{"id":8239,"date":"2015-05-20T00:14:16","date_gmt":"2015-05-20T00:14:16","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8239"},"modified":"2015-05-20T00:34:57","modified_gmt":"2015-05-20T00:34:57","slug":"le-mariage-de-fatma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-mariage-de-fatma\/","title":{"rendered":"Le mariage de Fatma"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tLe mariage de Fatma<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tLes bombes de l&rsquo;aviation allemande &eacute;branlaient notre ville qui jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent n&rsquo;avait jamais connue un seul avion. Je courrais et du coup &nbsp;je me trouvais devant notre maison. Je grimpais h&acirc;tivement les escaliers. La porte de notre logement &eacute;tait grande ouverte. Personne n&#39;&eacute;tait l&agrave;. Il y avait des assiettes sur la table couverte de sa toile cir&eacute;e. Une marmite se trouvait sur le feu de charbon de bois encore vif. Les pantoufles de ma s&oelig;ur tra&icirc;naient dans le couloir.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tTout me paraissait lugubre. Des id&eacute;es sombres s&#39;emparaient de moi. Je me voyais d&eacute;j&agrave; orphelin et abandonn&eacute; &agrave; mon triste sort. Instinctivement, je frappais &agrave; la porte entr&#39;ouverte de nos voisins. Seul m&#39;accueillit un chat dont le regard me fit comprendre qu&#39;il &eacute;tait aussi abandonn&eacute;. Je descendis dans la rue; c&#39;&eacute;tait le vide et le silence. J&#39;eus envie de pleurer et de crier &agrave; la fois. Mais cela ne m&#39;aiderait en rien. Je ne savais que faire. Retourner &agrave; la maison? Aller &agrave; l&#39;&eacute;cole? A la synagogue? A l&#39;&eacute;glise? Je savais qu&#39;il me fallait faire quelque chose mais j&#39;ignorais quoi. Dans la ville d&eacute;sert&eacute;e, je me d&eacute;cidai de me rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, que je consid&eacute;rais comme ma deuxi&egrave;me demeure. Ce fut quand je me dirigeais vers l&#39;&eacute;cole que brusquement l&#39;air que je respirais m&#39;&eacute;tait devenu agr&eacute;able, odorant, humain, mais quelqu&#39;un me suivait. Je me retournai et je devins soudain heureux, tr&egrave;s heureux. Le gracieux visage de mon amie Fatma me souriait. Je sautai &agrave; son cou comme un chien qui retrouve son ma&icirc;tre. Je la serrais fort, je ne voulais plus me d&eacute;tacher d&#39;elle. Elle me laissa faire puis apr&egrave;s un moment son regard noble et franc se fixa sur moi, je compris alors qu&#39;il m&#39;apportait la vie, qu&#39;il renfermait le plus grand secret de l&#39;univers. Fatma savait o&ugrave; se trouvait ma m&egrave;re. &laquo;Va chez ta maman, me dit-elle, de sa voix caressante, elle est chez ta tante.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tJe me souviens du mariage de Fatma qui s&#39;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute; suivant un rite bien &eacute;tabli, aujourd&#39;hui bien diff&eacute;rent; il a subi comme tant d&#39;autres choses l&#39;&eacute;volution rapide des temps pr&eacute;sents. Les fian&ccedil;ailles &eacute;taient d&eacute;cid&eacute;es par les parents; les futurs &eacute;poux ne se connaissaient pas jusqu&#39;&agrave; la nuit de noces; les diff&eacute;rences d&#39;&acirc;ge &eacute;taient fr&eacute;quentes; les parents n&#39;y attachaient pas d&#39;importance; seul l&#39;int&eacute;r&ecirc;t primait.<\/p>\n<p>\n\t\tQuelques mois avant que la guerre n&#39;&eacute;clate, Fatma et moi jouions dans la cour. Elle portait une robe imprim&eacute;e de feuilles vertes qui ajoutait un quelque chose &agrave; sa charmante silhouette. Son visage &eacute;tait rond comme un bouton de rose pr&ecirc;t &agrave; s&#39;&eacute;panouir. Ses bras &eacute;taient charnus. Ses longs cheveux tress&eacute;s &eacute;taient noirs comme les nuits des mois d&#39;hiver. Elle respirait la sant&eacute;. Elle &eacute;tait insouciante. Elle &eacute;tait le type de l&#39;enfance innocente. Alors que nous jouions, sa m&egrave;re l&#39;appela pour lui annoncer ses fian&ccedil;ailles qui venaient d&#39;&ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;es par son p&egrave;re et celui de son futur mari. Elle me revint toute boulevers&eacute;e, pr&ecirc;te &agrave; pleurer, un voile de larmes commen&ccedil;ait &agrave; envelopper son beau regard.