importants co&ucirc;ts de sant&eacute;.&nbsp;<\/p>\n<p>\tRisques encourus<\/p>\n<p>\tAmn&eacute;siques ou en perte de connaissance des signaux d&eacute;clencheurs des r&eacute;voltes de la pauvret&eacute; et de la faim, nos &laquo;officiels&raquo; montrent une arrogance et une attitude choquantes. Ils pr&eacute;tendent ma&icirc;triser toutes les situations &eacute;conomiques et sociales et qu&rsquo;importe la condition d&rsquo;&eacute;crasement des classes vuln&eacute;rables condamn&eacute;es depuis une certaine p&eacute;riode &agrave; un silence qui pr&eacute;c&egrave;de, g&eacute;n&eacute;ralement, les temp&ecirc;tes.<\/p>\n<p>\tEn premi&egrave;re composition, rappelons qu&rsquo;hier comme aujourd&#39;hui la succession des faits para&icirc;t se d&eacute;ployer selon une trame in&eacute;vitablement analogue. Quand les &eacute;meutes d&eacute;bordent, c&#39;est in&eacute;luctablement &agrave; la suite d&#39;une annonce d&rsquo;augmenter les prix des produits alimentaires de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute; et similaires qui sont couramment subventionn&eacute;s par le biais du syst&egrave;me budg&eacute;taire de compensation pour r&eacute;tablir l&rsquo;&laquo;authenticit&eacute;&raquo; des prix.<\/p>\n<p>\tL&rsquo;application d&rsquo;une &laquo;politique d&#39;assainissement et d&#39;aust&eacute;rit&eacute;&raquo; &agrave; tort pr&eacute;sent&eacute;e comme dict&eacute;e au pied de la lettre par les organisations dites d&#39;aide internationale motiv&eacute;e, largement, les d&eacute;cisions pr&eacute;cit&eacute;es pour soi-disant essayer d&rsquo;&eacute;viter une d&eacute;claration en faillite suite &agrave; un surendettement externe, un service de la dette insoutenable et des effets conjugu&eacute;s d&rsquo;augmentation des taux d&#39;int&eacute;r&ecirc;t et de d&eacute;pr&eacute;ciation vertigineuse de la monnaie nationale.<\/p>\n<p>\tEn deuxi&egrave;me constatation, &agrave; d&eacute;faut de m&eacute;canismes de r&eacute;gulation visant un apaisement social artificiel, dans les conditions pr&eacute;cit&eacute;es, se heurtent &agrave; un &eacute;l&eacute;ment important li&eacute; &agrave; la valeur de la reproduction de la force de travail et ce, dans un contexte de contradiction flagrante entre la gestion d&rsquo;une pression financi&egrave;re ext&eacute;rieure permanente et une volont&eacute; d&rsquo;apparence &laquo;folklorique&raquo; pour convaincre les populations que tout ce qui se fait est motiv&eacute; dans le souci de garantir leur bien-&ecirc;tre moyennant sacrifice.<\/p>\n<p>\tAinsi, on peut d&eacute;duire que les &eacute;meutes de la faim sont r&eacute;v&eacute;latrices de la question paradoxale de l&rsquo;abandon de la souverainet&eacute; nationale, d&rsquo;une part, et de la renonciation aux besoins de la reproduction de la force nationale du travail, d&rsquo;autre part.<\/p>\n<p>\tEnfin, C&#39;est &eacute;galement &agrave; l&#39;occasion des insurrections souvent impr&eacute;visibles des pauvres et des affam&eacute;s que la politique nationale des prix et salaires contre revenus et profits perd son apparence d&rsquo;une ind&eacute;pendance d&eacute;guis&eacute;e et d&eacute;voile sa subordination &eacute;troite &agrave; la dialectique globale d&#39;un syst&egrave;me international qui d&eacute;passe et dirige les infra-syst&egrave;mes de certains pays.<\/p>\n<p>\tAu c&oelig;ur de l&rsquo;&eacute;quivoque, il y a bien entendu la remise en cause du syst&egrave;me de gouvernance, sa constitution, ses fonctions par rapport au parall&eacute;lisme entre les sommations du capital financier international et les alternatives de serrer la consommation des populations pour conserver le syst&egrave;me de ponction rentier. La mission des &laquo;dirigeants&raquo; se r&eacute;sume donc &agrave; la d&eacute;possession des producteurs de leurs moyens de subsistance, mais aussi la d&eacute;possession de l&#39;Etat de ses moyens d&rsquo;agir ..<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Attention &agrave; la col&egrave;re des affam&eacute;s &nbsp; Par Mourad El Hattab On peut affirmer, preuves chiffr&eacute;es &agrave; l&rsquo;appui, qu&rsquo;une frange de tunisiens n&rsquo;arrive plus, aujourd&rsquo;hui, &agrave; subvenir &agrave; ses besoins alimentaires de base. Le risque est de taille mais il est largement sous estim&eacute;. 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