{"id":8555,"date":"2016-04-15T02:59:30","date_gmt":"2016-04-15T02:59:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8555"},"modified":"2016-04-14T22:44:42","modified_gmt":"2016-04-14T22:44:42","slug":"la-fete-de-pessah-en-tunisie-souvenirs-et-traditions-par-le-dr-victor-hayoun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-fete-de-pessah-en-tunisie-souvenirs-et-traditions-par-le-dr-victor-hayoun\/","title":{"rendered":"La f\u00eate de Pessah&rsquo; en Tunisie \u2013 Souvenirs et traditions, par Le Dr Victor Hayoun"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;La f&ecirc;te de Pessah&#39; en Tunisie &ndash; Souvenirs et traditions<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tDr Victor Hayoun<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tSi les f&ecirc;tes de Tichri sont marqu&eacute;es par l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; d&#39;une demande de pardon et de repentir aux abords d&#39;un automne rafra&icirc;chissant, la f&ecirc;te de Pessah&#39; est accompagn&eacute;e de verdure et de l&#39;odeur de la floraison d&#39;un printemps ensoleill&eacute;.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;La f&ecirc;te de Pessah&#39; en Tunisie &ndash; Souvenirs et traditions<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tDr Victor Hayoun<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tSi les f&ecirc;tes de Tichri sont marqu&eacute;es par l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; d&#39;une demande de pardon et de repentir aux abords d&#39;un automne rafra&icirc;chissant, la f&ecirc;te de Pessah&#39; est accompagn&eacute;e de verdure et de l&#39;odeur de la floraison d&#39;un printemps ensoleill&eacute;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tMais on ne peut pas parler de Pessah&#39; sans se souvenir de la table de nos parents et des interminables pr&eacute;paratifs dont nombre d&#39;entre eux font partie du pass&eacute; et ne sont plus pour nous qu&#39;un souvenir dont nous nous languissons.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tJe vous souhaite une tr&egrave;s bonne f&ecirc;te de Pessah&#39; avec tout ce qui nous rappelle la table de nos parents.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tVoici un aper&ccedil;u chronologique des pr&eacute;paratifs de la f&ecirc;te de Pessah&#39;, tels que l&#39;ont v&eacute;cu les juifs de Tunisie.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Cela commence par le nettoyage de chaque recoin de la maison, le badigeonnage des murs, les achats de nouveaux habits de confection ou parfois cousus sur mesure.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Le renouvellement des produits d&#39;&eacute;picerie Cacher-L&eacute;&ndash;Pessah&#39; et la pr&eacute;paration d&#39;une nourriture&nbsp; particuli&egrave;re pour Pessah&#39;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Une cuisine &agrave; l&#39;odeur de l&eacute;gumes verts, de menthe, de coriandre, de persil, d&#39;&eacute;pinard, d&#39;oignon vert, de f&egrave;ve verte dans sa cosse, d&#39;artichaut et bien s&ucirc;r de la laitue, ce Maror symbole de l&#39;amertume que v&eacute;curent nos anc&ecirc;tres qui &eacute;taient esclaves dans l&#39;Egypte des pharaons.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;C&#39;est le printemps, le renouveau, la floraison, le soleil, on a&egrave;re, on range les armoires et les tiroirs.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;L&#39;odeur de la propret&eacute; se m&eacute;lange &agrave; celle de la cuisine.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Au fur et &agrave; mesure de l&#39;approche du soir du Seder, on ne se prom&egrave;ne plus avec du pain ou du g&acirc;teau dans les chambres qui viennent d&#39;&ecirc;tre nettoy&eacute;es de tout ce qui est H&#39;ametz, presque purifi&eacute;es.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Notre espace vital H&#39;ametz se r&eacute;duit de jour en jour, on se fait r&eacute;primander pour n&#39;importe quel transfert de H&#39;ametz fait par inadvertance.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Ce n&#39;est presque plus vivable et on souhaite l&#39;arriv&eacute;e de Pessah&#39; presque avec impatience.