{"id":8253,"date":"2014-02-14T00:25:07","date_gmt":"2014-02-14T00:25:07","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8253"},"modified":"2014-02-14T00:25:07","modified_gmt":"2014-02-14T00:25:07","slug":"lidee-israelienne-est-encore-en-construction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lidee-israelienne-est-encore-en-construction\/","title":{"rendered":"L\u2019id\u00e9e isra\u00e9lienne est encore en construction"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tL&rsquo;id&eacute;e isra&eacute;lienne est encore en construction<\/p>\n<\/header>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPar&nbsp;OLIVIER BERGER<\/p>\n<p itemprop=\"description\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p itemprop=\"description\">\n\tLe melting-pot isra&eacute;lien et l&rsquo;id&eacute;e du sionisme s&rsquo;entrechoquent dans une soci&eacute;t&eacute; en mutation qui s&rsquo;interroge sur sa coh&eacute;sion. Reportage en Isra&euml;l. Face aux probl&egrave;mes &eacute;conomiques et sociaux, les n&eacute;gociations isra&eacute;lo-palestiniennes font presque figure de sujet secondaire&#8230;<\/p>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;La premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration a b&acirc;ti la nation ; la seconde a combattu ; la troisi&egrave;me a r&eacute;ussi &eacute;conomiquement. Nous sommes la quatri&egrave;me et nous avons besoin de d&eacute;finir pourquoi nous vivons ici et pour quoi faire.&nbsp;&raquo; Rachel Azaria est une adjointe au maire de J&eacute;rusalem. Cette jeune m&egrave;re de famille est &agrave; la fois juive orthodoxe et lib&eacute;rale car, en Isra&euml;l, on cherche toujours &agrave; se d&eacute;finir. Par rapport &agrave; l&rsquo;autre, par rapport &agrave; soi-m&ecirc;me. Dans un endroit microscopique et essentiel, centre du monde et des probl&egrave;mes pour les grandes religions, juive, chr&eacute;tienne et musulmane.<\/p>\n<p>\n\t\tSeulement, la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne &eacute;volue beaucoup plus vite que les dogmes. La&nbsp;start-up nation, reine de la haute-technologie &agrave; Tel Aviv ou Ha&iuml;fa, galope vers le futur. Sans attendre les ultra-orthodoxes en noir du quartier de Mea Shearim au nord de J&eacute;rusalem. Sans se pr&eacute;occuper des discriminations envers les arabes isra&eacute;liens de Galil&eacute;e (20 % de la population). Sans vraiment regarder en face l&rsquo;immigration africaine du sud de Tel Aviv, les &Eacute;thiopiens, les Soudanais du Darfour, les &Eacute;rythr&eacute;ens. Sans m&ecirc;me croire &agrave; un r&egrave;glement d&eacute;finitif du conflit isra&eacute;lo-palestinien&nbsp;(lire par ailleurs).<\/p>\n<h2>\n\t\t&nbsp;<\/h2>\n<p>\n\t\t<strong>Une soci&eacute;t&eacute; de tribus ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;L&rsquo;id&eacute;e isra&eacute;lienne est encore en construction&nbsp;&raquo;, convient Jean-Marc Liling, porte-parole de l&rsquo;ONG am&eacute;ricaine&nbsp;Jewish Joint Distribution Committee. Le pays jeune, cr&eacute;&eacute; en 1948, vit un moment charni&egrave;re : &laquo;&nbsp;Veut-on un &Eacute;tat juif, d&eacute;mocratique et inclusif ? Ou une soci&eacute;t&eacute; de tribus qui se m&eacute;fient les unes, des autres ? Ou se combattent les unes, les autres&hellip;&nbsp;&raquo; D&eacute;j&agrave;, la moiti&eacute; des &eacute;l&egrave;ves de CM1-CM2 sont soit juifs ultra-orthodoxes, soit arabes musulmans. Et la d&eacute;mographie ne ment pas.<\/p>\n<p>\n\t\tLa premi&egrave;re apparition de cette mutation de la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne date de la r&eacute;volution des tentes sur le boulevard Rotschild de Tel Aviv en 2011. &laquo;&nbsp;La premi&egrave;re manifestation de masse du pays o&ugrave; il n&rsquo;&eacute;tait pas question de s&eacute;curit&eacute;&nbsp;&raquo;, indique Gilles Darmon, un Fran&ccedil;ais qui fit sonalya&nbsp;(l&rsquo;immigration en &laquo; terre sainte &raquo; des juifs) il y a vingt ans. Une phrase choc pour ce membre de la Commission nationale contre la pauvret&eacute; qui rendra ses conclusions en mars : &laquo;&nbsp;La question du conflit palestinien est en train de devenir secondaire dans la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLe ch&ocirc;mage n&rsquo;existe pas (5,4 % de la population active) mais 24 % des gens vivent en dessous du seuil de pauvret&eacute; : 1,8 million sur un total de 8 dans un petit pays qui grandit trop vite. &laquo;&nbsp;La coh&eacute;sion sociale est un &eacute;l&eacute;ment central pour la survie d&rsquo;Isra&euml;l&nbsp;&raquo;, analyse Gilles Darmon.