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tElle garda cependant son calme pour me dire: &laquo;Nous devons cesser de jouer.&raquo; Elle devait dire adieu &agrave; nos jeux et &agrave; l&#39;&eacute;cole aussi. Toute sa vie devait changer. Elle me quitta brusquement en courant vers sa chambre. Je la suivis. Elle pleurait d&eacute;j&agrave;. J&#39;essayais de la consoler sans savoir pourquoi je le faisais. &laquo;C&#39;est fini nous deux, nous ne pourrons plus jouer. Je dois devenir une femme et plus tard une maman.&raquo; Je ne r&eacute;alisais pas pourquoi son mariage devait interrompre nos relations. Et puis je ne voyais gu&egrave;re Fatma maman. Elle caressait sa poup&eacute;e comme pour lui dire adieu. Demain, ce sera son mari qu&#39;elle devra caresser avec soumission. Comment s&#39;opposer &agrave; la d&eacute;cision de son p&egrave;re? Il fallait qu&#39;elle lui ob&eacute;isse. Elle ne pouvait m&ecirc;me pas donner son avis. C&#39;&eacute;tait conclu entre les p&egrave;res, c&#39;&eacute;tait donc d&eacute;finitif et sans appel. Elle devait aimer son mari malgr&eacute; tout et malgr&eacute; son jeune &acirc;ge qui avait encore besoin de tendresse qu&#39;elle devait d&eacute;j&agrave; dispenser &agrave; son tour. On l&#39;arrachait brutalement, sans &eacute;tape interm&eacute;diaire, &agrave; sa vie d&#39;enfant.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tJe souffrais pour elle et avec elle. Je ne pouvais rien faire pour l&#39;aider, pour la d&eacute;fendre. Etait-il possible de ne plus revoir Fatma, ma compagne de jeux et ma compagne tout court&nbsp;? Une fois mari&eacute;e, c&#39;&eacute;tait une vie clo&icirc;tr&eacute;e qui l&#39;attendait, isol&eacute;e de tous, sauf des femmes bien plus &acirc;g&eacute;es qu&#39;elle et avec lesquelles elle ne pouvait avoir quoi que ce soit de commun. &laquo;Toi, me dit-elle, tu as de la chance, d&#39;abord tu es un gar&ccedil;on et puis tu es juif, tu pourras donc plus tard voir, parler et fr&eacute;quenter celle qui partagera ta vie.&raquo; On l&#39;enviait mais elle &eacute;tait pr&ecirc;te &agrave; c&eacute;der ce fianc&eacute; qu&#39;elle n&#39;avait jamais vu ni connu. J&#39;entendais les a&icirc;n&eacute;s dire: &laquo;Elle apprendra &agrave; aimer son mari.&raquo; Comme si ce ne pouvait &ecirc;tre autrement.&nbsp; Comme si l&#39;amour s&#39;apprenait&nbsp;; comme si l&#39;amour et les sentiments &eacute;taient deux choses diff&eacute;rentes.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tNotre rue avait v&eacute;cu dans la joie et la gaiet&eacute; pendant les sept jours qui pr&eacute;c&eacute;d&egrave;rent le mariage. Des caravanes de chevaux apportaient le trousseau de Fatma, command&eacute; par son p&egrave;re. Le degr&eacute; social de la mari&eacute;e s&#39;&eacute;valuait d&#39;apr&egrave;s le nombre de chevaux. De grands plateaux de couscous et des moutons entiers d&eacute;filaient pour nourrir les familles venues de loin pour assister au mariage. Toutes les couturi&egrave;res de la ville avaient &eacute;t&eacute; mobilis&eacute;es et travaillaient depuis des mois &agrave; pr&eacute;parer les robes de la mari&eacute;e et celles des invit&eacute;es. Les mariages &eacute;taient pour la jeune f&eacute;minit&eacute; les rares occasions pour exhiber de longues belles robes garnies de broderies. Les femmes se faisaient &eacute;piler le visage et les jambes avec un genre de p&acirc;te pr&eacute;par&eacute;e avec de l&#39;eau chaude, du sucre et du citron; elle &eacute;tait le meilleur produit cosm&eacute;tique que les familles arabes connaissaient et utilisaient Les femmes teintaient leurs cheveux avec du henn&eacute;; elles vernissaient leurs ongles des mains et des pieds. Les fillettes profitaient de cette agitation esth&eacute;tique pour se faire percer les lobes des oreilles.