{"id":8725,"date":"2014-05-18T22:28:31","date_gmt":"2014-05-18T22:28:31","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8725"},"modified":"2014-05-18T22:28:31","modified_gmt":"2014-05-18T22:28:31","slug":"hitler-mon-voisin-quand-un-petit-garc-juif-croisait-le-fuhrer-sur-son-palier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/hitler-mon-voisin-quand-un-petit-garc-juif-croisait-le-fuhrer-sur-son-palier\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Hitler mon voisin\u00a0\u00bb : quand un petit gar\u00e7on juif croisait le F\u00fchrer sur son palier"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&quot;Hitler mon voisin&quot; : quand un petit gar&ccedil;on juif croisait le F&uuml;hrer sur son palier<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<figure>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/figure>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t&quot;S&#39;il avait su qui j&#39;&eacute;tais, je ne serais plus l&agrave;&quot;, assure Edgar Feuchtwanger, aujourd&#39;hui &acirc;g&eacute; de 89 ans, dans son livre.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tUn beau matin de 1933, Edgar Feuchtwanger, fils d&#39;une famille juive install&eacute;e depuis des si&egrave;cles en Bavi&egrave;re, tombe nez &agrave; nez devant l&#39;immeuble munichois o&ugrave; vit sa famille, avec son voisin, Adolf Hitler, r&eacute;cemment nomm&eacute; chancelier. Ce souvenir vivace est le point d&#39;orgue de son livre &quot;Hitler, mon voisin&quot;, dont Edgar Feuchtwanger va bient&ocirc;t commencer la promotion en Allemagne, en d&eacute;butant &eacute;videmment &agrave; Munich.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t&Acirc;g&eacute; de huit ans, Feuchtwanger sortait se promener avec sa nourrice, quand il s&#39;est heurt&eacute; au leader national-socialiste, devenu peu avant l&#39;homme le plus puissant d&#39;Allemagne. Hitler avait conserv&eacute; un vaste appartement dans un quartier hupp&eacute; de la capitale bavaroise, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de celui des Feuchtwanger.<\/p>\n<p>\t\t&quot;Juste au moment o&ugrave; nous passions devant sa porte, il est sorti. Il portait un imperm&eacute;able de couleur claire&quot;, a racont&eacute; l&#39;auteur &agrave; l&#39;AFP. &quot;Nous &eacute;tions sur son chemin. Il m&#39;a regard&eacute; et il y avait quelques passants dans la rue &#8211; il &eacute;tait environ 8h30 et bien s&ucirc;r ils criaient tous +Heil hitler!+. Il a juste lev&eacute; un peu son chapeau, comme n&#39;importe quel homme politique d&eacute;mocrate &#8211; il n&#39;a pas fait le salut (nazi, bras tendu) &#8211; et il est mont&eacute; dans sa voiture&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&quot;Rien que mon nom l&#39;aurait mis en rage&quot;<\/strong><br \/>\n\t\tFeuchtwanger se souvient qu&#39;Hitler lui a jet&eacute; un &quot;regard plut&ocirc;t bienveillant&quot;. &quot;Je dois souligner que s&#39;il avait su qui j&#39;&eacute;tais, je ne serais plus l&agrave;&quot; pour le raconter, pr&eacute;cise-t-il. &quot;Rien que mon nom l&#39;aurait mis en rage&quot;.<br \/>\n\t\tFeuchtwanger ne dit pas cela simplement parce qu&#39;il est juif, mais aussi en raison de son oncle, Lion Feuchtwanger, c&eacute;l&egrave;bre &eacute;crivain allemand de l&#39;&eacute;poque, proche des communistes. Ce dernier avait notamment &eacute;crit &quot;Succ&egrave;s&quot; (&quot;Erfolg&quot;, en allemand), une satire sur l&#39;ascension du parti nazi qui concurren&ccedil;ait Mein Kampf dans les meilleures ventes en librairies.