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tReprenons l&#39;aper&ccedil;u chronologique de cette p&eacute;riode de l&#39;ann&eacute;e tr&egrave;s riche en coutumes. Tout au long de notre existence, nous vivons des &eacute;v&egrave;nements, des f&ecirc;tes et autres chapitres de notre vie, et ce n&#39;est qu&#39;apr&egrave;s un certain recule que nous remarquons que tel ou tel d&eacute;tail a marqu&eacute; notre m&eacute;moire et devient notre souvenir personnel. Voici un m&eacute;lange de ces souvenirs.&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Dans le temps, en Tunisie, les familles juives faisaient abattre un mouton, symbole du sacrifice pascal, le korbane Pessah&#39;, quelques jours avant Pessah&#39;. De cet acte s&#39;ensuivent au moins 3 d&eacute;tails de ce que les familles juives faisaient en ces jours de veille de Pessah&#39;. Les 2 premiers ne se font plus aujourd&#39;hui, alors que le 3eme fait encore partie des coutumes pratiqu&eacute;es &agrave; ce jour par la communaut&eacute; juive d&#39;origine tunisienne.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Aujourd&#39;hui les juifs originaires de Tunisie n&#39;abattent plus d&#39;agneau, ils ach&egrave;tent la viande d&#39;agneau ou de mouton chez leur boucher. &nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Dans la Torah il est &eacute;crit que les juifs en Egypte avaient marqu&eacute; leurs portes du sang du sacrifice, afin que leurs maisons soient &eacute;pargn&eacute;es de la plaie de la mort des premiers-n&eacute;s qui fut afflig&eacute;e aux &eacute;gyptiens. Mais comme nous nous trouvons en Tunisie, qu&#39;y a-t-il de plus efficace, contre le mauvais sort, qu&#39;un signe de khamsa, la main aux 5 doigts ? Aussi, nos anc&ecirc;tres en Tunisie marquaient les chambranles des portes d&rsquo;entr&eacute;e des maisons d&#39;un signe de khamsa fait par une main tremp&eacute;e au pr&eacute;alable dans le sang de l&#39;agneau que l&#39;on vient d&rsquo;&eacute;gorger.&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Le dernier acte cons&eacute;quent &agrave; l&#39;abattage du mouton est celui d&#39;appliquer &agrave; la lettre ce qui est &eacute;crit dans la Torah, c&#39;est &agrave; dire, de manger la veille de la sortie d&#39;Egypte de la viande Tsli-Ech, qui veut dire litt&eacute;ralement, &quot;grill&eacute;e sur le feu&quot;, en souvenir du sacrifice de Pessah&#39; que l&#39;on faisait dans le Temple, d&#39;o&ugrave; la fameuse soir&eacute;e des grillades que l&#39;on mange le soir qui pr&eacute;c&egrave;de le soir du Seder. Cette d&eacute;gustation se fera en prenant bien soin de ne pas faire tomber des miettes de pain dans la maison qui en est quasiment purifi&eacute;e en cette avant-veille de f&ecirc;te. On mangera tr&egrave;s souvent dans des conditions tr&egrave;s peu commodes, quand la famille s&#39;assoit &agrave; une table, ou &agrave; un coin de table, dernier endroit H&#39;ametz de la maison.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Mais avant de manger les grillades, il faut op&eacute;rer &agrave; la c&eacute;r&eacute;monie de Bdikath H&#39;ametz, la recherche du H&#39;ametz qui se trouve encore dans la maison. Il s&#39;agit de ces 10 petits morceaux de pain envelopp&eacute;s dans 10 petits papiers que nous recherchons, le soir, &agrave; l&#39;aide d&#39;une bougie, apr&egrave;s les avoir &eacute;parpill&eacute;s au pr&eacute;alable dans toute la maison.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tAinsi, cette soir&eacute;e des grillades que l&#39;on mange le soir qui pr&eacute;c&egrave;de le soir du Seder, est en fait l&#39;avant-propos de ce Seder que nous attendons avec impatience.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Le lendemain, le matin du jour du Seder, c&#39;est le branle-bas-de-combat. Nos m&egrave;res commencent &agrave; s&#39;affairer &agrave; la cuisine de bonne-heure, ou plut&ocirc;t, continuent les interminables pr&eacute;paratifs de Pessah&#39;, les derniers nettoyages, la pr&eacute;paration de ces mets typiques &agrave; Pessah&#39;, etc.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Ce jour du Seder est en fait un jour de je&ucirc;ne pour les gar&ccedil;ons premiers-n&eacute;s. Cependant il est possible d&#39;interrompre ce je&ucirc;ne commenc&eacute; t&ocirc;t le matin, en assistant &agrave; la synagogue, ce m&ecirc;me matin, &agrave; l&rsquo;&eacute;tude de la fin d&#39;un chapitre du Talmud qui se nomme Syoum Mass&eacute;kh&eacute;th.