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tAvant le mariage, il y avait la journ&eacute;e du bain turc. Le matin &eacute;tait r&eacute;serv&eacute; aux hommes et l&#39;apr&egrave;s-midi aux femmes. Tous les invit&eacute;s accompagnaient le nouveau couple &agrave; cette c&eacute;r&eacute;monie hygi&eacute;nique.<\/p>\n<p>\n\t\tLes enfants de moins de dix ans, et j&#39;en &eacute;tais, &eacute;taient tol&eacute;r&eacute;s parmi les femmes. C&#39;&eacute;tait l&agrave; que l&#39;on chuchotait pour la premi&egrave;re fois aux oreilles de la jeune mari&eacute;e comment se pratiquait l&#39;acte physique de l&#39;amour. Les femmes, exp&eacute;riment&eacute;es elles, se disputaient l&#39;honneur de donner les meilleurs conseils &agrave; Fatma qui rougissait de honte. Elle &eacute;tait nue comme tout le monde; son corps &eacute;tait potel&eacute;; sa peau semblait douce comme celle d&#39;un b&eacute;b&eacute;. Les femmes ne pr&ecirc;taient pas attention aux jeunes gar&ccedil;ons alors que prenant des attitudes innocentes, nous &eacute;coutions ce qui se disait; et nous ne nous privions pas de temps &agrave; autre de jeter des regards furtifs &agrave; tous ces corps nus. C&#39;est ainsi que nous devenions les espions des hommes qui ne manquaient pas de nous interroger sur ce que nous avions vu et entendu.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tD&egrave;s l&#39;&acirc;ge de dix ans, nous perdions l&#39;avantage du spectacle que les femmes nous offraient Nous devions alors aller au bain avec les hommes qui se couvraient avec de grandes serviettes appel&eacute;es &quot;Fouta&quot;. L&agrave;, l&#39;atmosph&egrave;re &eacute;tait plus s&eacute;rieuse, plus s&eacute;v&egrave;re, du moins pour nous. Quand ils se racontaient des histoires, les hommes prenaient soin de nous &eacute;loigner. Ils se croyaient seuls d&eacute;tenteurs des secrets de la vie que nous connaissions gr&acirc;ce aux femmes. Evidemment nous faisions en sorte de ne rien comprendre &agrave; ces choses alors que nous en savions plus que les hommes pouvaient imaginer. Ils nous savaient au courant ou pas, il n&#39;en est pas moins vrai qu&#39;ils pr&eacute;f&eacute;raient &ecirc;tre dans le doute. En nous &eacute;loignant, les hommes se trompaient sur notre compte mais ils nous trompaient aussi. Et c&#39;est ainsi que le mensonge entrait dans notre vie d&egrave;s notre pubert&eacute;. Nous aussi avions nos secrets que nous &eacute;changions apr&egrave;s les avoir connus soit chez nous, soit chez les voisins, soit ailleurs. Nous &eacute;tions des t&eacute;moins qu&#39;on n&eacute;gligeait et c&#39;est ainsi que nous savions tout ce qui se passait partout. Nous &eacute;tions comme les tout vieux arbres, t&eacute;moins de tant de g&eacute;n&eacute;rations. S&#39;ils pouvaient parler, ils nous apprendraient tant de choses sur nos anc&ecirc;tres. Comme eux, nous nous taisions, nous ne d&eacute;voilions rien, pour ne pas cr&eacute;er des situations tragiques dans les familles.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDiff&eacute;rentes coutumes pr&eacute;c&eacute;daient la c&eacute;r&eacute;monie religieuse, entre autres, celle du henn&eacute; qui consistait &agrave; plaquer sur la main gauche de la mari&eacute;e une pi&egrave;ce d&#39;or enduite de henn&eacute;; toutes &eacute;taient des pr&eacute;sages de bonheur et de f&eacute;licit&eacute;. Les gens qui connaissaient de pr&egrave;s ou de loin les familles des &eacute;poux aspiraient d&#39;&ecirc;tre invit&eacute;s &agrave; la r&eacute;ception finale. Pour le mariage de Fatma, nous l&#39;&eacute;tions, ainsi d&#39;ailleurs que tous les voisins de l&#39;immeuble. Cette r&eacute;ception eut lieu chez les parents du mari&eacute; qui poss&eacute;daient une villa somptueuse. Suivant la coutume, les hommes occupaient une salle, les femmes une autre. Mon jeune &acirc;ge m&#39;autorisait &agrave; circuler ici et l&agrave;. Ma m&egrave;re me conduisit avec elle dans celle des femmes dont les murs &eacute;taient d&eacute;cor&eacute;s de fleurs et de toiles brod&eacute;es. Les invit&eacute;es &eacute;taient assises sur de magnifiques tapis qui recouvraient toute la surface de la salle; elles s&#39;accoudaient sur des coussins de soie ou de velours et se laissaient aller &agrave; leurs comm&eacute;rages. On servait sur des petites tables basses des plateaux de verres de th&eacute; &agrave; la menthe, des g&acirc;teaux au miel et toutes sortes de boissons et friandises. Richement habill&eacute;e de soie et de tulle, Fatma circulait de groupe en groupe, telle une ma&icirc;tresse de maison, et recevait des flots de compliments et de &quot;youyou&quot; Elle &eacute;tait tr&egrave;s belle avec ses grands yeux noirs dont l&#39;expression trahissait &agrave; la fois sa joie et son angoisse.