{"id":8627,"date":"2014-04-29T03:26:40","date_gmt":"2014-04-29T03:26:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8627"},"modified":"2014-04-29T03:26:40","modified_gmt":"2014-04-29T03:26:40","slug":"la-defaite-de-la-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-defaite-de-la-politique\/","title":{"rendered":"La D\u00e9faite de la politique"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>La D&eacute;faite de la politique<\/u><\/strong><u>(info # 012304\/14)&nbsp;<\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar Llewellyn Brown<strong>&copy;<\/strong><strong>Me<\/strong><strong>tula&nbsp;<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews&nbsp;<\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe d&eacute;clin actuel de la France sur les plans &eacute;conomique et soci&eacute;tal ne va pas sans sa part de bouffonnerie sous la gouvernance de Fran&ccedil;ois Hollande. La promesse d&rsquo;offrir au pays un &laquo;&nbsp;gouvernement exemplaire&nbsp;&raquo; s&rsquo;est concr&eacute;tis&eacute;e par un pot-pourri d&rsquo; &laquo;&nbsp;affaires&nbsp;&raquo;, t&eacute;moin l&rsquo;exemple spectaculaire&nbsp;du ministre des Finances, J&eacute;r&ocirc;me Cahuzac, jurant solennellement devant l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait titulaire d&rsquo;aucun compte en Suisse. Un mensonge rapidement d&eacute;masqu&eacute;, sans que son auteur perd&icirc;t un instant de son arrogance.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa &ldquo;premi&egrave;re concubine&rdquo; &eacute;talant ses &eacute;tats d&rsquo;&acirc;me par des&nbsp;<em>tweets<\/em>, s&rsquo;est vue &eacute;clips&eacute;e un temps par la &ldquo;premi&egrave;re ma&icirc;tresse&rdquo;&nbsp;; puis les deux fonctions ont pris subitement pris fin par la d&eacute;cision souveraine du chef de l&rsquo;&Eacute;tat (on doit supposer qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de deux CDD&hellip;).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette d&eacute;confiture du domaine politique ne date pas d&rsquo;hier&nbsp;: elle devient seulement plus &eacute;clatante, suscitant l&rsquo;&eacute;tonnement de citoyens et de commentateurs. Un livre r&eacute;cemment traduit et publi&eacute; en France rend cet &eacute;tat d&eacute;liquescent des affaires publiques bien plus clair pour notre compr&eacute;hension. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ouvrage du journaliste anglais, Peter Oborne, intitul&eacute;&nbsp;<em>Le Triomphe de la classe politique anglaise<\/em><sup>1<\/sup>. Son analyse tr&egrave;s fine, et &eacute;tay&eacute;e par une longue exp&eacute;rience, jette une lumi&egrave;re impitoyable non seulement sur la politique d&rsquo;outre-Manche, mais sur la maladie qui affecte la vie politique des pays occidentaux dans leur ensemble.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOborne montre comment un changement radical s&rsquo;est produit dans la vie politique anglaise, renversant les structures &eacute;tablies au cours du XIX<sup>&egrave;me<\/sup>&nbsp;si&egrave;cle. En effet, les r&eacute;formateurs de l&rsquo;&eacute;poque victorienne se sont efforc&eacute;s de maintenir une distinction tr&egrave;s ferme entre l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et les int&eacute;r&ecirc;ts particuliers, entre public et priv&eacute;. Jusqu&rsquo;&agrave; r&eacute;cemment, les hommes politiques et les partis &eacute;taient encore profond&eacute;ment ancr&eacute;s dans la population et les provinces. Cependant, commen&ccedil;ant par Margaret Thatcher et Tony Blair (cr&eacute;ateur du &ldquo;<em>New Labour<\/em>&rdquo;), des &ldquo;r&eacute;formateurs&rdquo; ont s&eacute;vi, d&eacute;truisant cette structure. Ils ont engendr&eacute; une v&eacute;ritable classe de carri&eacute;ristes et de profiteurs, coup&eacute;s de la vie du peuple et hostiles aux pr&eacute;occupations de ceux qu&rsquo;ils sont suppos&eacute;s repr&eacute;senter.