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Au milieu de cette matin&eacute;e, nous devons br&ucirc;ler le H&#39;ametz, apr&egrave;s avoir au pr&eacute;alable, en bon Tune, manger un dernier casse-cro&ucirc;te tunisien, le dernier H&#39;ametz avant la semaine de Matzoth.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Ce jour du soir du Seder, nous ne devons, en principe, pas consommer de Matzoth, galettes, avant la pri&egrave;re du Motsi qui sera faite apr&egrave;s la lecture de la premi&egrave;re partie de la Hagada et le Kidouch qui pr&eacute;c&egrave;de le repas du soir. Aussi, tr&egrave;s souvent, pour les personnes plus pratiquantes, le repas de midi de ce jour de transition, du H&#39;ametz au Casher-l&eacute;-Pessah&#39;, ne se fera pas avec du pain ni des Matzoth, mais se fera souvent &agrave; base d&rsquo;&oelig;ufs et de pommes de terre, mais aussi de riz et de l&eacute;gumes, car comme vous le savez, contrairement &agrave; d&#39;autres, la communaut&eacute; juive d&#39;origine tunisienne a coutume de consommer du riz &agrave; Pessah&#39;. &nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Pessah&#39;commence par la c&eacute;r&eacute;monie du Seder pendant lequel nous lisons la Hagada et apr&egrave;s laquelle nous mangeons la Matza. Eclaircissons ces quatre mots &hellip; :<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le mot Pessah&#39; a deux significations. La premi&egrave;re est comme Passover en anglais, du verbe h&eacute;breu Lifsoah&#39;, c.&agrave;.d. passer par-dessus ou passer au-del&agrave; &hellip; des maisons juives quand l&#39;Eternel faisait abattre les 10 plaies sur les &eacute;gyptiens. La seconde explication c&#39;est P&eacute;&hellip;Sah&#39; c.&agrave;.d. &quot;la bouche qui parle&quot; ou &quot;la bouche qui raconte&quot; &hellip; l&#39;histoire de la sortie d&#39;Egypte. Cependant, pour le juif tunisien, prononciation jud&eacute;o-arabe oblige, Pessah&#39; devient &hellip; Bichah&#39;, car la lettre &quot;P&quot; n&#39;existe pas en arabe et devient &quot;B&quot;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le Seder, c.&agrave;.d. &quot;ordre&quot; en h&eacute;breu, est un c&eacute;r&eacute;monial tr&egrave;s ordonn&eacute; qui est l&#39;entr&eacute;e-en-mati&egrave;re des 7 jours de Pessah&#39; (8 jours dans la diaspora). Les lettres &quot;S&quot; et &quot;CH&quot; s&#39;intervertissent tr&egrave;s souvent dans le langage jud&eacute;o-arabe tunisien, ainsi Seder devient chez le juif tune &agrave; l&#39;accent prononc&eacute; : Chid&egrave;re.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est l&agrave; que l&#39;on lit la Hagada, du verbe h&eacute;breu L&eacute;aguide (Dire) et que nous racontons la sortie d&#39;Egypte de nos anc&ecirc;tres qui y &eacute;taient en esclavage.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et enfin la Matza que l&#39;on traduit dans le langage parl&eacute; courant par &quot;Galette&quot;, devient en jud&eacute;o-arabe tunisien Massa. Ceci est d&ucirc; au fait que les juifs tunisiens prononcent dans la lecture des textes bibliques la lettre h&eacute;bra&iuml;que &quot;TS&quot; (Tsad&eacute;) par &quot;S&quot; comme la lettre arabe &quot;S&quot; (Ssa). Il s&#39;agit bien entendu de la Matza que nous mangeons en souvenir de nos P&egrave;res qui n&#39;ont pas eu le temps de laisser leur pain lev&eacute; et mang&egrave;rent le pain-sans-levain.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sans oublier les trois mots que l&#39;on a le devoir de dire &agrave; la m&eacute;moire de nos anc&ecirc;tres qui sont sortis d&#39;Egypte : Pessah&#39;-Matza-ou-Maror (Pessah&#39;, Matza et Amertume\/Herbe-Am&egrave;re), ou avec l&#39;accent jud&eacute;o-arabe tunisien : Bichah&#39;-Massa-ou-Marour.&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Il faut ajouter qu&#39;outre les particularit&eacute;s tunes dans la c&eacute;r&eacute;monie, il y a les d&eacute;formations de mots h&eacute;breux par leur prononciation en jud&eacute;o-arabe tunisien. Voici quelques rep&egrave;res typiquement tunes de cette soir&eacute;e du Seder.