{"id":8349,"date":"2016-07-07T00:24:52","date_gmt":"2016-07-07T00:24:52","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8349"},"modified":"2016-07-07T05:13:33","modified_gmt":"2016-07-07T05:13:33","slug":"qui-etait-abou-nawas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/qui-etait-abou-nawas\/","title":{"rendered":"Qui etait Abou Nawas"},"content":{"rendered":"<p>\n\tQui etait Abou Nawas<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\tAb&ucirc; Nuw&acirc;s est n&eacute; vers le milieu du viiie si&egrave;cle dans le sud-ouest de l&rsquo;Iran. Po&egrave;te d&rsquo;ascendance persane, il &eacute;crivit toute son &oelig;uvre en langue arabe. On sait peu de choses de ce chantre du vin, du jeu et du libertinage, sinon que ses m&oelig;urs dissolues et son h&eacute;r&eacute;tisme lui valurent par deux fois l&rsquo;emprisonnement.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\tOmar Merzoug, docteur en philosophie et auteur d&rsquo;une th&egrave;se sur Averro&egrave;s, a collabor&eacute; &agrave; de nombreuses revues. Outre la traduction de ces Po&egrave;mes bachiques et libertins, il pr&eacute;pare actuellement une biographie de Ab&ucirc; Nuw&acirc;s.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tAb&ucirc; Nuw&acirc;s, ce nom r&eacute;sonne, par-del&agrave; les temps, comme le porte-voix de la luxure et de l&#39;impi&eacute;t&eacute;, l&#39;embl&egrave;me d&#39;un art de vivre, courtois et raffin&eacute;, aux antipodes de la pudeur compass&eacute;e et des conventions sociales empes&eacute;es. C&#39;est sans doute l&#39;une des raisons pour lesquelles son oeuvre demeure interdite dans certains pays arabes. Comme il est de r&egrave;gle aux &eacute;poques de d&eacute;cadence, le puritanisme, &eacute;tranger &agrave; vrai dire &agrave; l&#39;esprit de l&#39;Islam, gangr&egrave;ne l&#39;&eacute;poque et l&#39;aire arabes dissuadant amateurs et dilettantes de go&ucirc;ter les pages d&#39;Ab&ucirc; Nuw&acirc;s. Sans doute faut-il rappeler que le prestige de la po&eacute;sie est tel chez les Arabes qu&#39;elle est appr&eacute;ci&eacute;e des religieux comme des ath&eacute;es, des libertins comme des prudes, des hommes comme des femmes.Ignorerait-on que H&acirc;run Al-Rachid, l&#39;un des califes les plus fameux, n&#39;a pas craint de convier dans son salon, d&#39;&eacute;lever au rang de ses commensaux un homme aussi licencieux que Ab&ucirc; Nuw&acirc;s, aur&eacute;ol&eacute; de surcro&icirc;t d&#39;une r&eacute;putation d&#39;h&eacute;r&eacute;tique.<br \/>\n\t\t\t\t\tMais cet auteur, qui &eacute;tait-il vraiment? Ab&ucirc; Nuw&acirc;s n&#39;a pas laiss&eacute; de m&eacute;moires, de souvenirs, et encore moins de testament. Les informations dont nous disposons &agrave; son sujet sont lacunaires. Si on est &agrave; peu pr&egrave;s s&ucirc;r qu&#39;il est n&eacute; &agrave; Al-Ahw&acirc;z, au sud-ouest du territoire iranien, &agrave; proximit&eacute; de l&#39;Irak, on discute encore de sa date de naissance (747 selon les uns, 762 selon les autres). Quant &agrave; celle de sa mort, elle demeure controvers&eacute;e. Au reste, des pans entiers de sa vie sont nimb&eacute;s d&#39;obscurit&eacute; et l&#39;on s&#39;&eacute;gare en conjectures sur certains &eacute;v&egrave;nements auxquels il fut m&ecirc;l&eacute;.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\tMais il y a plus: Ab&ucirc; Nuw&acirc;s ne s&#39;est pas souci&eacute; de recenser ou de recueillir ses pi&egrave;ces, fragments vol&eacute;s &agrave; une existence d&#39;artiste. On s&#39;est &agrave; juste titre demand&eacute; si les textes, qui se transmettent sous ce nom fameux, sont bien de cet auteur &agrave; bien des &eacute;gards sulfureux. De l&agrave; &agrave; soutenir sans preuves, comme l&#39;ont fait certains orientalistes, et non des moindres, que le Diw&acirc;n est apocryphe, nous semble excessif. Par son hypercriticisme et ses pointilleuses chicanes, l&#39;Universit&eacute; a port&eacute; une suspicion intempestive sur une &oelig;uvre qui, pour l&#39;essentiel, est authentique.