<\/p>\n<p>\n\t\tLes ONG travaillent depuis vingt ans le champ social &agrave; la place de l&rsquo;&Eacute;tat, plus concentr&eacute; sur la s&eacute;curit&eacute; du pays et le d&eacute;veloppement &eacute;conomique. Ainsi,&nbsp;Joint&nbsp;a con&ccedil;u une cinquantaine de programmes de formations pour remettre sur le march&eacute; du travail les ultra-orthodoxes, pieux mais d&eacute;pass&eacute;s par l&rsquo;augmentation du niveau de vie et le prix de l&rsquo;immobilier. &Agrave; Aled, une ville nouvelle, 7 500 familles pour 43 000 habitants (pr&egrave;s de quatre enfants par foyer en moyenne&hellip;), les religieux, qui consacrent leur vie &agrave; l&rsquo;&eacute;tude de la torah d&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de 10 ans, s&rsquo;ouvrent au travail avec l&rsquo;accord des rabbins. Un&nbsp;call center&nbsp;a vu le jour. Avec ses contraintes : une pi&egrave;ce pour les femmes, une autre pour les hommes&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tPlace Lewinsky, pr&egrave;s de la gigantesque gare centrale (des bus) &agrave; Tel Aviv, un&nbsp;sit-ind&rsquo;immigr&eacute;s africains ram&egrave;ne &agrave; un probl&egrave;me typiquement occidental. Des &Eacute;rythr&eacute;ens et des Darfouris v&eacute;g&egrave;tent dans un &eacute;trange entre-deux, ni r&eacute;fugi&eacute;s ni expulsables. Sans statut. Des &laquo;infiltr&eacute;s&nbsp;&raquo; selon le terme de la rue. Tout juste ne contr&ocirc;le-t-on pas les entreprises employant ces d&eacute;racin&eacute;s ill&eacute;gaux.<\/p>\n<h2>\n\t\t&nbsp;<\/h2>\n<p>\n\t\t<strong>Tensions africaines<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;L&rsquo;Africain est le coupable id&eacute;al&nbsp;&raquo;, r&eacute;sume Oscar, &laquo;&nbsp;un Soudanais du Congo&nbsp;&raquo; comme il dit et activiste de Sha&rsquo;annan, quartier sud et paup&eacute;ris&eacute; de Tel Aviv.<\/p>\n<p>\n\t\tQuelques kilom&egrave;tres plus haut, la bonne soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne s&rsquo;alanguit sur les plages, sous les premiers chauds rayons de soleil de d&eacute;but f&eacute;vrier. Qui annoncent le printemps. L&agrave;, il est facile d&rsquo;oublier l&rsquo;impasse du Hamas et les roquettes de Gaza, les tensions des colonies de Cisjordanie, les chaos de Syrie, du Liban et d&rsquo;Irak, la menace iranienne, la guerre des &Eacute;gyptiens contre Al-Qa&iuml;da dans le d&eacute;sert du Sina&iuml;.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Nous ne savons pas exactement &agrave; quel nouveau Moyen-Orient nous avons affaire et dans quelle direction nous allons avec la guerre entre les chiites et les sunnites. Finalement, au Moyen-Orient, le seul &Eacute;tat-Nation qui reste, c&rsquo;est Isra&euml;l&nbsp;&raquo;, s&rsquo;inqui&egrave;te Ephra&iuml;m Halevi, l&rsquo;ancien directeur de 1988 &agrave; 2002 du c&eacute;l&egrave;bre Mossad, le service de renseignement ext&eacute;rieur isra&eacute;lien.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Si on se consid&egrave;re menac&eacute; par l&rsquo;ext&eacute;rieur et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de coh&eacute;sion sociale, on se retrouve aussi menac&eacute; de l&rsquo;int&eacute;rieur&nbsp;&raquo;, ajoute Jean-Marc Liling. La mosa&iuml;que isra&eacute;lienne, complexe et turbulente, ne se r&eacute;sume pas au conflit avec les Palestiniens et &agrave; la possibilit&eacute; de deux pays imbriqu&eacute;s &agrave; la folie. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une bombe &agrave; retardement. &laquo;&nbsp;Quand la paix sera sign&eacute;e,&nbsp;assure Gilles Darmon, l&rsquo;alliance isra&eacute;lo-palestinienne sera la force la plus dynamique du Moyen-Orient.&nbsp;&raquo; Un beau jour.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<aside role=\"complementary\">\n<div>\n<h2>\n\t\t\tEt le conflit palestinien dans tout &ccedil;a ?<\/h2>\n<p>\n\t\t\tDes milieux d&rsquo;affaires de Ramallah, o&ugrave; si&egrave;ge sur la colline l&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne, aux b&acirc;timents gouvernementaux isra&eacute;liens en pierres de J&eacute;rusalem, on semble camper sur ses positions. Apparemment peu press&eacute; d&rsquo;en finir avec le conflit, les fronti&egrave;res de 1967 pour les Palestiniens, la reconnaissance de l&rsquo;&Eacute;tat juif pour les Isra&eacute;liens, les colonies des uns, les r&eacute;fugi&eacute;s des autres, les &eacute;changes de territoires, l&rsquo;enjeu de la vall&eacute;e du Jourdain, l&rsquo;impasse de Gaza, le n&oelig;ud gordien en capitales de J&eacute;rusalem.