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Nous commen&ccedil;ons par chanter &agrave; trois reprises la phrase qui commence par :Etmol, c.&agrave;.d. &quot;Hier&quot; &hellip;. nous &eacute;tions esclaves en Egypte et aujourd&#39;hui nous sommes libres et l&#39;an prochain &agrave; J&eacute;rusalem, que nous r&eacute;citons en faisant tourner le plateau (ou le panier) du Seder sur les t&ecirc;tes de tous les convives. Cet acte fait, semble-t-il, allusion au A&#39;nan&eacute; Ha-Kavod, ce &quot;Nuage (Nu&eacute;e) Protecteur&quot; que le peuple juif avait au-dessus de sa t&ecirc;te pendant la travers&eacute;e du d&eacute;sert apr&egrave;s la sortie d&#39;Egypte.&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/pessahayoun.jpg\" style=\"width: 493px; height: 644px;\" \/><\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tPessah&#39; 1963 : Familles Hayoun, Bokobza et Allali au 3 Ave de Madrid &agrave; Tunis.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t(coll.Priv. Dr Victor Hayoun)<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; En &eacute;non&ccedil;ant les 10 plaies que l&#39;Eternel a fait abattre sur les &eacute;gyptiens pour qu&#39;ils lib&egrave;rent les juifs, le ma&icirc;tre de maison qui dirige la lecture de la Hagada verse, &agrave; chaque mention d&#39;une des dix plaies, une partie du contenu de son verre de vin dans une grande coupe. A chacune de ses vers&eacute;es, la maitresse de maison verse apr&egrave;s lui de l&#39;eau dans la coupe et toutes les personnes pr&eacute;sentes r&eacute;pondent Chem Atzil&eacute;nou qui veut dire en h&eacute;breu &quot;D&hellip; nous sauve&quot; ou &quot;D&hellip; nous pr&eacute;serve&quot;. Chez le juif tunisien Chem Atzil&eacute;nou se prononcera Sem-Silinou.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Ensuite, un peu plus loin dans la lecture de la Hagada, nous prenons une Matza &agrave; la main et disons : Matza-zou, &quot;cette Matza&quot;, qui devient chez les Tunes : Massa-jou<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Juste avant de manger nous faisons le Korekh, c.&agrave;.d. &quot;lier ensemble&quot; la feuille de Laitue avec un morceau de Matza et le tout tremp&eacute; dans la H&#39;aross&egrave;th qui se prononce en jud&eacute;o-arabe tunisien H&#39;rouchouth. Mais, autour de cette table bruyante et joyeuse, il se trouvera toujours un taquin pour ajouter &agrave; l&#39;amalgame du Korekh, pour la rigolade, un morceau de bouchon de li&egrave;ge.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Apr&egrave;s la lecture de la Hagada, voici quelques rappels en rapport avec la nourriture particuli&egrave;rement Jud&eacute;o-tunisienne de Pessah&#39;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Les juifs tunisiens mangent le premier soir de Pessah&#39; le Msoky, &quot;Servi&quot; en arabe, qui est une jardini&egrave;re cuite faite d&#39;une multitude de l&eacute;gumes frais avec de la viande &agrave; laquelle on ajoute des morceaux de Matzoth. Cependant, il y a des communaut&eacute;s, dont celle de Nabeul, qui mange ce soir-l&agrave; cette m&ecirc;me jardini&egrave;re &agrave; la viande sans les Matzoth qu&#39;ils appellent la &quot;Mkhalta&quot;, la &quot;M&eacute;lang&eacute;e&quot; en arabe.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; L&#39;un des &eacute;l&eacute;ments le plus recherch&eacute; et convoit&eacute; est indiscutablement le Osbane. Cette farce existe en version Mkhada, &quot;coussin&quot; en arabe, &agrave; la forme carr&eacute;e, ou en version M&egrave;chn&egrave;d, &quot;Traversin&quot; en arabe, &agrave; la forme d&#39;une saucisse.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Il ne faut pas oublier le plat typiquement tunisois que l&#39;on appelle Faade. C&#39;est un ragout d&#39;abats qui est servi avec des tranches d&#39;une farce de viande que l&#39;on appelle Dabah&#39;aya, commun&eacute;ment traduit de l&#39;arabe en &quot;Ourse-vivante&quot;. Il est &agrave; signaler que l&#39;&eacute;tymologie du nom de ce met nous est inconnue &agrave; ce jour.