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tQu&#39;allait-elle devenir? Quel sera son destin? Sera-t-elle heureuse? Elle avait &agrave; peine quinze ans, encore une enfant et son mari d&eacute;passait la cinquantaine. Usant de mon droit, je me rendis dans la salle des hommes qui bavardaient les uns debout, les autres assis, tous sirotant leur th&eacute; et grignotant des petits fours ou autres p&acirc;tisseries. M&#39;apercevant, le mari&eacute; qui ne connaissait pas encore sa femme me pressa de la lui d&eacute;crire. &laquo;Est-elle belle? grande? petite? blonde? brune?&raquo; Les questions me g&ecirc;naient; mais la v&eacute;rit&eacute; ne pouvait le d&eacute;cevoir et je r&eacute;pondis: &laquo;Elle est tr&egrave;s belle, d&#39;une taille majestueuse et blanche comme lait<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPlus tard les attractions se d&eacute;roul&egrave;rent dans le vaste jardin illumin&eacute; o&ugrave; seuls &eacute;taient admis les hommes et les femmes &acirc;g&eacute;es; les jeunes femmes et les jeunes filles y assistaient de loin &agrave; travers les fen&ecirc;tres grillag&eacute;es de la villa. Un orchestre accompagnait bruyamment les voix langoureuses des chanteuses orientales. Mais les danseuses du ventre avaient la vedette; elles &eacute;taient habill&eacute;es d&#39;un rien, elles &eacute;taient presque nues et les ondulations de leur corps ajoutaient &agrave; leur charme. Les yeux des hommes &eacute;taient &eacute;blouis par cette abondance de chair femelle.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tC&#39;&eacute;tait elle, Fatma, que j&#39;avais serr&eacute;e si fort dans mes bras le jour du bombardement. Sa silhouette avait chang&eacute; depuis, mais son regard &eacute;tait le m&ecirc;me, &agrave; la fois doux et profond; il exprimait cependant la r&eacute;signation. La guerre n&#39;avait pas r&eacute;ussi &agrave; l&#39;&eacute;mouvoir. Elle &eacute;tait devenue plus sage et remplissait ses devoirs comme toutes les femmes arabes. Elle &eacute;tait fid&egrave;le &agrave; son mari et aux usages. Elle avait gard&eacute; le m&ecirc;me sourire que j&#39;avais connu alors. Ses pupilles brillaient comme l&#39;eau immobile d&#39;un puits. Sa vie se poursuivait comme si rien d&#39;important ne s&#39;&eacute;tait pass&eacute;. Elle avait trouv&eacute; dans son isolement d&#39;&eacute;pouse le calme et la s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. Son comportement m&#39;avait inspir&eacute; la s&eacute;curit&eacute; et la confiance. Depuis, je ne l&#39;ai plus revue comme tant d&#39;autres filles arabes que j&#39;avais connues dans mon enfance.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tBien heureusement aujourd&#39;hui les m&oelig;urs ont chang&eacute;. Les jeunes filles peuvent avoir le visage d&eacute;couvert. Elles b&eacute;n&eacute;ficient d&#39;une &eacute;volution que Fatma aurait appr&eacute;ci&eacute;e en son temps.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tEmileTubiana<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mariage de Fatma &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les bombes de l&rsquo;aviation allemande &eacute;branlaient notre ville qui jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent n&rsquo;avait jamais connue un seul avion. Je courrais et du coup &nbsp;je me trouvais devant notre maison. Je grimpais h&acirc;tivement les escaliers. La porte de notre logement &eacute;tait grande ouverte. Personne n&#39;&eacute;tait l&agrave;. 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