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;<em>Establishment<\/em>&nbsp;&ndash; au c&oelig;ur de l&rsquo;ancien syst&egrave;me &ndash; a ainsi succomb&eacute; aux attaques conjugu&eacute;es des &eacute;conomistes radicaux, sur la droite, et de la r&eacute;volution sociale et culturelle, sur la gauche&nbsp;: groupes qui sont tous deux adversaires de l&rsquo;autorit&eacute; et de la tradition. D&egrave;s lors, le mot &agrave; la mode est &ldquo;<em>modernisation<\/em>&rdquo;, un terme qui respire l&rsquo;optimisme, la croyance dans le progr&egrave;s mais qui, en r&eacute;alit&eacute;, exprime les dictats de l&rsquo;&eacute;conomie et du march&eacute;, r&eacute;gis notamment par la mondialisation et le capitalisme financier.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe qu&rsquo;on appelait&nbsp;<em>l&rsquo;Establishment<\/em>&nbsp;&ndash; une classe fond&eacute;e essentiellement sur l&rsquo;h&eacute;r&eacute;dit&eacute; &ndash; &eacute;tait compos&eacute; d&rsquo;hommes d&eacute;vou&eacute;s &agrave; leur fonction. Quand ils quittaient celle-ci, c&rsquo;&eacute;tait pour occuper d&rsquo;autres fonctions aupr&egrave;s du peuple. Ils ne tiraient, le plus souvent, aucun b&eacute;n&eacute;fice financier de leur poste, bien au contraire. Les hommes politiques se concevaient comme de modestes serviteurs au service d&rsquo;id&eacute;aux et d&rsquo;institutions l&eacute;gu&eacute;s par la tradition, et qu&rsquo;ils avaient le devoir de perp&eacute;tuer. De nos jours, le politicien estime &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;origine de lui-m&ecirc;me, et au service de sa seule carri&egrave;re&nbsp;: les institutions sont de simples outils dont il se sert librement. Loin de s&rsquo;effacer derri&egrave;re sa t&acirc;che, il est convaincu de sa propre importance.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes diverses institutions traditionnelles formaient alors autant de contre-pouvoirs qui prot&eacute;geaient l&rsquo;individu contre l&rsquo;&Eacute;tat. Les hommes politiques actuels, en revanche, les ha&iuml;ssent parce qu&rsquo;elles entravent l&rsquo;exercice de leurs pouvoirs&nbsp;; d&rsquo;o&ugrave; leur propension &agrave; jeter le discr&eacute;dit sur elles, leur refus de se plier &agrave; leurs r&egrave;gles.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAinsi, alors que la bourgeoisie et les classes populaires doivent leur propre mont&eacute;e en puissance &agrave; l&rsquo;action du parlement, la classe politique d&eacute;laisse ce dernier, r&eacute;servant ses annonces importantes aux media, aux fins de mieux contr&ocirc;ler l&rsquo;opinion publique. L&rsquo;auguste chambre des Lords &ndash; &agrave; l&rsquo;origine une institution h&eacute;r&eacute;ditaire &ndash; permettait une r&eacute;vision approfondie des projets de loi, avec le concours de pairs disposant de connaissances et d&rsquo;exp&eacute;riences sp&eacute;cialis&eacute;es. Actuellement, la chambre est envahie de pairs nomm&eacute;s &agrave; vie (telle que la controvers&eacute;e Catherine Ashton), sous l&rsquo;influence des coteries ou groupes de pression&nbsp;: les politiques aiment &agrave; jouir du prestige des Lords, mais ne tol&egrave;rent pas ses contrepoids.