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe plus motiv&eacute; dans cette histoire semble &ecirc;tre aujourd&rsquo;hui, John Kerry, le secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat am&eacute;ricain, qui annonce pour la fin avril un accord-cadre&hellip; Pour prolonger les discussions, &agrave; l&rsquo;orientale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;activisme de Kerry, qui a &eacute;voqu&eacute; boycott, d&eacute;l&eacute;gitimation et sanctions, agace Isra&euml;l. &laquo;&nbsp;Ce discours est une fa&ccedil;on de s&rsquo;ing&eacute;rer avec un zeste de menace. Personne n&rsquo;aime &ccedil;a&nbsp;&raquo;, grimace Yigal Palmor, porte-parole du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res. &laquo;&nbsp;La pression diplomatique a chang&eacute; la donne dans un conflit de basse intensit&eacute;,&nbsp;d&eacute;crit Denis Charbit, sociologue &agrave; l&rsquo;universit&eacute; ouverte d&rsquo;Isra&euml;l.&nbsp;Parler de boycott, &ccedil;a irrite les Isra&eacute;liens mais on est assez pragmatique pour tenir compte de cette menace qui heurte.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSi l&rsquo;on excepte les roquettes sporadiques de Gaza, &icirc;le perdue de l&rsquo;unit&eacute; palestinienne, la question s&eacute;curitaire ne pr&eacute;sente plus d&rsquo;urgence. Pas comme du temps de la seconde Intifada de 2000 &agrave; 2005&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe Premier ministre Benjamin N&eacute;tanyahu ne bouge pas. Sur les colonies, l&rsquo;occupation avec un argument choc pour les Isra&eacute;liens : &laquo;&nbsp;Partout o&ugrave; nous nous sommes retir&eacute;s(Liban, Gaza),&nbsp;l&rsquo;Iran s&rsquo;est engouffr&eacute;.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Il reste ancr&eacute; &agrave; droite mais je le vois &eacute;voluer. Au d&eacute;but de sa carri&egrave;re, m&ecirc;me dire le mot palestinien lui en co&ucirc;tait&nbsp;&raquo;, s&rsquo;amuse Yigal Palmor.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSur la colline voisine, &agrave; Ramallah, la strat&eacute;gie diplomatique reste s&eacute;v&egrave;re. Hanan Ashrawi, membre du comit&eacute; ex&eacute;cutif de l&rsquo;OLP, ass&egrave;ne : &laquo;&nbsp;Isra&euml;l a le contr&ocirc;le des fronti&egrave;res, de l&rsquo;espace territorial, des mouvements et des humiliants check-points, de l&rsquo;eau dans la vall&eacute;e du Jourdain. C&rsquo;est une occupation. Avec toujours cette violence des colonies. Comment n&eacute;gocier sur ces bases&nbsp;? &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDenis Charbit l&rsquo;assure : &laquo;&nbsp;Le sc&eacute;nario r&ecirc;v&eacute; pour Netanyahou serait qu&rsquo;Abbas quitte la table.&nbsp;&raquo; Pourquoi ferait-il ce cadeau ?&nbsp;<cci:bullet displayname=\"PUCE\" name=\"bullet\"><\/cci:bullet>OL. B.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/aside>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;id&eacute;e isra&eacute;lienne est encore en construction &nbsp; Par&nbsp;OLIVIER BERGER &nbsp; Le melting-pot isra&eacute;lien et l&rsquo;id&eacute;e du sionisme s&rsquo;entrechoquent dans une soci&eacute;t&eacute; en mutation qui s&rsquo;interroge sur sa coh&eacute;sion. Reportage en Isra&euml;l. Face aux probl&egrave;mes &eacute;conomiques et sociaux, les n&eacute;gociations isra&eacute;lo-palestiniennes font presque figure de sujet secondaire&#8230; &laquo;&nbsp;La premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration a b&acirc;ti la nation ; la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18713,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[29,12,11,47,1],"tags":[],"class_list":["post-8253","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-gaza","category-israel","category-moyen-orient","category-tel-aviv","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8253","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8253"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8253\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18713"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8253"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8253"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8253"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}