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; En accompagnement nous trouvons une s&eacute;rie de salades cuites dont celle de saison, la salade d&#39;artichauts cuite et crue, et bien s&ucirc;r l&#39;&eacute;ternelle Chekchouka ou M&egrave;rmouma ou Mekbouba. En souvenir de mes parents et mes anc&ecirc;tres nabeuliens, je rappellerai la &quot;Chekchouka Nablia&quot; ou &quot;Chekchouka nabeulienne&quot; avec &oelig;ufs et f&egrave;ves vertes fraiches.&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp; Il y a un g&acirc;teau propre &agrave; Pessah&#39; qui porte diff&eacute;rents noms : on l&#39;appelle Fritech (entre autre &agrave; Sousse) ou Khafaf (&agrave; Nabeul) ou Sferiess (entre autre en Alg&eacute;rie). Son nom diff&egrave;re selon la ville et la communaut&eacute;. Ce sont des petits beignets faits d&#39;&oelig;ufs et de farine de Matzoth, frits et imbib&eacute;s de sirop super-doux ou de miel.&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Apr&egrave;s le repas et le dessert, il faut reprendre la Hagada et en lire la deuxi&egrave;me partie qui commence par la Birkat Hamazone, la b&eacute;n&eacute;diction qui est dite apr&egrave;s le repas. C&#39;est &agrave; ce moment que nous savons qui sont les &quot;Rajala&quot;, les &quot;hommes&quot;\/les &quot;durs&quot; en arabe, qui ont tenu le coup et qui continuent malgr&eacute; la fatigue d&ucirc;e aux achats, aux nettoyages, aux pr&eacute;paratifs, &agrave; la &quot;chasse au H&#39;ametz&quot;, aux repas &agrave; la nourriture abondante et diversifi&eacute;e, aux 4 verres de vins &hellip; pour ne citer que &ccedil;a,<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Ensuite viennent les chansons \/ les Pyoutim pour r&eacute;veiller les endormis. La chanson la plus connue est sans aucun doute : &quot;H&#39;ad Gadya &hellip; H&#39;ad Gadya &hellip; Eli Sra-li Baba B-jouje Flouch&quot;, &quot;Un agneau &hellip; un agneau &hellip; que mon p&egrave;re m&#39;a achet&eacute; pour deux sous&quot;, que nous chantons &agrave; la fin de la soir&eacute;e du Seder de Pessah&#39;. Comme vous le savez, c&#39;est l&#39;histoire de l&#39;agneau (pascal) &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; mang&eacute; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par le chat &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; mordu &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par le chien &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; frapp&eacute; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par le b&acirc;ton &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; brul&eacute; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par le feu &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; &eacute;teint &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par l&#39;eau &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; bu &nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par le taureau &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; abattu &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par le Choh&#39;ett &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; tu&eacute; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par l&#39;ange-de-la-mort &hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp; &hellip; qui a &eacute;t&eacute; &eacute;limin&eacute; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par l&#39;Eternel tout puissant ! !<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; Vous pouvez &eacute;couter la fameuse chanson Had-Gadya, chant&eacute;e par le non moins fameux Paytan de Tunis, Nathan Cohen za&quot;l. Cet enregistrement provient tr&egrave;s probablement d&#39;un disque 33 tours que Nathan Cohen avait enregistr&eacute; dans les ann&eacute;es 60 du si&egrave;cle dernier &agrave; Tunis. Ecoutez et prenez du plaisir !<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=119yXOqLizk\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=119yXOqLizk<\/a><\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;Ceux qui savent d&eacute;chiffrer la langue jud&eacute;o-arabe tunisienne transcrite en lettres h&eacute;bra&iuml;ques, continuent &agrave; chanter :<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp;&nbsp; Khelini Nechker Ya-Youdi &#8211; Fi Bichah&#39; Farh&#39;at Jdoudi&hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&quot;Juif &nbsp;laisse-moi me souler &#8211; A P&acirc;que c&#39;est la Joie de mes anc&ecirc;tres&quot;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tOu encore :<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\to&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ya-Ylana &nbsp;&nbsp;Ya-Ylana &nbsp;&nbsp;&nbsp;Rebbi Nechim Ykoun M&#39;ana&hellip;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&quot;Toi notre D. &nbsp;&nbsp;Toi notre D.