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes instances dirigeantes sont d&eacute;sormais perm&eacute;ables &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie et aux activit&eacute;s commerciales, et les hommes politiques exploitent leur position &agrave; des fins d&rsquo;enrichissement personnel. Nagu&egrave;re, les indemnit&eacute;s accord&eacute;es aux politiques n&rsquo;&eacute;taient pas suffisantes pour vivre&nbsp;: une autre source de revenus &eacute;tait indispensable et, d&egrave;s qu&rsquo;ils n&rsquo;&eacute;taient pas r&eacute;&eacute;lus, les politiciens retournaient &agrave; leur vie de citoyen ordinaire. Maintenant, ces derniers per&ccedil;oivent un salaire. Ils font carri&egrave;re comme n&rsquo;importe quel employ&eacute;&nbsp;; ils exigent donc que leur r&eacute;mun&eacute;ration soit cons&eacute;quente, et entendent rester &agrave; leur poste le plus longtemps possible. Les indemnit&eacute;s qu&rsquo;ils per&ccedil;oivent constituent une source de profit&nbsp;: une allocation pour l&rsquo;h&eacute;bergement, par exemple, sert &agrave; l&rsquo;achat de r&eacute;sidences secondaires, ou &agrave; la sp&eacute;culation sur le march&eacute; de l&rsquo;immobilier.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes partis ont subi le m&ecirc;me d&eacute;clin que les institutions, et ne repr&eacute;sentent plus leur base traditionnelle. Les financements priv&eacute;s remplacent la contribution des adh&eacute;rents&nbsp;: les conf&eacute;rences annuelles, par exemple, servent uniquement aux rencontres entre hommes d&rsquo;affaires et politiciens. Les places &agrave; la chambre des Lords sont &agrave; vendre, ainsi que les honneurs. Dans ces affaires antid&eacute;mocratiques, tous les partis trouvent leur compte&nbsp;; aucun ne s&rsquo;y opposera&nbsp;: l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t v&eacute;nal qui les r&eacute;unit est plus important que leur suppos&eacute;e opposition id&eacute;ologique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe qui importe &agrave; la classe politique, c&rsquo;est la communication, la ma&icirc;trise de son image, la d&eacute;marche publicitaire dans le but de manipuler l&rsquo;opinion publique. La parole n&rsquo;a plus qu&rsquo;une valeur marchande&nbsp;: maniant un lexique vertueux et convenu, l&rsquo;homme politique ne s&rsquo;estimera pas tenu d&rsquo;assumer les cons&eacute;quences de ses dires face aux d&eacute;mentis de la r&eacute;alit&eacute;. Adoptant un ton moralisateur, les hommes politiques veulent faire croire que les membres de leur classe ont le monopole de la vertu. Ils ont beau jeu, puisqu&rsquo;ils b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;un r&eacute;gime de faveur que l&rsquo;on refuse au citoyen ordinaire&nbsp;: ils savent bien qu&rsquo;on ne leur tiendra pas rigueur pour leurs erreurs ou pour leurs mensonges. Il en allait autrement par le pass&eacute;&nbsp;: si l&rsquo;homme politique d&rsquo;hier &eacute;chouait ou &eacute;tait reconnu coupable d&rsquo;abus, il d&eacute;missionnait aussit&ocirc;t. Celui d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se contente d&rsquo;en rejeter la responsabilit&eacute; sur ses subordonn&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSous ce syst&egrave;me, aucun d&eacute;bat d&rsquo;id&eacute;es n&rsquo;est possible. Autrefois, on soutenait la doctrine du parti, et si l&rsquo;on osait s&rsquo;y montrer r&eacute;fractaire, on &eacute;tait accus&eacute; de trahison. Aujourd&rsquo;hui, la classe politique est hostile aux grandes id&eacute;es&nbsp;: toute proposition audacieuse est vigoureusement &eacute;cart&eacute;e. Les hommes politiques con&ccedil;oivent les id&eacute;es comme des produits de consommation de masse, comme des armes dans la campagne &eacute;lectorale, non comme annon&ccedil;ant un projet &agrave; mettre en &oelig;uvre. De l&agrave; vient la pratique &eacute;lectoraliste de la&nbsp;<em>triangulation&nbsp;<\/em>: l&rsquo;homme politique cherche &agrave; occuper le centre dans le d&eacute;bat, pour accuser (faussement) ses adversaires de tenir des positions &ldquo;r&eacute;actionnaires&rdquo; ou &ldquo;extr&eacute;mistes&rdquo;. La cons&eacute;quence de cette tactique est que tous les partis &ndash; qu&rsquo;ils soient &rdquo;de gauche&rdquo; ou &ldquo;de droite&rdquo; &ndash; professent les m&ecirc;mes id&eacute;es, claironnent les m&ecirc;mes slogans.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDe la m&ecirc;me fa&ccedil;on, les programmes &eacute;lectoraux sont &eacute;labor&eacute;s en fonction de l&rsquo;opinion publique, dans le seul but de gagner. On analyse les attentes de l&rsquo;&eacute;lectorat au moyen de logiciels permettant de cibler la part de la population qui d&eacute;terminera le r&eacute;sultat final&nbsp;: seule cette population-l&agrave; int&eacute;resse les directeurs de campagne, les autres &eacute;lecteurs sont ignor&eacute;s. Ainsi, la vie de l&rsquo;&eacute;lectorat ne trouve aucune expression de ses pr&eacute;occupations dans les d&eacute;bats politiques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa presse subit le m&ecirc;me destin&nbsp;: au lieu de repr&eacute;senter un contre-pouvoir &ndash; comme les journaleux aiment &agrave; le pr&eacute;tendre &ndash;, elle est au service de l&rsquo;&eacute;lite. Les journalistes n&rsquo;interpr&egrave;tent plus les &eacute;v&eacute;nements, mais reproduisent ce que les communicants des dirigeants veulent qu&rsquo;ils publient. Politique et journalisme sont d&eacute;sormais interchangeables&nbsp;: les deux classes partagent le m&ecirc;me niveau social (bourgeois) et les m&ecirc;mes id&eacute;es. Ensemble, ils assurent le maintien du syst&egrave;me qui assure leur statut de privil&eacute;gi&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans cette esquisse du d&eacute;clin de la politique anglaise, on reconna&icirc;t les m&eacute;canismes qui sont &eacute;galement &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans la vie politique fran&ccedil;aise. Assur&eacute;ment, l&rsquo;analyse d&rsquo;Oborne met en &eacute;vidence la face noire du capitalisme postmoderne. Etant &agrave; vendre au plus offrant, les hommes politiques actuels ne prendront jamais le risque de r&eacute;aliser un&nbsp;<em>acte<\/em>&nbsp;vrai qui risquerait de provoquer une transformation des &eacute;v&eacute;nements. Ils continueront &agrave; m&eacute;nager leur propre confort, se conformant aux r&eacute;sultats des sondages et aux v&oelig;ux de ceux qui les financent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est dire qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;existe plus d&rsquo;autre &ndash; Etat, nation, patrie &ndash; au nom duquel on puisse accomplir des actions nobles&nbsp;: on ne dispose plus de ces id&eacute;aux au nom desquels l&rsquo;homme d&rsquo;Etat pouvait, &agrave; l&rsquo;occasion, r&eacute;clamer le sacrifice des citoyens, ou se sacrifier lui-m&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tComme on le voit d&eacute;j&agrave; chez les domestiques de Moli&egrave;re, et comme Voltaire le pr&ocirc;nait<sup>2&nbsp;<\/sup>: l&rsquo;&eacute;change mon&eacute;taire abolit toute n&eacute;cessit&eacute; de s&rsquo;affronter ou de se sacrifier&nbsp;; on pr&eacute;f&egrave;re&nbsp;<em>survivre<\/em>, et jouir &agrave; l&rsquo;infini de tous les objets que le capitalisme nous offre. Nous vivons sous le r&eacute;gime de