<br \/>\n\t\t\t\t\tAssur&eacute;ment, il faut faire liti&egrave;re des pruderies d&eacute;votes et des pudeurs puritaines pour affronter des po&egrave;mes d&#39;une verdeur aussi inou&iuml;e. Son verbe magique &ocirc;te aux objets les masques conventionnels dont la vie les pare. Les choses &eacute;tincellent dans leur splendeur originaire, hors d&#39;une tradition scl&eacute;ros&eacute;e qui a fig&eacute; la substance du po&egrave;me dans les cadres rigides du m&egrave;tre et de la prosodie classiques. Les contemporains de Ab&ucirc; Nuw&acirc;s n&#39;ont point eu peur d&#39;ou&iuml;r ce po&egrave;te si singulier qui osait non seulement se mesurer aux pr&eacute;d&eacute;cesseurs ant&eacute;islamiques, mais encore affronter une tradition sourcilleuse et corset&eacute;e.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\tSi son &eacute;poque a, non sans mal, tol&eacute;r&eacute; les satires d&#39;un po&egrave;te dont elle n&#39;ignorait pas la valeur, la n&ocirc;tre risque de ce point de vue d&#39;&ecirc;tre beaucoup moins lib&eacute;rale. Ab&ucirc; Nuw&acirc;s a v&eacute;cu une &eacute;poque o&ugrave; la religion, n&#39;&eacute;tant pas menac&eacute;e, &eacute;tait plus dispos&eacute;e &agrave; transiger. Une fois encore, il se confirme que l&#39;Islam historique est plus plastique que les musulmans. Par cons&eacute;quent, il n&#39;est de po&egrave;te plus inactuel et moins conformiste que Ab&ucirc; Nuw&acirc;s et ses vers cinglants ou all&egrave;gres, &agrave; la gaiet&eacute; f&eacute;roce et au tragique serein sont de nature &agrave; r&eacute;veiller les peuples arabes de la torpeur morne o&ugrave; ils sont, pour leur malheur, engonc&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\tPar un paradoxe inexpliqu&eacute;, son anticonformisme et son inactualit&eacute; laissent intacte sa gloire. Ce po&egrave;te d&#39;ascendance persane, qui, dans les querelles opposant Arabes et Persans, prit sans &eacute;quivoque le parti de ses cong&eacute;n&egrave;res et vitup&eacute;ra les vainqueurs de Qadissiya et de Nehawend (ou Al-Nahraw&acirc;n), n&#39;&eacute;crivit jamais qu&#39;en claire langue arabe. On le voit soucieux, tout au long de sa vie, de parfaire l&#39;expression de son verbe. Il n&#39;h&eacute;sita pas &agrave; se plonger dans le milieu b&eacute;douin pour se forger une culture lexicale des raret&eacute;s de la langue, et s&#39;acharna &agrave; purifier la sienne de toute scorie. Est-ce ce l&agrave; le motif qui expliquerait la permanence de sa popularit&eacute; chez les arabophones? Mais ce n&#39;est pas tout: le po&egrave;te &laquo;aux cheveux boucl&eacute;s &raquo; a repris &agrave; son compte, en le passant au crible de la critique qu&#39;il avait s&eacute;v&egrave;re, le legs ant&eacute;islamique. Ce pass&eacute; n&#39;est point occult&eacute;. Il poursuit les Arabes et les obs&egrave;de. L&#39;attachement visc&eacute;ral aux appartenances tribales et le d&eacute;sir des razzias ancestrales, piaffant dans l&#39;inconscient collectif arabe, en est la meilleure preuve. &Agrave; ce titre, cet a&egrave;de doit &ecirc;tre c&eacute;l&eacute;br&eacute; pour avoir protest&eacute; contre les forces d&#39;an&eacute;antissement qui min&egrave;rent la soci&eacute;t&eacute; de son temps et culmin&egrave;rent dans la calamiteuse guerre civile opposant les deux fils h&eacute;ritiers de Har&ucirc;n Ar-Rach&icirc;d. &Agrave; l&#39;encontre de ce bellicisme de mauvais augure, auquel il opposa un pacifisme de haute tenue, Ab&ucirc; Nuw&acirc;s demeure le parangon de l&rsquo;insatiable d&eacute;sir de jouir de la vie, de cette tendance &agrave; &ecirc;tre poss&eacute;d&eacute; de passions, attach&eacute; aux plaisirs du sexe, &agrave; la fatalit&eacute; de l&#39;amour.&nbsp;<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui etait Abou Nawas &nbsp; &nbsp; Ab&ucirc; Nuw&acirc;s est n&eacute; vers le milieu du viiie si&egrave;cle dans le sud-ouest de l&rsquo;Iran. 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