&nbsp;&nbsp; que Rabbi Nissim soit avec nous&quot;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tC&#39;est l&#39;histoire du juif qui juste apr&egrave;s Pourim se voit accabl&eacute; de tous les achats et autres t&acirc;ches domestiques pour Pessah&#39;, jusqu&rsquo;&agrave; en avoir assez, et apr&egrave;s plusieurs strophes, il conclut en ces mots : &quot;et dans tout ce tracas, personne ne me demande si moi j&#39;ai besoin de quelque chose pour la f&ecirc;te ! !&quot;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tLes d&eacute;tails rapport&eacute;s ci-dessus et le Seder nous ont fait rentrer de plein pied dans la semaine de Pessah&#39;. Et, comme par enchantement, on a &agrave; peine eu le temps de s&#39;habituer aux ustensiles, aux services de table et aux couverts, sortis pour Pessah&#39;, et voil&agrave;, une semaine est pass&eacute;e et la f&ecirc;te touche &agrave; sa fin.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tMais avant de tout remettre en place, jusqu&rsquo;&agrave; l&#39;ann&eacute;e prochaine, Ken-Yh&#39;ab-Rabbi, &quot;Si D&hellip; veut&quot;, il nous faut rappeler un &eacute;v&egrave;nement tr&egrave;s important qui n&#39;existe plus aujourd&#39;hui. Je veux parler de &hellip; :<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; La procession du huiti&egrave;me jour de Pessah dans les rues de Tunis,que l&#39;on faisait pour comm&eacute;morer &quot;La Sortie d&#39;Egypte&quot;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tLe 8eme et dernier jour de Pessah&#39;, qui n&#39;existe que pour les juifs de la Diaspora, apr&egrave;s la pri&egrave;re du matin de ce jour de f&ecirc;te, les juifs de Tunis se r&eacute;unissaient sur le bord du Lac de l&#39;avenue Gambetta, pour chanter la pri&egrave;re de Chirath Ha-Yam, &quot;Le Cantique de la Mer&quot;, et partaient en procession par l&#39;avenue de Londres jusqu&#39;au ghetto juif de La Hafsia en portant sur leurs &eacute;paules une plateforme sur laquelle se tenaient deux hommes, l&#39;un tout habill&eacute; de blanc qui repr&eacute;sentait Mo&iuml;se \/ Moch&eacute; (c&#39;&eacute;tait souvent le Moh&egrave;l Moch&eacute; Hag&egrave;ge), et le second repr&eacute;sentait Aharon Ha-Cohen, fr&egrave;re de Moch&eacute; (c&#39;&eacute;tait souvent M. Journo). Tout au long du parcours de ce cort&egrave;ge d&#39;hommes qui chantaient des pri&egrave;res en h&eacute;breu, des femmes juives les accompagnaient depuis leurs balcons, par des You-You de joie et aspergeaient la foule de parfum et de Ma-Z-har, eau de fleurs d&#39;oranger. Cette procession &eacute;tait faite &agrave; Tunis pendant de longues ann&eacute;es, et pendant ces heures de d&eacute;placement de cette foule, il semblait que la ville de Tunis devenait curieusement juive.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t<img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/AppData\/Local\/Temp\/msohtmlclip1\/01\/clip_image004.jpg\" \/><\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/procession2.jpg\" style=\"width: 640px; height: 528px;\" \/><\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tLa procession du 8&egrave;me jour de Pessah&#39; dans les rues de Tunis<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t(Coll.Priv. Dr Victor Hayoun)<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t<img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Jaco\/AppData\/Local\/Temp\/msohtmlclip1\/01\/clip_image006.jpg\" \/><\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/procession1.jpg\" style=\"height: 359px; width: 600px;\" \/><\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tLa procession du 8&egrave;me jour de Pessah&#39; sur le bord du Lac de l&#39;avenue Gambetta &agrave; Tunis<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;(Coll.Priv. Dr Victor Hayoun)<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; Pour conclure ce rappel des coutumes