{"id":8673,"date":"2015-06-18T03:26:42","date_gmt":"2015-06-18T03:26:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8673"},"modified":"2015-06-18T00:52:12","modified_gmt":"2015-06-18T00:52:12","slug":"centenaire-de-saliha-deux-ou-trois-choses-que-je-sais-delle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/centenaire-de-saliha-deux-ou-trois-choses-que-je-sais-delle\/","title":{"rendered":"Centenaire de Saliha : Deux ou trois choses que je sais d\u2019elle"},"content":{"rendered":"<p>\n\tCentenaire de Saliha : Deux ou trois choses que je sais d&rsquo;elle<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<div id=\"nrelate_flyout_placeholder\">\n<p>\n\t\t\tQue dire de l&rsquo;art, le grand art de Saliha, &agrave; l&rsquo;occasion du centenaire de sa naissance, alors que tout a &eacute;t&eacute; dit, ou presque, depuis qu&rsquo;elle nous a quitt&eacute;s un certain 26 novembre 1958? Reste alors la face cach&eacute;e de la grande diva, c&rsquo;est-&agrave;-dire sa vie intime, ses joies et ses souffrances, ses &laquo;temp&ecirc;tes et ses mers calmes&raquo; (Cf&nbsp;Gilbert B&eacute;caud), et tous ces &eacute;v&eacute;nements heureux et malheureux, qui vous fa&ccedil;onnent la vie d&rsquo;un &ecirc;tre humain.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAvec la vie de Saliha et bien que l&rsquo;on ne sache que deux ou trois choses d&rsquo;elle, comme dirait Jean-Luc Godard, il y a de quoi faire un feuilleton &agrave; succ&egrave;s, avec quatre grands &eacute;pisodes qui retraceraient le parcours mouvement&eacute; d&rsquo;une femme qui a souffert, certes, mais qui a eu aussi ses heures de gloire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t<object height=\"480\" width=\"640\"><param name=\"movie\" value=\"\/\/www.youtube.com\/v\/-IykB4blu3U?version=3&amp;hl=fr_FR\" \/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\" \/><param name=\"allowscriptaccess\" value=\"always\" \/><embed allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\" height=\"480\" src=\"\/\/www.youtube.com\/v\/-IykB4blu3U?version=3&amp;hl=fr_FR\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" width=\"640\"><\/embed><\/object><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Une enfance difficile<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tPremier &eacute;pisode : L&rsquo;enfance difficile de Sallouha (le vrai pr&eacute;nom de Saliha). N&eacute;e en 1914 &agrave; Nebeur, dans l&rsquo;actuel gouvernorat du Kef, elle se trouve oblig&eacute;e, d&egrave;s son jeune &acirc;ge &agrave; quitter le village natal avec sa m&egrave;re M&rsquo;barka, sa s&oelig;ur Eljia et son p&egrave;re Brahim, originaire d&rsquo;un village alg&eacute;rien proche de Souk Ahras. C&rsquo;est alors le d&eacute;but de la travers&eacute;e du d&eacute;sert. Premi&egrave;re &eacute;tape : Mateur. Puis la famille s&rsquo;installe &agrave; Tunis. L&agrave;, Sallouha et Eljia sont plac&eacute;es dans la famille de M&rsquo;hamed Bey, fr&egrave;re du c&eacute;l&egrave;bre Moncef Bey, le &laquo;roi-martyr&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais &agrave; quelque chose malheur est bon : Sallouha se trouve, soudain, au contact du monde de la musique et de la chanson. En effet, dans la demeure de M&rsquo;hamed Bey, on re&ccedil;oit souvent les grands chanteurs de l&rsquo;&eacute;poque, et les princesses apprennent &agrave; jouer des instruments de musique, comme dans plusieurs familles de la bourgeoisie tunisoise. Sallouha, en imitant en cachette les ma&icirc;tresses de maison, d&eacute;couvre alors ses dons de chanteuse.<\/p>\n<p>\n\t\t\tComme dans un roman de Hugo, notre Cosette nationale passe, en 1927, au service d&rsquo;une chanteuse du nom de Badria. L&agrave; aussi, et comme si le destin de Sallouha &eacute;tait scell&eacute; d&rsquo;avance, elle se trouve de nouveau dans une ambiance propice &agrave; l&rsquo;&eacute;closion de son talent.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Une jeunesse mouvement&eacute;e<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tDeuxi&egrave;me &eacute;pisode : Quelque temps plus tard, le Destin (avec un &laquo;d&raquo; majuscule) aura pour nom Hassouna Ben Ammar, un avocat de Tunis qui, en passant un jour devant la maison de Badria, &agrave; la rue du Pacha, entend Sallouha chanter. Gr&acirc;ce &agrave; lui, Sallouha fait ses premiers pas dans le monde de la chanson. Un v&eacute;ritable conte de f&eacute;es!<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais entre-temps, les malheurs s&rsquo;abattent sur Sallouha : ses jeunes fr&egrave;res d&eacute;c&egrave;dent subitement, ses parents divorcent, on la marie tr&egrave;s jeune, mais son mariage ne sera pas une r&eacute;ussite. La seule lueur dans ce tableau noir : la naissance de sa fille, la future chanteuse Choubeila Rached.