{"id":8495,"date":"2014-03-26T00:30:52","date_gmt":"2014-03-26T00:30:52","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8495"},"modified":"2014-03-26T00:30:52","modified_gmt":"2014-03-26T00:30:52","slug":"les-juifs-de-france-et-leurs-voix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-juifs-de-france-et-leurs-voix\/","title":{"rendered":"Les Juifs de France et leurs voix"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLes Juifs de France et leurs voix<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div style=\"font-size: 12px;\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ancre_video\" style=\"font-size: 12px;\">\n<div>\n<p>\n\t\t\tTribune de Jean Leselbaum et Antoine Spire, publi&eacute;e dans le hors s&eacute;rie des &Eacute;tudes du &nbsp;CRIF anniversaire des 70ans du CRIF<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe CRIF a publi&eacute; un recueil de textes en hommage au 70e anniversaire du &nbsp;CRIF, qui a &eacute;t&eacute; offert aux invit&eacute;s lors du 29e&nbsp;D&icirc;ner de l&rsquo;institution. Ce recueil est compos&eacute; de trente articles r&eacute;dig&eacute;s par des intellectuels, &eacute;crivains, journalistes, sociologues, philosophes&#8230; Nous reproduisons ci-apr&egrave;s le 16e article de ce recueil : la tribune de&nbsp;Jean Leselbaum, universitaire et journaliste, et Antoine Spire, journaliste, universitaire et &eacute;diteur. Nous publierons par la suite l&rsquo;ensemble de ces textes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMarc Knobel, Directeur des &Eacute;tudes du &nbsp;CRIF<\/p>\n<p>\n\t\t\tReconnu, &eacute;cout&eacute;, sinon entendu, le &nbsp;CRIF est, en mati&egrave;re politique, l&rsquo;interlocuteur des plus hautes instances de la R&eacute;publique. C&rsquo;est l&rsquo;une des rares grandes institutions juives qui conserve son caract&egrave;re originel la&iuml;que. Cr&eacute;&eacute; pour faire entendre l&rsquo;avis des Juifs de France sur toutes les questions qui int&eacute;ressent leur existence au sein de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise et pour d&eacute;fendre leurs int&eacute;r&ecirc;ts mat&eacute;riels et moraux, le &nbsp;CRIF est consid&eacute;r&eacute; comme la voix des Juifs de France, de ceux qui sont repr&eacute;sent&eacute;s en son sein comme de ceux qui demeurent, pour l&rsquo;instant ou par principe, &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Son action d&rsquo;explication aupr&egrave;s des pouvoirs publics est directement li&eacute;e &agrave; son appr&eacute;ciation de la condition de &laquo; communaut&eacute; &raquo; juive (entendue au sens le plus large du terme). Elle est loin de constituer un bloc monolithique.<o:p><\/o:p><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tLe lien historique nou&eacute; avec la R&eacute;publique, dans le cadre du &laquo; franco-juda&iuml;sme &raquo;, qui reposait sur une citoyennet&eacute; r&eacute;assur&eacute;e par un &Eacute;tat central, c&rsquo;est-&agrave;-dire fort, s&rsquo;est alors d&eacute;lit&eacute;. Une telle rupture n&rsquo;a pas manqu&eacute; d&rsquo;avoir des cons&eacute;quences pour la suite de l&rsquo;histoire jud&eacute;o-fran&ccedil;aise, en inaugurant une &egrave;re de soup&ccedil;on, &agrave; &eacute;clipses, r&eacute;currente. Elle a ouvert la voie &agrave; des formes de doute sur le destin politique des Juifs. Dans un discours r&eacute;cent, l&rsquo;actuel Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique lui-m&ecirc;me en est arriv&eacute; &agrave; devoir r&eacute;p&eacute;ter cette affirmation : &laquo; Je sais qu&rsquo;il y a des Juifs en France qui se posent la question. Elle ne me fait pas plaisir, elle est m&ecirc;me une souffrance. Cette question, quelle est-elle ? Est-ce que nous pourrons encore vivre dans notre pays ? Est-ce que nous avons encore une place dans le destin national ? Est-ce que la France est capable de faire vivre ensemble des citoyens de religions diff&eacute;rentes, de cultures diff&eacute;rentes, d&rsquo;origines diff&eacute;rentes, de couleurs diff&eacute;rentes, de situations diff&eacute;rentes ? Je r&eacute;ponds oui&hellip; L&rsquo;avenir des Juifs de France est en France. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn effet, tout recul de l&rsquo;&Eacute;tat, plus enclin que jamais &agrave; satisfaire les demandes des divers groupes sociaux, est interpr&eacute;t&eacute; de fa&ccedil;on ambivalente par les Juifs fran&ccedil;ais. Ils sont d&eacute;sormais entr&eacute;s en crise, eux qui avaient &eacute;t&eacute; heureux durant si longtemps, en r&eacute;ussissant notamment &agrave; pr&eacute;server leur &laquo; identit&eacute; &raquo; au sein de la sph&egrave;re priv&eacute;e tandis qu&rsquo;ils s&rsquo;int&eacute;graient &agrave; la sph&egrave;re publique en tant que fonctionnaires, professeurs, magistrats, scientifiques, hommes politiques, intellectuels, cr&eacute;ateurs.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes conditions dans lesquelles nous avons pu rassembler, pour notre Dictionnaire du juda&iuml;sme fran&ccedil;ais depuis 1944(1), une vingtaine de chercheurs trentenaires passionn&eacute;s par l&rsquo;histoire, la sociologie et la psychologie des Juifs de France, prouvent que le travail sur le monde juif fran&ccedil;ais d&eacute;clenche encore des vocations chez les jeunes, juifs ou non, persuad&eacute;s qu&rsquo;il y a l&agrave; des sujets passionnants. Il faut dire ici que les intellectuels juifs se sont peut-&ecirc;tre trop longtemps laiss&eacute;s enfermer dans des questions ressass&eacute;es qui alimentent une certaine parano&iuml;a (m&ecirc;me si les parano&iuml;aques ont des ennemis) et font d&rsquo;eux des sp&eacute;cialistes de la Shoah ou d&rsquo;Isra&euml;l. N&rsquo;est-il pas temps de raviver le lien que les Juifs ont avec leur histoire et leur culture ?<\/p>\n<p>\n\t\t\tM&ecirc;me si la religion fut la colonne vert&eacute;brale de la transmission du juda&iuml;sme, elle en est seulement l&rsquo;ar&ecirc;te centrale, que le patrimoine culturel fantastique qui est le n&ocirc;tre vient habiller et remplir de contenus. Nous sommes constitu&eacute;s d&rsquo;une tradition et d&rsquo;une histoire qui ont model&eacute; une identit&eacute; sp&eacute;cifique et d&rsquo;abord culturelle. Alors que de trop nombreux Juifs d&eacute;clarent aujourd&rsquo;hui en France, comme des chr&eacute;tiens, qu&rsquo;ils croient ou ne croient pas, qu&rsquo;ils suivent leurs rabbins comme des pr&ecirc;tres, nous aimons revenir &agrave; &laquo; l&rsquo;avant Ma&iuml;monide &raquo;, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; le Juif ne r&eacute;solvait pas le probl&egrave;me de Dieu, mais laissait la question fich&eacute;e au c&oelig;ur de l&rsquo;individu comme de l&rsquo;assembl&eacute;e des siens : une question &agrave; laquelle il ne fallait surtout pas s&rsquo;empresser de r&eacute;pondre. Quant au rapport &agrave; Isra&euml;l, s&rsquo;il tient de la solidarit&eacute; fondamentale avec un peuple dont le droit &agrave; l&rsquo;existence politique est incontournable, il ne signifie en aucune mani&egrave;re un alignement inconditionnel sur la politique de l&rsquo;&Eacute;tat. Cela pos&eacute;, reste &agrave; d&eacute;finir ce patrimoine culturel juif dont nous nous sentons les h&eacute;ritiers. Il est fait d&rsquo;id&eacute;es, de r&eacute;flexions th&eacute;oriques contradictoires, mais aussi d&rsquo;exp&eacute;riences litt&eacute;raires, fran&ccedil;aises ou &eacute;trang&egrave;res, dont la lecture nous a impr&eacute;gn&eacute;s, modifiant parfois nos modes d&rsquo;adh&eacute;sion au juda&iuml;sme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Eacute;videmment, des films, des po&egrave;mes, des pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tre ont aussi compos&eacute; ce tr&eacute;sor dont nous avons voulu donner une id&eacute;e dans notre Dictionnaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\tTrop souvent les institutions juives ont &eacute;t&eacute; tent&eacute;es de s&rsquo;exprimer au nom de tous les Juifs de France. Il n&rsquo;est que temps de mesurer le foss&eacute; qui s&eacute;pare ceux qui apparaissent comme des repr&eacute;sentants de la communaut&eacute; juive, de la majorit&eacute; des Juifs de France. C&rsquo;est de leurs valeurs, de leurs consciences juives qu&rsquo;il nous para&icirc;t n&eacute;cessaire de parler &eacute;galement. On a l&rsquo;habitude d&rsquo;&eacute;voquer &laquo; la communaut&eacute; juive &raquo; comme si des liens explicites s&rsquo;&eacute;taient nou&eacute;s entre les Juifs de France. S&rsquo;il est bon que le &nbsp;CRIF nous repr&eacute;sente face aux pouvoirs politiques, trop de porte-paroles autoproclam&eacute;s se pressent pour s&rsquo;exprimer au nom de la communaut&eacute;. Nous, individus se reconnaissant comme juifs, sommes plus que sensibles &agrave; la diversit&eacute; et au pluralisme des Juifs de France. Ils ne forment pas une communaut&eacute;, mais participent d&rsquo;un peuple en recherche, d&eacute;sireux de dialoguer avec ce qui n&rsquo;est pas lui dans la nation. Peut-&ecirc;tre est-il temps de remettre au go&ucirc;t du jour le beau mot de diaspora, qui &eacute;voque la dispersion et l&rsquo;attachement &agrave; leur culture d&rsquo;emprunt des Juifs de France. Juifs fran&ccedil;ais nous sommes, et Juifs fran&ccedil;ais, nous<\/p>\n<p>\n\t\t\trevendiquons de l&rsquo;&ecirc;tre !<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; la communaut&eacute; risque de virer au communautarisme dont nous ne voulons &agrave; aucun prix. Si des solidarit&eacute;s de toute esp&egrave;ce nous unissent aux autres Juifs de France, ce n&rsquo;est pas en tant que membres de la communaut&eacute; que nous les manifestons, mais en tant qu&rsquo;individus, intellectuels juifs engag&eacute;s dans la cit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tNotes&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t1. Jean Leselbaum et Antoine Spire (dir.), Dictionnaire du juda&iuml;sme fran&ccedil;ais depuis 1944, Paris, Le bord de l&rsquo;eau\/Armand Colin, 2013.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Juifs de France et leurs voix &nbsp; &nbsp; Tribune de Jean Leselbaum et Antoine Spire, publi&eacute;e dans le hors s&eacute;rie des &Eacute;tudes du &nbsp;CRIF anniversaire des 70ans du CRIF Le CRIF a publi&eacute; un recueil de textes en hommage au 70e anniversaire du &nbsp;CRIF, qui a &eacute;t&eacute; offert aux invit&eacute;s lors du 29e&nbsp;D&icirc;ner de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18815,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,330,399,1],"tags":[],"class_list":["post-8495","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-marc-knobel","category-tribune","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8495","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8495"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8495\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18815"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8495"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8495"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8495"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}