de la f&ecirc;te de Pessah&#39; en Tunisie et dans la communaut&eacute; juive originaire de Tunisie en g&eacute;n&eacute;ral, nous passons &agrave; la fin de Pessah&#39;, ou plus exactement, le soir de la derni&egrave;re journ&eacute;e de Pessah&#39;. De nombreux juifs, de Tunis et dans d&#39;autres villes, font g&eacute;n&eacute;ralement preuve d&#39;une impatience pratiquement inexplicable qui les envoie faire la queue chez les marchands de casse-croute Tunisien et les boulangers pour consommer le premier pain d&#39;apr&egrave;s Pessah&#39;. Les rabbins ont eu beau expliquer que cette coutume &eacute;tait interdite et contre les lois de la Halakha, mais peu de gens en tenait compte. En revanche, ce n&#39;&eacute;tait l&agrave; qu&#39;une minoris&eacute;e bruyante car, &agrave; Tunis et dans la plus part des communaut&eacute;s de Tunisie, les juifs attendaient le lendemain pour consommer leur &quot;premier pain&quot;.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; Ce m&ecirc;me soir, alors que les juifs originaires du Maroc organisent les festivit&eacute;s de la fameuse Mimouna, les originaires de Tunisie se contentent d&#39;une c&eacute;r&eacute;monie tr&egrave;s r&eacute;duite qui consiste &agrave; &eacute;parpiller des verdures dans la maison. En fait, on accroche des feuilles de laitue verdoyantes dans toute les chambres de la maison en r&eacute;citant une phrase en arabe : Khadarna-ou-A&#39;m-Akhdar, qui veut dire &quot;Nous verdissons et que l&#39;ann&eacute;e soit verte&quot;, car nous sommes au mois de Nissan qui est le premier mois de l&#39;ann&eacute;e h&eacute;bra&iuml;que et nous souhaitons que ces verdures soient le symbole d&#39;une ann&eacute;e verte, fertile, f&eacute;conde et riche en r&eacute;colte afin qu&#39;il y ait de quoi se nourrir.<\/p>\n<p dir=\"RTL\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; Il y a une autre coutume que l&#39;on retrouve encore, par ci par l&agrave;, en Isra&euml;l ou m&ecirc;me en France. Ce m&ecirc;me soir ou un des jours qui suivent le soir du Seder, certains ont la coutume de mettre\/coller une petite boule de cet amalgame qu&#39;est la H&#39;aross&egrave;th, ou H&#39;rouchouth chez les Tunes, au-dessus et sur la partie sup&eacute;rieure de la Mezouza de la porte d&#39;entr&eacute;e. On pourrait voir l&agrave; un signe de sauvegarde, comme pour marquer la maison, et ses occupants, afin qu&#39;ils soient &eacute;pargn&eacute;s de tout mauvais sort et de tout mal.<\/p>\n<p dir=\"RTL\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; Il y a une derni&egrave;re coutume qui a compl&egrave;tement disparu. Ce m&ecirc;me soir ou le lendemain, les juifs de Tunisie accrochaient une Matza, une galette tunisienne ancienne, grande, &eacute;paisse, dure et ronde avec de grands trous, dans une des chambres de la maison et on ne l&#39;enlevait que pendant le nettoyage de Pessah&#39; de l&#39;ann&eacute;e suivante. Quant &agrave; l&#39;origine de cette coutume et son explication, nous n&#39;avons aucune certitude, mais il semblerait que cette Matza, qui reste accroch&eacute;e pendant toute l&#39;ann&eacute;e, serait l&agrave;, en quelque sorte, pour assurer la p&eacute;rennit&eacute;, &quot;que D&hellip; nous pr&ecirc;te vie jusqu&rsquo;&agrave; Pessah&#39; prochain&quot;, pour la jeter et la remplacer. Il est &eacute;crit qu&#39;avec la venue du Machiah&#39;, &quot;Messie&quot;, on arr&ecirc;tera de faire toutes les f&ecirc;tes juives, sauf Pessah&#39;. En fait, cette coutume n&#39;&eacute;tait pas pratiqu&eacute;e par tous les juifs de Tunisie, bien qu&#39;on en trouve des traces un peu partout en Tunisie.<\/p>\n<p dir=\"RTL\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tA la question : pourquoi cette coutume a-t-elle disparu ? nous pouvons ajouter une r&eacute;ponse historico-humoristique : ce serait, peut-&ecirc;tre, parce que le 5 juin 1967, lors des &eacute;meutes anti-juives des suites de la Guerre des 6 jours, le four des Matzoth de Tunis a &eacute;t&eacute; brul&eacute; et d&eacute;truit par les &eacute;meutiers, et depuis la communaut&eacute; juive tunisienne, ou qu&#39;elle vive, ne consomme plus que des galettes &eacute;trang&egrave;res, essentiellement de France et d&#39;Isra&euml;l, qui n&#39;ont pas de trous pour les accrocher ? Ceci est un point d&#39;humour que j&#39;ai d&eacute;cid&eacute; d&#39;ajouter aux d&eacute;tails de cette f&ecirc;te qui est tr&egrave;s marqu&eacute;e par ses couleurs, ses odeurs, sa jovialit&eacute;, ses coutumes et son optimisme printanier.