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est dans la musique que Sallouha trouvera le r&eacute;confort. B&eacute;chir Fahmi, un artiste tripolitain r&eacute;sidant en Tunisie, est le premier &agrave; la prendre en main, selon certaines sources. D&rsquo;autres indiquent que ce m&eacute;rite revient &agrave; B&eacute;ji Sardahi qui l&rsquo;int&egrave;gre dans sa troupe musicale et lui donne le pseudonyme de Soukeina Hanem.<\/p>\n<p>\n\t\t\tToujours est-il que la vraie premi&egrave;re rencontre de Saliha (sous ce nom peut-&ecirc;tre) avec le grand public remonte &agrave; un certain 15 octobre 1938, au Th&eacute;&acirc;tre municipal de Tunis, &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;inauguration de Radio Tunis. Mais la cons&eacute;cration, la vraie, aura lieu lorsqu&rsquo;elle fera son entr&eacute;e &agrave; la Rachidia, apr&egrave;s qu&rsquo;on l&rsquo;eut pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Mustapha Sfar, maire de Tunis et fondateur de la Rachidia en 1934.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Au sommet de la gloire<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tTroisi&egrave;me &eacute;pisode : C&rsquo;est alors le d&eacute;but, pour Saliha, d&rsquo;une p&eacute;riode faste qui durera jusqu&rsquo;&agrave; sa mort. Avec la Rachidia, elle va avoir ses plus grands succ&egrave;s. Les plus grands po&egrave;tes de l&rsquo;&eacute;poque (El Arbi El Kabadi, Mohamed Marzouki, Ahmed Kheireddine, Mustapha Agha&hellip;) et les compositeurs les plus c&eacute;l&egrave;bres (Kh&eacute;ma&iuml;s Ternane notamment mais aussi Salah El Mehdi, Kaddour Srarfi, Mohamed Triki&hellip;) seront au service de sa voix, une voix immense et in&eacute;galable jusqu&rsquo;&agrave; nos jours. &laquo;La&nbsp;Rachidia&nbsp;c&rsquo;est moi&raquo;, aurait pu dire Saliha, comme disait Louis XIV de l&rsquo;&Eacute;tat. Le d&eacute;but de cette fusion a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;, dit-on, par &laquo;Men Freg ghzali&raquo;, puis les succ&egrave;s n&rsquo;ont pas connu de fin.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAvec le succ&egrave;s et la gloire, l&rsquo;ex-Sallouha b&eacute;n&eacute;ficie, enfin, d&rsquo;un certain confort mat&eacute;riel : une r&eacute;num&eacute;ration mensuelle et un logement pris en charge par la Rachidia. Saliha est bien loin des jours mis&eacute;rables de son enfance, mais les &eacute;checs qui, para&icirc;t-il, jalonnent sa vie effective, entachent son bonheur retrouv&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Un astre s&rsquo;&eacute;teint<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tQuatri&egrave;me &eacute;pisode : La maladie vient g&acirc;cher la r&eacute;ussite de Saliha, mais elle passe outre les conseils de ses m&eacute;decins lui prescrivant le repos. R&eacute;sultat; elle doit se faire op&eacute;rer, fin 1957, &agrave; la suite d&rsquo;une crise dont elle a &eacute;t&eacute; victime alors qu&rsquo;elle chantait au Kef avec la Troupe&nbsp;El Manar&nbsp;de Ridha Kala&iuml;. &Eacute;courtant sa convalescence, contre l&rsquo;avis de ses m&eacute;decins, elle revient sur la sc&egrave;ne.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle fera sa derni&egrave;re apparition en public le 10 novembre 1958 au Th&eacute;&acirc;tre municipal de Tunis, lors d&rsquo;un gala tuniso-marocain, o&ugrave;, comme par hasard, elle chante &laquo;Mridh f&eacute;ni&raquo;. Quinze jours plus tard, le 25 novembre 1958, elle quitte la vie &agrave; la suite d&rsquo;une seconde op&eacute;ration qui lui sera fatale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa souffrance des derniers jours a d&ucirc; &ecirc;tre terrible pour notre grande diva, mais la mort viendra tout apaiser, et notre feuilleton se terminera avec des images de l&rsquo;enterrement de Saliha &agrave; El Omrane et l&rsquo;adieu qui lui est fait par une grande foule d&rsquo;admirateurs.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAdel LAHMAR<\/p>\n<p>\n\t\t\tPubli&eacute; par Webdo dans Tunis-Hebdo<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Centenaire de Saliha : Deux ou trois choses que je sais d&rsquo;elle &nbsp; &nbsp; Que dire de l&rsquo;art, le grand art de Saliha, &agrave; l&rsquo;occasion du centenaire de sa naissance, alors que tout a &eacute;t&eacute; dit, ou presque, depuis qu&rsquo;elle nous a quitt&eacute;s un certain 26 novembre 1958? 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