la&nbsp;<em>tol&eacute;rance<\/em>, et nous devons tout accepter, sous peine de remettre en cause le mythe du progr&egrave;s. Pour le capitalisme actuel, l&rsquo;appartenance ethnique, la tradition, doivent &ecirc;tre abolies au nom du sujet abstrait, mondialis&eacute;, consommateur apte &agrave; faire tourner la machine. Derri&egrave;re cette libert&eacute; et cette disponibilit&eacute; affich&eacute;es, l&rsquo;homme est au service de l&rsquo;&eacute;conomie, et non l&rsquo;inverse. Un seul exemple frappant&nbsp;: l&rsquo;achat obligatoire de produits informatiques constamment mis &agrave; jour, et qui rendent ainsi les anciennes versions caduques&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn retour, on perd tout ce qui m&eacute;riterait que l&rsquo;on se sacrifie pour lui&nbsp;: on vit encha&icirc;n&eacute; &agrave; son&nbsp;<em>auge<\/em>. Voil&agrave; ce &agrave; quoi nous convie notre classe politique&nbsp;; et ce &agrave; quoi s&rsquo;opposent certains mouvements citoyens, dont nous avons vu l&rsquo;ampleur, au cours de ces derniers mois. En effet, le rejet massif du mariage homosexuel s&rsquo;est vu stigmatiser, par les bien-pensants, comme l&rsquo;expression d&rsquo;un esprit dangereusement r&eacute;actionnaire. Ce que ces derniers n&rsquo;ont pas voulu voir &ndash; y compris les psychanalystes, dont c&rsquo;est pourtant le m&eacute;tier d&rsquo;interroger les formes du malaise dans la civilisation &ndash;, c&rsquo;est &agrave; quel point il s&rsquo;agissait d&rsquo;un&nbsp;<em>sympt&ocirc;me<\/em>&nbsp;t&eacute;moignant de l&rsquo;abandon, par les hommes politiques, de leur mission de favoriser un lien vivifiant en soci&eacute;t&eacute;, non de collaborer &agrave; la dissolution de celle-ci. D&eacute;cid&eacute;ment, les anciens de Mai 68 &ndash; les nantis d&rsquo;aujourd&rsquo;hui &ndash; conspuent avec v&eacute;h&eacute;mence ceux qu&rsquo;ils voient comme les nouvelles &ldquo;classes dangereuses&rdquo;&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNotes&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<sup>1&nbsp;<\/sup>Peter Oborne,&nbsp;<em>Le Triomphe de la classe politique anglaise<\/em>, traduit de l&rsquo;anglais par Olivier Collomb, Paris, Michalon &Eacute;diteur, 2014. La quatri&egrave;me de couverture offre une notice biographique&nbsp;: &laquo;&nbsp;Peter Oborne, chroniqueur politique dans&nbsp;<em>The Daily Telegraph<\/em>&nbsp;et r&eacute;dacteur-adjoint de&nbsp;<em>The Spectator<\/em>, est l&rsquo;une des plus importantes signatures du journalisme britannique. Il est l&rsquo;auteur de nombreux ouvrages salu&eacute;s outre-Manche pour leur critique des m&eacute;canismes du pouvoir et du discours politique.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<sup>2&nbsp;<\/sup>&laquo;&nbsp;Qu&rsquo;&agrave; la bourse d&rsquo;Amsterdam, de Londres [&hellip;] le juif [sic], le mahom&eacute;tan, le d&eacute;icole chinois [&hellip;] trafiquent ensemble&nbsp;: ils ne l&egrave;veront pas le poignard les uns sur les autres pour gagner des &acirc;mes &agrave; leur religion.&nbsp;&raquo; (Voltaire,&nbsp;<em>Dictionnaire philosophique<\/em>, &eacute;d. R. Naves et O. Ferret, art. &laquo;&nbsp;Tol&eacute;rance&nbsp;&raquo;, Paris, Classiques Garnier, 2008, p.&nbsp;375).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La D&eacute;faite de la politique(info # 012304\/14)&nbsp;[Analyse] Par Llewellyn Brown&copy;Metula&nbsp;News&nbsp;Agency &nbsp; Le d&eacute;clin actuel de la France sur les plans &eacute;conomique et soci&eacute;tal ne va pas sans sa part de bouffonnerie sous la gouvernance de Fran&ccedil;ois Hollande. 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