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&sect;&nbsp; Voici enfin le rappel d&#39;une autre coutume qui a pour but de repousser le mauvais sort. Tout au d&eacute;but du Seder, avant de commencer la lecture de la Hagada, nous prenons la Matza du milieu, parmi les trois qui se trouvent dans le plateau du Seder, et nous la coupons en deux &agrave; la main, en recitant : Ayda Sak Alla El-Bh&#39;ar &#39;Ala Tnach Trik, El-Nofss El-Kbir b&eacute;in El-Mida Ou-El-Mendil Ou-El-Nofss El-Zghir B&eacute;in El-Jouj Massouth, &quot;C&#39;est ainsi que D&hellip; fendit la mer en douze parts. Nous mettons la &quot;grande&quot; moiti&eacute; de la Matza sous la nappe de la table et nous remettons la &quot;petite&quot; moiti&eacute; entre les deux Matzoth&quot;. Le grand morceau s&#39;appelle Aficomane et il doit &ecirc;tre consomm&eacute; apr&egrave;s le repas, alors que nous sommes rassasi&eacute;s. Les juifs de Tunisie avaient &agrave; ce propos une superstition. Du temps o&ugrave; les longs voyages se faisaient en bateau, les tunisiens avaient, et certains ont encore, coutume de conserver des petits morceaux de cette Matza, qu&#39;ils jetaient &agrave; la mer lorsqu&#39;elle &eacute;tait agit&eacute;e, pour faire une travers&eacute;e calme et tranquille. Ceci en souvenir du Peuple Juif qui avait travers&eacute; la Mer Rouge sans probl&egrave;me lors de la sortie d&#39;Egypte.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tCe r&eacute;cit est un rappel succinct de nos coutumes de Pessah&#39;. Il est certain que ce document n&#39;est pas exhaustif, surtout parce que les traditions sont parfois diff&eacute;rentes d&#39;une ville &agrave; une autre, et d&#39;une r&eacute;gion &agrave; une autre, mais j&#39;ai essay&eacute; d&#39;y inclure autant de d&eacute;tails que possible de ce qui avait &eacute;t&eacute;, et parfois est encore, la f&ecirc;te de Pessah&#39; en Tunisie.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tCeci est le r&eacute;sultat d&#39;une recherche dans laquelle se m&eacute;langent mes souvenirs personnels et des d&eacute;tails recueillis aupr&egrave;s des originaires de communaut&eacute;s juives diverses en Tunisie.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tJe d&eacute;die ce document &agrave; la m&eacute;moire de mes d&eacute;funts parents, Germaine et Benoit Hayoun (N&eacute;jma et Brakha H&#39;ayoun).<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tEt &hellip; encore une fois &hellip; Bonnes f&ecirc;tes &agrave; tous.<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tDr Victor HAYOUN<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p dir=\"LTR\">\n\tAdresse mail : <a href=\"mailto:vhayoun@bezeqint.net\">vhayoun@bezeqint.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;La f&ecirc;te de Pessah&#39; en Tunisie &ndash; Souvenirs et traditions Dr Victor Hayoun &nbsp; Si les f&ecirc;tes de Tichri sont marqu&eacute;es par l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; d&#39;une demande de pardon et de repentir aux abords d&#39;un automne rafra&icirc;chissant, la f&ecirc;te de Pessah&#39; est accompagn&eacute;e de verdure et de l&#39;odeur de la floraison d&#39;un printemps ensoleill&eacute;.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18843,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[168,30,13,9,1,249],"tags":[],"class_list":["post-8555","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coutumes","category-egypte","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized","category-victor-hayoun"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8555","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8555"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8555\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18843"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8555"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8555"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8555"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}