<\/p>\n<p>\t\tA l&#39;&eacute;poque, Hitler &quot;se d&eacute;pla&ccedil;ait dans toute l&#39;Allemagne et revenait g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; Munich le week-end (&#8230;) puis dans sa retraite dans les montagnes, &agrave; Berchtesgaden&quot;, explique Feuchtwanger.<br \/>\n\t\t&quot;Apr&egrave;s 1935-36, on ne pouvait plus passer devant sa porte. On vous obligeait &agrave; passer de l&#39;autre c&ocirc;t&eacute; de la rue mais on voyait ses voitures gar&eacute;es l&agrave;, donc on savait qu&#39;il &eacute;tait l&agrave; sans m&ecirc;me avoir besoin de sortir&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>On ne r&eacute;alisait pas la gravit&eacute; du danger<\/strong><br \/>\n\t\tAujourd&#39;hui &acirc;g&eacute; de 89 ans, Edgar Feuchtwanger vit en Grande-Bretagne gr&acirc;ce &agrave; ses parents qui ont pu acheter des visas pour quitter l&#39;Allemagne en 1938, alors que l&#39;&eacute;tau se resserrait sur les juifs.<br \/>\n\t\tSa famille n&#39;a pas tout de suite pleinement r&eacute;alis&eacute; la menace que repr&eacute;sentaient les nazis et leur c&eacute;l&egrave;bre voisin en particulier.<br \/>\n\t\t&quot;Nous savions probablement d&egrave;s 1932 qu&#39;il y avait un danger. Mais &eacute;videmment, on ne r&eacute;alisait pas sa gravit&eacute;, et comme il allait se r&eacute;v&eacute;ler mortel&quot;, se souvient-il dans un anglais encore teint&eacute; d&#39;un l&eacute;ger accent allemand.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tTout a chang&eacute; apr&egrave;s le pogrom de la Nuit de cristal, en novembre 1938, au cours duquel le p&egrave;re d&#39;Edgar, Ludwig, salari&eacute; d&#39;une maison d&#39;&eacute;dition, avant que son emploi lui soit retir&eacute;, a &eacute;t&eacute; rafl&eacute; au cours d&#39;arrestations massives. Arr&ecirc;t&eacute; &agrave; son domicile, pratiquement sous les fen&ecirc;tres de Hitler, il a &eacute;t&eacute; d&eacute;tenu six semaines dans le camp de concentration de Dachau, au nord de Munich.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tLion Feuchtwanger avait d&eacute;j&agrave; fui pour la France, apr&egrave;s l&#39;interdiction de ses livres en 1933, qui ont &eacute;t&eacute; br&ucirc;l&eacute;s par les nazis. Lui et d&#39;autres proches ont rassembl&eacute; les 1.000 Livres britanniques qui ont permis &agrave; la famille de fuir le Troisi&egrave;me Reich pour l&#39;Angleterre, apr&egrave;s la lib&eacute;ration de Ludwig. Edgar, alors &acirc;g&eacute; de 14 ans, &eacute;tait parti en premier. Ses parents l&#39;avaient rejoint deux mois plus tard. Sa tante Bella n&#39;aura pas eu cette chance. Rest&eacute;e &agrave; Prague, elle est morte au camp de Theresienstadt.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tRaill&eacute; &agrave; son arriv&eacute;e par ses camarades d&#39;&eacute;coles priv&eacute;es, qui le surnommaient Volkswagen ou d&eacute;formaient son nom en &quot;Fish finger&quot; (poisson p&acirc;n&eacute;), Edgar finira par &eacute;tudier &agrave; Cambridge, &eacute;pouser une fille de g&eacute;n&eacute;ral et devenir professeur d&#39;histoire &agrave; Southampton.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&quot;Hitler mon voisin&quot; : quand un petit gar&ccedil;on juif croisait le F&uuml;hrer sur son palier &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot;S&#39;il avait su qui j&#39;&eacute;tais, je ne serais plus l&agrave;&quot;, assure Edgar Feuchtwanger, aujourd&#39;hui &acirc;g&eacute; de 89 ans, dans son livre. 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